Rebecca J. Mortenson

Dijon, France

Rebecca Jean Mortenson (Mathilde Rachet) est née avec mon premier court métrage, Lost Memories. J'acte d'une entité paradoxale faisant se côtoyer le prénom d'un personnage de femme disparu, absente (Rebecca d'Alfred Hitchcock) et le nom de jeune fille de Marilyn Monroe, femme qui a fini par être asphyxiée par l'image qu'elle a elle même crée. J'ai toujours été à la recherche des mécaniques fantasmagoriques et plastiques générées par l'image en mouvement. J'ai au fil de ces années construit une démarche autour des archétypes cinématographiques qui pourrait se résumer en une phrase : «Je suis une créature faite de l'expérience de l'image». J'affirme la volonté de modeler une entité mouvante en revisitant mes fantasmes et mes souvenirs de spectateur. C'est aussi une expérimentation de l'imaginaire collectif, une mise à l'épreuve des stéréotypes par l'absurde, un jeu avec les projections qu'induit la construction cinématographique. La majorité de ma pratique s'articule autour d'une sorte d'auto-fiction. Je me mets ainsi en scène dans de courts films où j'exécute une action, adopte une posture afin d'éprouver des lieux communs présents dans le cinéma. J'apporte aussi un questionnement sur l'acteur en tant que performeur, sur la dramaturgie d'un corps pris dans dans une action morcelée, décomposée, répétée, fictionnelle. C'est la fragilité que je cherche, les moments de ruptures où la densité corporelle prend le pas sur l'immatérialité du personnage. Cumulant les exigences et l'expérience de réalisation et de jeu, une tension se créé durant les tournages, je deviens ainsi la part «aveugle» de ma production. Mes films sont aussi des témoins sensitifs de cette expérimentation. Par ailleurs, l'implication du spectateur dans la création d'images mentales et le développement fantasmagorique face à l'image en mouvement sont des processus que j'inclus dans la construction de mes fictions. Quelle est la place, la manifestation plastique de ces types de phénomènes au sein du film ? Je cherche à mettre en place une grammaire visuelle composée, entre autre, de noir de différentes durées qui viennent rythmer, heurter le développement du film. Je poursuis actuellement l'approfondissement de cette entité plastique en produisant des courts-métrages, sorte d'hybride entre les arts-plastiques et le cinéma.