Bruno M.

En 2001, sur l’île d’Yeu, alors que je photographiais les grandes marées au bord des falaises, une énorme vague a frappé la roche en m'emportant avec elle. Cette chute de plus de 12 mètres de haut aurait dû avoir raison de ma vie. J’ai pensé à mes filles, me suis dit que cette mort était absurde... Juste pour une photo… Je me suis réveillé à l’hôpital. J’étais ensanglanté, mais indemne : un miracle. Cet épisode m’a fait prendre conscience que je passais à côté de ma vie, de mon rêve, faire du cinéma. Depuis, j'ai abandonné ma carrière d'architecte, et place toute mon énergie et ma passion à écrire et réaliser des films. Pendant 20 ans, j’ai dirigé une agence d’architecture et les dernières années, je les ai consacrées à des projets très économiques fait à partir de matériaux de récupération. Mon amour pour l’architecture m’a donné envie de chercher une forme qui me procure le bonheur de composer. Architecte ou cinéaste sont deux métiers qui ne laissent pas une minute de répit. Tu dialogues avec le béton pour l’un et avec des acteurs pour l’autre, mais il y a une sacrée différence entre ces deux professions formidables. Dans le cinéma, c’est ce côté « aventure » qui me plaît. L’architecture a un confort qui à la longue peut finir par ennuyer. Avec le cinéma, à l’inverse, c’est sauvage. Tu joues ta vie à chaque projet.