Suivre le parcours de 3 migrants à la frontière gréco-turque. Montrer les nombreux obstacles qu'ils traversent pour atteindre l'UE. Telle est l'ambition de notre documentaire, "Les Naufragés de l' Evros". Nous voulons donc mettre en avant le périple fastidieux de ces migrants, qui permettra aussi d'éclairer les investissements colossaux réalisés par l'Union pour protéger ses frontières. Sans jamais parvenir à arrêter l'immigration, mais en laissant des cadavres sur le bord de la route. Aidez-nous à réaliser ce projet, permettez-nous de partir en février. On croise les doigts et on compte sur vous!

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The project

 

 

Les naufragés de l'Evros, qu'est ce que c'est?

 

 

 

Les naufragés de l'Evros est un projet documentaire sur l'immigration entre la Turquie et la Grèce. Pour nous, il a commencé dans un cimetière. En regardant des petites buttes de gravats jaunes, alignées, qui cuisaient sous le soleil de plomb. Enfermées par un grillage, sans un signe. une croix, une stèle. Et pourtant plusieurs dizaines de migrants gisaient dans ce cimetière, niché sur un tertre. Ils se sont échoués ici, dans la province de l’Evros, en Grèce, aux portes de l’Europe. A deux pas de là, l’imam de Sidiro, village turc au milieu des collines hellènes, a entamé l’appel à la prière. Le chant du musulman se mélangeait aux crissements des grillons. Dans cette dernière demeure qui ressemblait plus à un terrain vague qu’à un cimetière, il faisait paisible. 

 

 

 

 

Ils sont des milliers à entrer chaque année sur le territoire grec depuis la Turquie. Par dizaines, parfois par centaines tous les jours. Ils sont Syriens, Afghans, Pakistanais, Bangladais, d’Afrique noire et d’Afrique du nord. Ils fuient la guerre ou la misère, ils partent à la recherche de leur vie. Pour eux, la Grèce n’est qu’une étape vers un ailleurs rêvé en France, en Angleterre ou au Danemark. Désormais plus de 90% des migrants qui pénètrent dans l’Union Européenne le font par cette frontière. Le chemin qui passe par l’Espagne ou l’Italie est devenu trop périlleux.

 

 

Une barrière et des obstacles

 

Pourtant, les obstacles ne manquent pas. Le fleuve Evros, qui sinue sur plus de 300 km et délimite la frontière entre les deux pays en est une. La plupart des migrants payent une fortune aux passeurs pour le traverser sur des bateaux en plastique. Pour certains, la traversée peut s’avérer fatale. Sur notre route, nous avons croisé Akimn un Mauritanien. Il l’a échappé belle. « Le canot s’est renversé, et nous avons dû nager. Heureusement que l’eau n’était pas trop haute dans le fleuve ». Les corps de ceux qui ont eu moins de chance sont amenés à l’hôpital pendant 40 jours, pour permettre aux familles de les réclamer. Puis, si elles ne donnent aucun signe, ils sont enterrés à Sidiro, par le mufti.

 

Sur une dizaine de kilomètres, la frontière quitte le fleuve Evros pour devenir terrestre. Depuis la colline de Nea Vyssa, le village le plus proche de la frontière, on peut apercevoir au loin la mosquée Semiliye d’Edirne. Une étendue de champs cultivés sépare les deux pays. L’accès y est réglementé, c’est une zone militaire. Chaque soir, les soldats, les garde-frontières et les policiers européens de Frontex, patrouillent au milieu des champs et des bois, où les panneaux signalant des mines rappellent que les relations entre la Grèce et la Turquie sont loin d’être pacifiées. Mais les migrants continuent à passer, en rampant dans les foins.

 

 

Transition

 

Bientôt, on pourra apercevoir un mur depuis la colline de Nea Vyssa. En mai 2010, les autorités grecques ont décidé de construire une barrière grillagée à la pointe de la technologie - caméras infrarouges, détecteurs de mouvement etc. -, sur le modèle de celle de Ceuta. L’Union Européenne s’y est opposée, arguant que ce n’était qu’une manière de déplacer le problème, mais le gouvernement grec a persisté. Et si pour l’instant, le mur n’en est qu’a ses fondations, le chantier a bel et bien commencé.

 

Une infrastructure énorme

 

Nous avons aussi rencontré Georges Petropoulos, le chef de la police d’Orestiada. Dans son bureau, au premier étage du commissariat d’Orestiada, tout en montrant des vidéos issues des caméras de surveillance, il nous a raconté que chaque matin, devant le commissariat, une dizaine de migrants fait la queue pour se faire arrêter.

 

Pendant deux jours, ils sont retenus par la police, qui procède à des interrogatoires, les identifie. Paula Fernandes, une Portugaise d’une trentaine d’années, travaille pour Médecins sans Frontière à Poros un camp, situé une centaine de kilomètres au sud d’Orestiada. Les migrants y sont amenés pour l’identification et une visite médicale. « Nous les accueillons pendant une journée, parfois deux, explique t-elle. Ils sont fatigués par la traversée et le voyage, qui dure souvent depuis des semaines. Et surtout ils n’ont presque aucune compréhension de ce qui leur arrive. » Pour Médecins sans Frontières, il n’est pas anodin de travailler dans cet environnement. «  Généralement, nous intervenons dans des zones de conflits.Nous sommes venus ici, parce que, lorsque les migrants ont commencé à arriver en masse, en 2010, les infrastructures étaient vétustes, les conditions inhumaines. Depuis, elles se sont améliorées, mais il y a encore de grands progrès à faire. »

 

Fylakio

 

Aider les autorités grecques à gérer ce flot d’immigrés, c’est la mission officielle de Frontex, l’opération européenne de surveillance aux frontières. Plus de 300 policiers, garde-frontières ou militaires des 27 pays européens travaillent sur cette frontière. Leurs uniformes sont nationaux, et seul un brassard bleu permet de reconnaître leur appartenance au corps. Ali Vicoleahl est Roumain. C’est sa deuxième mission en Grèce. «  Notre rôle est de seconder la police grecque. Sur chaque patrouille, un véhicule de Frontex accompagne un véhicule des forces hellènes. C’est la même chose pour le processus d’identification. Même si nous avons nos propres services, nous ne pouvons travailler qu’en collaboration avec les Grecs. On nous appelle d’ailleurs des « officiers invités ». »

 

 

 

 

 

Une procédure absurde

 

Pour les migrants, après deux jours de rétention, la procédure s’achève. Certains sont amenés au centre de rétention de Fylakio, en attendant d’être renvoyés chez eux. Mais la grande majorité sort libre, faute de place, une interdiction de séjour sur le territoire grec en poche. Un papier dont la plupart se débarrasse immédiatement.

 

La gare d’Alexandroúpolis est baignée par un soleil écrasant. Les migrants, une soixantaine, forment des petits groupes selon la nationalité. La fatigue se lit sur les visages burinés par la route. La joie, aussi, dans les yeux cette bande d’Afghans dont l’âge oscille entre 14 et 18 ans. La caissière, elle, vend négligemment en anglais des billets qui coûtent une trentaine d’euros. La routine. Enfin le train arrive, brinquebalant. Le chef de garer siffle, renseigne les migrants en réprimant mal son mépris. Et le voyage commence. Pendant quatorze heures, le train roule, traversant la Grèce. Dans les compartiments, certains dorment, beaucoup fument en discutant. Et quand le voyage touche à son but, ils s’éparpillent en quelques minutes. 

 

Carte

 

 

Why fund it?

Notre ambition est de raconter, en images, le destin de ces migrants, en réalisant un documentaire de 52 minutes. Le principe : suivre le parcours de 3 migrants, qui sont venus d'horizons différents, pour fuir la guerre ou simplement pour rechercher un vie meilleure. C'est leur parcours à travers les obstacles, le fleuve, d'abord, puis le commissariat, l'enregistrement, le centre de rétention, la libération, puis la sortie et le voyage vers Athènes, qui permettra de révéler ce qui se passe réellement à la frontière de l'Europe. Ces investissements monstres ( le budget de Frontex a été multiplié par 7 en 5 ans), ces infrastructures coûteuses réalisées par l'Union Européenne et la Grèce pour un résultat médiocre : les migrants continuent à passer et à s'entasser dans les grandes villes où ils fournissent les boucs émissaires idéaux pour une société grecque en crise profonde.

 

Et c'est pour ça que nous avons besoin de vous. Nous avons réussi à nous faire financer une partie de notre projet par une boite de production, Urubu Films. Ils s'engagent à nous fournir le matériel, et à financer la post production,montage et mixage. Mais il nous faut encore trouver l'argent pour financer deux semaines de tournage en février, les billets d'avion, la location de la voiture, un traducteur pour deux jours, et le logement sur place. Nous avons chiffré ces dépenses ainsi :

 

- Aller retour Paris-Grèce pour deux personnes : 600 euros

- Location d'une voiture pour deux semaines + budget essence : 300 euros

- Interprète pour les rendez-vous avec le Mufti de Sidiro : 150 euro

- Logement : 300 euros

 

Evidemment, ce budget est très serré, donc les contributions supplémentaires serviront à financer les dépenses imprévues qui jalonnent tout reportage.

 

Aidez nous, donc, à réaliser ce projet, qui est à la confluence de sujets comme l'immigration, la Grèce et l'Europe. Qui, on l'espère, permettra d'éclairer un peu et de comprendre ce qui est réalisé, en notre nom aux marches de notre continent.

 

Quel que soit le résultat de cette collecte : merci a tous pour votre soutien !

 

 

Qui sommes nous?

 

 

Nous sommes deux étudiants au Centre de Formation des Journalistes de Paris. Ce projet, nous le portons en parallèle de notre scolarité à l'école. Nous sommes tous les deux en spécialisation télévision, pour cette dernière année que nous passons au CFJ.

 

 

Marine

 

Marine Courtade

 

Vingt-quatre ans et des projets journalistiques plein la tête, je relève le défi de ce documentaire avec plaisir et fierté, et j’espère qu’il sera le premier d’une longue série. En Grèce, j'ai été frappée par la dignité de ces migrants, par leur force et leur courage, après un voyage long de milliers de kilomètres.

 

Moi

 

Ulysse Mathieu

 

C’était en Tunisie. Nous étions attablés avec une militante dans un café d’hommes, à peine deux mois après la chute de Ben Ali. Pendant plus de deux heures, elle nous a parlé du dictateur et de tout le mal qu’il avait fait au pays. Mais ce n’est n’est pas son discours qui importait, c’etait son attitude, sa diction, ses gestes, ses yeux qui brillaient à chaque fois qu’elle disait Ben Ali très fort et que tout le café se retournait. Elle incarnait dans son corps la liberté retrouvée. Et j'ai eu beau essayer de l'écrire, je n'ai pas réussi à transmettre ce que j'avais ressenti. C’est à ce moment là que j'ai décidé que je travaillerais avec une caméra.

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"Marul Production"

Nous sommes deux étudiants en journalisme, au CFJ. Les Naufragés de l'Evros est notre premier projet documentaire et nous sommes très fiers de relever ce défi avec votre aide!

Newest comments

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C'est un grand honneur de pouvoir vous filer un coup de main. Bon courage pour la suite, et j'ai hate de le voir!
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Beau projet. Je vais suivre l'aventure de près...
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Faîtes attention à vous !