Le Musée-Valise présente l'exposition «Les Eaux de la Mémoire» la Route de l’Ex-Clave, partenaire de l’Unesco

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Présentation détaillée du projet

 

Faites partie du financement participatif pour un Catalogue d'Art   sur l'Histoire de l'Esclavage. Laissons une trace  dans la Mémoire du Monde!

 

Présentation sur Youtube:

http://youtu.be/VWeRyWwgOWg

 

Vous qui êtes passionnée et sensible à la thématique de la colonisation européenne dans le monde, participez à la réalisation d'un magnifique catalogue d’art qui questionne l’histoire de l’esclavage et les origines du racisme à  travers le regard d’une artiste  brésilienne!

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C'est un défi que je vous demande de relever, il s'agit de réunir en 90 jours la somme de 10.000 € qui servira à la production d'un catalogue pour le  Musée-Valise Européen de l'Histoire de l'Esclavage. Je suis confiante qu’avec votre soutien et votre générosité, nous arriverons au but  de cette extraordinaire aventure qui allie l'art et l'histoire.

En plus d'aider à l'auto financement, il servira encore aux contreparties pour vous, les coproducteurs.

 

 

Qu' est-ce que le Musée-Valise de l'Histoire de l'Esclavage?

 

Le Musée-Valise présente  l’exposition itinérante   «Les Eaux de la Mémoire» la Route de l’Ex-Clave, partenaire de l’Unesco, réalisée par l’artiste belgo - brésilienne Inêz Oludé da Silva, dans le cadre de la décennie des Afro-descendants décrétée par l’Onu, 2015-2025.

 

Sensibiliser et éduquer à l'histoire de la colonisation à travers l’es arts visuels éduquer aux conséquences de ces pratiques : les exclusions, les discriminations et le racisme, sensibiliser et contribuer  à la lutte contre les esclavages actuels. Promotion de la paix, la réconciliation et  dialogue interculturel.

 

La Naissance du Projet

 

Initié en 2003, le projet a reçu le label partenaire de la Route de l’Esclave de l’UNESCO  en 2004, lors de l’exposition à Paris, au siège de l’Unesco, dans le cadre de l’Année internationale de commémoration de la lutte contre l’esclavage et de son abolition. L’exposition à été vue à Washington, Hambourg, Paris, Bruxelles, Recife et Maceió(Brésil)

 

Philosophie

 

Je suis  convaincue  qu’il faut multiplier les défenseurs des droits de l’homme, des droits de la femme, des droits des enfants, être artisan pour une  paix durable dans le monde. Je pense que  l’influence de la culture sur le comportement humain est fondamentale, que les populations du Sud sont porteurs de culture autant que ceux du Nord,  que sans partage et sans solidarité,  il n’y pas de véritable  évolution humaine.   J’agis  pour que chacun ait sa part de responsabilité, sans culpabilités inutiles,  pour œuvrer pour des humains  plus responsables,  plus tolérants, plus justes et plus égalitaires.

 

 

Pour mieux connaître l'histoire de l'eslavage, documentaire BBC:

 

http://youtu.be/0NQz2mbaAnc

 

 

Historique

 

Le projet s’inscrit dans une démarche citoyenne et démocratique de questionnement de l’histoire de l’esclavage. Il  vise laisser une trace de notre passé dans les mémoires et à entreprendre des expositions itinérante en Europe, Afrique, Amériques, Caraïbes.  Le musée- Valise de l’histoire de l’Esclavage s’inscrit  dans le cadre de la définition des nouvelles orientations pour le  programme « La Route de l’Esclave de l’Unesco : «  résistance, liberté, héritage »  en vue de répondre au contexte international actuel et notamment la nouvelle dynamique (Recommandations du sommet Ibéro Américain de Salvador de Bahia, préparation par les Nations Unies du Plan d’action de la Décennie des personnes d’ascendance africaine 2015-205, la Déclaration du Premier Sommet de la Diaspora Africaine de l’Union Africaine de mai 2011).  Dans ce cadre prestigieux,  j’initie une série d’expositions dans les pays impliqués par cet histoire et désireux de promouvoir davantage les héritages communs issus de cette tragédie.

 

L’action du Musée-Valise couvre plusieurs champs d'activités

 

  Les actions publiques ont pour but de mobiliser les médias afin d’alerter la société civile sur les montées du racisme en Europe et ailleurs et d’influencer les élus à participer à nos actions.   Par ailleurs, le Musée-Valise développe une  importante participation aux événements auprès des associations qui oeuvrent dans ce but. Le Musée-Valise de l’Histoire de  l’esclavage est donc sur tous les fronts : dans la rue, dans les écoles, dans les musées, dans les médias, surtout à Internet et auprès des institutions internationales: dans tous les espaces où se joue au quotidien les actions contre le racisme, pour la reconnaissance de la diversité humaine et pour l’égalité des chances. 

 

Les Routes  Négrières

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Quelle place dans les musées du monde pour l’histoire de l’esclavage ?

 

 

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La Porte du non Retour- Ouidah, Bénin

 

Il y a très peu de musées de l'esclavage

 

La plupart des nations européennes ont participé à la traite atlantique et ont contribué à l’esclavage colonial, certaines ont été particulièrement actives dans ce commerce de chair humaine, notamment la France, l’Angleterre, le Danemark, la Suède, la Holland, le Portugal et l’Espagne. Après les abolitions, l’Afrique a été partagé entre ces grandes puissances et en plus l’Allemagne et la Belgique, instaurant les travaux forcés.  Cependant il y très peu de musées pour la mémoire de l’esclavage. Selon Paschal Blanchard, «Pas un des 12 740 musées français n’est consacré à l’esclavage». Après une recherche sur le net, nous pouvons citer quelques – uns : le musé d’Aquitaine, consacre une salle à l’esclavage. En Angleterre apparu en 2007, the   International Slavery Museum of Liverpool, le Musée da Escravidão en  Angola, la Maison aux Esclaves à Gorée, Sénégal, le Mémorial de la Route de l’Esclave, à Ouidah, Bénin et le Congo s’apprête à construire son musée de l’Histoire de l’esclavage au port d’embarquement de Loango, où les hommes valides ont quitté l’Afrique pour un voyage sans retour. Le ministre de la Culture et des Arts, Jean Claude Gakosso, y a effectué en novembre un voyage pour voir le lieu où sera implanté ce musée, dont les travaux débuteront cette année C’est l’un des projets phares de 2014. Au Brésil, le Museu do Escravo dans la ville de Belo Vale , à  Minas Gerais, le seul musée Latino-Américain consacré à  l’esclave. Il y des musées pour la culture : Afro Museu de Bahia, Musée Afro-Brasil à São Paulo, Museu do Negro, Rio de Janeiro. Le Musée de l’Esclavage en Guadeloupe. Une case musée « Mémoires des ancêtres » consacrée à l'esclavage en Martinique. On compte aux États-Unis quelque 200 musées consacrés à l'expérience afro-américaine et « plusieurs projets sont à l'étude », dit M. Pijeaux, qui dirige aussi l'Association des musées afro-américains. À noter parmi ces derniers un futur musée à Atlanta où seront exposés les écrits de Martin Luther King, le Musée national des États-Unis sur l'esclavage de Fredericksburg (Virginie) et le Musée national de l'histoire et de la culture afro-américaines de Washington.

 

 

Pour en savoir plus interview de

Pascal Blanchard sur les musées de l'esclavage et de la colonisation

 

http://youtu.be/8zAck6h_U-s

 

Les Mémoriaux des abolitions

 

Dans plusieurs pays nous trouvons des mémoriaux commémoratifs des abolitions qui font la part belle aux européens, cependant, la constante c’est l’amnésie par rapport aux abolitionnistes africains et afro-descendants , l’occultation des résistances à l’esclavage, la négation complète des luttes contre l’esclavage en Afrique, Caraïbes et aux Amériques. 

 

 

Des musées  à la gloire du colonisateur esclavagiste

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Parque du Cinquantenaire , Bruxelles

 

 

 

 

Les monuments aux exterminations  en toute  l'impunité, une véritable apologie de la violence contre les peuples

 

Il y en a tellement à travers l’Europe et les Amériques, que ce serait impossible de tous citer  dans le cadre de cet aperçu de la criante inégalité des chances dont est frappée l’histoire de l’esclavage.  En Belgique les statues, les monuments et les noms de rues qui glorifient la colonisation, le Musée de l’Afrique Centrale, à Tervuren, et le musée africain de Namur, sont des véritables  promenades pour la nostalgie coloniale.

 

 

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Au regard du nombre de ces musées, on peut s’étonner de la faible place que leur accorde les Etats dans sa politique de mémoire de l’esclavage, quand elle a été la base de l’histoire du développement, de l’industrialisation capitaliste de  et la richesse  pour les pays colonisateurs.

 

 C’est pour cela que le Musée-Valise de l’Histoire de l’Esclavage a besoin de vous et lance une campagne de crowfounding et fait  appel à votre solidarité

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Quels sont les objectifs à long terme du musée -Valise de l'Esclavage?

 

L'objectif Général  un lieu d'exposition permanent à Bruxelles

Besoin d'un lieu. Besoin de vous !

 Si vous  avez une maison dans le centre de Bruxelles, offre-la pour siéger le Musée-Valise de l’Histoire de l’Esclavage

 

L'espace  nous le rêvons devra être ouvert à tous et  Idéalement situé au  cœur de Bruxelles, à quelques pas de la Grand-Place, dans la zone des principaux musées de la ville, pas loin des institutions nationales et internationales (Parlement Bruxellois, Parlement Européen), à quelques heures de Paris, Londres, Amsterdam, Luxembourg, à quelques heures de vol de partout, etc.  Il pourra s’inscrire dans le circuit touristique  de la ville, faire des échanges avec les musées environnants,  participer aux manifestations telles la nuit des  musées, nuit blanche, parcours d’artistes etc.  Ce sera le lieu privilégié des rencontres pour des gens du monde entier.

 

Ensemble, travaillons pour la paix et l’harmonie entre les peuples

Inauguration prévue :  2015

 

 

Objectifs spécifiques : itinérances dans le cadre de la Coopération Internationale

en Europe, Afrique, Amériques, Caraïbes.

 

Spécialement donner continuité à  la coopération Nord/Sud avec les  Brésil. L’implication directe avec  la société civile pour l’implémentation de  la Loi 10 639/03,  qui rend obligatoire l’enseignement de l’histoire de l’Afrique dans toutes les écoles. La lutte contre le racisme et les discriminations. La culture et l’éducation permanente et  le développement humain   son les axes prioritaires du projet

 

En quoi consiste  l'exposition les Eaux de la Mémoire, la Route de l'Ex-Clave?

Fiche technique 

 

Consiste en 34 ouevres d'art, divisés en cinq groupes ayant comme fil rouge mon voyage sur le parcours de la Route de l’Esclave, à Ouidah, Bénin et  2 photos-montage pour comprendre la propagande coloniale d’hier et l’instrumentalisation de l’image du noir dans la publicité d’aujourd’hui  (150 photos). L’exposition comprend 34 oeuvres qui relatent par ordre chronologique le récit de l’occupation des Continents par les européens: la  traite négrière, l’esclavage aux Amériques, la chronologie des abolitions, les  travaux forcés en Afrique et d’autres pays, les luttes contre l’esclavage, les  indépendances. Une réflexion sur les conséquences actuelles : occultations, négations, manipulations, racisme, discriminations, invisibilité sociale.

 

 

Historique des expositions

 

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Du 20 novembre 2013  au 31 mars 2014 : Musée de la Musique et de l’Image, Brésil Du 05 Mai au 01 novembre  : Musée de l’Abolition Recife, Brésil 24 au 30  octobre : Maison du Peuple de Saint Gilles Bruxelles/2009 –Ambassade du Haiti, à Washington, USA  Centre Elzheinhoff, Bruxelles /2006 -  Inauguration du  Quilombo de Hambourg, Allemagne       2006-Centre Culturel Garcia Lorca: “Seminaire « Regards Croisées sur l’esclavage d’hier et d’aujourdhui ” 2005,  Maison de l’Amérique  Latine, 2004- Salle des Pas Perdus, Unesco, Paris/ 2004 exposition internationale “Noirs et blancs en Couleurs”, Maison Pelgrims,  exposition collective, 2003- Participation au Festival Lagunimages, de cinéma documentaire sur l’esclavage.   Cotonou, Bénin 2002” History, our Story”, Espace haïtien Echanges et Synergies 2002- Invitée spéciale du programme « Le monde Est Un village », avec Didier Melon,2002

 

ILS ONT  SOUTENU LE PROJET: 

 

Unesco, Service de la Culture de Saint- Gilles, Ministère de la Communauté Française, WBI- Wallonie Bruxelles Internationale, Egalité des Chances, Maison du Peuple, Maison du Livre, Ambassade du Haiti à Washington, Smart Asbl, IBRAM, (Institut Brésilien des Musées) , Système National des Musées, Ministère de la Culture, Musée de l’Abolition de Recife, Musée de l’Image et de la Musique de Maceió.

 

Des remerciements chaleureux à tous !

 

Obrigada Merci Thanks  Dank U

 

Ce que M. Koïchiro Matsuura, le Sécrétaire Général de l’Unesco a dit sur le projet

 

L'exposition présente des 38 œuvres et 200 photos ++-montage contre le racisme par Inêz Oludé da Silva, un artiste brésilien d'ascendance Afro qui vit actuellement en Belgique. À l'aide de collage de documents historiques et peintures, Mme Inêz Oludé da Silva révèle une nouvelle dimension à la tragédie humaine qui a été le trafic d'esclaves. À travers ses peintures, nous accompagnons les esclaves sur leur voyage forcé à un nouveau monde. Sa sensibilité artistique est soulignée par ses traits suggestifs et l'utilisation des ombres ; ainsi, un monde troublé se déroule sous nos yeux.Dans un discours prononcé en 2004, Directeur Général de l'UNESCO,  M. Koïchiro Matsuura, a salué Mme Oludé da Silva, "dont le style révèle une dimension profonde de la tragédie de la traite négrière. Je vous encourage tous à visiter cette exposition pour un véritable voyage dans l'histoire de la traite négrière, qui sans aucun doute favorisera la prise de conscience de l'importance de notre devoir de mémoire. » de M. Koïchiro Matsuura, directeur général de l'UNESCO, UNESCO, Paris, le 3 décembre 2004 ». Mme Oludé da Silva a exposé à l'échelle internationale. Elle est la directrice de la Biennale de Arts brésiliens de Bruxelles et membre du Conseil National des Arts Plastiques (CNAP-AIAP-UNESCO). Elle est inscrite à l'Académie Royale d' Ixelles, Belgique et se concentre sur l'Art Public.

 

 

 

À quoi servira la collecte ?

J'ai besoin de votre soutien!

 

Vous qui êtes sensible à l thématique, abordée, prennez le bateau aves moi et faites partie de cette aventure extraordinaire et originale. Vous aurez l'opportunité de contribuer concrètement à donner visibilité à cette histoire qui nous appartient à toutes et à tous!

 

Il s'agit d'apporter la contribution que vous souhaitez sur Kisskissbankbank, avec bien entendu, les contreparties qui sont détaillées sur le site.

 

 

Donnons un maximum de visibilité à cette histoire qui nous appartient à toutes et à tous!

 

L'objectif n'est pas simplement d'atteindre la somme fixée, mais de la dépasser. Avec vos dons, dans cette première étape, vous allez  financer une partie des frais du Musée-Valise, notamment le catalogue d'Art pour initier la campagne de sensibilisation et de recherche de fonds pour  un lieu d'expo permanent et  les expos itinérantes en Europe, Afrique, Amériques, Caraïbes  pendant la décennie des afro-descendants décrétée par l'ONU-UNESCO.

 

 

Je compte sur vous qui êtes sensibles à cette thématique  pour laquelle je me suis engagée, à fin de soutenir la production d'un catalogue  qui donnera visibilité à  celles et à ceux qui l’histoire officielle a condamnés à l’oubli.

 

Budget pour le catalogue d’Art

Comprend les frais suivants:

 

Production et mise en page

Impression

Distribution

Contreparties ( envois)

Frais bancaires

Frais kisskissBankBank

 

Total: 10.000 €  (21% de TVA compris)

 

Merci beaucoup.  Je vous remercie de votre contribution et de passer le relais à vos amis, à votre famille, à vos réseaux sur internet.  Je souhaite vivement que nous aurons l'occasion de nous rencontrer au but de cette magnifique aventure intercontinentale que je tiens à coeur et que je souhaite  partager avec vous!

 

Merci d'avance de faire en sorte que Le musée-Valise  puisse exister durablement.

Cordialement

Inêz Oludé

 

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Inêz Oludé

PORTEUSE DU PROJET Née à Pernambuco, Brésil, Inêz Oludé da Silva, artiste peintre muraliste, vit actuellement en Belgique où elle est arrivée comme réfugiée politique en1976. Artiste engagée, elle a été persécutée par la dictature au Brésil, s’est exilée au Chili en (1973), prisonnière politique en Argentine (1975-1976). Par nécessité impérieuse,... Voir la suite

FAQ Questions les plus fréquentes concernant le projet

+ Vous comparez l'esclavage contemporain au système négrier Européen? devraient lire ce texte de Dumas

Ceux qui comparent l' #esclavage contemporain au système négrier
Européen devraient lire ce texte de Dumas
http://www.une-autre-histoire.org/la-traite-et-lesclavage-vus-par-alexandre-dumas2/

La traite et l'esclavage vus par Alexandre Dumas

Vouloir séparer les Dumas de l'esclavage - comme l'ont fait les
collaborateurs à Paris en 1943 et comme a tenté de le faire Franck
Briffaut, le maire (Front national) de Villers-Cotterêts, en 2014 -
c'est vouloir occulter un texte peu connu d'Alexandre Dumas où la
traite et l'esclavage (condition subie par le général Dumas et sa
mère) sont dénoncés avec une violence peu commune.

La traite et l'esclavage vus par Alexandre Dumas

Sans doute, vous savez ce qu'est la traite ? Non vous ne le savez pas
ou, du moins, vous n'avez jeté qu'un regard superficiel sur cette
opération étrange où les hommes se sont faits vendeurs d'hommes.

Quand un capitaine négrier veut faire la traite, il s'approche des
côtes d'Afrique et fait prévenir quelqu'un de ces petits souverains
qui bordent la côte qu'il est là, porteur de marchandises d'Europe, et
qu'il voudrait échanger ces marchandises contre un chargement de deux
ou trois cents nègres ; puis il envoie un échantillon de ses
marchandises au souverain avec lequel il veut traiter, fait
accompagner ces échantillons d'un présent d'eau-de-vie et attend.

Hélas, il n'attend pas longtemps : l'obscurité venue, il peut voir
l'incendie courir de village en village ; dans le silence nocturne, il
peut entendre les plaintes des mères à qui on arrache leurs fils, des
enfants à qui on arrache leur père, et, au milieu de tout cela, les
cris de mort de ceux qui aiment mieux mourir tout de suite que d'aller
traîner une vie languissante loin du toit de la famille, loin du ciel
de la patrie.

Le lendemain, on raconte à bord que le roi nègre a été repoussé ; que
les malheureux qu'on voulait enlever ont combattu avec l'acharnement
du désespoir ; qu'une nouvelle attaque est organisée pour la nuit
prochaine et que la livraison de la marchandise ne peut être faite que
le lendemain.

La nuit venue, le combat, l'incendie et les plaintes recommencent ; le
carnage dure toute la nuit, et, le matin, on apprend qu'il faudra
encore attendre jusqu'au lendemain si l'on veut avoir la cargaison
demandée.

Mais, cette nuit, on l'aura certainement, car le roi repoussé a
ordonné à ses soldats de prendre les esclaves promis dans ses propres
états ; il fera entourer deux ou trois de ses villages à lui, et,
fidèle à la parole donnée, il livrera ses sujets, ne pouvant livrer
ses ennemis.

Enfin, le troisième jour, on voir arriver quatre cents nègres
enchaînés, suivis des mères, des femmes, des filles et des soeurs, si
l'on n'a besoin que d'hommes ; car, si l'on a besoin de femmes, les
femmes, les filles et les soeurs sont enchaînées avec les frères, les
pères et les maris.

Alors, on s'informe et l'on apprend que, pendant ces deux nuits,
quatre mille hommes ont péri pour que le roi spéculateur arrivât à en
livrer quatre cents.

En ne croyez pas que j'exagère : je raconte ; je raconte ce qui est arrivé.

Maintenant, jetons les yeux sur cette côte aride. Voyons-y les
malheureux nègres couchés et exposés nus aux regards et à
l'investigation des fréteurs européens.

Quand les chirurgiens ont attentivement examiné ceux des nègres qu'ils
jugent sains, agiles, robustes et bien constitués, ils les approuvent
comme bons, les reçoivent au nom du capitaine, ainsi que des chevaux
et des boeufs et, ainsi que des chevaux et des boeufs, ils les font
marquer à l'épaule avec un fer rouge : cette marque, ce sont les
lettres initiales du nom du vaisseau et du commandant qui les a
achetés.

Puis, au fur et à mesure qu'on les marque, on les enchaîne deux à deux
et on les conduit au fond du navire qui, pendant deux mois, doit leur
servir de prison ou de tombeau.

Souvent, pendant une traversée - tant leur horreur de l'esclavage est
grande ! - deux, quatre, six de ces malheureux conviennent de se jeter
à la mer, exécutent leur dessein et, comme ils sont liés, trouvent la
mort dans les profondeurs de l'Océan.

Cependant, comme on les surveille de près, le plus grand nombre des
esclaves arrivent ordinairement dans le vaisseau. Aussitôt, ils sont
descendus à fond de cale; c'est là que cinq ou six cents malheureux
sont entassés pêle-mêle dans un espace mesuré à la longueur de leur
corps, ne voyant la lumière que par l'ouverture des écoutilles, ne
respirant nuit et jour qu'un air qui d'insalubre, devient pestiféré
par le séjour constant des exhalaisons humaines et des excréments qui
y séjournent ; alors, du mélange de toutes ces exhalaisons putrides,
résulte une infection douloureuse qui corrompt le sang et cause une
foule de maladies inflammatoires, lesquelles font périr le quart et
quelquefois le tiers de tous les esclaves dans le seul espace de deux
mois ou trois mois et demi que dure ordinairement la traversée.

Beaucoup refusent de manger dans l'espoir de finir leurs tourments par
une mort plus prompte ; mais sur ce refus de manger, on brise avec des
barres de fer, à plusieurs endroits, les bras et les jambes des
malheureux récalcitrants qui, par les cris horribles qu'ils poussent,
répandent l'effroi parmi leurs compagnons et les obligent à faire,
dans la crainte de subir le même traitement, ce qu'ils refusaient à
faire avec autant de force que de raison.

Le capitaine d'un bâtiment s'aperçut que plusieurs esclaves se
parlaient à l'oreille, que plusieurs femmes avaient l'air de propager
un secret ; il s'imagina enfin que plusieurs noirs conspiraient pour
recouvrer leur liberté ; alors, sans s'assurer si ses soupçons étaient
fondés, savez-vous ce que fit le capitaine ? Il condamna sur-le-champ
deux de ces malheureux à mort, un homme et une femme, et prononça la
sentence en étendant la main vers l'homme qui devait mourir le premier
; à l'instant même, le malheureux fut égorgé devant ses frères, puis
on lui arracha le coeur, le foie et les entrailles, qui furent répandus
à terre et, comme ils étaient trois cents esclaves sur le bâtiment, on
coupa le coeur, le foie et les entrailles en trois cents morceaux qu'on
força les compagnons du mort de manger crus et ensanglantés, le
capitaine menaçant du même supplice quiconque refuserait cette
horrible nourriture.

Peu satisfait de cette exécution, le cruel capitaine désigna ensuite
la femme à ses bourreaux ; les ordres avaient été donnés d'avance et
le supplice était réglé. La pauvre créature fut attachée avec des
cordes par les deux pouces et suspendue à un mât jusqu'à ce que ses
pieds eussent perdu terre. On lui enleva les quelques haillons qui la
couvraient et on la fouetta d'abord jusqu'à ce que le sang ruisselât
par tout son corps. Puis, avec des rasoirs, on lui découpa la peau ;
et, pour être mangés aussi par les trois cents esclaves, on lui enleva
du corps trois cents morceaux de chair, si bien que ses os furent mis
à découvert et qu'elle expira dans les plus cruelles tortures.

Voilà ce que souffrent les malheureux nègres pendant la traversée ;
maintenant disons ce qu'ils ont à souffrir une fois arrivés.

Un tiers, à peu près, est mort dans la traversée ; bornons-nous au
quart et vous allez voir où le calcul mortuaire va nous mener.

Le scorbut, les fièvres fondent sur eux au moment où leurs pieds
touchent terre et en enlèvent encore le quart ; c'est un tribut que le
climat impose à ceux qui, d'Afrique, passent aux îles américaines.

Or l'Angleterre exporte chaque année cent mille noirs et la France la
moitié ; cent cinquante mille à elles deux ; c'est donc soixante
quinze mille nègres que deux nations placées à la tête de la
civilisation font périr tous les ans pour en donner soixante quinze
mille autres aux colonies. Calculez, vous qui m'écoutez ici, calculez
quel nombre immense de victimes ont, sans en tirer aucun bénéfice,
fait périr ces deux nations depuis deux cents ans que dure ce commerce
; soixante quinze mille nègres par an, pendant deux cents ans, donnent
un chiffre de quinze millions d'hommes détruits; et si vous ajoutez à
ce douloureux calcul un chiffre égal pour tous les esclaves dont les
autres royaumes d'Europe ont causé la mort, vous aurez trente millions
de créatures enlevées de la surface du globe par l'insatiable cupidité
des blancs !

Si lorsque la mer a pris sa dîme ; si lorsque la fièvre a pris son
tribut, quelque espérance de bonheur restait au moins à ceux qui
survivent, si leur séjour dans l'exil était tolérable ; s'ils
trouvaient seulement des maîtres qui les traitassent comme on traite
des animaux, cela serait supportable encore. Mais une fois arrivés,
une fois vendus, le travail qu'on exige de ces malheureux est
au-dessus des forces humaines. Dès la pointe du jour, ils sont appelés
aux travaux et, jusqu'à midi, ils doivent les continuer sans
interruption ; à midi, il leur est enfin permis de manger ; mais à
deux heures, sous le soleil ardent de l'équateur, il faut reprendre sa
tâche et la poursuivre jusqu'à la fin du jour ; et pendant ce temps,
ils sont suivis, surveillés, punis par des conducteurs qui frappent à
grands coups de fouet ceux qui travaillent avec quelque nonchalance.
Enfin, avant de les laisser rentrer dans leurs tristes cabanes, on les
oblige encore à faire le travail de l'habitation, c'est-à-dire à
ramasser du fourrage pour les troupeaux, à charroyer du bois pour les
maîtres, du charbon pour les cuisines, du foin pour les chevaux ; de
sorte qu'il arrive souvent qu'il est minuit ou une heure avant qu'ils
arrivent à leurs cases. Alors, il leur reste à peine le temps de piler
et de faire bouillir un peu de manioc pour leur nourriture ; puis,
pendant qu'il cuit, ils se couchent sur une natte où, bien souvent
écrasés de fatigue, ils s'endorment, et où le travail du lendemain
vient les prendre avant qu'ils aient eu le temps de satisfaire la faim
qui les dévore ou le sommeil qui les poursuit.

Savez-vous comment calcule un colon ? Non, vous ne le savez pas ?
Alors écoutez-le :

Mes nègres me reviennent l'un dans l'autre à quarante livres; chacun
me rapporte environ, tous frais faits, sept livres de bénéfice en les
nourrissant comme il faut ; mais, en retranchant sur leur nourriture
seulement la valeur de deux deniers par jour, cette économie sur
chaque nègre me donne trois livres de profit, c'est-à-dire neuf cents
livres sur mes trois cents nègres, en sus des sept livres que chacun
me donnait déjà. Par ce moyen, j'arrive à faire, par an, sur chacun de
mes esclaves, dix livres de bénéfice; ce qui porte le revenu net de
mon habitation à trois mille livres. Il est vrai qu'en suivant le plan
de cette administration économique, mes nègres ne durent tout au plus
que huit ou neuf ans, mais qu'importe, puisqu'au bout de quatre ans,
chaque nègre m'a rendu les quarante livres qu'il m'a coûté. Donc, ne
vécût-il plus que quatre ou cinq ans, c'est son affaire, puisque le
surplus des quatre années est un pur bénéfice. L'esclave meurt ; bon
voyage ! avec le seul profit que j'ai fait sur sa nourriture pendant
sept ou huit ans, j'ai de quoi racheter un autre nègre jeune, robuste,
au lieu d'un être épuisé, qui n'est plus bon à rien, et vous
comprenez, sur trois cents esclaves, cette économie est immense.

Alexandre Dumas, 1853 (texte adapté par Claude Ribbe).