Paris - Morosaglia, un documentaire scrutant les relations entre la Corse et le continent, le village et la ville, les racines et les cîmes.

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Présentation détaillée du projet

A travers ce documentaire, je souhaiterais donner la parole à deux catégories de personnes, toutes d'origine corse :

 

- celles qui sont nées et ont grandi en Corse et qui ont été déracinées

- celles qui sont nées en Corse et qui y vécurent l'essentiel de leur vie

 

Par ce biais, j'aimerais interroger les préjugés, les lieux communs et les paradoxes entourant aussi bien "l'île" que "le continent", la "ville" que le "village"

 

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Pourquoi "Paris-Morosaglia" ?

 

Morosaglia est un village de montagne corse, près de Corte dans la Castagniccia, la Châtaigneraie.

 

Ma mère est née à Morosaglia et y a grandi jusqu’à sa majorité. Depuis, elle vit à Paris. Comment a t-elle vécu et vit-elle ce déracinement ?

 

Je suis née à Paris, j’ai été à l’école à Paris, à Paris même.

 

Mais, et parce qu’il y a souvent un « mais », j’ai également grandi en Corse.

 

Quand d’autres grandissent en colonie de vacances, j’ai grandi loin de mes parents tous les étés en Corse, à Morosaglia.

 

J’étais comme le Jean de Florette de Marcel Pagnol*. L’environnement corse me rendait lyrique.

 

« Je bois à la Mère Nature, aux collines odorantes, je bois aux cigales, à la pinède, à la brise, aux roches millénaires, je bois à l’azur !* »

 

Une citadine à la vision angélique de la nature.

 

Au bout de quelques semaines, mes cheveux s’éclaircissaient, ma peau se dorait, mon accent changeait, je devenais Manon des Sources.

 

« La petite Manon, qui allait sur ses dix ans, était toute dorée. (…) le vent des collines, l’amitié des arbres, le silence des solitudes en avaient fait une petite bête sauvage, légère et vive comme un renard* »

 

Par ce documentaire, j'aimerais dépasser cette vision angélique et me confronter à la réalité des résidents permanents de Morosaglia.

 

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Personnes interviewées : les habitants de Morosaglia, le maire de Morosaglia, les gérants des bars, les commerçants et entrepreneurs, les agriculteurs, les habitants travaillant hors du village, les personnes ayant déménagé à Paris, ma mère, mon père, mes voisins, les habitants de Ponte-Leccia, originaires de Morosaglia, ayant déménagé à une quinzaine de kilomètres.

 

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Ce que je voudrais donner à voir à travers ce documentaire : 

 

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La vie quotidienne des habitants du village, de tous âges

 

leur questionnement face à l'avenir,

 

leurs impressions face aux éventuels nouveaux arrivants.

 

L’exode rural,

couplé à la disparition progressive de tous ceux qui faisaient un lieu.

 

La volonté du maire d’inciter de nouvelles familles à s’installer,

pour lutter contre le dépeuplement,

et l’isolement des personnes âgées,

notamment l’hiver,

quand la neige s’accumule sur les routes de ce village de montagne.

 

Comment vivent les habitants de Morosaglia ? Quelles sont leurs relations avec leur village et quelles sont leurs relations avec l’extérieur, avec la ville ?

 

Les décideurs publics et les élus locaux sont face au problème suivant : comment redonner envie aux jeunes populations d’habiter la campagne et la montagne ? Comment éviter l’isolement des personnes âgées ? Comment redonner vie aux villages ?

 

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Entouré de hautes montagnes, amphithéâtre d’adrets,

Où le soleil laisse, accroché aux rivières,

Descendues de là-haut, ses plus belles lumières

Qui jettent des œillades aux heures du matin.

(Morosaglia, mon village.

Ignaziu Colombani)

 

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Morosaglia

 

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Morosaglia, c’était une paroisse de cent cinquante habitants, perchée sur la proue de l’un des derniers contreforts du massif de San Pedrone, à dix lieues de Corte…

Une route de terre y conduisait par une montée si abrupte que, de loin, elle paraissait verticale, mais du côté des collines il n’en sortait qu’un chemin muletier, d’où partaient quelques sentiers qui menaient au ciel.

 

Morosaglia (en corse Merusaglia) est une commune française située dans le département de la Haute-Corse et la Collectivité territoriale de Corse. Le village appartient à une commune de l'intérieur, située dans l'ancienne pieve du Rustinu dans la Castagniccia. Il est l'entrée principale depuis l'intérieur de l'île, dans le « territoire de vie » Castagniccia du Parc naturel régional de Corse limitrophe. Morosaglia se situe dans l'« en deça des monts » (Cismonte en langue corse).

Commune de moyenne montagne, son territoire occupe une partie d'une zone dépressionnaire appelée « cuvette de Ponte Leccia », à l'ouest de l'arête schisteuse du San Petrone. Entre les deux coule le Golo. Le climat qui y règne est le plus contrasté de l'île, c'est-à-dire très chaud en été et très froid en hiver.

La végétation montre bien la rudesse du climat. Au fond de la vallée poussent de bas chênes verts et chênes blancs ; la montée vers le village présente une maigre végétation, composée d'un maquis bas , clairsemé de genévriers cade, de chênes verts et de chênes liège qui visiblement ont résisté aux incendies, avec des boisements épars de pins maritimes et laricio. Ce n'est qu'en approchant du col de Prato qu'on découvre la châtaigneraie.

La commune se compose de dix-neuf villages et hameaux, qui vont du plus minuscule lieu habité jusqu'à la ville de Ponte Leccia, nœud routier et ferroviaire de Haute-Corse. Les gens sont répartis sur deux sites comme dans la plupart des communes : la montagne avec l'ancien village et la plaine plus peuplée, pour l'habitat nouveau. Les principaux hameaux et quartiers de Morosaglia sont Convento, Rocca Soprana, Rocca Sottana, Stretta, Collu, Querceto, Terchini, Tabonzuli, Sevasi, la plupart accrochés à la montagne, certains édifiés sur des pitons rocheux, au bord de falaises schisteuses. 

 

Tumblr : http://laurapaolimorosaglia.tumblr.com/

Facebook : https://www.facebook.com/parismorosaglia

 

À quoi servira la collecte ?

La collecte servira à la location du matériel (caméra, pied de caméra, carte mémoire) = 250 euros

et à couvrir les frais de déplacements  = 250 euros

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Laura Paoli

Passionnée de théâtre, je suis étudiante en Sciences Politiques et débute dans la réalisation de films documentaires. Je m'intéresse de près à la question des racines, de la vie en montagne, de la vie en communauté et aux confrontations entre la ville et la campagne dans notre imaginaire et dans nos vies.