Un projet de film documentaire sur ma mère Josy, ancienne psychologue et bénévole dans un centre social, interrogeant son histoire familiale.

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Présentation détaillée du projet

   Mater est mon premier projet de film documentaire : je l'ai écrit dans le cadre de mes études et il est sur le point d'être réalisé ! Cependant, j'ai besoin de vous à travers cette collecte pour qu'il puisse voir le jour, notamment afin de financer une post-production de qualité pour le film !

 

 

Résumé du film

 

 

   Josy a passé trente années de sa vie à travailler en pédopsychiatrie avec des enfants et adolescents en souffrance dans divers centres médico-psychologiques d'Ardèche. Aujourd'hui à la retraite, elle travaille bénévolement dans un centre social, l'Art des Liens, où elle rencontre des femmes et leurs enfants en bas âge. Ma mère me confia que si elle avait choisi de faire ce travail, c'était pour « réparer » l'enfant qu'avait été sa mère, abandonnée à la naissance : je propose alors à Josy d'écrire à sa mère à présent disparue.

 

 

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Comment se construit le film ?

 

 

   Ce projet de film tend ainsi à se façonner comme un portrait de ma mère articulant plusieurs pans de sa vie : son enfance, ainsi que celle de sa mère qui fut abandonnée à la naissance ; son ancien travail en pédopsychiatrie ; son engagement actuel au centre social.

 

   Le film sera ainsi construit sur une alternance entre plusieurs dispositifs : des séquences d'activités de Josy à l'Art des Liens ; l'évocation à travers ses notes et des photographies de son ancien travail en pédopsychiatrie ; son enfance et son rapport à sa mère matérialisés dans la lettre adressée à cette dernière ; enfin, une longue séquence de marche où Josy va des bois vers la mer. 

 

   À travers ce montage, le film avance sur deux dynamiques : la lettre, lue par ma mère en voix off de manière fragmentée et régulière, structurant ainsi le film ; et la marche des bois vers la mer, apparaissant également à intervalle régulier pour rythmer la narration. Cette séquence dans la forêt porte un double enjeu : il s'agit à la fois d'un moment contemplatif, sans dialogues, qui tend à apporter une pause dans le film ; dans un même temps, porter une interrogation au spectateur sur cette marche qui semble s'apparenter à une trajectoire métaphorique. 

 

 

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L'Art des Liens : le centre social comme lieu de rencontres et d'échanges

 

 

   Le coeur du film se situe dans ses activités au sein de l'Art des Liens : y intervenant plusieurs fois par semaine, Josy participe à un certain nombre d'ateliers avec des mères qui viennent au centre social souvent pour retrouver d'autres femmes dans la même situation, socialiser leur enfant, etc.

 

   En effet, beaucoup de ces personnes fréquentant le centre sont seules, dans une certaine précarité, parfois sans-papiers. L'Art des Liens se révèle alors lieu de rencontres, d'échanges, d'apprentissage aussi : de très jeunes enfants viennent apprendre à jouer avec d'autres, des mères viennent apprendre l'informatique, l'anglais et parfois le français. Il s'agira alors pour moi de mettre en images la nécessité sociale, telle que je la perçois, d'un tel endroit. Quel rôle a à jouer un centre social dans l'accompagnement de femmes en difficulté ? Que viennent chercher ces dernières dans un tel lieu ? Mais aussi : que viennent chercher les personnes bénévoles ?

 

   Je vois dans la démarche de ma mère un réel engagement qui la plonge au coeur du politique – au sens étymologique des affaires publiques. C'est précisément cette fine articulation entre un travail social, humain, et le lien qui se fait consciemment ou non avec sa propre histoire qui m'intéresse et que je souhaite développer. 

 

 

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Pourquoi ce film ?

 

   La genèse de ce projet vient d'un film que j'ai co-réalisé en début d'année 2015 qui portait sur une auxiliaire de vie, Maryse, et plus précisément sur le travail qu'elle effectuait depuis sept ans au domicile d'Ilia, une vieille dame italienne qui ne pouvait se nourrir toute seule.

Dans cette relation, c'était Maryse qui insufflait sans cesse la vie à Ilia en lui parlant, en la touchant ; au sein de toute cette énergie déployée, une grande tendresse et bienveillance émanait, plaçant Maryse dans un engagement humain puissant et touchant. Suite à cette expérience, je sus que je voulais réaliser le portrait d'un individu qui lutte et qui s'engage contre une forme de déshumanisation de la société, étant moi-même fortement inquiété par ce constat effectué au quotidien.

 

 

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   En arrivant à la retraite, ma mère décide, dans une dynamique qui, me dit-elle, lui apparaît comme évidente, de continuer à travailler bénévolement auprès d'enfants. Une démarche que j'estime courageuse, et dont la force de l'engagement me saute au yeux : j'envisage alors que le parcours de ma mère n'a rien d'anodin, et que dans ces périodes où les actualités nationales et internationales me désespèrent de la bêtise et de la haine qu'elles portent, l'engagement de ma mère semble porter une réponse, à une échelle humble et humaine, quant aux problématiques qui m'inquiètent.

 

   J'ai alors proposé à Josy de réaliser ce film sur elle, intéressé par son histoire, par la relation à sa mère, ainsi que son parcours professionnel – plusieurs domaines que, malgré ma place, je ne connaissais que peu. Lorsqu'elle me confie que si elle avait choisi ce métier, c'était pour « réparer » la blessure de l'abandon de sa mère – blessure pour cette dernière, mais aussi pour l'enfant que fut ma mère – le lien entre vécu et voie professionnelle se fait tangible, voire cinématographique.

 

   Une ligne parcourant plusieurs vies m'apparaît : celle d'une enfant abandonnée, qui une fois mère a bien du mal à donner de l'amour à ses enfants ; et l'un d'entre eux, qui va devenir ma propre mère, qui décide de sauver symboliquement sa mère de l'abandon en s'engageant auprès de tant d'enfants dans son travail. Un montage émerge alors : celui d'une femme qui continue d'entretenir ce lien auprès d'enfants en travaillant dans un centre social ; et cette même femme qui écrit à sa mère décédée pour questionner sa propre histoire, tentant de déceler à quel point cette dernière se lie à son parcours professionnel.

 

 

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Note des producteurs :

 

                                                         Logo_chantiers_du_r_el_2016-1477148102

 

 

   Chantiers du Réel est un réseau de jeunes documentaristes, née d’une initiative d’étudiants du Master « Métiers du film documentaire » de l’Université d’Aix-Marseille. Nous sommes des auteurs, réalisateurs, techniciens, programmateurs, enseignants… Nous avons créé Chantiers du Réel parce que nous croyons en l’esprit de partage : partage d’idées, d’expériences, de moyens, de matériel, de contacts, de voies de diffusion, d’énergie.

 

   Depuis la création de l’association en 2013, nous organisons chaque année l’Appel des Chantiers, un festival de documentaire et nous avons produit deux films documentaires : L’attesa de Florence Chirié (2015) et Là-Haut de Chloé Mazoyer (2016). Nous avons deux projets en production : L’identité du prédateur de Shani Lemyre et Mater de Pierre Medurio.

 

   Chantiers du Réel existe pour cultiver l’esprit du documentaire personnel, créatif et engagé : parce que faire un documentaire, ce n’est pas seulement travailler sur le réel, c’est travailler le réel. C’est dans cette optique que nous avons décidé de produire le premier film documentaire de Pierre Medurio Mater. À la lecture du projet, nous avons immédiatement été touchés par la sensibilité de son écriture cinématographique. Pierre Medurio filme l’histoire de sa mère et le transgénérationnel de sa famille à travers des dispositifs cinématographiques et visuels poétiques. Ces derniers subliment une histoire de la maternité à la fois universelle et personnelle. Plus que jamais, la thématique politique de son film abordée au travers de l’engagement social de sa mère auprès d’enfants défavorisés doit être montrée au cinéma. Pour toutes ces raisons, il est nous est apparu nécessaire d’accompagner Pierre Medurio dans la réalisation de son film.

 

 

Des questions ?

 

Si vous avez des questions, remarques ou autre autour du projet, n'hésitez pas à m'écrire à medurio.pierre@gmail.com !

 

Également, si vous souhaitez en savoir plus sur mon travail, vous pouvez aller faire un tour sur mes deux sites :

 

http://pierremedurio.tumblr.com

 

http://imagesdeminuit.tumblr.com

 

 

À quoi servira la collecte ?

En plus du crowdfunding, le film va être financé par le FSDIE (Fond de Soutien aux Initiatives Étudiantes) à hauteur de 1800€ et le CROUS (Culture Actions) à hauteur de 800€. En plus du crowdfunding, ces deux financements vont permettre de donner au film une post-production de qualité professionnelle !

 

Ainsi, le crowdfunding va permettre de financer :

 

- La location d'une station de montage et d'un studio son

 

- Le transport et la nourriture de l'équipe

 

- Des disques durs

 

- La communication autour du film (affiches, DVD, envois en festivals,...)

 

- Le "petit matériel" (batteries, filtres, cartes mémoires,...)

 

- Et de belles contreparties à vous offrir !

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Pierre.Medurio

Né en 1992 à Privas (07), j'intègre l'École Supérieure d'Art et Design de Valence (26) après l'obtention du Baccalauréat série Littéraire. Je développe ainsi dans cette école ma pratique de la photographie, entamée il y a déjà plusieurs années de cela, ainsi que les enjeux théoriques et artistiques autour de ce médium et plus largement de l'image. Je... Voir la suite

Derniers commentaires

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J'espère pouvoir venir voir le film en salle l'année prochaine. Merci. Bonne continuation.