Et si on en finissait avec la toute puissance des stéréotypes sexuels ?

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Présentation détaillée du projet

 Tout le monde sait que je fais de la putasserie, une des plus grandes tares de l'univers; donc logiquement, je ne devrais pas être sexy, ni faire la pute. Mais en moi, ces deux contradictions coexistent très bien, elles ne s'excluent pas et se nourrissent même l'une de l'autre. Incarner précisément ce qu'on abhorre, pour moi, c'est parfaitement cohérent ».

Nelly Arcan

 

Plaisir d’offrir, joie de recevoir** sera créé les 18, 19, 20, 21, 25, 26, 27, 28 février 2015

au Lieu sans Nom à Bordeaux.

 

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ORIGINE DU PROJET  

 

Au printemps 2012, la Compagnie Tiberghien présentait à Bordeaux deux semaines passionnantes de spectacles autour du thème de la servitude volontaire. Était abordée cette notion dans son évocation politique, son enjeu sociétal, mondial replaçant chacun face à sa propre vision du monde fusse-t-elle-même cosmique.

Pourtant un point de vue manquait à ces déclinaisons : la servitude volontaire dans le rapport amoureux…

 

Et voici que quelques mois plus tard Cécile Delacherie, comédienne dans notre spectacle Plaisir d’offrir, joie de recevoir me transmet un livre fulgurant nourrissant cette préoccupation et ouvrant ainsi des pistes possibles dans mes réflexions ; il s’agissait de Putain de Nelly Arcan, écrivaine québécoise ayant mis fin à ses jours à l’âge de 36 ans en 2009. Je me plongeais dans son œuvre courte mais splendide et foudroyante, je tenais là la chair de ce qui allait devenir Plaisir d’offrir, joie de recevoir et me décidais pour une écriture aux ciseaux : un montage théâtral pour 3 voix de femme qui traverserait 3 textes de Nelly Arcan, Putain, Folle et Burqa de chair, qui m’aiderait à poser cette question de la servilité dans le rapport amoureux et charnel et des contradictions féminines intimes et qui soulèverait aussi la question du subversif et de sa nécessité ou non au théâtre en 2015.

 

Je sollicitais alors mes complices de toujours, les deux comédiennes Maya Borker et Cécile Delacherie pour être deux de ces voix, la troisième m’étant réservée. Le metteur en scène Gilbert Tiberghien avec qui j’ai partagé de mémorables aventures théâtrales durant deux décennies accepta d’accueillir et de soutenir ce projet et l’équipe de réalisation composée de valeureux compagnons de chantiers durant de longues années s’empressa de rallier ma cause !

 

Petite production, je trouvais des financements, le soutien de l'Office Artistique de la Région Aquitaine pour une bourse d’écriture, un mécénat avec L'agence Côte Ouest et surtout une grande complicité de toute l’équipe qui accepte des conditions financières plus que modestes.

 

Il manque à cette aventure qui a déjà débuté avec plusieurs semaines de travail à son actif, une petite somme que nous venons solliciter auprès de tous ceux qui seront séduits par la pertinence de ce projet, curieux de trois femmes s’emparant de cette question complexe, puissent-ils, puissent-elles être nombreux et nombreuses..!

Françoise Bleuse

 

**D’après Putain, Folle, Burqa de chair de Nelly Arcan (Editions du Seuil/Editions Points/Editions du seuil)

 

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NOTES D'ÉCRITURE

 

Lire Nelly Arcan, c’est être happé par la question féminine, c’est se retrouver au cœur de ce qu’elle réveille de notre complexe magma sentimental, corporel, sexuel, intellectuel, c’est oser se regarder dans le miroir, le traverser, se mettre en danger et affronter ses contradictions de plein fouet. Son œuvre fulgurante er ravageuse, son style acéré aux phrases interminables comme un souffle infini et l’ambigüité de ses autofictions ou le lecteur se perd entre Nelly et ses personnages féminins, en font une auteure incandescente.

Nelly Arcan, jeune, belle, flamboyante  incarne le corps jusqu’à l’obsession de sa beauté. Elle sera escort pendant 5 années et ses textes s’encrent dans cette réalité pour en donner une lecture romanesque où est mis à nu son rapport soumis ou révolté au corps, au sexe, aux hommes, à ses hommes, aux femmes, à ses femmes. Plus encore elle livre sa vision du monde et de l’humanité comme une combattante dans la guerre incessante contre son unique ennemi, elle-même. En ce sens, elle a gagné son combat.

 

Pourquoi, comment et que faire entendre de cette voix au théâtre ?

PLAISIR D’OFFRIR, JOIE DE RECEVOIR est un montage pour trois voix de femmes qui traverse trois textes, Putain, Folle et Burqa de chair.

Trois femmes qui revendiquent leur histoire, qui brandissent leurs maux, leurs jouissances, leurs doutes, leurs certitudes. Trois femmes, trois postures, l’écrivaine, la pute, l’amoureuse qui confrontent leurs visions du monde dans leur rapport aux hommes, au sexe, à la pornographie et son langage, à l’amour. Trois personnages debout, en marche qui livrent de l’intime, de l’impudique, qui engagent leur désir et son urgence, qui convoquent leur corps et les contradictions inavouables de la  féminité. Leurs paroles se heurtent, se croisent ou s’embrassent et révèlent les paradoxes que chaque femme porte en elle car s’il est bien un domaine qui n’est pas manichéen, c’est celui du rapport des sexes.

Quel est l’enjeu du futur et complexe rapport des sexes ? Mettre fin à la toute puissance des stéréotypes sexuels ?

 

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NOTES DRAMATURGIQUES

 

Nelly Arcan est une auteure québécoise née en 1973.

Pour financer son cursus universitaire, elle devient escort girl.  Elle a été retrouvée morte dans son appartement de Montréal, le 24 septembre 2009 à l’âge de 36 ans. Elle s'est pendue.

 

« Style unique, immédiatement reconnaissable, lapidaire, désopilant, cruel, décapant, dont le vocabulaire a la précision d’un scalpel et la syntaxe la souplesse d’un saut à l’élastique : phrases à relance dont l’énergie se renouvelle de clause en clause indéfiniment »  

Nancy Huston (in préface Burqa de chair)

 

Toute l’œuvre de Nelly Arcan aborde de façon récurrente son obsession du corps, de la beauté, de la jeunesse éternelle, de la perfection. Ce corps qui doit séduire pour se vendre mais pas seulement. Ce corps qu’elle ne parvient pas à aimer. C’est tout le rapport à la féminité qui est mis en jeu et ce qu’elle nomme « les contradictions inavouables de la féminité ». Parce que nous sommes dans l’aire de la consommation de la féminité, chaque femme consomme sa propre féminité à coup de chirurgie, cosmétique et autre « burqa de chair » comme si le corps n’était plus suffisant en lui-même, comme s’il manquait de quelque chose. Nous voici dans l’enfer du narcissisme féminin et dans la revendication consciente ou non d’une certaine servitude volontaire qu’on ne saurait ignorer dans le débat.

En dehors de tout préjugé sur la prostitution, elle nous interroge sur notre désir, sa violence, son urgence, dans notre rapport à soi dans le désir de l’autre et plus largement dans la relation femme/homme.

 

Elisabeth Badinter aborde la question de la prostitution sous l’angle de la libération des mœurs, Françoise Héritier, celui de l’oppression des femmes. Nancy Huston pense que « la prostitution n’est la faute à personne. Les hommes de notre espèce sont programmés pour désirer les jeunes femmes aux formes appétissantes et les jeunes femmes pour se faire concurrence dans la séduction des hommes ». Trois visions très différentes des relations humaines…Trois visions du monde…Trois avenirs différents…

 

Comment sortir du credo du courant féministe des 15 dernières années et remis en cause par Elisabeth Badinter dans Fausse route « les femmes sont toujours les victimes des hommes et appellent une protection particulière. Elles sont essentiellement différentes d’eux, et l’égalité des sexes exige la prise en compte de cette différence » 

La différence biologique est-elle propice à l’émancipation des femmes ? La sexualité est-elle le fondement de leur oppression ?

 

Comment sortir de cette logique de « l’amalgame qui s’applique au domaine de la sexualité et procède par généralisations et analogies. On ne distingue plus l’objectif et le subjectif, le mineur et le majeur, le normal et le pathologique, le physique et le psychisme, le conscient et l’inconscient. Tout est mis sur le même plan au nom d’une conception particulière de la sexualité et du rapport des sexes. » (E. Badinter in fausse route)

 

Brandir la notion de « domination masculine » et substituer à la condamnation des abus masculins la dénonciation inconditionnelle du sexe masculin, ne servirait-il pas à éviter d’envisager la complexité et l’évolution du rapport des sexes en les enfermant chacun dans un camp définitivement opposé ?

Les textes de Nelly Arcan aborde cette complexité en mettant à jour paradoxes et contradictions que chaque femme porte en elle car s’il est bien un domaine qui n’est pas manichéen, c’est celui du rapport des sexes.

A travers le récit de JOIE D’OFFRIR, PLAISIR DE RECEVOIR, ce sont ces questions-là qui sont envisagées, fouillées, dans une histoire personnalisée mais plus largement dans notre histoire collective et notre appartenance à l’humanité.

Qu’est ce qui pourrait sauver l’écrivaine, la prostituée, l’amoureuse ? L’amour, le sexe, l’écriture ?...Tout à la fois ?...

 

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L'ÉQUIPE

 

Mise en scène                              Gilbert TIBERGHIEN, homme d’esprit

Scénographie                               Bruno LAHONTAA, homme d’influence

Lumière                                        Jean-Pascal PRACHT, homme de l’ombre

Costumes                                     Hervé POEYDOMENGE, homme de robe

Régie                                            Alain RAIMOND, homme de mains

 

 

 

Avec Françoise BLEUSE, Maya BORKER et Cécile DELACHERIE, femmes de paroles et femmes de caractères

 

 

 

Remerciements à l’agence COTE OUEST et à François PARROT, homme de confiance

Et un grand merci à Laurent ARNAUD, homme de cœur

 

 

 

 

 

 

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À quoi servira la collecte ?

 

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Cette somme de 3500 euros que nous venons solliciter auprès de vous représente 10% du budget global du spectacle. Elle est essentiellement consacrée à :

 

- rémunérer un régisseur général pour les trois dernières semaines de répétitions et les 8 représentations de création pour 2000 euros toutes charges comprises

- la scénographie (podium de défilés de couture) pour 1500 euros

 

 

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Cie Tiberghien

Gilbert Tiberghien et la Cie Tiberghien. Acteur et metteur en scène, Gilbert Tiberghien place son travail dans l’écriture et la nécessité d’une parole contemporaine. Cela peut passer par la réécriture de classiques, de grands penseurs. Il œuvre en 1969-70 avec Philippe Adrien au sein du groupe Hutop puis s’installe à Bordeaux en 1973 comme... Voir la suite

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Je n'en connais qu'une et si les autres sont comme celle-ci, cela promet d'être décapant et un peu drôle. Partageons l'abondance pour une mission de cœur. Philipch
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Chères Femmes de Coeur, qui allez faire un beau spectacle, ça, c'est une certitude, je vous souhaite un travail jubilatoire et une collecte fructueuse. Et je suis impatiente de vous voir. Je vous embrasse. Sonia