Que se passe-t-il lorsqu’une usine ferme ses portes ? Trois ans après la fin de New Fabris, à Châtellerault, le web-documentaire « Onde(s) de choc » vous emmène sur place. Que deviennent les ouvriers ? Entre galères, espoirs, remises en question et secondes chances… ils nous entrainent dans leur nouvelle vie. Découvrez jusqu’où les mènera la crise…

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Présentation détaillée du projet

Juillet 2009. A Châtellerault, dans la Vienne, les salariés du sous-traitant automobile New Fabris, en pleine liquidation judiciaire, « font l'actualité sociale de l'été ». Pour tenter de sauver leur emploi puis négocier une meilleure prime de licenciement, ils menacent de faire exploser leur usine. Les bombonnes de gaz disposées devant l'entreprise attirent les médias du monde entier. Ce geste de désespoir  a tout pour pimenter un 20H. Des cris, des larmes et la promesse du feu.  

Et puis, le silence. L'usine n'a pas sauté, mais finalement fermé le 31 juillet 2009 et les 366 salariés se sont retrouvés dehors. Les médias sont partis, mais pour ces hommes et ces femmes, une nouvelle vie vient de commencer…



Un blog et un web-documentaire : 
 
Onde(s) de choc prendra d’abord la forme d’un blog : pour raconter notre enquête au gré des rencontres avec les anciens de New Fabris. Au bout de l’enquête, les témoignages de nos personnages prendront place dans un web-documentaire interactif, mêlant la photo, le son et la vidéo. 


La fermeture d'une usine est un peu comme un séisme : un choc violent qui entraine des répercussions plus ou moins immédiates, plus ou moins visibles.  Alors que la fermeture d'une usine marque souvent pour les médias la fin d'une histoire nous avons voulu en faire le début.
 
A travers les témoignages des anciens de New Fabris, nous voulons montrer cet après. La difficulté de retrouver du travail (à plus de 50 ans pour la majorité), entre petits boulots, emplois en intérim et chômage longue durée, le vide que provoque la perte d'un emploi, du cercle social de l'usine, les remises en question, le regard des proches qu'il faut affronter, le rapport changé au monde du travail, au patronat, aux promesses politiques auxquelles on ne croit plus … mais aussi parfois les secondes chances, la possibilité d'envisager une nouvelle vie, un nouveau métier, les solidarités crées dans la lutte sociale…

 

Ces conséquences constituent la première onde de choc, celle qui affecte directement les salariés. Mais nous voulons creuser.…

 

Dans cette (en)quête journalistique, nous suivrons la chaine des conséquences de la fermeture d'une usine. Que sont devenus les sous-traitants de l'entreprise New Fabris ? Les commerçants alentour ?  Que devient le site d'une usine après sa fermeture ? Qui paye pour l'entretenir ? Que sont devenues les machines?…

 

Et puis nous voulons voir les répercussions plus lointaines de l'onde de choc. Dans cette région, marquée par la crise (Isoroy, Fonderies du Poitou… ) et fortement liée à l'industrie automobile, comment les entreprises voisines ont vécu la disparition d'un des fleurons locaux ? Comment les jeunes ouvriers, les jeunes apprentis, voient leur avenir, à l'heure où le mot de réindustrialisation est sur tous les tracts électoraux ? Quelle est l'efficacité des cellules de reclassement dont ont profité les anciens de New Fabris ?…


Les anciens de New Fabris nous conduiront dans leur nouvelle vie, au bout de la chaîne, au bout de leur crise.

 
Quelques personnages… 



Guy :  

L'ancien leader CGT.  Parce qu'il était « grillé » auprès de tous  les employeurs de la région, il a ouvert une pizzeria avec sa prime de licenciement et a entrainé sa femme et son frère dans l'aventure. Parallèlement, l'équipe de Ségolène Royal, présidente du Conseil Régional de Poitou-Charentes l'a approché. S'il a eu un peu peur de la récupération politique, il a cédé à ses avances….



Richard : 

Ancien ouvrier, il a suivi une formation pour devenir professeur de gym. Une reconversion difficile, mais c'est le directeur d'une MJC voisine, qui lui a donné sa chance. Touché par le sort des New Fabris, il a voulu l'aider et l'a embauché. Une véritable amitié est née entre les deux hommes. Pour autant, Richard Esteban est toujours dans une situation précaire, car il peine à grappiller quelques heures de cours par semaine…



Martine : 

Après 30 ans d'usine, elle vit très mal son licenciement. Elle est tombée dans la dépression. Comme beaucoup d'anciennes de New Fabris, elle a été réorientée vers une formation d'assistante maternelle. Mais le secteur semble complétement bouché et elle est aujourd'hui toujours sans emploi…



Alain :  

Après 20 ans chez New Fabris, il ne voulait plus entendre parler de l'usine et ne supportait plus les patrons. Il a connu par la suite plusieurs employeurs et d'autres licenciements. Il était devenu « moins patient » dit-il poliment. Aujourd'hui, il a retrouvé un emploi dans la gestion des espaces verts : ironie du sort, il entretient le site de son ancienne usine…

 

Pourquoi New Fabris ?

Depuis le choc financier de septembre 2008, 900 entreprises françaises ont été liquidées, emportant dans leur sillage près de 600 000 salariés. Parmi ces milliers d'ouvriers jetés sur-le-carreau, nous avons choisi les New Fabris. A travers eux la métaphore de l'explosion prend tout son sens et même si les bombonnes de gaz n'ont pas sauté, leur geste montre la violence de la perte d'un emploi.

En septembre 2009, Christian Estrosi, ministre de l'Industrie leur promettait un reclassement à 80%. Aujourd'hui, sur 366 salariés licenciés, seuls 60 ont retrouvé un CDI. En pleine campagne électorale, nombre de candidats se sont rendus auprès des salariés des Fonderies du Poitou, à peine à quelques kilomètres de la Zone Industrielle de Châtellerault. Aucun ne s'est soucié du sort des ex- New Fabris. En juillet 2012, les anciens ouvriers encore au chômage arriveront en fin de droits. 

 

Qui suis-je ?

Onde(s) de choc est produit par le collectif Youpress et l'équipe du site Webdocu.fr. 

De la Libye à l’Egypte, du Portugal au Pérou…, depuis 5 ans, Ariane Puccini, Amélie Cano, Delphine Bauer, Juliette Robert Leila Minano, Stéphane Puccini et David Breger, les 7 journalistes de Youpress parcourent la France et le monde au gré de leurs reportages, pour les médias français, traitant l’actualité aussi bien en texte qu’en photo ou en vidéo.

www.youpress.fr

 

Louis Villers et Alexis Sarini sont journalistes indépendants. Ils ont créés il y a quatre ans le site WEBDOCU.fr aujourd'hui site de référence des nouvelles formes de narration sur le web. 

 

www.webdocu.fr


À quoi servira la collecte ?

Nous avons  déjà commencé les tournages, mais avons besoin de votre aide :


- 1 000 euros pour les frais de production (déplacement/hébergement/matériel).
- 2 000 euros seront consacrés au graphisme et au développement du projet.

Nous prenons à notre charge le temps de production des médias et le montage des témoignages vidéo. 

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