Plongez dans la réalité d'un camp de réfugiés au Tchad, à travers le quotidien de 5 exilés ayant fui la guerre et soutenez notre film!

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Présentation détaillée du projet

 

 

 

 

 

 

 

 

Résumé

 

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Mur d'enceinte, marqué par les inscriptions des jeunes du camp, octobre 2014

 

Au Tchad, entre le village de Gaoui et la capitale N'Djamena, 5000 retournés tchadiens et réfugiés centrafricains vivent dans le camp de transit de Zafaï. Maud Rivière, psychologue du camp en 2014, revient sur le lieu et nous fait découvrir l'intimité de ses habitants. Ils ont fui la guerre civile centrafricaine à la fin de l'année 2013 et se retrouvent aujourd’hui dans la chaleur suffocante de la bande sahélienne, sans savoir de quoi demain sera fait.

 

 

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Une partie du camp de Zafaï aux heures chaudes de l'après-midi, novembre 2014

 

Le film Les Retournés retrace la vie ordinaire des migrants du camp de Zafaï qui ne sont ni vraiment réfugiés (ils ne sont pas centrafricains), ni vraiment tchadiens (ils n’ont plus d’attaches dans ce pays dont ils ont la nationalité mais où ils n’ont jamais vécu).

 

Territoire d'exil, lieu d'attente, « hors-lieu »... Le camp vit au temps présent et prend aujourd'hui les allures d'un gros village, avec ses réaménagements, ses réappropriations, son organisation, ses conflits de voisinages, ses joies et ses rites quotidiens. C'est un lieu où la vie reprend son cours, mais doucement.

 

 

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Une allée du camp à la saison des pluies, juillet 2014

 

Intention

 

Pour la première fois depuis la Seconde Guerre Mondiale, le nombre de personnes dans le monde qui vivent déracinées de chez elles a dépassé le chiffre de 50 millions. Cette réalité, qui concerne toujours plus de monde, amène 12 millions de personnes à devoir vivre ensemble dans des camps temporaires, qui bien souvent s'éternisent.

 

Mais qu'est-ce qu’un camp ? A quoi peut bien y ressembler le quotidien ? Qui sont ses habitants qui vivent et dépendent d’un lieu qu’ils n’ont pas choisi ? Et ce terme, retourné, que signifie-il ? Pourquoi parler de retour quand il n’y a pas eu d’aller ? Maud, la "docteure de l'âme", revient sur son expérience au sein du camp de Zafaï et apporte un regard humain et intime sur cette situation. Deux réalisateurs, Simon et Thomas, mettent en scène ce regard. Awadidi et Calvin, respectivement danseur et acteur n'djamenois, facilitent les échanges avec les habitants du camp.

 

Les retournés ont été contraints de fuir vers leur pays d'origine dans lequel ils n'ont pourtant plus aucune attache. Ils sont pour la plupart nés en Centrafrique après que leurs parents aient fui le Tchad et sa dictature dans les années 1980. Aujourd’hui, la boucle est bouclée, ils reviennent sur la terre que leurs familles ont quittée il y a des années. Ce sont des retournés, des victimes de guerres qui ne disent pas leurs noms. Ils sont "en transit" dans le camp de Zafaï.

 

Avec ce film qui tente d'aller en profondeur dans l'intimité des réfugiés et de comprendre la manière dont ils s'approprient leurs nouvelles conditions d'existence, nous voulons contribuer à nourrir une réflexion plus large sur le phénomène mondialisé de la multiplication des camps de déplacés.

 

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Une femme transportant de l'eau dans le bloc 6, octobre 2014

 

Manière de faire

 

Nous envisageons la réalisation de ce film documentaire comme une immersion de longue durée dans le quotidien du camp. A la manière d'un huis-clos, nous suivrons ainsi l'ordinaire de la vie des retournés auxquels Maud s'est attachée et nous réaliserons des entretiens approfondis. Ces personnages témoigneront de l'hétérogénéité du lieu : Oumar, vendeur de graines et délégué d'un "quartier" du camp; Gogo, sorcière aux mille secrets pour rendre fous d'amour les hommes et les femmes; Anour, consultant spirituel qui seconde l'imam du camp; Yasmine, une chrétienne qui, par crainte de représailles, se fait passer pour musulmane; ou Aïcha, jeune future mariée qui monte un salon de coiffure dans le camp...

 

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Scène de vie dans les allées du camp, septembre 2014

 

Quelques uns de ces personnages que vous rencontrerez...

 

Oumar

 

Vêtu d’un grand boubou et d’un chapeau américain toujours vissé sur la tête, Oumar ne manque pas d’allure. En Centrafrique c’était un « docteur choukou » : pas médecin, il vendait des médicaments sans ordonnance aux personnes n’ayant pas les moyens de se payer une consultation. Mais ici, au camp, il n’a pas pu continuer cette activité : il lui manque des ressources pour investir dans un nouveau stock.

 

Il a dû quitter la Centrafrique le 27 décembre 2013, sous les menaces armées des anti-balaka et de la Seleka. Un ami lui a téléphoné à temps pour le prévenir de l’imminence du danger. Il est donc parti avec sa femme, ses quatre enfants et tout le reste de sa famille : une soixantaine en tout, qui occupe tout un quartier du camp !. Sa maison et sa boutique ont été entièrement détruites. Une « parente » lui a donné à son arrivée 20 000 FCFA. Avec cet argent, il est parti au Cameroun et a acheté des graines de cola, ces fruits aux vertus fortifiantes dont raffolent les tchadiens. Il a pu les revendre pour 37 000 FCFA. Il affirme que cela se vend très bien. « Ça rend les hommes puissants ! » dit-il, un petit sourire aux lèvres. Il y a deux catégories de graines : l’une d’elles est uniquement réservée aux hommes et a des pouvoirs particuliers... Outre son travail de commerçant, Oumar a des responsabilités politiques. Nommé délégué du bloc 7, il assure son devoir de représentant avec sagesse et honnêteté. « C’est un travail symbolique. On est sans cesse sollicité par les uns et les autres qui viennent se plaindre. On doit les écouter, et tout ça pour pas un sou ».

 

 

Gogo

 

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Portrait de Gogo devant une tente, avril 2014

 

Entreprenante, chaleureuse, Gogo est une femme à la voix forte, qui ne passe pas inaperçue. Son rire tonitruant résonne loin dans les allées. Sa convivialité autant que ses rixes sont célèbres dans le camp. Elle est autant aimée que redoutée : c'est l’une des sorcières du camp, qui connaît les petits et les grands remèdes aux maux du corps et du cœur. Bouleversée par l'assassinat de ses voisins par les anti-balaka (les milices chrétiennes), elle a quitté Bangui dans la précipitation, emportant avec elle le minimum : ses plantes les plus essentielles. C'est de cela qu'elle vit aujourd'hui : elle propose des potions naturelles pour différents besoins et sait lire l'avenir dans les coquillages ; mais sa grande spécialité c'est l'amour. Comment séduire tel homme ? Comment faire en sorte que le mari ne parte pas voir ailleurs ? A quand le mariage ? Combien d'enfants aura le couple ? A chaque question, une réponse ou une plante « de pouvoir » est apportée. Gogo tient les deux bouts mais se sent seul, ses plantes ne suffisent pas à lui trouver un mari. Etrangement ça marche mieux pour les clientes que pour elle-même.

 

Yasmine

 

Elle a travaillé quelques jours au sein du centre psychosocial d’Action Contre la Faim en tant qu’agent sanitaire, pour inciter les personnes qui y entrent à se laver les mains. En ces temps d’Ebola et de choléra, ces nouvelles règles sont de mise... « Maman propre », on l’appelle. Pas en raison de la fonction qu’elle occupe ici, mais « parce qu’elle n’aime pas les mouches ». Elle se tient bien droite, digne, s’exprime en bon français, c’est une ancienne commerçante. En plus de son salon de coiffure à Bangui, elle vendait des produits alimentaires à l’étranger en fournissant à des distributeurs européens du manioc, de l’oseille et d’autres « typicalités ».

 

Lorsque les violences ont éclaté, des balles perdues ont tué son mari et l’un de ses fils. « Les autres ont fui à l’aéroport. Les autorités demandaient des preuves d’identité tchadienne pour monter dans l’avion. Mais moi, je n’en avais pas. Je suis alors montée dans un camion qui a roulé pendant deux jours jusqu’au Cameroun. On était si tassés que deux femmes ont accouché en route ». Du Cameroun jusqu’à Ndjamena par bus, Yasmine arrive au camp de Zafaï après tout le monde. Plus de tente pour elle, bon gré malgré elle se concocte un abris avec les moyens du bord et y restera 5 mois, en pleine saison des pluies. Finalement la construction de nouvelles tentes lui permettra de s’installer enfin.

 

A demi-mots, elle avoue être chrétienne, « mais tout le monde pense que je suis musulmane. ». Seule sa « colocataire » partage son secret, ainsi que quelques travailleurs sociaux. Elle se sent obligée de cacher sa véritable identité car le conflit centrafricain à exacerber les tensions entre chrétiens et musulmans.

 

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Fête de l'Aïd, juillet 2014

 

Composition de l'équipe

 

Dans une belle synergie, nous formons une équipe aux parcours multiples :

 

Thomas Loubière, réalisateur documentariste et journaliste (Le Monde, Siné Mensuel, Libération), a travaillé en collaboration avec les réalisateurs Pierre Carles, Stephane Mercurio et Joseph Beauregard pour des œuvres documentaires. Il a réalisé un court métrage documentaire sur les jeunes sénégalais et le rugby, Senegal oval.

 

Simon Pochet, réalisateur documentariste, anthropologue de formation, travaille sur une création radiophonique pour France Culture et technicien du son et de l’image en collaboration notamment avec la réalisatrice Chantal Briet sur différents projets documentaires pour le cinéma.

 

Maud Rivière, psychosociologue, chercheuse et femme de terrain, a travaillé pendant 9 mois sur le camp de Zafaï en 2014 auprès de l’ONG Action Contre la Faim.

 

Calvin Neldé, acteur au sein de la troupe du Théatre National Tchadien, dirige aussi des tournages de fiction en tant que directeur artistique et a exercé au sein du ministère de la culture tchadien.

 

Awadidi Palyo, danseur chorégraphe tchadien, anime des ateliers de danse et de théâtre dans le camp.

 

En somme, tous les ingrédients pour réussir un bon documentaire!

 

Img_9281-1432557014 Jeunes retournés, septembre 2014

 

À quoi servira la collecte ?

 

Ce qu'il reste à faire

 

Nous allons retourner au Tchad durant deux mois cet été, afin de tourner le film.

Ensuite, nous retournerons en France pour la post-production et la diffusion. Cette dernière aura lieu en France et au Tchad.

 

Nous voulons faire de ce film un incubateur de réflexions et d'idées, un générateur d'échanges et nous organiserons des projections-débats dans différents lieux (cinémas, universités, cinéma itinérant...).

 

Tout cela est très excitant et ambitieux, mais nous avons besoin de votre soutien!

 

Nous pouvons d’ores et déjà compter sur le dispositif Savoie Couleurs du Monde (Conseil général de la Savoie) et sur le CROUS de Strasbourg qui nous finance une partie du projet. Nous avons également déposé une demande de subventions auprès de l’Université de Paris 1 et auprès de la Scam (Société Civile des Auteurs Multimédias).

 

Nous allons contribuer aussi à ce film par nos propres moyens pour les frais de vie sur place, mais... il nous manque encore quelques euros pour pouvoir partir et réaliser ce film!

 

Nous vous proposons de devenir co-producteurs du film Les Retournés afin de nous aider, à hauteur de 3000€, pour co- financer une partie du matériel de tournage et de post-production :

 

Nous avons besoin de 1800€ pour l'achat d'une camera professionnelle, 200€ pour les visas et 1000€ pour la post-production (appel à un monteur professionnel).

 

Nous sommes portés par l’association MAD, ce qui vous permet de défiscaliser vos dons!

 

Une déduction fiscale de 66% du montant de votre don est donc possible en soutenant notre projet.

 

 

 

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• Thomas Loubière, réalisateur documentariste et journaliste (Le Monde, Siné Hebdo, Libération), travaille en collaboration avec les réalisateurs Pierre Carles, Stephane Mercurio et Joseph Beauregard pour des documentaires. Il a réalisé un court métrage documentaire sur les jeunes sénégalais et le rugby, Senegal oval. • Simon Pochet, réalisateur... Voir la suite

Derniers commentaires

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Bonne chance pour ce beau projet les amis. xx. clem
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Je suis trop contente de te soutenir! bravo Maud et ton équipe!
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Vas y Thomas, de tout coeur avec toi. B, S et M