Aidez moi à financer un reportage de six semaines au coeur des villages de la mafia calabraise, pour mieux comprendre son emprise mondiale !

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Présentation détaillée du projet

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J’ai besoin de vous pour m’aider à réaliser une série de trois reportages sur les mafias italiennes afin d’expliquer le phénomène mafieux aux Français, qui souvent sous-estiment ce problème au niveau national, européen et mondial. Pour éviter les poncifs sur la mafia et être le plus précis possible dans mon travail, j’ai fait le choix d’aller passer environ un mois et demi en Calabre, entre le 10 décembre 2015 et le 25 janvier 2016. C’est le meilleur moyen pour moi de mener une enquête sérieuse et approfondie, et de comprendre toute la complexité de la « pieuvre ».

 

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 Les quatre mafias italiennes et leurs chiffres d'affaires annuels

 

 

D'après les plus imminents spécialistes, les mafias italiennes gèrent un chiffre d'affaires d'environ 120 à 150 milliards d'€ annuels grâce aux trafics de drogues, de prostituées, d’immigrés, au racket, au trucage des marchés publics ou à la gestion des déchets. Parmi les quatre mafias italiennes (Cosa Nostra en Sicile, la Camorra à Naples, la 'Ndrangheta en Calabre et la Sacra Corona Unita dans les Pouilles), la 'Ndrangheta s'est imposée comme l'organisation la plus puissante au monde, grâce à sa spécialisation dans le trafic de cocaïne. En 2014, un institut de recherche estimait son chiffre d’affaires à 53 milliards d’€, soit autant que la Deutsche Bank et Mac Donald réunis et 3,5% du PIB italien ! Depuis quelques années, elle est devenue l'interlocuteur privilégié des cartels de drogue colombiens, installant même des "commerciaux" en Colombie afin de négocier les prix et gérer les approvisionnements vers l'Europe

 

 

 

Si la mafia calabraise a su prendre le virage de la mondialisation des échanges et de la « modernité », elle reste, comme toutes ses petites soeurs italiennes, profondément ancrée dans son territoire d'origine. Même si la ‘Ndrangheta ressemble aujourd'hui davantage à une multinationale du crime (avec des implantations un peu partout en Europe, mais aussi aux Etats-Unis ou en Australie) qu'à une petite association de malfaiteurs, toutes les décisions se prennent au sein des petits villages calabrais, d'où sont originaires les chefs de clans. Chaque filiale (cosca) installée à l'étranger ou dans le nord de l'Italie doit rendre des comptes aux "familles" de Calabre ('Ndrina), du moins pour les grandes décisions stratégiques. D'ailleurs, la plupart des Boss, du moins ceux qui ne sont pas en prison, vivent cachés sur leur territoire d'origine, parfois dans des blockhaus aménagés sous leurs maisons

 

 

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  Plati, un des villages "historiques" de la mafia calabraise 

 

 

Mon projet consiste à me rendre au cœur de ces territoires mafieux de Calabre, dans les villages isolés de l’Aspromonte, afin d’expliquer les racines du phénomène à travers des exemples concrets. Puis d’expliquer comment les mafias passent du « local au global », autrement dit comment des familles ancrées à un village du Mezzogiorno ont pu, au fil des décennies, développer leurs affaires jusqu’à devenir des multinationales du crime et créer des filiales dans différents pays, et sur d’autres continents. J’ai déjà ciblé de nombreux interlocuteurs afin de réaliser cette enquête : procureur antimafia du tribunal de Reggio di Calabria, juges antimafia, journalistes et universitaires spécialisés, association Libera contre la mafia, repentis…

 

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 La carte des clans mafieux calabrais

 

 

Mon deuxième reportage portera sur les Ecomafias, et notamment sur l’enfouissement de déchets toxiques (parfois même radioactifs !) en Calabre, et ses conséquences sanitaires avec une proportion de cas de cancers unique en Europe. Pendant 30 ans, la Calabre fut considérée « comme la poubelle de l’Italie », les industriels du nord du pays faisant appel aux mafias afin de se débarrasser de leurs déchets à moindre prix ! J’ai déjà pris des contacts auprès de chercheurs et universitaires spécialistes de cette question. Je compte également aller à la rencontre des familles touchées par ces cas de cancers, des médecins et cancérologues ainsi que des associations environnementales et des élus de la région.

 

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 Le juge anti-mafia Roberto Scarpinato

 

Le troisième reportage m’amènera en Sicile, et notamment dans l’Ouest de l’île, afin d’expliquer les liens d’intérêts entre mafia et politique, et l’intégration de la mafia dans les hautes sphères de la bourgeoisie régionale, voire nationale. Certains juges et procureurs de Palerme enquêtent depuis vingt ans sur les liens entre le pouvoir politique et la mafia, à travers notamment les liens de deux célèbres présidents du Conseil italien : Giulio Andreotti et Silvio Berlusconi. Je compte les rencontrer afin qu’ils me fassent part du contenu de leurs enquêtes et ainsi mieux comprendre le côté presque « indestructible » des mafias italiennes, malgré les vagues de répression qui s’abattent régulièrement sur elles. Et décrire ainsi le profit qu’elles tirent de la mondialisation des échanges, grâce à une classe politique au minimum aveugle, au pire complice. Si je dispose de suffisamment de temps, je réaliserai également un petit reportage sur les mouvements citoyens qui s’organisent peu à peu, notamment à travers le mouvement « Addiopizzo », afin de lutter contre cette emprise mafieuse.

 

 

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Je pars seul, sans aucun soutien financier ni appui d’aucun média, de manière à être totalement libre dans mes reportages, et de façon à être le plus « souple » possible. Si j’ai recours à votre aide, c’est pour deux choses essentielles : la rémunération de mes traducteurs et de mes fixeurs (indispensables pour travailler dans les meilleurs conditions de reportage et de sécurité), et le soutien moral, à travers votre participation, que vous apporterez à mon projet.

 

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À quoi servira la collecte ?

Si je fais appel à vous, c’est qu’il est aujourd’hui de plus en plus difficile, pour ne pas dire impossible, d’être soutenu financièrement par un média pour mener des enquêtes longues approfondies sur des sujets complexes. Ce reportage est avant tout une aventure humaine et l’exercice d’une passion. Mon unique objectif est de publier mes trois reportages afin de faire connaitre l’ampleur du phénomène mafieux aux lecteurs français, et de pouvoir entrer dans mes frais. Votre aide me permettra de financer les traducteurs qui devront m’accompagner quasiment en permanence, ainsi que les fixeurs. Voici le budget pour un mois et demi de reportages:

 

 

- Pour les traducteurs, 1750 euros minimum pour l’ensemble des reportages.

 

- Pour les fixeurs, environ 500 euros

 

- Pour une formation personnalisée (connaissance des mafias, conseils pour la sécurité, carnet d’adresses) de deux jours à Paris auprès du meilleur spécialiste des mafias en France (500 euros, à raison de 50 €/heure)

 

 

 

Les autres frais à ma charge (1500 euros) :

 

 

- Hébergement (un mois et demi) : 700 euros

 

- Avion : 150 euros aller-retour

 

- Location d’une voiture et essence : 500 euros

 

- Documentation et livres sur la mafia : 150 euros.

 

 

Si la collecte dépasse mes espérances, cela me permettra de rester un peu plus longtemps sur place et de réaliser un reportage supplémentaire, en fonction des réalités que je trouverai sur place.

 

 

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Mathieu Delagarde, 35 ans, journaliste. Après des études en Histoire puis en journalisme, j’exerce la profession de journaliste depuis huit ans. Je travaille actuellement pour un petit magazine local en Charente-Maritime, et je profite de mes vacances pour réaliser des reportages sur des sujets qui me passionnent. J’ai notamment enquêté sur la... Voir la suite