Le Centre Thomas Gleb

Biographie 1912: Naissance de Yehouda Chaim Kalman, fils de Moïse et de Rebecca Laskier à Zelow, près de Lodz. c’est le deuxième enfant d’une famille de cinq. Le père est tisserand. 1917: Il entre au Kheder (Ecole juive), où il se familiarise avec la Bible et apprend l’hébreu.1925: Il est tisserand. 1926: Il est l’élève du peintre Mittler à Lodz qui lui apprend le dessin « réaliste ». C’est vers 1929 qu’il semble commencer sérieusement une activité artistique. 1932: Il quitte la Pologne pour Paris, où il se fait appeler Gleb. Outre ses activités de retoucheur de portraits-photos, il fait de nombreuses huiles figuratives. 1935: Il fait sa première exposition dans l’atelier d’un ami Il rencontre sa future femme Maria. Part à pied pour voir l’exposition « Rembrandt » à Amsterdam. 1938: Il participe au Salon d’Automne à Paris. 1939: La guerre éclate, il s’engage dans les régiments de marche des volontaires étrangers. 1940: A Paris, à son retour, son atelier est saisi et pillé par les allemands. Il se cache et entre dans le troupe de résistance juive « Solidarité » mené par Félix Guberman. Il illustre des tracts. 1941: Naissance de sa fille Yolande. Il continue dans la Résistance sous le nom de Raymond Thomas. 1943: La famille se réfugie à Grenoble, où il fait des expositions sous son nom de résistant. 1944: Arrêté par la Gestapo, il est transféré à Lyon. Il part dans un convoi pour l’Allemagne le 11 août, mais réussit à s’évader du train dans les Vosges. De sa famille restée en Pologne, aucun membre n’a survécu. Son atelier à Grenoble a été saisi. 1945: La famille Gleb se réinstalle à Paris et s’agrandit avec la naissance d’un fils, Jean. 1947: Premier prix pour une peinture murale au Club de la jeunesse polonaise. 1949: Il participe à de nombreuses expositions à Paris et reçoit un prix au cercle littéraire et artistique ainsi que le deuxième prix au concours international de Varsovie pour son affiche « Ghetto ». Amitié avec le poète François Dodat. 1950: A la suite de l’Invitation au congrès général des peintres à Varsovie, il s’y installe avec sa famille et commence à y exposer. 1951: Perte tragique de Yolande, sa fille. 1950-57: Il développe un style réaliste inspiré de son enfance (sujets ruraux et paysans), il illustre de nombreux écrivains, (dont Tchekov, Gorki, Cholem Aleikhem, Hemingway…) et reçoit en 1954 une distinction pour un recueil de Tchekov. C’est aussi l’année où il entame son cycle du coq (jusqu’en 1955 semble-t-il). En 1955 il commence le cycle du cirque, important travail qu’il continue au moins jusqu’en 1957. Grâce à son statut d’artiste quasi officiel, il voyage beaucoup: Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, RDA… Il reçoit un prix pour de la céramique (dont seule une trentaine de pièces ont été réalisée). 1957: Il rentre précipitamment en France avec sa famille fuyant le régime communiste polonais devenu trop oppressant. Il s’installe à Paris, participe à l’exposition des peintres juifs de France et à la biennale de Paris. Il commence une série de tableaux sur les douze tribus d’Israël. A cette époque il se lie d’amitié avec Waldemar Georges et Kahnweiler. 1959: Exposition personnelle à la galerie Péron « Gleb ou la naissance d’un monde » 1960: L’Etat lui commande un carton de tapisserie sur le thème des douze tribus d’Israël (Très certainement à l’initiative de Jean Cassou, alors conservateur au Musée d’Art Moderne de Paris). Il a pour cela un atelier au centre culturel de l’abbaye de Royaumont, où il restera au moins jusqu’en 1963. Il réalise douze cartons, un par tribu. Seuls trois de ces cartons seront tissés: Joseph, Lévi, Benjamin. Il abandonne alors définitivement la figuration au profit, non de l’abstraction, mais d’une « non figuration ». Reçoit, le 29 juin, la Croix du Combattant volontaire 1939-45. ! 1963: Lors d’une exposition au musée national de Tel Aviv sur la tapisserie française, il prend contact avec des institutions locales qui lui permettent d’enrichir sa culture hébraïque. 1964 -68: De nombreuses expositions à l’étranger: Pays Bas, Suède, Yougoslavie, Etats-Unis, Australie, mais aussi en France (Musée d’Art moderne de la ville de Paris). 1966: Il est fait Chevalier des Arts et Lettres. 1969: Il s’attache au réaménagement de l’oratoire de la Sainte Baume dans le Var, inauguré en 1970. 1970: Il réalise deux grandes tapisseries intitulées « La Joie » pour le siège de la Société Pernod à Créteil. 1971: Il commence à travailler sur les projets d’architecture du Couvent Saint Mathieu de Tréviers dans l’Hérault, en lien avec l’architecte Geneviève Colboc. 1972: Ses oeuvres sont exposées en Afrique: Dahomey, Togo, Nigéria, Ghana, Zambie et Madagascar. 1977: Il reçoit le premier prix Exempla 77 à l’exposition Exempla de Münich. 1978: Il réalise une tapisserie intitulée « Bord’ eaux » pour le siège de la communauté urbaine de Bordeaux et reçoit la médaille d’argent de l’Académie d’architecture pour l’ensemble de son oeuvre peinte (cartons et tableaux). 1979: Il commence à travailler sur le réaménagement de la chapelle du Carmel de Niort. 1980: Grand prix national de la tapisserie. 1989: Il s’installe à Angers à l’invitation de la municipalité. 1990: Il fait don à la ville d’Angers d’une partie de son oeuvre. 1991: Il meurt. Plusieurs salles permanentes du Musée de la Tapisserie sont consacrées à ses oeuvres.