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CATHERINE DECASTEL est auteure, metteure en scène et comédienne, elle est issue du Studio de Formation Théâtrale de Vitry (94) et de l’Université Paris III. Elle a publié chez l’Harmattan Dieu venge l’innocent en silence, chez Alna Editeur L’écorce de nos larmes, et aux Presses Electroniques de France Ai perdu mon Je. Outre ses propres textes (Dieu venge l’innocent en silence, ça (le silence tue), L’écorce de nos larmes), elle a mis en scène et interprété Le temps d’un soupir d’Anne Philipe et J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne de Jean-Luc Lagarce. VIOLETTE LEDUC est née à Arras le dimanche 7 avril 1907 (déclarée le 8), à cinq heures du matin, fille illégitime de Berthe Leduc et d’André Debaralle, un « fils de famille » de la haute bourgeoisie de Valenciennes. Il refuse de reconnaître l'enfant. Dès son enfance, elle est marquée par la honte de sa naissance. Violette est interne au collège de Valenciennes, puis dans celui de Douai où elle fait la connaissance d'Isabelle P. avec qui elle a une relation d'amour passionnée. Violette Leduc connaît également, à cette époque, ses premières passions littéraires : les classiques russes, puis Cocteau, Duhamel, Gide, Proust et Rimbaud. En 1942, elle s’installe pendant trois mois dans un village de Normandie, Anceins, près de L'Aigle où, sur l’injonction de Maurice Sachs, qu’elle aime d’un amour impossible, elle commence à écrire ses souvenirs d’enfance, dans L’Asphyxie, sa fameuse première phrase (« Ma mère ne m'a jamais donné la main ») déclenchant tout le reste. Elle survit grâce à ses petits trafics de marché noir. En 1944, elle découvre L’Invitée de Simone de Beauvoir et comprend la composante homosexuelle de son auteur. En février 1945, par l’entremise de deux amies, Violette Leduc est présentée à Simone de Beauvoir qui accepte de lire le manuscrit de L’Asphyxie. D’emblée Beauvoir reconnaît son talent. Dès lors, elle suivra son travail et la soutiendra jusqu’à la fin. Des extraits du manuscrit paraissent dans Les Temps modernes. En mai 1946, L’Asphyxie sort chez Gallimard dans la collection « Espoir » dirigée par Camus. Le livre ne connaît aucun succès, mais Violette Leduc gagne l’estime de Jean Cocteau, Jean Genet, Marcel Jouhandeau, Nathalie Sarraute et Jean-Paul Sartre. Éprise de Simone de Beauvoir, elle entame la rédaction de L'Affamée, poème en prose, journal onirique d'une amoureuse, consacré à sa passion pour le Castor, nommée « Elle » tout au long des pages. Violette Leduc se lie d'amitié avec Colette Audry et surtout Nathalie Sarraute. En septembre 1947, grâce à Genet qu'elle admire, elle rencontre Jacques Guérin, bâtard comme elle, riche industriel (il dirige les parfums d'Orsay), collectionneur de livres rares, de manuscrits, d'œuvres d'art, ami d'artistes et d'écrivains. Elle s'éprend de cet homme qui ne peut répondre à ses élans : comme Sachs, Guérin est homosexuel. Il admire l'œuvre de Violette et lui apportera son fidèle soutien pendant les dix-sept années de leur amitié. En 1948, il fait publier à ses frais, chez Jean-Jacques Pauvert (Éditions du Palimugre), une édition de luxe de L'Affamée qui sort la même année chez Gallimard. Elle commence la rédaction de Ravages, son premier roman. En 1949, Sartre et Beauvoir versent une petite pension à Violette Leduc par l'intermédiaire des Éditions Gallimard afin de ménager la sensibilité de leur obligée. En 1954, grâce au prix Goncourt obtenu pour Les Mandarins, Simone de Beauvoir assumera seule cette charge. En 1954, Leduc est victime de la censure éditoriale : Gallimard ôte les cent cinquante premières pages de son roman Ravages. L'auteur y décrivait dans un style imagé, mais aussi avec une exactitude d'entomologiste, les ébats passionnés de deux collégiennes, Thérèse et Isabelle. En 1955, Ravages sort amputé de son début et Jacques Guérin publie un tirage restreint (28 exemplaires) de cette partie censurée par l'éditeur.