La Peña Flamenca La Madruga, un café cantante éphémère, un cante jondo lumineusement noir, un lieu d'amitiés avant tout.

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The project

 

La Peña Madruga est un café cantante éphémère où se retrouve le temps d’une soirée, autour de musique flamenca, une humanité qui ne se croise plus dans une société trop cloisonnée. C’est un lieu d’amitiés, où les voix bourdonnent, chahutent, ziz-zaguent au son d’un cante jondo, qui chavire, furieux et paisible, lumineusement noir.

 

Une fois passée la porte vermoulue de ce café atelier qui reprend vie une fois par an, nous voilà brusquement dans les jardins de Grenade embaumant la fleur d’oranger et le jasmin ! envolée la solitude de chacun sur les notes écorchées puis cristallines de la guitare. Envolée aussi l’égoïste prétention au plaisir quand une déchirante siguirya plante ses sons noirs et ses menaces d’éternité sombre dans nos entrailles. Envolée enfin la respectabilité étroite de chacun quand les palmas d’une buleria, fussent-elles brouillonnes, joignent dans l’air enfumée et fébrile du petit matin les mains floues des veilleurs.

 

 

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C'est quand  nous n'avons plus  de prières à formuler, de rêves à imaginer,  de désirs  à soutenir, de chants à sortir de la  besace que la Peña  trouve son ultime raison d'être. Dans l'écrin des fatigues, le diamant  de la pure coulée du temps scintille.

Seul l'avant-dernier verre est beau, tout comme les sculptures  insensées nées de la cire des chandelles rappelle élégamment le feu qui les a créées, même quand les mèches sont depuis longtemps éteintes.

 

La Peña  est cet endroit d’abandon, de joies, d’amitiés, et elle fête cette année ses 20 ans. Nous avons envie, « enfants de la Peña  », de contribuer à cet effort collectif de longue haleine, car ce lieu revêt de plus en plus dans nos vies de jeunes adultes une certaine forme d’utopie, qu’il faut à tout prix défendre.

 

 

 

 

A l’origine du projet, une amitié

Il y a 20 ans, deux amis ont décidé de créer une Peña flamenca nommée « La Madrugà » (au petit matin en espagnol) dans un petit village commingeois, Saint-Martory. Claude est médecin et Bruno guitariste flamenco, c’est aussi un gitan espagnol, un calo, comme il aime à le préciser, soucieux de distinguer le calo des manouches et des roms, cette vaste famille de nomades que l’Occident a confondue sous le nom de gitans.

 

 

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Monter ce projet ne fut pas une chose simple, tant le vocable gitan agit comme un anti-sésame, jetant des obscurités instinctives sur tout projet qui les implique. Adressé à une quinzaine de communes des environs, le petit opuscule présentant le projet d’un épisodique café cantante, signé Claude et El niño, ne reçut aucune réponse, même pas une formule de refus alambiquée…

Et pourtant le projet est né ! Ils ont aménagé, avec l’aide d’amis, l’atelier de peinture de Claude, à Saint-Martory. La première Peña eut lieu en 1993, et ne s’est jamais arrêtée depuis. L’hospitalité tournait enfin à l’avantage des « parias », les stéréotypes raciaux y ont volé en éclats et les distinctions sociales sont restées accrochées aux portemanteaux !

 

 

La situation actuelle

Cette année la Peña va fêter ses 20 ans.

Il est vrai que bien des choses ont failli faire sauter la Madrugà. Les fatigues, les lassitudes, les cœurs moins endurants, sans doute, tout comme la crainte des ogres costumés qui se nourrissent à la nuit tombée  des points de permis. Ou plus trivialement l'angoisse de manquer de forces et d'énergies le jour d'après. Les agendas existentiels manquent  presque toujours le salut nonchalant de l'instant, car nos yeux ont appris à voir davantage dans la nuit les épines que les pétales !

Pourtant, depuis 20 ans la Peña  résiste, et reste cette parenthèse dans la vie de ceux qui s’y rendent chaque année ; un moment caressant où nul regard malveillant n’est échangé, où aucune voix ne fait taire les autres, aucune parole ne se distingue, ne cherche à se distinguer du murmure solidaire et obstiné qui remplit l’espace. La Madrugà, c'est le temps  des secrets qui sortent et que personne ne songe à espionner ni à juger.

 

André Breton disait de l’amour qu’il était le joyau infracassable de la nuit.

Quand la fatigue fait baisser la garde des lucidités établies, quand l’improbable présence d‘une gaité commune parvient à défaire en un clin d’œil les solitaires amertumes, il nous semble alors que la ronde de la Peña  abrite fugitivement une parcelle de ce joyau nocturne.

Why fund it?

Depuis ses débuts, la Peña  est financée par Claude, et par la générosité des personnes qui peuvent contribuer d’une manière ou d’une autre aux frais divers qu’un tel café représente.

Une soirée réunit en général une centaine de personnes, sont servis des tapas et un plat principal, puis du porron et du whisky jusqu’au petit matin. Inutile de préciser les raisons pour lesquelles le poste de trésorier est vacant depuis 20 ans!

 

Mais ce lieu ne peut pas continuer à vivre sans de nouvelles énergies, des petites rénovations, et surtout sans la guitare pour laquelle Bruno économise difficilement et qui sera enfin à la hauteur de son art.

Le passage du flambeau est en cours, de jeunes gitans s’emparent de plus en plus de la scène aux heures tardives pour prendre le relai de ceux qui ont fait/font l’âme de ce lieu, à nous qui ne pouvons nous exprimer directement de trouver des moyens de participer à notre échelle et de continuer à faire vivre cette soirée ; c’est pourquoi nous faisons appel aujourd'hui à vous, Kissbankers !!

 

 

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La collecte servira à financer :

      •   les travaux et l’aménagement de l’atelier (construction d’une scène, achat de nouvelles chaises et tables, etc.) : 1000 euros,

      •   la préparation de la soirée des 20 ans de la Peña  (prévue en décembre 2013) : 500 euros

      •   et surtout l’achat d’une nouvelle guitare pour Bruno : 2500 euros

 

 

Nous comptons sur vous pour nous aider à faire perdurer cet esprit qu’est la Peña. Votre participation contribuera ainsi à rendre toujours plus magiques ces moments hors du temps.

 

 

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La Pena Madruga a vu le jour il y a bientôt 20 ans. Né de l'amitié de deux hommes, Bruno et Claude, ce café cantante réunit chaque année le temps d'une soirée une société qui n'a plus d'espace commun pour se retrouver.

Newest comments

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je n'ai pas resisté à participer à l'acquisition d'une guitare aussi bon marché!!!!! bonne fête!
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Bruno sans guitare c'est comme Samuel sans cheveux, c'est nul !
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Le but approche, de belles écoutes en perspective... Philippe