Aidez nous à faire découvrir la poésie contemporaine en permettant l'édition DVD de notre film. 13 portraits de poètes aux univers très différent

Large_pennequin2-1452277222-1452277246

Présentation détaillée du projet

 

 

 

 

 

 

 

Paroles, poésies, paysages… A travers une dizaine de rencontres de poètes contemporains, on voyage à travers les mots, les langues et le territoire. 

On découvre combien la langue nous façonne et à quel point les poètes permettent de l’éclairer, de la bouger, la transformer et nous libérer de son emprisonnement.

 

 

 

 

En sympathisant avec le jeune poète Stéphane Bataillon, mon  voisin, celui-ci m’a fais lire de nombreux poètes vivants.  J’ai découvert alors une richesse que je ne soupçonnais pas J’ai commencé  à me plonger au cœur de la poésie contemporaine. J’y ai découvert ses différents styles d’écriture, ses mots d’aujourd’hui, son jeu avec la langue et les sonorités, qui ne ressemblent à rien des poètes que j’avais lus auparavant. Cela m’a captivé, j’ai été conquis par la force de nombreux poèmes, et pourtant difficile autour de moi de faire partager cette expérience étonnante. En effet j’ai constaté que peu de gens s’intéressent à la poésie contemporaine, et que même parmi les personnes cultivées, rares sont celles qui peuvent citer un poète vivant.

 

 

Vlcsnap-2013-09-15-12h28m47s141-1458170593

Stephane Bataillon

 

À l’origine du projet il y a donc le désir de faire sentir ce qu’est la poésie aujourd’hui, ce qu’elle a d’unique par rapport aux autres arts. À ce propos, la phrase d’Yvon Le Men trotte dans ma tête : La poésie c’est le maximum dans le minimum. C’est aller directement à l’essentiel. D’où la fascination des poètes contemporains occidentaux pour le haïku japonais. En effet, un poète peut passer des jours entiers à chercher un mot, car c’est ce mot qui dira l’essentiel.

 

La poésie touche ainsi au mystère, elle dit en combinant certains mots ce qu’on ne peut pas ou n’arrive pas à dire habituellement, elle franchit l’indicible pour faire rayonner la présence des choses, elle est comme un éclair de beauté nous dit Lysiane Rakotoson.

Par ailleurs, la poésie contemporaine a pour vocation d’être en prise avec le monde terrible dans lequel nous vivons, et les poètes travaillent à éclairer le langage. Marc Delouze dit que le poète est là pour faire dire au langage ce qu' en général le pouvoir politique, médiatique tend à vouloir oblitérer ou déformer car le langage est souvent utilisé pour cacher ce qu’on pense”.

 

Ayant été émerveillé par les textes de ces poètes invisibles, j’ai décidé de partir à leur rencontre.

 C’était devenu nécessaire, je ne pouvais plus faire autrement. Et quelle ne fût pas ma surprise en les écoutant lire ou interpréter leurs poèmes ! Je me suis aussitôt rendu compte que je gagnais énormément à entendre leurs textes, qu’ils me révélaient des choses que je ne parvenais pas à ressentir en les lisant seul. Ce fut une expérience intense, comme une gigantesque bouffée d’oxygène . J’ai compris que les poètes donnent un regard neuf sur la complexité du monde et arrivent à nous le transmettre. Il y a comme une évidence de l’oralité qui l’emporte sur le visuel.

 

D’autre part, je me suis aperçu que malgré leurs différences, quelque chose réunissait tous les poètes que j’ai rencontrés : tous, à leur manière, nous montrent que le langage poétique est un langage ouvert, simple, libérateur, qui réveille des choses en chacun de nous. Tous nous crient au visage qu’il est nécessaire de se créer une langue à soi, celle même qui aide à vivre et à faire face au monde, et que chacun est invité à se réapproprier le langage avec ses propres mots. De sorte qu’on est potentiellement tous des poètes contemporains.

 

Je me suis dit enfin que si tous ces gens passionnés consacrent le maximum de leur temps à leur art qui ne leur rapporte rien matériellement, c’est qu’ils ont forcément des choses importantes à nous dire, qu’ils peuvent le faire d’une manière intelligente et audacieuse et qu’on aurait tort de les ignorer.

 

Le film mêle des séquences de poèmes lus ou interprétés qui nous plongent au cœur de multiples univers et des séquences de paroles vivantes qui dévoileront ce que peut bien être la poésie et ce que signifie exercer le métier de poète. Tout en essayant d’avoir la place la plus humble, je tâche de faire ressentir le plus intime de leur être à travers une force de parole en mouvement.

 

  

 

Quelques poètes et extraits du film

 

 

 

* * * * *

 

 

Charles Pennequin est un poète sonore charismatique au physique très particulier. Il travaille sur le langage répétitif qui envahit notre esprit ainsi que sur l’élocution en imitant de nombreux  bruits. Ses textes sont à la fois très noirs et très drôles. Il est capable de prendre un mégaphone et d’aller dire un texte sur la révolution dans la rue.

Ce performer a été gendarme pendant dix huit ans.

Un des ses poèmes se résume à une répétition permanente, chose qu’il a développé a plusieurs reprises dans son travail et qui  exprime notre rapport fou au langage.

 

Tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade, tout pétarade.

 

 

Vlcsnap-2013-09-15-12h39m49s149-1451608786

 

Charles Pennequin

 

 

J’ai rencontré Souleyman Diamanka , un slammeur né au Senegal, qui est bilingue et qui pense dans les deux langues avec lesquelles il a grandi : le Peul et le Français. Pour dire certaines  certaines choses il ne possède les mots qu’en peul et pour d’autre en français. Cela est un élément important dans son écriture poétique et pour tous les autres auteurs possédant plusieurs langues aussi :

 

Les gens, quand on leur parle de dialectes, ils ont l’impression que ce sont des langues simplifiées. Alors que rien que la langue peul en matière de technique et de complexité c’est terrible. Par exemple si je dis en français ce monsieur ou ce chemin ou ce nez, le “ce” démonstratif est le même, alors qu’en peul on utilisera un démonstratif différent, il y a en vingt six au total. Le pluriel en français c’est un “s”, dans ma langue c’est un autre mot. Ça multiplie le lexique et le vocabulaire. Du coup je vois que la richesse du français n’existe pas dans le peul et inversement. C’est pour cela que j’encourage les gens à apprendre un maximum de langues. J’apprends des poèmes par cœur en polonais ou en italien, des langues qui sont censées être loin de moi mais c’est la même chose en fait. Et c’est bien de le savoir. Il y a gens, ils ont huit cent mots dans leur vie, et d’autres qui en ont vingt cinq mille. Et les gens qui en ont vingt cinq mille ils vivent mieux que les gens qui en ont huit cent. Ça veut dire que ça aide d’avoir beaucoup de mots pour dire qui on est, pour se défendre, pour aimer, pour comprendre et se faire comprendre.

 

Vlcsnap-2013-09-15-12h31m42s97-1458170511

 

Souleyman Diamanka

 

 

 

Yvon Le Men est un poète breton qui a beaucoup milité, principalement dans les années quatre vingt où il était occupé toute la journée par des grèves. Il est né en 1953, il est intermittent du spectacle car il lit ses poèmes dans des salles, il parvient à faire une cinquantaine de lectures par an.

 

Amour qui a coûté tant de cadavres,

 passion et révolution qui s’entredéchirent dès que le pouvoir pointe sa nuit et assassine le jour.

Il reste que chaque personne trace son histoire sur son visage, des milliers de rides écrites à la main.

 Les délires enfouis derrière l’objectivité qui justifie les crimes les plus odieux sous couvert d’efficacité.

 Un drapeau n’est utile que déchiré.

 Voile amarrée aux frontières, pour partir à la dérive vers les autres, faire confiance au courant sou terrestre, extraterrestre.

 J’accompagne et plus encore je désire,

 je deviens avec toi quelqu’un d’autre.

 

 

 

Vlcsnap-2013-09-15-12h35m07s124-1458171117

 

Yvon Le Men

 

 Lysiane Rakotoson. Elle est née en 1987 dans une famille très modeste, d’un père malgache autodidacte qui passe ses journées à lire et qui la fascine. Elle a fait des études brillantes et après avoir enseigné pendant quelques années, elle a décidé de quitter la région parisienne pour s’installer dans une campagne isolée et se consacrer essentiellement à la poésie. Elle définit son genre poétique comme un lyrisme sobre.

 

Un poème pour moi, ça doit être comme un diamant, c’est-à-dire à la fois très coupant, très tranchant et en même temps transparent. Il doit y avoir une évidence tout de suite même si après on peut le relire. Voilà, c’est poème-diamant je dirais. Pour moi, comme pour tous les poètes je pense, le monde est premier, l’expérience est première et c’est le socle, c’est la base. La réalité c’est la base du poème en fait. Sinon pour moi on arrive à quelque chose, soit de très beau mais coupé de la vérité, soit de très intelligent mais trop abstrait. Non il faut vraiment que ça naisse d’une expérience, qui peut être une expérience très simple. Ça peut être écouter l’eau par exemple, ou regarder une certaine lumière. Mais en tout cas ça part d’une expérience. C’est fondamental.

 

Vlcsnap-2013-09-15-12h30m23s89-1451608978

 

 

* * * * *

 

 

 

Stéphane Bataillon

           

 Stéphane Bataillon est un poète lyrique âgé de trente huit ans,

 

Il m’ a expliqué qu’il est devenu poète suite au décès de sa femme atteinte d’un cancer à l’âge de trente ans. Depuis il s’est imposé d’écrire un poème par jour en souvenir d’elle. Il m’en lit un qui figure au dos de son recueil intitulé Nos ombres s’épousent : “Je t’avais promis une caresse chaque soir, désormais ce sera un poème”. Puis un autre : “Ni tourner la page, ni changer de route. Poursuivre”. Il m’explique alors que pendant sa période de deuil, il a trouvé cette idée de tourner la page dans de nombreux livres qui traitent du deuil et cela l’a terrifié et insupporté car il est convaincu qu’il ne faut pas tourner la page, qu’il faut vivre avec l’absence et continuer. A la sortie de son livre, il a reçu beaucoup de lettres de gens qui ont perdu quelqu’un et qui l’ont remercié d’avoir formulé ces moments difficiles où le temps à l’impression de ne plus être le même. D’autres personnes ont lu ses poèmes durant des enterrements.

 

 

Le réalisateur

Img_20151114_184806-1458172300

 

Xavier Gayan a réalisé principalement des films documentaires, dans lesquels il laisse beaucoup de place à la parole et à l'intimité des interviewés. Son premiers films rendait hommage au film  Place de la République de Louis Malle 1974 un long micro trottoir sur la place parisienne à trente ans de distance, qui montrait l'évolution des préoccupations et du rapport à la caméra. Les deux films ont beaucoup tournés dans les festivals et sont sorti sur le même DVD édité par Arte.

Ensuite Xavier Gayan a réalisé un documentaire sur la Guyane. Un film sur le melting pot de cette région qui laissait une grande place au ressenti des gens, selon leurs diverses origines. Un film qui offrait lui aussi une grande parole aux populations.

 

 

 

À quoi servira la collecte ?

La collecte va servir en premier lieu a réaliser l'édition DVD du film, en coopération avec l'éditeur après édition, spécialisé dans les films sur l'art. Je vous invite à visiter leur site http://www.apres-production.com/edition.htm

 

Ce qui comprends:

L'impression pressage+digipack=1300euros

L'impression jacquette

Le gravage du DVD

L'interface authoring du DVD=300euros

Le Graphisme jacquette =500euros

 

 

La somme de la collecte sera versée à Xavier Gayan qui transférera cette somme sur le compte de la société après édition qui lancera toute les opérations pour la réalisation du DVD

 

Thumb_img_20151114_184806-1451613049
xaviergayan

Xavier Gayan est né à Pau en 1975. Après avoir grandi dans les doms et principalement en Guyane, c’est à Montpellier qu’il réalise ses premiers courts métrages dont un en 16mm « L’essence de la vie » et qu’il met en scènes « Du sang sur le cou du chat » de Rainer Werner Fassbinder tous deux en 2000. Cette même année, il part s’installer à Paris... Voir la suite

Derniers commentaires

Thumb_default
Bravo Xavier !!!!
Thumb_default
"Seul la beauté sauvera le monde" et merci pour ce beau travail. Bravo !
Thumb_default
bravo continu xavier