David_Rodes

J’ai toujours lu de la bande dessinée que je m’amusais ensuite à redessiner, allant jusqu’à décliner mes propres histoires issues des créations d’auteurs. Parallèlement j’étais un grand amateur de films de science-fiction, toujours plus fasciné par ce qu’on pouvait inventer comme « science » fictionnelle que l’histoire brodée autour. J’ai alors commencé très jeune par faire de la BD, un espace où j’ai pu mettre à profit mon amour du dessin et ma passion de la recherche de cadrages, de construction d’espace(s), de dynamique d’images, tirant instinctivement mes histoires vers un travail autour de la temporalité comme construction narrative. Mais au dessin manquait une dimension : la profondeur. Je me suis alors dirigé vers la sculpture et l’installation pour un temps, avant de m’essayer à l’animation qui imposa un travail minutieusement inscrit dans le temps : 1/25e de seconde. C’est dans cette suite logique que la vidéo m’est apparue la plus idéale des formes d’expression, mêlant mon gout du plan et du cadrage au montage vidéo, proche de celui que j’avais recherché dans la bande dessinée. Les effets spéciaux et ma connaissance en animation m’ont aussi permis de travailler le medium vidéo comme un espace modelable, proche d’un espace mental et abstrait. Mon travail, très souvent inspiré par les sciences fondamentales, la littérature et le cinéma, tourne autour de questions métaphysiques et philosophiques telles que l’altérité, l’origine, l’écoulement des temps dans l’espace (vidéo par exemple), les mythes, ... questions toujours interprétées sous une forme science-fictionnelle et qu’on pourrait qualifier « d’abstraite », à l’image de certaines allégories et métaphores. Chaque projet tend à se « dérouler » en mouvements formels, comme à chaque fois une tentative de faire une formule, une théorie, une équation vidéo. Ces projets tentent d’approcher un point central, origine et fin dans un même mouvement en s’efforçant de graviter autour : point qui peut-être ne se situe ni dans le temps ni dans l’espace.