Soutenez ce projet inédit qui rend hommage aux intervenants culturels en prison, ces "zinzins" qui vont à la rencontre des détenus.

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Présentation détaillée du projet

 

 

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(illustration de Jean-Roch Binder)

 

Envers et contre tout, des femmes et des hommes de divers horizons décident de franchir le mur qui les sépare des détenus pour les faire danser, dessiner, parler, improviser, lire. 

Sont-ils "zinzins" pour intervenir ainsi en "zonzon"?! Nous les avons rencontrés.

Ebranlées par leurs récits, sidérées par leur foi en l’être humain, étonnées par leur ténacité, nous voulons partager cette belle aventure et leur rendre hommage via ce web-doc.

 

 

Tout le monde « connaît » la prison. Par les jeux d’enfants, le cinéma ou la littérature.

Mais bien souvent, notre connaissance de la prison s’arrête à ses murs. Pour ce qui est de la réalité, on l’imagine ou on l’ignore. Et on finit par l’oublier.

 

Certains refusent cet oubli et décident d’entrer en prison, pour aller à la rencontre de ceux qui vivent à l’abri de nos regards, de l’autre côté du mur. Ils choisissent d’y exercer leur activité professionnelle, d’intervenir ponctuellement ou de donner un peu de temps libre. Ils sont comédien, graffeur, chorégraphe ou musicien; homme ou femme ; étudiant ou retraité. Ils ont en commun de vouloir « être là », de l’autre côté du mur, pour tisser un lien entre l’intérieur et l’extérieur.

 

Ce qu’ils nous disent des détenus et de l’univers carcéral surprend et interroge. Ils nous parlent avant tout d’humains et de (re)connections. De paroles brutes mais vraies. De rencontres et de seconde chance. Pour eux, accorder une place dans la société à la prison est une nécessité; on se doit de savoir ce qu’il s’y passe.

 

C’est un message d’espoir et d’humanité qui permet de bien saisir les enjeux de la réinsertion. Ceux qui peuplent les prisons sont en effet voués à en sortir une fois leur peine écoulée. Dès lors, ce lien tissé entre deux mondes séparés mais appelés à se retrouver est essentiel. Pour faire reculer la peur, la crainte et le doute. Pour restaurer la confiance. Pour faire évoluer le regard que l’on porte sur soi, les autres et le monde.

 

Ces témoignages, récits d’un engagement à la fois citoyen et humain, doivent absolument sortir de l’univers clos de la prison. Ils éclairent d’un jour nouveau le débat sur la récidive et la réinsertion. Ils nous permettent de considérer autrement cette humanité faillible qu’il est plus facile de ne pas voir. Ils nous rappellent surtout que :

 

« Rien n’est plus beau qu’être ensemble » (Wadji Mouawad).

 

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(fresque réalisée à la Maison Centrale de Saint-Martin-de-Ré par Jef Aerosol et les détenus)

 

 

Pourquoi un web-doc ?

 

Ce web-doc est avant tout centré sur ces intervenants : qui sont-ils vraiment ? Pourquoi ont-ils choisi d’intervenir en prison ? Qu’est ce qui les anime ? Que nous racontent-ils ?

Il a donc été conçu comme une série de portraits qui seront illustrés par différentes média : interviews video, photos, illustrations, sonores.

 

Les clefs d’entrée de ce web-doc sont les domaines d’intervention de chacun des intervenants : « danser », « lire », « écrire », « improviser », « parler », « dessiner », « jouer ». Chaque thème sera illustré par un ou plusieurs intervenants.

 

En complément, des experts nous permettront de mieux comprendre l’incarcération à travers trois thématiques : « le corps », « la parole » et « la foi ».

 

Nous ferons également un focus sur les prisons, en France bien sûr, mais également dans d’autres pays afin de comprendre comment sont perçus les détenus et les prisons. Nous parlerons notamment du « Jour des détenus » en Colombie, fêté à travers le pays et préparé tout au long de l’année dans chaque prison.

 

Nous apporterons enfin quelques éléments plus techniques, de la façon la plus pédagogique et ludique possible, pour aider l’internaute à bien comprendre l’univers carcéral et ses enjeux: chiffres clefs, textes légaux, associations etc…

 

 

Premiers témoignages

 

Nous avons d’ores et déjà recueilli plusieurs témoignages : ceux de Jef Aersol, graffeur, Bouba Landrille Tchouda, chorégraphe, Marie Lorillard, comédienne, Esther Primard et Eric Escande, visiteurs, Laurence Dubois, bibliothécaire, Andrea Puentes, danseuse.

 

Voici un premier aperçu de ces aventures humaines qui nous ont passionnées.

 

 

Bouba se souvient du « sentiment d’abandon absolu » qui s’est emparé de lui lorsque la porte de la Maison d’arrêt s’est refermée derrière lui : « Mon esprit était glacé (…), j’ai regardé en toute incompréhension cet endroit dans lequel j’avais volontairement accepté d’entrer ».

 

Esther, quant à elle, a vécu sa première visite en prison à 18 ans comme une « évidence » : « Ma famille et surtout ma tante y étaient très impliquées et je voulais partager avec eux la rencontre des personnes détenues. Je savais aussi déjà que j’y serai bien accueillie. »

 

Une fois passées les portes, préjugés et tabous disparaissent au profit de rencontres fortes. Car comme le souligne Marie, comédienne,  « on est au cœur de l’humain dans la détention, puisqu’on n’a plus vraiment le masque social et ça c’est très fort ».

 

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Bouba :  « Quand on prend le temps, on découvre autre chose, et c’est cet autre chose qui est mon moteur, qui me donne de la force, qui m’alimente aussi dans mon travail ».

 

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Jef Aerosol : «En discutant avec eux du projet de fresque, j’étais gêné à l’idée de prononcer les mots liberté, ou enfermement. Ces tabous ont sauté dès la première journée de réalisation. Ils m’ont mis tout de suite à l’aise et ont fait preuve de beaucoup d’humour et de dérision ».

 

Les conditions de travail sont toutefois difficiles : tous évoquent le bruit, les portes, les contraintes. Un lieu «anxiogène », pour Bouba, « rien n’est comme à l’extérieur ».

 

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Eric : « Lorsque je suis entré pour la première fois en prison, j’avais l’impression d’être dans un autre monde : les bruits, les bâtiments délabrés, les cris des détenus dans la cour pour communiquer d’une cellule à l’autre, les tas de détritus au pied des bâtiments et la multitude de chats qui en avaient fait leur maison ».

 

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Andrea : « Je dois dire que même pour moi ça n’était pas évident d’être enfermée pendant deux ou trois heures. Pour sortir de la salle où j’étais, je devais attendre quelqu’un, demander la permission… ».

 

Mais cela ne suffit pas à les décourager. Car ils sont convaincus que leur place est là et qu’ils ont un rôle à jouer.

 

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Laurence : « Ce qui m’a frappée, c’est tous les manques, le désespoir, la souffrance, mais aussi pour certains l’envie de s’en sortir. Et là je me suis dit : il y a un boulot énorme à faire ! Et en tant que bibliothécaire j’ai toute ma place. »

 

Avec la conviction que l’on ne peut réduire un homme à ses actes, ils portent sur les détenus un regard neuf qui contribue à les réhumaniser. Ils viennent leur donner des clefs pour comprendre le monde et se préparer à y retourner. Ils leur offrent une « seconde chance », en les initiant à leur art, à la culture.

 

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Bouba : « Je sais ce que la danse a provoqué chez moi comme espace de paix. Tout le monde devrait danser ! ».

 

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Marie : « Parfois, ce sont des gens très talentueux, qui ont vraiment beaucoup de ressources. Mais jusque là, personne n’a vu ces ressources qui sont enfouies. Du coup le théâtre peut faire surgir ça à un moment.

Et ça, c’est vraiment fascinant. »

 

Il ne s’agit pas de leur faire croire qu’ils vont devenir danseurs professionnels ou vivre de leur peinture. Mais de leur donner l’opportunité de changer, de leur permettre de voir la vie autrement, de les aider à «canaliser l’énergie destructrice » pour la « transformer en action constructive et positive » (Bouba) ; à «exprimer leur colère différemment » (Andrea); à « transfigurer leur douleur » (Marie) ; à « réfléchir à ce qu’ils ont commis » (Jef Aerosol) ; à se projeter; à rêver ; à travailler ensemble.

 

Ni « voyeur », ni « sauveur », ils ont conscience que leur travail n’est bien souvent qu’une « goutte d’eau dans la mer ».  Mais cette goutte d’eau est précieuse et le plaisir de voir quelqu’un changer transcende toutes les difficultés rencontrées.

 

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Marie : « Tant que l’homme vit, il peut changer. C’est cette foi qui a grandi en moi, cette conviction ; même en ayant commis l’irréparable, on peut changer. Ce travail n’est pas vain, même s’il y a seulement une ou deux personnes qui changent et c’est tout ».

 

Jef Aerosol en témoigne : il a réalisé une fresque sur le mur de la Maison centrale de Saint-Martin-de-Ré avec des détenus particulièrement exclus et marginalisés. Au début du processus de création, ils ne sortaient jamais de leur cellule et refusaient d’aller en promenade. Après six mois d’ateliers, certains ont accepté de signer de leur nom leurs toiles. Ils ont accepté d’exister. C’est une première étape vers la réinsertion.

 

  

 

 

 

QUI SOMMES NOUS?

 

Nous avons coréalisé plusieurs documentaires (formats courts) et travaillons actuellement sur un projet de documentaire sur la Danse en milieu carcéral.

Férues de danse l’une et l’autre, nous partageons la même passion pour le spectacle vivant et une énorme curiosité pour les autres. Nous sommes convaincues que le regard que l'on porte (ou pas) sur les autres est déterminant. C’est avec cette conviction solidement ancrée que nous nous engageons dans ce web-doc sur les « zinzins de la zonzon ».

 

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Marine de Royer

Marine a exercé plusieurs années comme avocate avant de devenir responsable juridique à France Télévisions. Elle connaît très bien le monde judiciaire. Elle  fait partie d’un groupe de visiteurs à la maison d’arrêt de Fleury-Merogis.

Passionnée par la forme documentaire qu’elle relie à son métier d’avocat, elle s'apprête à intégrer les Ateliers Varan pour suivre la formation "réalisation de documentaire".

Elle aime avant tout écrire et danser.

 

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« Enfant, je n’habitais pas très loin de la Maison d’arrêt de Varces. A chaque fois que je passais devant en voiture, je collais mon nez à la vitre et scrutais le bâtiment, espérant apercevoir quelqu’un. Je n’en revenais pas de voir une prison « pour de vrai »… L'absence totale de vie humaine rendait le lieu particulièrement étrange et menaçant.

En face, il y avait la caserne des chasseurs alpins. Ce face à face détenus/militaires me paraissait à la fois rassurant et potentiellement hyper violent ».

 

Geneviève Ermacora-Clermont

Monteuse vidéo, Geneviève travaille depuis presque 20 ans, en particulier pour la fashion week parisienne. Riche de cette expérience, passionnée de cinéma, de danse et de rencontres humaines, elle fait ses premiers pas comme réalisatrice de documentaires formats courts

 

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« Entre 8 et 12 ans, j’ai vécu à Fresnes, face à la prison. Depuis le bureau de mon père, je pouvais apercevoir les fenêtres des cellules, mais à part les barreaux, je ne distinguais aucun homme. Cela rendait cet endroit encore plus mystérieux. C’est à l’extérieur que j’entendais vaguement les voix des prisonniers, qui se parlaient ou s’injuriaient à travers les barreaux et parfois essayaient d’entrer en contact avec les gens qu’ils voyaient dans la rue.

Ce qui m’a le plus interpellée c’est le bruit qu’ils faisaient sur les barreaux et qui résonnait abominablement. La première fois que j’ai entendu ce bruit j’ai demandé à ma mère ce que c’était, elle m’a répondu que c’était un code qu’ils avaient entre eux. »

 

 

 

À quoi servira la collecte ?

Pour le moment, nous travaillons sur ce projet avec nos moyens propres et ceux de nos amis: matériels de tournage, de montage, trajets, hébergement (nous avons beaucoup de contacts dans la région Poitou-Charente) etc…

 

Nous avons cependant impérativement besoin de faire appel à un graphiste/web-designer/développeur qui pourra nous aider à concevoir et réaliser la plateforme web, pour la somme de 4.500 euros.

 

Bien évidemment, tout surplus de contributions sera le bienvenu:

 

- Pour la finalisation de la plateforme web (environ 2.500 euros)

 

- Pour la location d'un appareil photo 5D III avec les objectifs nécessaires, afin d'obtenir une qualité d'image optimale (environ 500 euros pour 5 jours de tournage)

 

- Pour les illustrations de Jean-Roch Binder (www.jeanroch-binder.com), graphiste dont nous aimons l'univers (environ 1.500 euros).

 

- Pour les illustrations sonores (environ 1.500 euros).

 

- Pour la post-production: mixage, étalonnage…(environ 1.500 euros).

 

- Pour nous aider à financer les contributions et les frais KKBB (environ 1.000 euros).

 

- Et bien évidemment, pour participer aux frais que nous prenons en charge (frais de déplacements, tournage, montage...).

 

MERCI par avance de nous permettre de réaliser ce projet qui nous tient à cœur !

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Marine & Geneviève

A la fois monteuse, réalisatrice, danseuses, avocate et amies, nous ne pouvions que nous lancer avec enthousiasme dans ce projet qui réunit toutes nos passions et convictions! Nous souhaitons de tout coeur vous convaincre d'y participer, en apportant votre contribution financière ou autre et en en parlant autour de vous. To be continued...

Derniers commentaires

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Merci pour ce projet, merci de nous le faire découvrir, de nous donner envie a notre tour de nous impliquer.. Courage pour la suite ! On vous soutient .. Et merci ;-)
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Bravo pour ce projet enthousiasmant!
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Bonne réussite à ce projet!