Aidez les archéologues à redécouvrir une agglomération du début du Moyen Âge!

Large_fez-1517349756-1517354687-1518454676

Présentation détaillée du projet

Bonjour, je m'appelle Jean-Antoine, doctorant en archéologie médiévale à l'Université de Caen, natif de Provence. Dans le cadre ma thèse, je m'intéresse à la mise en place des cadres de la société féodale dès le haut Moyen Âge (entre le Ve et le IXe siècle) en Provence. Je tente, en partant de l'étude des sites fortifiés, de comprendre comment les structures sociales et politiques du Moyen Âge occidental se sont mis en place dès la fin de l'Empire Romain d'Occident jusqu'à la fin de la période dite "carolingienne". 

Un site m'intéresse particulièrement pour son potentiel archéologique, voici Sainte-Candie : 

Le Rocher sur lequel est implanté Sainte-Candie

Implanté sur le Rocher de Roquebrune-sur-Argens dans le Var, Sainte-Candie est une agglomération de 7,7 ha, entourée d'un rempart et vieille d'environ 1500 ans. 

Autant dire une véritable "agglomération perdue" aujourd'hui recouverte par la forêt! 

Avec plusieurs étudiants venus des quatre coins du monde, et grâce au portage de projet du Centre Archéologique du Var ainsi que le soutien du Conseil Départemental 83, nous explorons depuis deux ans les entrailles de ce site afin de mieux comprendre la vie quotidienne des populations qui y ont vécu. 

Une partie de l'équipe de fouille de Sainte-Candie après une journée de travail.

Acheminant le matériel sans assistance mécanique jusqu'au sommet, c'est sous un soleil de plomb que nous avons fait des découvertes archéologiques palpitantes.

Un toast pour célébrer la fin des deux jours passés à monter tout le matériel au sommet de la montagne.

Les découvertes faites à Sainte-Candie et leur importance pour la recherche

Rien ne laissait présager que sur ce rocher, aujourd'hui fréquenté par seulement quelques randonneurs téméraires, nous allions mettre au jour des ruelles, deux lignes de fortifications, de l'habitat, des bâtiments artisanaux (travail du fer et du verre), ainsi que deux églises, le tout daté des Ve-VIIIe siècles! 

Ces deux églises renfermaient plusieurs sépultures démontrant une forme de vénération des morts, mais pas de n'importe quels morts : des membres de l'élite! Dès le Ve siècle, l'Eglise remplaçant peu à peu le pouvoir impérial en tant qu'instance de pouvoir public, forme, au sein des royautés naissantes, une institution où les classes dirigeantes peuvent faire carrière et entretenir leurs privilèges sociaux. 

La mise au jour, à Sainte-Candie, de céramiques en provenance d'Afrique du Nord, de Grèce, de verre de Syrie et d'Egypte et de monétaire du Nord de la France, montre une ouverture au grand commerce et une élite qui, loin de se réfugier face à un quelconque danger, veut montrer sa richesse et asseoir sa domination sur une société en grande partie basée sur l'agriculture et l'élevage. 

Ces nouveaux "maîtres", christianisés et assurant agir "pour la sûreté de tous" en échange de revenus en nature, posèrent les bases du contrat féodal qui définit l'Europe de Moyen Âge. 

Restitution de la première ligne d'enceinte de Sainte-Candie dans son état du VIIIe siècle.

Une partie de ruelle dégagée à Sainte-Candie, bordée par des bâtiments à vocation artisanale.

Sépultures mises au jour autour d'une base d'autel dans l'édifice cultuel sommital.

Tuile avec inscription en latin cursif et en grec, avec croix, découverte sur une sépulture d'enfant positionnée contre l'autel de l'église sommitale (Ve-VIe siècles)

Sépulture d'un homme adulte mis au jour dans une des deux églises.

Coffre renfermant les restes de deux adolescents découvert non loin du squelette de l'homme adulte.

Un fragment de lampe africaine décorée du Ve siècle découverte à Sainte-Candie.

 

Le but du projet de collecte

Pour l'instant, ces sépultures ne sont que vaguement datées grâce au mobilier entre le Ve et le VIe siècle. Grâce à cette collecte, nous pourrions soumettre les ossements humains à des analyses au Centre de Datation par le Radiocarbone (C.D.R.C.) de l'Université de Lyon 1. Les résultats acquis nous permettraient de disposer de datations fiables pour la mise en place des lieux de culte et par conséquent de mieux comprendre la chronologie de mise en place de l'agglomération de Sainte-Candie. 

Ces datations fourniraient des référentiels chronologiques inédits pour les sites fortifiés du début du Moyen Âge en France, autant dire un grand pas pour la recherche en archéologie médiévale!

L'importance de la transmission et la participation du public

Ce projet de crowdfunding prend part à un plus vaste mouvement de partage des connaissances scientifiques : il s'agit d'un patrimoine commun! Nous avons donc déjà procédé à des visites sur le site avec des scolaires, à des conférences tout public et le site fait l'objet d'un projet de mise en valeur avec la collaboration du Département du Var pour une ouverture au public. 

Une partie d'une classe de 5ème du collège du Muy en visite sur le site en été 2015. 

Quelques pages d'un article dédié au site et au projet de mise en valeur dans le magazine du département du Var.

 

Interview par Radio Mosaïque dans le cadre de la candidature du Rocher de Roquebrune (sur lequel est implanté Sainte-Candie) au patrimoine mondial de l'UNESCO (à partir de 6:10) :

https://hearthis.at/mosaique-fm-zw/reportage-17-020218-candidature-du-rocher-de-roquebrune-au-patrimoine-mondial-de-l-unesco/

À quoi servira la collecte ?

Choix des échantillons et des méthodes de datations

La collecte servira à financer les datations sur les restes osseux de deux individus. Tous deux enterrés dans les sols des églises découvertes sur le site, ils permettront de mieux dater leur date de construction et ainsi de mieux comprendre la chronologie de mise en place et d'occupation de cette agglomération de Sainte-Candie.

Les échantillons seront prélevés sur :

-Un squelette, que nous avons nommé "Aethelwulf" en l'honneur des collègues anglo-saxons venus fouiller sur le site.Il a été découvert dans l'église sommitale, sous une tombe recouverte de tuiles. Les os, réduits à l'état poudreux, demandent une méthode de datation par "Spectrométrie de Masse avec Accélérateur de Particules", prévue pour des échantillons dont la masse  est inférieure à 50 g. 

-Un autre squelette, nommé "Siegfried", très bien conservé, sur lequel est prévue l'application d'une méthode de datation classique. 

Le coût du projet

Il se résume à ces deux datations :

-Datation par méthode classique : 420 euros TTC

-Datation par Accélérateur (AMS) : 420 euros TTC

Coût total du projet : 840 euros TTC

Délais d'acquisition des résultats : 4 à 5 mois maximum

 

 

Derniers commentaires

Thumb_default
voilà Antoine ! avec mes encouragements, et mes félicitations !