ME-TISSER est une exploration danse et musique sur nos luttes intérieures autour du combat que l’on mène pour trouver sa place, la regagner!

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Présentation détaillée du projet

 

Cette collecte nous permettra de financer une semaine de création pour produire une nouvelle version du spectacle ME-TISSER...

 

 

"Je flâne devant le miroir comme le 24 mars le jour de l'accident."

 

 

 

L’ASSOCIATION

L’art pour aller vers l’autre 

 

EOLO est un espace d’arts pour tous où la danse se conjugue avec le théâtre, où la personne porteuse de handicap se lie avec la personne ordinaire, mêlant leurs mots et leurs gestes pour s’inscrire dans la même démarche, dans la même cité…Notre conviction est bien que l’Art permet d’abolir les différences et de dépasser les préjugés.

 

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Crédits Photo : Thibault Maurel de Maillé

 

LES ARTISTES

La rencontre…Une histoire qui s’inscrit sur la durée

 

En 2004 l’association Eolo rencontre lors d’un atelier théâtre à l’Adapt un jeune danseur traumatisé crânien : Laurent Simonetti. Le travail réalisé dans cet atelier donne lieu à un spectacle au centre Charlie Chaplin. Le talent et la présence sur scène de Laurent Simonetti incitent les membres de l’association Eolo à lui proposer de participer à une série d’ateliers à Vaulx-en-Velin, autour du théâtre et de la musique pour un public mixte. En 2006, Laurent Simonetti est lauréat de « l’appel à projet citoyen » lancé par la région Rhône-Alpes, ce qui lui a permis de co-animer l’atelier auquel il participait comme bénéficiaire et ainsi entreprendre sa réinsertion artistique.

 

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A Joal au Sénégal

La même année, l’Association Eolo développe des projets au Sénégal et croise les pas d’Adonis Nebié et de Pline Mounzeo, danseurs au sein de compagnies contemporaines d’excellence, chez Irène Tassembedo pour l'un, et au sein de la compagnie Premier Temps, pour l'autre. Adonis participera notamment à une reprise du « Léopold Sedar Senghor au pays Sérère » monté à Joal pour l’anniversaire de la naissance du président poète sous la direction de Martine Meirieu, metteure en scène et Pline Mounzeo, danseur et chorégraphe.

 

A Lyon

Une reprise de « Léopold Sedar Senghor au pays Sérère » est redonné au théâtre des Asphodèles pour la clôture de la semaine de la francophonie « des dix mots » en mars 2007 puis en juin 2007 dans le cadre du festival «Tout l’Monde dehors» et reçoit un très bon accueil.

 

Adonis Nébié, Pline Mounzeo et Martine Meirieu décident alors de monter un spectacle danse et théâtre qui propose à trois danseurs (dont Laurent Simonetti) et une comédienne, de décliner une variation autour de leurs rêves et leurs déceptions lorsqu’ils arrivent « De l’autre côté de la mer », qu'ils viennent d' Afrique ou d' Europe. Ce travail est présenté à l’amphithéâtre de l’Opéra de Lyon dans le cadre du colloque sur le développement durable puis ensuite pour le Festival Tout « l’Monde» Dehors 2009.

 

Adonis, Laurent et Pline y font une vraie rencontre humaine lors de leurs échanges autour de leurs itinéraires respectifs et projettent dès lors de croiser leurs recherches et leur talent autour de la thématique de la place à trouver, à regagner...

 

Nos trois danseurs rencontrent, lors de la sortie de l'ouvrage « L'art à la rencontre de l'autre », deux artistes musiciens d’Eolo : Hassan Guaid, chanteur et Jason Henoc, violoniste. Sous la direction de Martine Meirieu, l’équipe de « Me-TISSER » est alors constituée et met en place son projet.

 

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LE SPECTACLE

« Me –TISSER »  Trouver sa place

 

Me-Tisser est d'abord un voyage poétique et chorégraphique à travers des personnalités très différentes, une rencontre entre trois danseurs et deux musiciens que tout sépare et qui tentent de raconter la même histoire : trouver sa place, la garder... Tisser sa vie, la coudre et la recoudre... Perdre sa place, la découdre, puis la retrouver...

 

Adonis Nebié, Pline Mounzeo, Laurent Simonetti, Hassan Guaid et Jason Hennoc nous racontent leur rencontre singulière à la croisée des continents et des itinéraires sur le fil ténu où se tisse leur histoire commune. Adonis Nebié suit sa trajectoire artistique depuis l'Afrique, Laurent Simonetti retisse la sienne, ici en France, ligne brisée depuis son accident, Pline Mounzeo vit et travaille aux Etats-Unis, Hassan Guaid, français de parents algériens, questionne l'identité, les origines, l'avenir. Jason Hennoc, originaire de Normandie avec une formation classique, s'ouvre à d'autres univers musicaux de part ses diverses expériences avec des publics mélangés. Sa rencontre avec Hassan Guaid l'a conduit à une première résidence à l'Amphithéâtre de l'Opéra en 2012 entre poésie, chanson, rap et musique classique. La danse et la musique sont donc la parole commune et le point de mé-tissage.

 

C'est l'histoire pour l'un d'une quête autour de soi, pour l'autre de la chute et de la reconquête... Ensemble ils inventent une place nouvelle où... chacun (re)trouve sa place.

C'est aussi une proposition musicale à plusieurs voix comme pour la chorégraphie : violon pour Jason Henoc musicien classique, poèmes dit, chanté ou scandé pour Hassan Guaid, les sons se mé-tissent pour se construire ensemble sur le mouvement.

 

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Les cinq artistes cherchent leur place dans des espaces, en apparence, commun, ils brouillent les cartes et réinventent le monde, le musicien devient danseur, le danseur musicien... Chacun d'entre eux tisse un lien subtil avec l'autre, si différent et pourtant si semblable... Il leur faudra dénouer leur monde intérieur, "descendre en rappel dans/à l’intérieur de soi" quitte à risquer de se perdre et brouiller les cartes...

 

Ce spectacle est un questionnement sur le combat que l’on mène pour avoir une place :

 

Celui que l’on mène pour ne pas descendre lorsque votre place est convoitée …

Celui que l’on mène pour ne pas dégringoler, pour prendre sa place sans attendre qu’on nous l’offre…

Celui que l’on mène lorsqu’on perd sa place à l’occasion d’un accident …

Celui que l’on mène pour sortir de l’oppression …

Celui que l’on mène à l’intérieur de soi même quand la place attribuée par les autres à tort ou à raison nous effraie…

 

Chorégraphie : Adonis Nebié


Mise en scène : Martine Meirieu

Danseurs : Adonis Nebié, Laurent Simonetti, Pline Mounzeo

Musique originale : Jason Henoc (violon), Hassan Guaid (programmation)

Textes : Hassan Guaid

Lumières : Andrea Abbatangelo

 

Pline

 

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« ME –TISSER »

 

«  Il y a la place », phrase récurrente d’accueil et de bienvenue d’un visiteur dans la société. …Donner un siège a quelqu’un symbolise la reconnaissance de celui-ci, l’intégration qu’on lui offre au sein d’un groupe.

 

En lui attribuant une place on lui donne une contenance et parfois même une existence. Aussi « la place » qui nous est allouée est riche de connotations. Des expressions comme « La place de la femme », « je vais te remettre a ta place » traduisent plus qu’un lieu. Un objet peut avoir une place en haut à gauche sur l’étagère par exemple, mais qu’en est-il pour une personne dans un groupe, dans une société ? Doit-il, doit-elle être rangé, casé ?

 

On peut s’interroger sur la place que chacun occupe dans une famille,  une société

 

 

Position souvent officiellement reconnue, « la place » reste parfois emprunte de subjectivité. Chacun considère sa place selon ses compétences, ses acquisitions, ses privilèges, ses pouvoirs mais aussi parfois  selon ses limites  et ce qu’il a perdu…

 

La place peut être rejetée, dénigrée, appréciée, admirée ou convoitée.

Elle peut être un souvenir, un regret …

 

La place peut être le reflet de notre évolution, de notre réussite mais aussi des hasards de la vie, d’un accident soudain…

 

L’attribution d’une « place » demeure très souvent le moteur de la cohésion ou des conflits dans un groupe, entre ethnies, tribus ou peuples.

 

Comment évoluer dans la course à la place conduisant parfois à une hiérarchie ou à un déséquilibre ?

 

C’est tantôt une lutte, tantôt une jalousie, tantôt une fierté.

 

La question est de savoir si notre place nous est allouée ou

Si chacun de nous prend sa place.

 

 

 

Pour découvrir l’actualité d’Eolo retrouvez-nous sur notre site internet www.eolo.fr

 

À quoi servira la collecte ?

A faire évoluer le spectacle Me-TISSER en vue de le donner en représentation en 2014.

L’amphithéâtre de l’Opéra de Lyon nous a donné l’opportunité d’en donner une première mouture. En 2013, nous avions eu peu de temps et de financements pour faire un spectacle plus long et nous souhaitons, au vu de l’accueil qu’il a reçu et de la qualité de cette première forme, le retravailler et le faire évoluer. Nous sommes en contact avec des structures culturelles qui sont intéressées pour nous programmer en 2015.

Nous voulons donc faire une semaine de création en 2014 afin de mener ce travail et en proposer une nouvelle version enrichie et approfondie. Pour cela nous avons besoin d’une aide de 2500 euros afin de couvrir une partie des frais engagés à cet effet : la rémunération des artistes sur les répétitions, leur per diem, les voyages de ceux qui résident à l’étranger, les frais de coordination…

 

PERSPECTIVES :

 

Eolo travaille à changer la perception du handicap, à abolir les frontières et dépasser les préjugés et dans ce cadre nous proposons de diffuser amplement ce spectacle afin aussi d’organiser des débats autour de la question de la revalorisation personnelle par les pratiques artistiques.

 

En témoigne ce texte écrit par un jeune spectateur, Martin Navizet :

 

« Un spectacle mêlant musique électro, danse, espace lumineux, et paroles. Un spectacle sur l'altérité, sur l'autre. « L'art à la rencontre de l'autre » est le mot d'Eolo.

 

Des immigrés, rejetés,

Un danseur à la beauté du handicap, rejeté,

Un blanc, européen qui ne supporte pas son monde, rejeté,

Un parleur au masque de plongé, recréant des paralysés ou des malades mentaux, rejeté,

Un noir étrange que le soleil lui a brûlé les yeux, le soleil était son seul ami, il l'a regardé, rejeté,

Un parc où un banc contient tant de vie que les Hommes seuls le cherchent.

5 êtres étranges, étrangers, aux autres, cinq chemins qui n'arrivent pas à en croiser d'autres,

5 quêtes d'infini, de vie à la recherche de l'autre,

5 vies qui n'en trouveront pas d'autres.

Un magnifique et prenant hommage à ces hommes et femmes, différents, perdus, malchanceux, maudits.

On recréé devant nous cette douleur, cette horreur,

Pas d'humour quand le seul rapport à l'autre passe par le combat,

Pas d'humour quand on vit trop souvent dans la violence ou la folie.

Une transe, ce spectacle est une transe.

 

Musique, lumière, mouvement, voix, on entre dans un autre monde, on entre en les acteurs, en les personnages, dans les vies, dans la chair de ces êtres maudits par la vie, on se perd dans leurs douleurs, leurs expériences, leur vie.

 

Des gens qui connaissent ces autres, ou qui sont autres (Ici je ne parle pas de celui qui a une autre origine, mais de celui que la vie à trahi, de celui qui ne peux plus contrôler tout son corps, ou qui ne peut plus rien contrôler), qui leur rendent hommage (du moins c'est ce que j'y ai vu). C'est magnifique (et ça c'est ce que j'ai ressenti).

 

« Le musicien devient danseur, et le danseur poète... »

 

 La « charnalité », la vie et l'amour qui sont dans l'hommage que je vois en ce spectacle ont produit de la beauté, de  l'art, et cela m'a touché. L'hommage que j'ai vu en ce spectacle m'a beaucoup touché, et en ça il m'a changé, à jamais, et m'a renforcé encore, et plus instinctivement, dans  le rapport que j'avais face à l'humain étrange, à l'étranger.

 

Me-TISSER : nous sommes tous égaux face à la vie, nous devons tous nous tisser notre vie, rencontrer les autres et avancer qui que nous soyons. C'est magnifique… »

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EOLO

Martine Meirieu est comédienne et metteur en scène. Elle mène un travail de théâtre avec des personnes porteuses de handicap depuis 1988 où elle rencontre pour la première fois au groupe Signes des comédiens handicapés. Elle a écrit deux ouvrages sur le théâtre à l'Edition Chronique sociale "Se reconnaître par le théâtre" 1 et 2 qui vient d' être... Voir la suite