Un documentaire dans l'univers magico-religieux des guérisseurs du Congo-Brazzaville

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Présentation détaillée du projet

 

 

Depuis plusieurs siècles, s'étend au royaume Kongo une religion appelée « Ngunza » où l’on invoque les esprits des ancêtres, dispense des enseignements spirituels, mais aussi de nombreux soins thérapeutiques contre les mauvais sorts.

 

En raison de l'omniprésence de la sorcellerie dans la société africaine, ces thérapies traditionnelles restent encore un recours très prisé contre beaucoup de maladies.

 

Transportés dans le Brazzaville des esprits et des guérisseurs, nous répondons à l'invitation des Ngunza, qui ouvrent pour la première fois les portes de leur temple à une équipe de cinéma. Ce projet de film est l'occasion d'une plongée au cœur du chamanisme africain, où l’on mettra en évidence les liens étroits entre médecine et spiritualité. Au fil de ce documentaire, nous chercherons à mieux percevoir la nature de ce « monde invisible » avec lequel les Ngunza rentrent en contact.

 

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NOTE D'INTENTION : 

 

Lors de mes précédents voyages au Congo, de nombreuses personnes m'avaient averti des puissants pouvoirs des Ngunza. Ces témoignages racontaient tous la guérison miraculeuse d'un proche ou d'une connaissance plus lointaine. De là est né mon intérêt pour ces croyances ancestrales. J’ai donc entamé un travail photographique qui m’a permis d'être accepté au sein de cette communauté pendant plusieurs semaines.

 

Vous pouvez regarder d'autres photos dans la rubrique "spirites" sur le site :

www.hadriencourtier.org

 

Ce film que nous realiserons est une expérimentation ethnographique sur le système de croyance Kongo, afin de mieux percevoir comment ces hommes se positionnent dans le monde face à leurs divinités. La théologie africaine n’étant pas formulée sous forme de concepts, il nous faudra chercher sa vérité essentielle dans les mythes et dans les rituels. Le sacré n'a pas d'explications. Il s’agit d’une caméra observatrice, qui ne donnera pas au spectateur tant à comprendre, mais plutôt à ressentir pour qu'il se forge sa propre opinion. Le but de ce film est de nous faire réfléchir sur une autre conception de l'existence, certes bien loin de notre pensée occidentale, mais qui peut être détient quelques vérités. 

 

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Soins et guérisons

 

Nous commencerons par suivre certains malades qui, ayant épuisé toutes les autres voies de soins possibles, se tournent vers l’église Ngunza. Dans cet univers magico-religieux, notre caméra suivra le cycle complet de guérison du malade, depuis son entrée jusqu’à sa bénédiction de sortie. Chez les Kongos, comme dans beaucoup d’autres traditions africaines, la maladie physique est considérée comme l’expression d’un déséquilibre d’ordre spirituel. La cause en est surnaturelle : le patient est la victime d’une attaque d’esprits déclenchée par un sorcier hostile. Il est donc question pour le guérisseur de diagnostiquer cette magie noire, afin de pouvoir la combattre.

 

Les Ngunza soignent principalement avec l’eau et la prière. Nous nous pencherons sur le pouvoir de la prière et sur la fonction des offrandes. Certaines, comme l’eau, le lait ou le miel sont faites pour calmer les courroux de l’Invisible. D’autres au contraire visent à exciter les Puissances : le vin de palme, la bière et toute boisson fermentée.

 

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La cérémonie et la transe

 

Chaque dimanche, dans le quartier de Bakongo, les Ngunza organisent une cérémonie dirigée par son Eminence Anicet. Ce culte des ancêtres constitue l’un des éléments centraux de la vie spirituelle Kongo. Il consiste essentiellement à renouveler la relation entre la communauté des vivants et celles des défunts. Grâce aux vibrations des percussions, les esprits sont appelés et viennent petit à petit posséder les corps des médiums Ngunza qui se mettent alors à vibrer. La transe leur donne des mouvements brusques, des grimaces exagérées, parfois des tournoiements. Nous plongerons au coeur de ces transes : que ressent le médium ? Reste-t-il conscient ? Quelle en est la finalité ? Quels en sont les dangers?

 

Extrait d’un témoignage recueilli lors de mes repérages :

 

« Notre Dieu Tout Puissant Nzambia Mpungou Tulendo, les esprits de nos prophètes Matsoua, Kimbangu, Kimpa Vita, et ceux de nos ancêtres. Voilà tout ce que nous possédons. Nous n’avons rien d’autre. Pas de textes sacrés, pas de références durables. C’est ce qui fait notre faiblesse et aussi notre force. Si nous cessions de chanter et de danser, de prêter nos corps, les esprits nous quitteraient, nous oublieraient. Et notre religion disparaîtrait. Nous savons que tous nos esprits sont pleins de force. S’ils ne l’étaient pas, il n’y aurait pas de transe. Ils descendent dans le corps de nos enfants, attirés par nos tambours et nos invocations. Ils arrivent parce qu’ils ont autant besoin de nous que nous avons besoin d’eux. Ils aiment les présents que nous leur offrons, les bougies et l’encens. Ils arrivent parce qu’ils nous savent prêts à les recevoir. Les médiums prêtent leur corps aux esprits pour que ceux-ci puissent s’incarner, être avec nous, nous parler, répondre à nos questions, nous laisser des messages. Nous donnons la vie aux esprits et en échange, ils acceptent de nous aider. »

 

Dans cette deuxième partie, je voudrais me concentrer sur quelques portraits de médiums Ngunza, à l’intérieur même de leur chemin spirituel. Je considère la cérémonie comme une sorte de cours théorique dans lequel chacun va recevoir des directions ou des instructions. Ce qui est important pour moi, c'est de montrer comment un Ngunza applique dans la réalité matérielle ses enseignements spirituels reçus, car c’est dans la vie quotidienne qu’une religion prend tous ses effets.

 

L'équipe :

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 Hadrien Courtier est photographe et cinéaste. Avec ses vielles caméras Beaulieu, il a tourné une poignée de films silencieux à la lisière entre la fiction et l’expérimental, qu’il développait lui-même au Labominable d’Asnières-sur-Seine. II a travaillé comme assistant sur les films de Philippe Garrel. Depuis 2009, ses recherches personnelles l'ont conduit à étudier le chamanisme et la psychomagie. En symétrie de ce film africain, il réalise un long métrage documentaire au Brésil « Da Terra ao Astral » sur le Santo Daime, un mouvement religieux qui consacre l’Ayahuasca, la plante visionnaire de la forêt amazonienne.                                      www.vimeo.com/hadriencourtier/videos

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Thomas Ozoux est chef opérateur de documentaires et de fictions long-métrage. Il est aussi l’étroit collaborateur du cinéaste médium Michelange Quay, dont il a signé l’image du film «Mange, ceci est mon corps », hypnotique essai allégorique sous fond de vaudou haïtien.     www.thomasozoux.com                                                  

                                          Photo_corto2

Lucas Corto Vaclav est preneur de son et monteur. Depuis 2005, il avait définitivement abandonné le rationnel, avant finalement de se réconcilier avec la logique du désordre en 2012. Entre temps, il a fait ses classes d'anthropologie à Nanterre et découvert le cinéma direct, avant de travailler au Comité du film ethnographique en 2011. Récemment, Il a fondé le GRAC, un atelier de cinéastes qui produisent, réalisent et projettent leurs propres films, permettant à chacun de participer à l'élaboration d'expériences cinématographiques variées.

À quoi servira la collecte ?

 

Nous sommes envoyés à Brazzaville pour travailler sur le Fespam (le festival des musiques panafricaines) qui aura lieu du 13 au 20 juillet 2013 . Il s'agit de filmer pendant une semaine les concerts pour la chaîne TéléCongo. Nous profitons de cette occasion pour rester sur place 4 semaines supplémentaires, le temps nécessaire au tournage de notre documentaire. (Les billets d'avions ainsi que les visas ont déja été pris en charge par le Fespam).

 

Nous avons besoin de 4500 euros qui se repartiront comme suit:

 

- Hébergement, nourriture et transport : 2000 euros

- Location d'une caméra : 2000 euros

- Frais de traduction (La langue officielle du Congo est le français, mais les congolais s'expriment aussi    dans leurs langues traditionnelles) : 140 euros

-La commission de KissKissBankBank (8%) : 360 euros

 

Si la collecte dépasse cette somme, nous utiliserons vos dons pour : 

 

-Financer les coûts de post-production supplémentaires

-Editer une première maquette du livre de photographies sur la spiritualité Ngunza

 

 

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Hadrien Courtier

J'avais d'abord réalisé une poignée de films expérimentaux que je développais moi même au L'abominable, un laboratoire photochimique associatif. Parallèlement, j'exposais mes photographies des lieux abandonnés dans différents endroits de Paris et d'ailleurs. Intéressé depuis 2010 par les histoires liées au mysticisme, mon travail artistique s'est...

Derniers commentaires

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Les photos sont magnifiques, Hadrien ! Michel et moi les avons vivement appréciées .. Toutes nos félicitations, elles expriment un réel talent .. Je t' embrasse .. Chantal.
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j'ai hâte! j'ai hâte ! bon séjour, à bientôt, bise l'ami.
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Merci beaucoup !!!