Conservons la mémoire des vieux espagnols du quartier! Les grands hommes ne font pas l'histoire, mais le peuple avec ses larmes et son sang.

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Présentation détaillée du projet

 

RESUME DU PROJET    

 

  « Les Vénérables » est un projet de réalisation d’un film documentaire de 52 minutes qui raconte l’histoire de la communauté espagnole installée à Bordeaux, de la fin du XIXème siècle aux années 70.

 

  Riche d’un fond documentaire de plus de 8000 photographies, de films d’époques, de cartes postales, d’affiches de corrida et de spectacles de flamenco et d’autres documents d’archives, le film retranscrit en cinq chapitres, le résultat de quatre années d'enquêtes et de recherches effectuées par François Guerrero. François Guerrero, passionné de culture et d'histoire des peuples, est professeur de danse flamenco et d'arts martiaux chinois. Fils de parents andalous émigrés au début des années 1960, François nait à Bordeaux en 1965. 

 

 

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  Le documentaire tente de faire revivre l’ambiance du quartier populaire, alors typiquement espagnol, situé entre le cours de l’Yser, le cours de la Somme et la rue Lafontaine.  

 

  Le récit, raconté par François sur un ton sensible, vif et passionné, retrace l’histoire de cinq lieux phares du quartier espagnol de Bordeaux, des lieux devenus mythiques dans l’imaginaire collectif de la colonie espagnole de Bordeaux. Durant l’enquête, François nous livre ses réflexions sur l’histoire de la communauté espagnole dont il est issu. Il rencontre les derniers espagnols domicilés à Bordeaux (« les vénérables » du titre) et reconstitue peu à peu cinq histoires subjectives de cette petite Espagne au coeur de la ville.

 

  Le film raconte ainsi la naissance, le développement et la disparition du quartier espagnol de Bordeaux. A la mort du dictateur Franco, en 1975, certaines familles sont revenues vivre en Espagne et beaucoup d'autres ont émigré vers la banlieue. Les familles espagnoles ont depuis été remplacées par d’autres familles,  majoritairement roms et nord-africaines.    

 

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 LES 5 CHAPITRES:

 

  « Chapitre 1 : Le Triangle de la misère »     Comment trois vagues d’immigration ont conduit à la création au coeur même de Bordeaux d’un quartier typiquement espagnol ? Quelles étaient les conditions de vie des espagnols au début du siècle dans le quartier? Pourquoi les espagnols se retrouvaient à Bordeaux à la Gare Saint Jean porte 14 ? De quels travaux très durs s’occupaient les espagnols sur les quais de la Gironde et au marché des Capucins ? Quelles étaient les relations entre les pauvres du quartier espagnol et les riches du triangle d’or ? Qui était le mystérieux El Negro, cet Al Capone bordelais qui semait la terreur dans le quartier au point qu’un espagnol pris pour lui veuille en 1925 se suicider ?

 

 

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  « Chapitre 2 : Le Solar, centre d’accueil pour espagnols»     Quel était le rôle du Solar, dans le quartier espagnol, ce centre d’aide, d’accueil et d’animation fondé en 1919 par deux jésuites émus par la pauvreté et la discrimination subie par certains espagnols? Financé par un industriel basque, la mission du Solar était d’accueillir les espagnols fraîchement immigrés à Bordeaux, de les orienter pour qu’ils trouvent du travail, un logement et des soins. Les espagnols qui arrivaient à Bordeaux étaient très pauvres. Ils fuyaient une vie très dure en quête d’un travail. Le Solar leur venait en aide pour les aider dans leurs démarches administratives. Plus tard, en 1930, furent créés une église, un cinéma et un théâtre. Aussi, dès l'été 1941, certains parents espagnols confiaient leurs enfants l’été aux camps de vacances de Toulenne, situé au Sud de  la Gironde, avec la certitude que ces derniers pourraient, ainsi, être nourris durant la Guerre. Sous l’occupation allemande, il semblerait d’après certaines archives photographiques qu’une présence franquiste existait au Solar, et que les enfants placés en camps de vacances durant cette période aient pu être enrôlés sous cette idélogie fasciste, par le biais de l'auxilo-social…

 

 

  « Chapitre 3 : La Casa de Espana »     La Casa de Espana, rue de la Brède, était une salle de réunion et d’animation créée en 1946 pour les républicains et les fils de républicains qui avaient fui leur pays durant la Guerre d’Espagne, dans un lieu qui existait déjà "Le Dancing de l'Yser créé lui en 1922. Ils échappaient au conflit qui opposaient les franquistes aux républicains. Avec la Retirada, de nombreuses familles frappées par la répression franquiste, quittèrent l’Espagne. Arrivés en masse en février 1939, à la frontière française, un grand nombre d'entre eux furent placés dans des camps de concentration tels que celui d'Argeles-sur- Mer, le plus répressif et le plus sévère, puis dans les terribles camps de concentration de Mérignac et de Saint-Médard, près de Bordeaux. Beaucoup sont morts durant cet exil. A la casa de Espana, se retrouvaient aussi durant les réunions et les repas organisés, des espagnols de tendance anarchiste, communiste, socialiste, démocrate, ainsi que d'autres sans étiquette. Qui étaient ces espagnols très politisés? Comment, sous l’occupation allemande, certains ont participé à la résistance française et à la libération de Bordeaux? Quel était le rôle de la casa de Espana? Comment après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, des suspicions anti-franquistes ont semé le trouble au sein de la colonie espagnole de Bordeaux?    

 

 

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« Chapitre 4 : Les arènes du Bouscat »     Dans les années 40 et 50, Don Vicente Jorda, un ancien torero espagnol respecté et aimé par la colonie espagnole, fait de Bordeaux une capitale de la tauromachie. Il assure la programmation des vedettes de corrida grâce à des échanges culturels et économiques entre la France et l’Espagne. Depuis 1853, douze arènes sont créées à Bordeaux. Les plus grandes, les arènes du Bouscat, construites en 1921, au Nord-Ouest de la ville accueillent durant chaque corrida plusieurs milliers d’espagnols et de français. A cause d’un accident de gradins qui cause la mort d'une personne, les arènes du Bouscat sont fermées en Juillet 1961 et détruites en Décembre 1972. Qui était Don Vicente Jorda. Quelle fut sa carrière? Quelle était sa personnalité ? Aussi, comment s’organiser en coulisse les spectacles tauromachiques ?

 

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  « Chapitre 5 : Le Sol y Sombra »     Durant les années 1960, furent créées à Bordeaux quatre cabarets de flamenco : le Sol y Sombre, l’Andalucia, le Flamenco et la Casa Manuel, un établissement tenu par la mafia espagnole qui proposait aussi des filles de joie. Parli les quatre, le « Sol y sombra »  est resté le cabaret le plus mythique aux yeux des espagnols de la colonie. Quels étaient les artistes qui se produisaient sur scène ? Que jouaient-il ? Comment sont ils parvenus à entretenir la culture flamenca au coeur de Bordeaux ? Quels étaient les conditions de vie de ces artistes ? Existait-il des rivalités entre les différents cabarets ? Qui a commandité l’attentat à la bombe contre le cabaret « El Flamenco » qui a causé la mort de son proprétaire et la fermeture de l’établissement en 1976? Rencontres avec les artistes de l’époque…    

 

 

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NOS INTENTIONS

 

  Nous souhaitons perpétuer la MEMOIRE de cette France aux origines espagnoles dénommées autrefois la "colonie espagnole de Bordeaux"  et veiller à la PRESERVATION et au partage DE SON PATRIMOINE. Nous avons rencontré une cinquantaine de citoyens d'origine espagnole, vivants actuellement à Bordeaux, aujourd’hui très âgés. Certains d’entre eux sont centenaires. Les plus jeunes de cette colonie expriment l’urgence à recueillir ces différents témoignages. Les nouvelles générations, nées en France ont tendance à oublier le passé de leurs grands-parents ou parents, et notamment les raisons de l’immigration espagnole en France et les conditions socio-économiques de l’installation de ces immigrés à Bordeaux.  

 

  Nous souhaitons DONNER A VOIR UNE IMAGE POSITIVE DE LA DIVERSITE : Aujourd’hui, si cette communauté est bien intégrée et appréciée par l'ensemble de la population française, il n’en a pas toujours été ainsi. Longtemps méprisés, appelés au début du siècle « les indésirables » par certains journaux français, les espagnols immigrés ont été victimes d’une forme plus ou moins déclarée de racisme. Raconter l’histoire de cette communauté c’est aussi raconter l’intégration réussie d’une communauté étrangère dans son pays d‘adoption. Nous souhaiterions montrer l’exemple probant d’une interpénétration féconde entre deux cultures européennes, et expliquer la richesse formidable née des échanges humains et culturels qui ont liés citoyens français et espagnols. Le projet avive par la démonstration le sentiment de notre appartenance à l’Europe.  

 

 

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TRAITEMENT CINEMATOGRAPHIQUE  

 

POURQUOI UN CHAPITRAGE ?      

 

  L’histoire de la colonie espagnole aujourd'hui désintégrée est très riche. Nous avons déterminé les thèmes des chapitres et le choix des lieux en fonction de la quantité d’archives que nous possédons pour les décrire, et du nombre d’anciens espagnols qui peuvent témoigner. Nous pensons que grâce au chapitrage, nous pouvons approfondir chacun de ces sujets, et assurer grâce à la contrainte de la concision, un rythme vif dans la conduite du récit.  

 

DES HISTOIRES POPULAIRES

 

  « Ce ne sont pas les grands hommes qui font l'Histoire, c'est le Peuple avec son sang et ses larmes", a écrit le célèbre historien américain Howard Zinn. Nous souhaitons suivre l’exemple de son traitement particulier de l’histoire pour créer notre série et faire revivre l’ambiance du quartier espagnol de Bordeaux le long du temps. Plutôt que de raconter l’Histoire en peignant la destinée de quelques grands hommes, nous préférons recueillir le témoignage d’une pluralité de « petites gens » du peuple : tailleurs, vendeurs de churros, boxeurs, guitaristes, tenancières de maison close, religieux, anciens membres du gang de la rue kleber, etc

   L’enjeu est de parvenir à restituer une représentation visuelle du quartier, avec ses difficultés économiques mais aussi son ambiance un peu coquine, quelquefois brutale et rugueuse, son animation et le souffle chaud de son activité passée.  

 

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FRANCOIS, UN NARRATEUR PASSIONNE

 

  François est le le fil conducteur de la série. A la fois enquêteur, intervieweur et archiviste, François apparaît systématiquement au début et à la fin de chaque épisode. Ses réflexions, ses sentiments, en réaction aux rencontres filmées et aux archives construisent le corps du récit de chaque épisode. Faussement naïf, amusant, enflammé par l’histoire de son peuple, François passe d’une communauté à l’autre, d’une classe sociale à l’autre. Mû par la nécessité de réparer un traumatisme originel, François enquête sur l’histoire de son peuple, à la recherche d’informations sur ses origines. Ses parents, choqués par la censure franquiste, du temps où ils vivaient en Espagne, ont été conditionnés à ne parler ni de politique ni du pouvoir. François, enfant, a longtemps ignoré les réalités historiques de ses origines. « Il ne fallait pas parler de politque. », explique t-il. Aujourd’hui, François, qui s'estime également victime de la censure franquiste, cherche en rencontrant les anciens de Bordeaux, et en collectant de nombreuses archives, à combler ce manque d’information sur l’histoire de ses origines. Une quête identitaire.

 

UN CHAPITRAGE ANIME

 

  Nous souhaitons créer un générique animé commun à tous les chapitres. Les éléments typographiques du générique sont inspirés de la typographie des anciennes affiches espagnoles de corrida et de spectacles de flamenco. Le générique suit le travail de recherche qu’effectue François aux archives municipales (extraits de journaux), à la bibliothèque municipale de Bordeaux (défilé de microfilms), dans les caves du journal Sud-Ouest (plaques photographiques en verre), etc. Le montage vif de ces images lance les premières interrogations de François sur ses origines et l’histoire de son peuple, en voix-off.  

 

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L’ORIGINE DU PROJET    

 

  Le projet est né d’une rencontre durant l’été 2012 entre François Guerrero et Georges Morère. Georges préparait un film sur le flamenco en Chine. François recherchait un documentariste intéressé par la culture espagnole, qui puisse s’impliquer dans l’histoire de cette population d'origine espagnole. Durant plusieurs mois, François et Georges se sont revus régulièrement pour rencontrer des anciens espagnols domiciliés à Bordeaux, pour analyser et commenter les milliers d’archives, et pour définir comment ensemble ils pourraient présenter ce travail. L’idée de traiter l’histoire de la communauté espagnole de Bordeaux sous forme de chapitres s’est peu à peu imposée.

 

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QUI SOMMES NOUS?

 

L'équipe de réalisation du film est composée de quatre personnes:

 

Georges Morère et Olivia Lefébure (Association Novella)

Florian Guerrero

Solène Carpentier (graphiste, animatrice 2D)

 

 

À quoi servira la collecte ?

Nous possédons le matériel de tournage grâce à l'association Novella : trois micros Neumann, caméra de qualité professionelle (Canon 5D Mark II avec trois objectifs Canon), deux mixettes Fostex, pied satchtler avec tête fluide, boxe de monatge iMac Final Cut Pro, logiciel Pro Tools, etc. La valeur totale de ce matériel est estimée à 11 000 euros. 

 

La collecte permettra de financer la réalisation du documentaire:

-le tournage du film à Bordeaux : 2000 euros

-la numérisation des archives: 800 euros

-l'animation du générique et des archives par une graphiste (Solène Carpentier): 700 euros

-le montage et la postproduction: 1700 euros

 

 

 

 

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Novella

Après une Maîtrise de Lettres Modernes et un Master de Documentaire de Création, j'ai fondé l'association Novella et réalisé durant deux ans des documentaires pour les radios France Culture, ARTE radio et la RTBF. Passionné par la culture espagnole, gitane et flamenca, j'ai réalisé trois films indépendants sur ces thèmes : "Enfant de coeur", en Camargue;... Voir la suite