Réinventons les Maisons de la Sagesse, lieux de traduction, comme savoir-faire avec les différences : une nécessité politique aujourd'hui !

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Présentation détaillée du projet

Maisons de la Sagesse –Traduire

Réinventons les Maisons de la Sagesse, lieux de traduction comme savoir-faire avec les différences : une nécessité politique aujourd'hui!

 

"La langue de l'Europe, c'est la traduction", disait Umberto Eco. C'est peut-être même la langue du monde !

L'idée des "Maisons de la sagesse-traduire" est venue comme une suite naturelle de l'exposition "Après Babel, traduire", au Mucem de Marseille (décembre 2016 -mars 2017). On y montrait comment une civilisation, celle de la Méditerranée au plus haut point,  se fabrique via la traduction : les routes de la traduction sont les routes du pouvoir et celles de la culture. On y montrait surtout comment la traduction est un savoir-faire avec les différences, qu'il s'agisse d'accueillir des étrangers, de rendre un poème, d'interpréter un texte sacré - il faut prendre le temps de comprendre l'autre comme il se dit.

 

Mais qu'est-ce exactement qu'une Maison de la Sagesse, pourquoi et comment décliner cela aujourd'hui ?

 

Photo_2__2_-1506011593 Calais, 2016

 

L’histoire des sciences médiévales est indissociable de celle des institutions de sciences en terres d’Islam.

Du 3e H./9e ap. J.-C. au 5e H./11e ap. J.-C., les califes ont créé des Bayt al-hikma, grands foyers intellectuels urbains, avec bibliothèques, centres de traduction, de copies et reliures de manuscrits, centres de recherches et de débats scientifiques, hôpitaux, observatoires astronomiques, lieux d’accueil pour les savants-voyageurs. A la fois philosophes, astronomes, mathématiciens, musiciens, poètes, médecins, mais d’abord et avant tout traducteurs, ils parcouraient le monde de Bagdad à Samarcande, de Grenade au Caire, de Damas à Balkh, de Fez à Ispahan.

 

Alors, une Maison de la Sagesse aujourd'hui ?

Il faut l'inscrire dans « la vraie vie », celle de tous les jours : c'est un espace, réel ou virtuel, multi et interdisciplinaire, de dialogue et d’interaction des savoirs, des cultures et des langues, des techniques et des pratiques, capable de donner du sens à ce qu'on appelle le « vivre ensemble ». Le focus en est la traduction, comme apprentissage de l'autre et savoir-faire avec les différences.

 

Nous voulons les construire avec vous, d'abord à Marseille et à Aubervilliers, selon trois temporalités, liées aux urgences et aux migrations d'aujourd'hui.

 

Premier temps : un temps d'accueil. Nous élaborons le pilote d'un Glossaire de la bureaucratie française, pour mesurer les écarts entre les mots-clefs, sésames de nos administrations, et les terminologies des pays d'origine.

 

Les premiers « intraduisibles » pour les étrangers arrivant en France concernent les formalités, les documents administratifs à remplir dès l'arrivée, d'où dépend leur avenir (nom, prénom, statut etc.). "Célibataire/ marié/ pacsé" : quel sens cela a-t-il pour un Tamoul qui arrive en France? Comment chaque formulaire est-il lié à une histoire, à des valeurs, à des représentations politiques et sociales, qui ont fondé notre bureaucratie ? Poser la question est un premier pas vers l’« intégration », et permet, en retour, aux Français de réfléchir aux fondements de leur bureaucratie et à ses nécessaires évolutions.

Rencontre_avec_les_philosophes_publics__3_-1506369960 Rencontre avec les Philosophes Publics, Marseille Juin 2017

 

 

Le_mot_qui_manque__8_-1506011853 Exposition Après Babel, Traduire, Mucem, 2016-2017 -  "Le mot qui manque".

 

 

Le deuxième temps  est celui de la valorisation. Il est centré autour de l'idée de "banque-musée'. Ce "musée" coorganisé avec les prêteurs d'objets est en même temps une "banque", liée à une activité de micro-crédit.

 

Inspiré des banques culturelles d’Afrique de l’Ouest, au Mali par exemple, ce lieu à inventer a vocation à présenter un "patrimoine migrateur" avec son histoire : des objets-récits à valeur symbolique, non immédiatement marchande, témoins d’un parcours de vie des porteurs de projets bénéficiaires du micro-crédit. A Marseille par exemple, une première expérience est en cours avec l'ADIE, Association pour le Droit à l'Initiative Economique,  avec un espace d'accompagnement, de conseil et de formation destiné aux porteurs de projets.

 

Ha_ti_ny_marseille__3_-1506361729Le Port au Prince, via NY et Marseille, juin 2017

 

Le troisième temps est dédié à la recherche. C'est un travail au long cours, un travail de fond, vital pour une Europe désarçonnée.

 

Nous travaillons à un Dictionnaire des intraduisibles des trois monothéismes, à partir des mots en langues autour desquels s'enroulent les textes dits « sacrés ». Comment dit-on/ ne dit-on pas « Dieu » en hébreu, araméen, syriaque, arabe, grec, latin, puis vernaculaires?  La "communauté", l''autre » ? Comment désigne-t-on le Livre ? Quel est à chaque fois le rapport entre la langue de révélation et la traduction ? Ce corpus, les textes, et cet angle d’attaque, les langues, s’impose d’autant plus que chacun des trois livres, entre interdit et prosélytisme, se pose de manière très différente, comme “révélé” dans un lien plus ou moins organique avec une langue, et susceptible ou non de traduction. Pas de meilleur moyen pour mettre en échec les "fondamentalismes" que de faire œuvre commune, loin de tout catéchisme des valeurs.

 

La_cri_e_25_mars_2017__4_-1506361961Théâtre de la Criée, Marseille, mars 2017 - Après la conférence de Souleymane Bachir Diagne "La Sagesse de traduire"

À quoi servira la collecte ?

De création récente, cette association d'intérêt général fonctionne entièrement sur le mode du bénévolat.

Les fonds collectés seront affectés en totalité à Maisons de la Sagesse-Traduire, Association LoI 1901, dont le siège est situé à MSH Paris Nord - 20 avenue George Sand - 93210 Saint Denis, qui recevra les fonds sur son compte bancaire. 

Les donateurs pourront recevoir un formulaire permettrant de défiscaliser 66% du montant de leurs contributions retenues dans la limite de 20 % de leurs revenus imposables.

 

En priorité, la collecte contribuera au financement des premiers événements publics : 

organisation des performances artistiques et pédagogiques du 4 au 7 octobre 2017 à Marseille, puis en mars 2018 à Marseille et Saint-Denis-Aubervilliers.

L'objectif de ces actions est de mobiliser l'ensemble des acteurs de la société civile, des organismes d'accueil des étrangers, des collectivités territoriales et des institutions concernées dans un projet commun de recherche-action.

 

Programme de la Fête de la Sagesse du 4 au 7 octobre à Marseille.

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Besoin en financement : 4000 euros

Octobre 2017 - Marseille

Performance artistique et pédagogique Patrimoine migrateur   1000 euros

Dégustation-Découverte de plats migrateurs et leurs récits    600 euros 

Captation video et montage audio-visuel    400    

 

Mars 2018 - Marseille et Aubervilliers

Performance artistique et pédagogique Patrimoine migrateur 1000

Ateliers de traduction  600

Captation vidéo et montage audio-visuel  400  

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MDS Traduire

Directrice de recherches au CNRS, BARBARA CASSIN est philologue et philosophe, spécialiste de philosophie grecque. Elle travaille ce que peuvent les mots. Elle a notamment dirigé le Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles (Seuil, le Robert, 2004), lui-même traduit ou en cours de traduction/ adaptation dans une dizaine de... Voir la suite

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Parce que la traduction est une passerelle entre les humains. Parce que mon grand-père et ma mère, Évariste puis Michelle Lévi-Provençal, étaient des traducteurs de la Méditerranée. Bon vent à cette initiative. Cyril Lévi-Provençal
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Parce que la traduction est une passerelle entre les humains. Parce que mon grand-père et ma mère, Évariste puis Michelle Lévi-Provençal, étaient des traducteurs de la Méditerranée. Bon vent à cette initiative. Cyril Lévi-Provençal