Deux énergumènes sans sommeil débarquent un matin chez un coiffeur indien du 10ème arrondissement et se mettent à terroriser la population locale, armés d'une revendication très singulière : ils exigent une grande quantité de cheveux. Leurs motivations restent bien obscures jusqu'à ce que cet affligeant terrorisme de proximité s'étende, par une plongée dans l'absurde, à des peurs universelles.

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Présentation détaillée du projet

Bienvenue dans ce projet un peu maboul.

 

Objectif : marquer les esprits et bousculer les habitudes d'écriture parfois trop confortables du court-métrage, enfermées dans une imitation servile du long. Par sa nature même, un court ne peut pas faire l’économie d’une certaine fulgurance. Parce que rien ne peut être installé, il dépend d’une croyance en l’image virtuose. Mon terrain de jeu : la normalité, ce qui se fait et ce qui, dans un récit, est acceptable…

 

 

L'histoire de On achève bien les cheveux prend donc ses distances avec ce qui est "acceptable". Non pas en sombrant dans un surréalisme débridé, mais par un pas de côté beaucoup plus insidieux. Dans un environnement normal et réaliste, un seul élément va dérailler, changer radicalement de nature.

 

Les cheveux sont envisagés, par tout le monde (sauf la patronne, de plus en plus isolée), comme une présence potentiellement dangereuse. Les personnages semblent accepter cette situation parfaitement étrange ; et c'est une inquiétude subtile, par ce simple décalage, qui va contaminer la réalité d'un salon de coiffure indien du 10ème arrondissement.

 

 

Marqué par le cinéma des années 90, Cronenberg, Verhoeven et leur capacité à faire percer une inquiétante étrangeté au cœur d'une normalité trop appuyée ou d'un genre balisé, je veux, dans ce film, étendre ce décalage à son sujet même, à la raison même de son action. Les deux intrus passent longtemps pour des fous ou des épaves toxicomanes ; en bout de course, c'est le film entier qui bascule dans l'extravagance et l'ancrage dans une quelconque normalité est perdu. Seule exception, la tenancière sera le personnage auprès duquel le spectateur pourra se blottir.

 

Au départ, il s'agit d’insinuer discrètement un genre classique, le western, pour mieux le faire éclater de l’intérieur. Un western n'a pas besoin de cow-boys, il exige seulement deux camps qui s'affrontent, un espace à conquérir et un pactole à empocher. A l'image, c’est un jeu entre les regards et les (grands) espaces. Entre visages et paysages. C'est un western secret et comme lyophilisé : ces éléments essentiels et quelques autres (le bavardage et l'action, le saloon, l'individu face à la communauté...), vont être miniaturisés, réduits à un tout petit univers, celui d'un salon de coiffure.

 

 

Et au centre, trônera le cheveu, son esthétique et ses dimensions : à défaut de grands espaces, les chevelures seront mes paysages, les gros plans, des substituts de plans larges. Partant de ce motif central, tout ira vers la miniaturisation. Les éléments narratifs convergent vers cette obsession étrange qui donnera sa couleur au film (la coiffure hypertrophiée d'un client, par exemple) et même son prétexte (son MacGuffin disait Hitchcock), c'est à dire le butin que les deux "héros" veulent accaparer.

 

L'ajustement à un nouveau territoire a toujours été le propos du western. Notre nouvel espace est très étroit mais contient tout : c'est l'écran. Le salon est ce nouveau monde, réduit à des espaces exigus mais potentiellement infinis. A ce jeu, le territoire proprement humain, son échelle (sujet absolu du western), devient flou. Cette perte de repères et cette miniaturisation conduisent le film à son final grotesque. La réduction à infiniment petit l'entraîne, avec un dadaïsme certain, dans une sorte de cosmologie burlesque.

 

 

L'inquiétude qui se cache derrière cet absurde est aussi celle d'un terrorisme à la portée de tous, de cataclysmes qui seraient entre les mains du premier nihiliste venu, via internet. Le doute, le stress qui vibre dans certains plans en suspension du film, comme le dernier, porte alors sur la solidité d'un monde qui parait parfois bien petit, entre les mains humaines.

 

La forme du film est une plongée dans les méandres de l'écriture en tant que telle, dans le scénario entendu comme une machine, une mécanique absurde et sans fond, qui agite des pantins condamnés à l'action, pour le bon plaisir du spectateur. La fin pousse cette mise en abîme jusqu'à envisager l'apocalypse, agitée par tant de films actuels, comme un inoffensif MacGuffin.

 

Voilà précisément ce qui me passionne et donnera sa force au film : qu'un sentiment d'absurde perturbe la dangerosité confortable d'un genre cinématographique, qu'une incertitude insoluble vibre dans un hymne à la puissance punk et jubilatoire du film d'action.

 

 

- Excusez-moi monsieur, mais qu'est-ce que ce paquet à l'aspect bizarre que vous avez là ?

- Ah ça, c'est un MacGuffin.

- Qu'est-ce que c'est un MacGuffin ?

- Eh bien c'est un appareil pour attraper les lions dans les montagnes d'Ecosse.

- Mais il n'y a pas de lions dans les montagnes d'Ecosse.

- Dans ce cas, ce n'est pas un MacGuffin.

(Anecdote hitchcockienne)

 

QUI SOMMES-NOUS ?

 

Salut, c’est bibi, Axel Zeppenfeld, scénariste et réalisateur de ce humble et splendide court-métrage, auquel si Dieu veut, vous participerez, au mieux, par devers votre porte-monnaie, au pire, en protestant de manière véhémente et en assassinant toute l’équipe la veille du tournage, au moyen, par une vague sympathie distante et silencieuse. Merci d’avance à tous, malgré tout. Je me présente donc : critique cinéma, surtout, au cours des dernières années, j’ai bossé pour Chronic’art, Snatch, les Cahiers du cinéma entre autres. J’aime dire du bien des gens et du mal des films, qui eux ne souffrent pas (sauf ceux de Cronenberg, paraît-il, qui ont des organes). On achève bien les cheveux est mon premier court-métrage produit. Vous serez gentils de ne pas me trouver trop rêveur ou trop vieux pour cela. Après tout, réalisateur (contrairement à confectionneur de chaussures de sport) est un métier de vieux.

 

 

Je serai épaulé, dans cette folie, par l’épatant Julien Bourgon, excellent producteur de trois courts-métrages à ce jour, avec son bébé Tout Dedans Productions. Sa philosophie : le carré. C’est une figure géométrique, me direz-vous, et non une philosophie. Et bien moi je vous dis, prenez-vous le bonus à 100 € (invitation sur le tournage) et vous comprendrez.

Elise de Terlikowski, ci-jointe en image, jouera elle-aussi un rôle essentiel. Artiste, graphiste et sosie de Nathalie Baye dans La nuit américaine (sur cette photo uniquement), elle accompagnera avec un talent aigu une partie des choix plastiques du film, et en particulier le générique, à qui il sera porté une attention toute particulière.

 

 

 

À quoi servira la collecte ?

Potentiellement à tout. C'est à dire, à la location du matériel de tournage (caméra, éclairages, accessoires...), aux frais de déplacements, aux repas sur le tournage, à la post-production, aux contreparties, aux imprévus...

Toutefois, ces zones là sont déjà relativement bien couvertes.

 

En fait, la somme pour laquelle nous avons l'outrecuidance de vous mettre à contribution sera surtout consacrée à l'élément le plus important du film : son décor. De la location de ce salon de coiffure, auquel nous tenons beaucoup, dépend une grande partie de nos choix esthétiques ; ou pour le dire en termes plus techniques, notre découpage.

Enfin, nous devront dédommager certains professionnels qui nous permettront d'accéder à une excellence technique.

 

Le tournage, si tout se passe bien, aura lieu au mois de septembre 2012. Aidez-nous à achever ces cheveux !

 

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Axel Zeppenfeld

Je suis le scénariste et réalisateur du humble et splendide court-métrage ON ACHEVE BIEN LES CHEVEUX, auquel si Dieu veut, vous participerez, au mieux, par devers votre porte-monnaie, au pire, en protestant de manière véhémente et en assassinant toute l’équipe la veille du tournage, au moyen, par une vague sympathie distante et silencieuse. Merci... Voir la suite

Derniers commentaires

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Oula le gros bloc... Aléas du copier collé.. Sorry
Thumb_dress_addict
Je suis très heureux pour toi Alex, que la collecte ait atteint son objectif ! Comme quoi, ce genre de financement parallèle peut fonctionner. Bien que j'ai réalisé mes films dans d'autres conditions (financés ;), je connais l'aventure que tu t'apprêtes à mener et je te souhaite le meilleur ! En te souvenant qu'il faut toujours associer : 1/ sérieux, concentration, exigence, obstination, remise en question constructive, rigueur... et 2/ PLAISIR ! Plaisir de faire (un film, du cinéma, de s'amuser), plaisir d'être là, plaisir de communiquer, plaisir de travailler avec son équipe et ses acteurs et plaisir à partager et à faire circuler cet enthousiasme, pour obtenir de bonnes ondes et le meilleur de tous les membres de ton équipe et des acteurs ! Tout ça, tu le sais déjà ! Je te fais confiance, à toi, ainsi qu'à toute ton équipe : et je vous encourage donc tous ! Et faites-nous un film chevelu ! Eric-John