"Les Vibrants" relate l'incroyable destin d'une Gueule cassée, des tranchées de Verdun aux planches de la Comédie-Française.

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Présentation détaillée du projet

Théâtre Actuel - du 4 au 27 juillet 2014 à 17h15 - Avignon

 

Les Vibrants

une fresque romanesque de Aïda Asgharzadeh

mise en scène : Quentin Defalt

avec Aïda Asgharzadeh / Benjamin Brenière / Matthieu Hornuss / Amélie Manet

assistanat à la mise en scène Damir Žiško / scénographie Natacha Le Guen / lumières Manuel Desfeux / costumes Marion Rebmann / musique Stéphane Corbin / ambiance sonore Ludovic Champagne / masques Chloé Cassagnes / maquillages Alice Faure / administration Anne Gégu / diffusion Emilie Vervaët (ATA) / presse Jean-Philippe Rigaud

production Teknaï coproduction La Huitième Case et la Compagnie des Barriques avec le soutien de l'Adami, de la Spedidam, la Mission du Centenaire et d’Atelier Théâtre Actuel

Teknaï est en résidence à la Maison du Théâtre et de la Danse (Epinay-sur-Seine) et est soutenu par le département de Seine-Saint-Denis

 

 

« Nous sommes des vibrants, Eugène. Des vibrants ! Notre vraie vie, à nous, elle est là-bas, pas ici. Là-bas, dans le foyer incandescent de toutes les passions vécues ou rêvées. »

Sarah Bernhardt

 

 

Argument

1914. Eugène, aussi beau qu'insolent, part pour le front comme engagé volontaire.

1916. Il est blessé à Verdun par un éclat d'obus et y laisse la moitié de son visage. S’ensuit alors une irrépressible descente aux enfers : comment continuer à vivre lorsque le miroir nous donne à voir les restes de ce qui a été et ne sera plus ?

Au Val-de-Grâce où il est hospitalisé, Eugène va rencontrer les architectes de sa nouvelle vie et suivre les pas, ou plutôt l’ombre, d'un certain Cyrano de Bergerac…

 

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Origines du projet

A l’origine de ce spectacle, l’exposition 1917 au Centre Pompidou de Metz : des moulures de visages de gueules cassées, des prothèses faciales mises en parallèle avec l’œuvre picturale de l’époque.

Nous nous sommes intéressés au lien entre l’art et la guerre, la destruction et la reconstruction, le masque de guerre et le masque de scène. Il nous est apparu que la rencontre entre ces deux entités prenait toute sa place au théâtre où les deux histoires, celle de la fiction et celle de la mémoire s’allient au profit de la transmission.

Le théâtre, lieu de fiction, est un relayeur sensible de la commémoration de notre passé, qui comme éclaireur ou initiateur, complète l’enseignement de l’Histoire.

Au-delà de la transmission de l’Histoire, nous abordons également de grands thèmes intemporels importants à la réflexion personnelle tels que la construction identitaire, le regard sur soi-même, le regard de l’autre, l’acceptation de la différence...

La fraîcheur d’un tel projet participe de sa capacité à intéresser plusieurs générations : être tout d’abord dans un travail de souvenir, qui rende hommage et donne un autre éclairage sur une période précise, rappelle aux anciens les notions et valeurs qui constituent encore aujourd’hui notre Histoire, témoigne du désir de les revendiquer, de dire que la jeunesse d’aujourd’hui ne saurait être ce qu’elle est sans ce que furent ceux qui ont connu et affronté les périodes les plus sombres des siècles précédents. Nous souhaitons ainsi sensibiliser les jeunes générations à une époque éloignée d’eux, qui fait partie de leur bagage culturel et dont les témoins disparaissent. Notre histoire raconte des pans de la Grande Guerre à travers des codes narratifs auxquels notre société actuelle est habituée : une narration rythmée, foisonnante, des situations simultanées, autant de structures narratives auxquelles nous sommes sensibles par les romans, les séries, les films...

Le courage et la solidarité ont pour tous un sens, qui ne peut se dédouaner de l’Histoire, et porter sur scène le récit de ce que traversèrent ces Gueules Cassées nous redonne un socle commun, et permet de rapprocher les différentes générations.

 

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Commémoration des Gueules Cassées : de la mort à la vie…

A travers le destin d’une Gueule Cassée de la Première Guerre, nous abordons le thème de la déconstruction et reconstruction identitaire : comment continue-t-on à vivre lorsque toute son identité est annihilée, lorsqu’on ne se reconnaît plus soi-même ?

La Grande Guerre ravage tout sur son passage, le paysage comme le corps des hommes. Confronté à la destruction de son environnement et de sa pensée, l’identité de l’homme est ébranlée. Les artistes de l’époque ayant été mobilisés, l’œuvre picturale et littéraire de ce début de siècle rend bien compte des ravages physiques et psychologiques amorcés durant quatre ans. Les variations artistiques sur le chaos sont exponentielles.

La modernisation de l’armement induit des blessures par éclats d’obus ou de grenades, armes beaucoup plus destructrices et engendrant de bien plus vastes délabrements faciaux que celles d’usage précédemment. La guerre des tranchées, par sa nature même, semble également favorisé l’émergence de ce type de blessure en raison de la proximité des combattants enterrés « face à face ». Née alors une nouvelle catégorie de blessés, les Gueules Cassées, terrible métaphore de cette perdition générale : l’inhumanité concentrée sur quelques lambeaux de peau.

Le visage est sans doute le lieu le plus humain de l’homme. C’est un carrefour esthétique, fonctionnel et relationnel. Toute altération de ce masque peut être insupportable pour soi et pour les autres ; le blessé est confronté au démantèlement de sa personnalité, à la suppression d’être. Il ne se reconnaît plus et on ne le reconnaît plus : il a disparu. Son parcours est alors double. Il doit alors reconnaître un visage qui n’est plus le sien et accepter la modification de sa relation aux autres.

Dans ce contexte critique, se développent des services destinés à soigner ces blessures. Ce sont les balbutiements de la chirurgie esthétique. Comment redonner une identité digne à des hommes qui n’en ont plus ? Souvent apparenté à des artistes, des sculpteurs, les chirurgiens font des progrès remarquables, voire spectaculaires. Mais le dévoiement de l’identité reste abyssal : comment reconnaître un homme qui porte un nouveau visage, comment se reconnaître soi-même en quelque chose que quelqu’un d’autre a construit ?

Ce nouveau visage ne s’apparenterait-il pas à un masque ? Un visage factice que l’on pose sur le sien ? Certains blessés devront même porter des prothèses (nez, yeux...) faute de ne jamais retrouver leurs membres. Là, la concordance au masque devient même matérielle.

Mais alors, le masque de guerre — qu’il soit protection contre les gaz, contre le regard de l’autre ou celui qu’on porte sur soi — et le masque de scène ne peuvent-ils pas se rejoindre? L’emprunte de la mort deviendrait alors pulsion de vie grâce à la nature sublimatoire de l’art.

C’est cette corrélation que nous souhaitons exploiter à travers ce spectacle, symbolisée par le parcours d’une jeune Gueule Cassée qui trouve sa rédemption dans le théâtre, en chaussant le nez atrophié, si imposant, de Cyrano de Bergerac.

 

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Commémoration du Théâtre aux Armées de la République

Le lien particulier qu’entretiennent le Théâtre et l’Armée ne date pas de la Grande Guerre. Au cours du XVIIIème siècle, l’armée française, commandée par le Maréchal de Saxe avait emmenée son théâtre avec elle dans les Flandres, où elle se battait.

Sur les fronts de la Grande Guerre, c’est Georges Scott, peintre militaire, qui crée, en 1914, sous l’impulsion de ses supérieurs, un foyer pour les soldats.

Ces derniers peuvent venir s’y divertir pendant les courts moments de repos, en proposant eux-mêmes à leurs camarades des spectacles et des chansons.

Un peu plus tard, Emile Fabre, alors administrateur général de la Comédie Française, créera la troupe du Théâtre aux Armées de la République : des comédiens et comédiennes du Théâtre Français partent à la rencontre des Poilus pour leur offrir des représentations de pièces du répertoire (Molière, Rostand, Racine). Granges, mairies, baraquement d’ambulance, ou tréteaux montés en plein air, les hommes redoublent d’ingéniosité pour installer ces théâtres provisoires.

Parmi la troupe du Théâtre aux Armées, la motivation est forte d’aller apporter un peu de réconfort et de distraction à des hommes vivant au quotidien l’horreur de la guerre des tranchées. La plupart des comédiens et comédiennes, à l’image de Sarah Bernhardt (un des personnages de notre spectacle), est bien intimidée de jouer devant un tel public et la fierté vient se mêler à un sentiment de devoir, de mission presque, chez ces artistes qui voient en ces représentations théâtrale au front l’occasion de participer, à leur manière, à l’effort de guerre.

Il nous est apparu important de nous joindre au devoir de mémoire en rappelant aux spectateurs cette initiative trop méconnue, en faisant du Théâtre aux Armées de la République un des axes majeurs de notre dramaturgie.

 

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À quoi servira la collecte ?

Le coût total de la pièce Les Vibrants pour aller en Avignon est de 29030 €. C’est un investissement majeur pour une compagnie comme la nôtre.

Nous avons consacré notre budget en priorité aux dépenses liées à la production du spectacle. A savoir la création des costumes, de la scénographie, des lumières. L'autre part importante du budget est le logement en Avignon, le transport et la location du théâtre.

 

Aujourd'hui, nous sommes à la recherche de 3500 € euros afin de financer la création des prothèses (matériaux et salaire) qui permettront à nos comédiens d'avoir des "gueules cassées"

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Cie Teknaï

> Création de la compagnie et axes de travail La compagnie Teknaï est née en 1999, créée par Quentin Defalt afin de mettre en scène Croisades de Michel Azama. Le noyau dur de cette compagnie s'est, par la suite, constitué de comédiens sortant de l'Ecole Supérieure d'Art Dramatique de la Ville de Paris. > L’écriture contemporaine, centre de la... Voir la suite

Derniers commentaires

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Ça mérite une bonne pipe !!!!
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De tout coeur avec vous ! à vite sur les pavés ...
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Hâte de vous voir en vibrance. Bon travail à l'équipe… !