Le parcours initiatique d'un apprenti spectateur au festival d'Avignon en juillet 2016 ou l'importance de l'éducation populaire aujourd'hui.

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Présentation détaillée du projet

Résumé du film

 

C’est l’histoire d’Arthur, un jeune apprenti en hôtellerie-restauration qui participe à un « parcours de spectateur » au Festival d’Avignon pour la première fois de sa vie.

Il est d'abord surpris par les formes esthétiques des spectacles qui sont totalement nouvelles pour lui ; puis il vit un bouleversement lorsqu'il assiste, le 15 juilletà la pièce "Les Damnés" qui interroge les représentations de la mort et du terrorisme. Nous sommes le lendemain de l'attentat de Nice.

Mais Arthur n’est pas seul face à ses émotions, il peut parler, échanger, discuter avec les autres adolescents, les formateurs et parfois des artistes… des formulations nouvelles, des pensées différentes vont apparaître et à la fin de ce séjour, sa vision du monde va se déplacer.

 

Le film questionne la construction de son regard, son conditionnement social et la force des paroles partagées autour des images pour lutter contre le repli sur soi et l’angoisse.

 

 

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L’histoire du projet

 

Je voulais depuis longtemps réaliser un documentaire sur un spectateur…le parcours d’un spectateur, ce qu’il pense, ce qu’il ressent et comment ce qu’il voit le transforme…ou pas…

Nous sommes de plus en plus souvent dans cette posture-là, assis ou debout à regarder des images…

Ce lien entre le regard et la construction ou la dé-construction de nos pensées me questionne depuis toujours en tant que spectatrice et en tant que réalisatrice.

Cet été, j’ai choisi d’accompagner un jeune garçon qui allait pour la première fois au Festival d’Avignon. Un spectateur d’écrans qui allait devenir spectateur de scènes contemporaines pour la première fois de sa vie. Quelles différences pour lui ? Quelles évolutions ? Quelles barrières culturelles allaient se révéler ? Quels changements allaient-il se produire ?

 

J’avais ces questions en tête lors du tournage mais jamais je n’aurais pu imaginer ce qui est arrivé…

 

 

Arthur et son parcours « d’apprenti regardeur »

 

Arthur sur son lieu de travail

Apprenti en alternance, il travaille à mi-temps dans un hôtel où il est réceptionniste.

Il quitte la Normandie en juillet pour un voyage de cinq jours, tous frais payés par la Région et organisé par les CEMEA (Centre d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active).

Avant le départ, il m’a clairement affirmé ne pas aimer les histoires qui se terminent mal, il voulait voir des comédies, il ne connaissait pas grand-chose au théâtre et allait donc tout découvrir. Arthur est un garçon sensible qui a des yeux grands ouverts sur le monde et un appétit de rencontres, de découvertes immenses.

 

Ce parcours de spectateur auquel il participe, c’est un genre de parcours comme les aimait Jean Vilar, le fondateur du Festival d’Avignon et du Théâtre National Populaire. Un parcours où des apprentis, des lycéens en section théâtre et des jeunes en situation de handicap vont ensemble assister aux mêmes spectacles, assis côte à côte, dans la même salle que les habitués des théâtres subventionnés. Un séjour où les formateurs invitent les adolescents à parler entre eux des scènes et des images qu’ils voient. Un parcours où les barrières sociales peuvent s’estomper…ou pas...

 

 

Les autres personnages

 

Charlotte (tee-shirt noir) et Mélissa (tee-shirt gris) sont elles aussi apprenties mais en section «commercial-vente». Elles viennent du même lycée qu’Arthur; Ils ne se connaissaient pas avant le voyage.

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Thibault, Léa et les autres sont lycéens. Ils viennent de passer un Bac Littéraire, généralement avec mention bien ou très bien.

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Chrislain – il est venu avec ses accompagnateurs du centre pour jeunes en situation de handicap, il a été très intéressé par Arthur et la caméra…et l’intérêt est réciproque.

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Fanny – accompagnatrice d’Arthur, Melissa et Charlotte, professeure au CFA de Saint-Lô. Elle aussi vient à Avignon pour la première fois.

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Hervé (en marron) – formateur CEMEA, c’est lui qui est en charge du projet. Arthur le questionne régulièrement.

Benoît (tee-shirt vert) – accompagnateur et chargé d’éducation artistique et culturelle de la région Normandie. 

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Notre équipe et un tournage « one shot » de haute voltige

 

L’équipe des CEMEA qui organise ce séjour est une équipe composée de permanents et de bénévoles. Ils ont accueilli notre équipe de tournage avec une sympathie chaleureuse. Le Festival d’Avignon nous a également ouvert ses portes pour que nous puissions filmer Arthur dans les salles de spectacles et la Comédie Française a accepté la présence de ma caméra et celle des micros de David, l’ingénieur du son, dans les gradins.

Les vents nous étaient favorables.

 

La particularité de ce tournage est qu’il a été très court, aucune des réactions d’Arthur ne pouvait être planifiée, il fallait donc être à l’affût pratiquement 12h sur 24h.

J’ai filmé Arthur pendant ces cinq jours non-stop, parfois seule, parfois avec Emilie qui cadrait aussi et David. Audrey nous assistait en production et faisait le lien avec les équipes CEMEA tandis que nous étions avec les adolescents.

Un tournage d’une intensité rare, fatigante mais bouillonnant de vie.

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Les premiers pas de l’apprenti spectateur dans Avignon : sous le signe de l’ouverture et de la découverte

 

Le programme des adolescents est chargé, ils assistent à trois spectacles du festival IN (festival officiel), participent à des ateliers de préparation, des ateliers de discussion, ils font la fête et vont parfois dans le festival off.

Le premier spectacle « Het land nod » du collectif Bergman fut le premier spectacle auquel a assisté Arthur.

Il en est sorti déstabilisé et plein de questions pour les formateurs.

Ce même jour, il a osé aborder le groupe de lycéens et leur a demandé s'il pouvait venir voir un spectacle du "Off" avec eux. Les lycéens ont été un peu surpris mais, en regardant la caméra du coin de l'oeil, ont dit « oui ».

L’air était doux, les discussions et les rires allaient bon train et Arthur bousculait joyeusement les barrières sociales.

 

 

Des scènes avec des formes esthétiques qui permettent de se questionner autrement

 

Puis, il y a eu le 14 juillet. À Avignon, le feu d’artifice a été annulé pour cause de mistral.

A Nice, il y a eu l’horreur. Nous nous sommes réveillés le 15 au matin, tous choqués, bouleversés par l’attentat, par sa violence.

De façon assez surprenante pour moi, les adolescents n’ont pratiquement rien dit à ce sujet pendant les ateliers de préparation au spectacle qu’ils allaient voir le soir dans la Cour d’honneur.

Cette pièce « Les Damnés », mise en scène par Ivo Van Hove et interprétée par la troupe de la Comédie Française, rejoue le scénario du film de Visconti et raconte la décomposition d’une famille de riches industriels allemands dans l’entre-deux guerres. Elle évoque la montée du nazisme, la perversion, la mort violente et le terrorisme.

Un des formateurs a proposé de jouer la mort autrement, sans la montrer vraiment, en cherchant des signes pour la faire comprendre au spectateur...la question d’une forme métaphorique ou distanciée a été abordée. Arthur a beaucoup aimé cet atelier mais, à aucun moment, ni lui ni aucun autre n’a parlé de l’actualité. 

 

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La reconstruction d’une vision du monde par les mots et le partage

 

Quand est arrivé le soir, presqu’aucun mot n’avait été prononcés. Arthur s'est assis dans la Cour d'honneur et là, les comédiens de la troupe de la Comédie Française sont entrés dans la salle, ils se sont alignés face au public. L'une d’entre eux a pris la parole et a proposé une minute de silence en mémoire des victimes de Nice. Deux mille personnes se sont levées comme un seul homme…Arthur avec eux.

Un moment rare et  solennel ...

 

Arthur et la minute de silence

 

Le spectacle ensuite, avec ses formes scéniques radicales, le son puissant qui nous a fait trembler de l’intérieur, les évocations et les métaphores visuelles nous ont touchés avec parfois une violence à la limite du soutenable.

Arthur a été choqué, il s’est tourné vers ma caméra dès la fin du spectacle, il voulait exprimer son émotion. Le silence n’était plus possible, le ressenti avait été trop fort, il fallait parler.

 

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Le séjour avait été conçu par l’équipe pédagogique pour valoriser la parole et l’échange.

Arthur a pu discuter avec les autres adolescents, lycéens ou IME, questionner les adultes sur les choix scénographiques, tenter de poser des mots là où il n’y en avait pas encore...

Le lendemain matin, ils ont rencontré Didier Sandre qui jouait le rôle du patriarche.

Cette rencontre a été majeure.

Le comédien a exprimé ses ressentis à lui aussi, depuis le plateau, son bouleversement à jouer la mort de son personnage, sur cette scène, ce soir-là.

Arthur, à côté de lui dans le cercle, buvait ses paroles.

L’écoute était ouverte, les barrières culturelles et sociales se sont estompées.

C'est à partir de ce moment là que le jeune garçon a véritablement commencé à déplacer sa pensée...

 

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Rencontre avec le comédien Didier Sandre de la Comédie Française.

 

L’évolution d’Arthur, la trajectoire de son changement nous raconte combien le regard d'un spectateur peut se modifier et combien ses perceptions sont en lien avec les formes qu'il regarde mais aussi avec les échanges qu'il a ensuite.

Son évolution nous indique même peut-être une piste de résistance à la violence du monde à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui ; elle nous montre la puissance des paroles et du partage des ressentis pour lutter contre la peur et l’angoisse de la mort.

 

 

À quoi servira la collecte ?

Les budgets de films documentaires tournent en général entre 80 000 et 600 000 euros.

 

Nous réalisons et produisons ce film avec 40 000 euros, ce qui est vraiment serré.

Ce film qui durera environ 60 minutes a été financé par la région Normandie, à hauteur de 31 000 euros et la société de production « épiképoc production» ; il n’a pas été soutenu par le CNC.

 

Le montage et le reste de la post production doivent avoir lieu en février et mars 2017, mais il nous manque 6000 euros, nous sommes coincés et c'est pourquoi nous nous tournons vers vous. Même les petites contributions sont importantes. 

SI la collecte réussit vous recevrez vos contreparties au mois de juin 2017.

Merci beaucoup à vous !

 

La collecte

 

Il nous manque un minimum de 6 000 euros pour finaliser le financement de la post-production qui aura lieu en février et mars 2017 - c’est -à-dire pour payer la monteuse, l’ingénieur-son et l’étalonneur :

-              Pour le montage   : 2 000 euros

-              Pour le mixage      : 2 000 euros

-              Pour l’étalonnage : 1 000 euros

-              Sortie DCP : 520 euros

-              Rémunération KKBB (8%) : 480 euros

 

 

Si la collecte obtient 9 000 euros, les conditions de post-production seront meilleures, le travail sera plus long et plus précis, le film gagnera en qualité :

-              Temps d’étalonnage supplémentaire  : 500 euros

-              Temps de mixage supplémentaire       : 500 euros

-              Temps de montage supplémentaire    : 1 000 euros

-              Création de DVD, 500 exemplaires     : 1 000 euros

 

 

Si la collecte atteint 12 000 euros :

Traduction du film et création d’une version sous-titrée en anglais afin de pouvoir proposer le film dans divers festivals à l’étranger.

 

 

15 000 euros :

Ce serait le rêve et cela nous permettrait en plus une finalisation optimum de notre documentaire et de rémunérer en plus une personne pour la diffusion du film en festival ainsi que nos déplacements lors des projections publiques.

 

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Helene

Après une formation de comédienne à l’Ecole du Passage, elle écrit et joue un spectacle de théâtre inspiré de la mythologie grecque. Elle se partage ensuite entre l’assistanat à la mise en scène (Niels Arestrup, François Chattot), le métier d’électricienne et la régie lumière (théâtre de la Colline, Maison de la Culture de Bobigny ... ). En 2003 ,... Voir la suite

Derniers commentaires

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Moi aussi je préfère les histoires qui finissent bien. Bon film alors...
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Hâte de voir le film!
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Je souhaite un beau succès à ce projet !