Les musiciens de la Nouvelle Orléans reconstruisent le jazz après l’ouragan Katrina. Entre tradition et innovation, quel futur pour le jazz?

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Présentation détaillée du projet

Qui pourrait penser qu'une ville située sous le niveau de la mer, coincée entre des marécages infestés d'alligators et une côte battue par les ouragans, où se côtoient autant de cultures marquées que de croyances différentes, où la pauvreté fait et défait des quartiers entiers, où la ségrégation a sévi pendant de nombreuses années, qui pourrait donc penser que cette ville-là devienne une capitale musicale incontournable, qui accouchera du jazz?

 

Nous réalisons un reportage radio sur un état de fait : le paradoxe, l'improbabilité. La Nouvelle-Orléans en a fait une marque de fabrique, et c'est sa musique qui fait que la sauce prend à nouveau à chaque épreuve, car quand la Second Line (la fanfare) démarre, noirs, blancs, indiens, pauvres, riches, tous dodelinent en suivant la cadence. Katrina n'échappe pas à la règle. Alors qu'avant 2005, la ville n'était plus pour certains qu'un musée à ciel ouvert, économiquement à la dérive, l'ouragan a détruit 80% de la ville à grandes eaux. L'idée même de la reconstruction s'est posée: Quel intérêt? Economiquement, ce n'est pas viable. Et pourtant, ils ont été des milliers à revenir pour reconstruire ce lieu unique.

 

Et les premiers à rappliquer étaient les musiciens...

 

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Le poids de l'histoire

Il y a 100 ans, le jazz est né de la créativité de 3 communautés radicalement différentes : les noirs, les blancs et les créoles. Dans un contexte de tensions raciales, la musique est apparue pour mettre tout le monde d'accord. Du métissage de ces populations, de leur culture est né un genre musical majeur. Le jazz, et ses dérivés, a régné sur l'ensemble du XXe siècle. 

 

Cependant, ce courant a fini par s’exporter dans d’autres villes, laissant à La Nouvelle-Orléans la tradition du jazz des origines, des fanfares, des “Second Lines”. Au fil des années, cette tradition s’est profondément ancrée dans la ville, à un point tel que certains ont fini par la qualifier de « musée à ciel ouvert ». Le « New Orleans Jazz » attire beaucoup de touristes, de passionnés qui souhaitent accéder à ce passé presque figé. Tellement figé que l’innovation n’est pas toujours la bienvenue. Dès les années 70, le fossé se creuse entre les « traditionalistes » et les « modernistes », la communication devient presque impossible. De moins en moins de jeunes ont accès à la tradition. Le processus s’est accentué au fil du temps, mettant parfois en péril des pans entiers de la culture jazz néo-orléanaise.  

 

Les musiciens se sont battus pour que leurs traditions continuent à vivre, à ne pas tomber dans l’Histoire. Ils se sont rendus compte qu’ils pouvaient perdre leur culture. De nombreuses initiatives ont été mises sur pied afin de sauvegarder ce patrimoine, ainsi que les musiciens qui le jouent. Par la musique live, les rencontres lors des concerts, les traditions ne peuvent rester figées. Elles évoluent. Certains ajoutent une couleur politique à leurs chansons, d’autres cherchent à faire de l’œcuménisme : mélanger l’innovation à la tradition.

 

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Face à ce double constat, une question se pose :

 

Quel est le futur du jazz à La Nouvelle Orléans ? Les musiciens de La Nouvelle Orléans sont-ils en train de créer un nouveau « New Orleans Jazz » ou sont-ils simplement en train de remettre sur pied ce qui a fait leur réputation?  

 

 

Notre réalisation

Dans cette ville qui compte plus de jours de festival que de jours de week-end, notre désir est de suivre différentes personnalités actives, impliquées dans ce mouvement de (re)construction. Micro au poing, nous souhaitons nous insérer dans l'intimité des musiciens, découvrir leur façon de faire de la musique, leur relation à la tradition ou à l’innovation. Nous allons produire un reportage audio d'où suintera la suave atmosphère de ce renouveau musical.

 

Mais pour rendre cette plongée musicale plus tangible encore, nous allons allier nous aussi le traditionnel et le moderne. Outre le compte twitter d'où nous partagerons toutes nos impressions, nos rencontres, nos découvertes, nous comptons embarquer dans nos pérégrinations une machine à écrire, et y retranscrire nos impressions à chaud. Les feuilles seront brutes de décoffrage, aux caractères baveux et aux fautes aussi authentiques que nos impressions de témoins privilégiés. Chacune de ces épreuves, uniques, sera numérisée et partagée. Mais l'originale, la feuille marquée à coeur par les caractères d'acier, signée par tous ces musiciens (extra)ordinaires qui nous entoureront, elle, vous pourrez la réclamer comme vôtre et nous vous l'enverrons directement de la Nouvelle-Orléans

 

Dans les contreparties, pour les plus généreux, nous vous proposons aussi une récompense personnalisée, dont nous pouvons parler ensemble. Est-ce d'emporter un vinyle de votre collection pour lui faire tâter un diamant de La Nouvelle-Orléans? Ou d'embarquer l'embouchure de votre trombone pour la tremper religieusement dans le Mississippi? Ou demander au cours d'un concert d'initiés aux jazzmen de vous dédicacer une chanson, de l'enregistrer et de vous la donner? Bref, une idée qui ne pourrait se faire que sur place, un vieux rêve, une envie, discutons-en et nous essaierons de trouver un terrain d'entente!

 

De manière générale, nous ne sommes pas enfermés dans une tour d'ivoire, nous sommes disponibles pour discuter avec qui le souhaite sur tous les aspects de ce projet. 

 

 

Qui sommes-nous?

 

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(photo: Céline Ballieux)

 

Arthur Deligne (lunettes) - 22 ans. Je ne suis pas un expert du jazz, mais je suis un passionné de musique : en jouer, l'écouter en enregistrement ou en live, la disséquer, l'analyser et surtout, ressentir la folle énergie déployée par les musiciens, quelle que soit leur musique. Ce reportage sur le renouveau du jazz à la Nouvelle Orléans me passionne au plus au point car on est là au summum de l'abnégation des musiciens, de leur combat pour faire vivre leur musique.      

 

Thomas Bouïssaguet (trombone) - 25 ans. Je suis un expert de la curiosité,  arrivé au jazz pour les fedoras, resté pour le son du trombone, et tombé amoureux pour son énergie immédiate, la versatilité de son essence, et son besoin de transgression. Et surtout, maintenant plus qu'intrigué par cette Nouvelle-Orléans qui fait rien qu'à railler le destin en chantant plus fort. 

À quoi servira la collecte ?

Notre projet est assez coûteux. Nous souhaitons partir pour un minimum de 3 semaines afin d’avoir le temps d’explorer le sujet en profondeur.

 

En réduisant les coûts au maximum, nous sommes arrivés à un budget total de 3.070 euros, dont la moitié est consacrée aux seuls billets d’avions. Nous sommes bien évidemment conscients qu’il est difficile de rassembler une telle somme. C’est pourquoi nous choisissons de nous fixer comme objectif 1.500 euros.

 

Pourquoi demander 1500 euros ?

Tout simplement parce que, comme nous l’avons écrit, c’est le prix du billet d’avion. Nous vous demandons tout simplement de nous envoyer sur place, condition sine qua non pour pouvoir réaliser ce reportage. Nous prévoyons de financer les frais sur place par nos propres moyens, c’est-à-dire par des jobs étudiant avant et après le voyage. N'oubliez pas que si l'objectif des 1500 euros n'est pas atteint, l'entièreté de la collecte sera annulée. C'est pourquoi nous comptons sur vous, 5 euros peuvent faire la différence !

 

Les différents postes du budget :

- Billets d’avion : 2X750€ = 1.500€

- Location d’une voiture : 400 €

- Logement : 450 €

- Nourriture : 300€ - Achat de matériel : 150€

- Frais divers (essence, contre-dons KKB, etc.) : 150€

- Frais KissKissBankBank : 120€  

 

TOTAL : 3070 €

 

Si l’objectif des 1.500 € est dépassé, nous aurons tout simplement plus de moyen pour approfondir notre enquête. Le sujet de l'après-Katrina à La Nouvelle-Orléans étant plus que vaste, plus de moyens nous permettraient de faire une série de petits reportages en plus, avec d'autres angles, d'autres points de vue tout en traitant toujours du jazz à La Nouvelle-Orléans, des musiciens, de leur vie. Un de ces reportages pourrait ainsi concerner les différentes histoires des musiciens qui étaient sur place lors de la tempête, qui ont du faire face à la dévastation.

 

Si nous récoltons plus d'argent, nous devrons passer moins de temps à en gagner cet été pour assumer financièrement le voyage, nous aurons donc plus de temps pour travailler sur le reportage radio.  

 

 

PS : si vous rencontrez des difficultés pour faire un versement (pas de visa, etc.) , n'hésitez pas à nous contacter, nous vous aiderons.

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Black Trombone & Dr Arthur

Nous sommes deux journalistes étudiants à Bruxelles, et nous réalisons le mémoire de nos rêves. C'est bien simple, entre un Arthur fan de musique, de découverte et de technique, et un Thomas passionné par le journalisme qui achète compulsivement un trombone à la simple évocation de La Nouvelle-Orléans, nous partons chacun avec une approche différente...

Derniers commentaires

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salut et félicitations !! beau projet !! une question : quel est ce morceau que vous avez choisi en fond sur votre vidéo ? Merci !
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Beau projet ! Si vous avez l'occasion de l'expliquer, ça m'intéresserait de savoir si vous avez déjà des contacts sur place et, si ce n'est pas le cas, comment vous comptez faire pour rencontrer les "bonnes" personnes ? Et à tous les curieux qui me lisent, en amuse-bouche pour déjà vous mettre dans l'ambiance, je recommande chaudement la série Treme (HBO) !
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Bon vent les amis !