Création théâtrale entre poésie et technologie, au sujet de la fracture numérique Nord/Sud, avec une équipe mixte. Objectif: jouer à Dakar !

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Présentation détaillée du projet

UNE HISTOIRE ARTISTIQUE

 

Au départ, il y a une histoire artistique entre la Belgique et le Sénégal. 

Un metteur en scène belge, Fabrice Murgia, qui est invité par le centre d’art nomade Fotti à travailler avec des groupes d’étudiants acteurs sénégalais. 

Il y a deux ateliers d’environ trois semaines : le premier à Kaoloack, le second à Foudiougne… ou comment pousser des jeunes à nous parler de leur histoire, à en faire théâtre et comment développer l’usage de la vidéo live sur le plateau. 

 

Ensuite, il y a des engagements : deux acteurs sénégalais qui se retrouvent dans les productions théâtrales de Fabrice Murgia/Cie Artara et qui jouent en Belgique, en France, en Italie,… 

 

Ensuite encore, il y a un projet de création « Black Clouds » qui nous raconte certains rapports entre le Nord et le Sud, la fracture numérique entre autre. 

Et cette parole prend une dimension qui nous dépasse tous, elle dénonce, elle devient nécessaire. Le projet de théâtre prend alors de l’ampleur, il serait dommage de cantonner cette parole au territoire européen. 

Le plateau de théâtre ne suffit plus, il faut déborder. 

 

Le projet Black Clouds devient un espace de formation et d’échange.

Des formations relatives au codage informatique, à l’open source des données et des objets, sont organisées en marge du plateau. Elles se donnent dans toutes les villes dans lesquelles le spectacle circule. 

 

Et puis surtout, le projet Black Clouds doit être montré au Sénégal. 

La Cie Artara décide donc de tenter de financer des représentations à Dakar (en mai 2017). En collaboration avec Fotti, partenaire national du projet au Sénégal, le Grand Théâtre National de Dakar confirme la possibilité d’accueillir ces représentations. 

 

L’histoire se poursuivrait donc, le spectacle serait joué en mai dans la capitale sénégalaise, accompagné de formations au numérique administrées par les formateurs locaux du JerryClan. Cette présence à Dakar serait aussi l’occasion d’écoler des régisseurs vidéos et lumières, d’échanger avec eux sur les logiciels et technologies sur lesquels la Cie Artara s’appuie pour raconter ses histoires.

 

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QUELQUES MOTS SUR LE SPECTACLE BLACK CLOUDS

 

extrait de presse du 19 février 2017

http://www.demandezleprogramme.be/BLACK-CLOUDS#critique

par Yuri Didion

 

Aucun nuage si noir, aucune toile aussi profonde (…). 

« Black Clouds » nous parle de ces espaces invisibles où nous sommes pourtant présents en permanence : le monde, la relation, le web. Son caractère poétique, à la frontière entre l’ombre et l’obscurité, nous entraîne dans le DeepWeb, cet internet de l’insondable non- référencé où les lois n’ont plus réellement cours. Dans une esthétique aussi mystique que technologique, Fabrice Murgia questionne notre rapport aux machines d’une manière saisissante. Utopie, transhumanisme, consumérisme, éthique, ... tout y passe, à travers plusieurs histoires. 

 

D’abord, il y a les histoires véritables : Aaron Swartz, génie de l’informatique et pirate par conviction politique, racontée du point de vue de sa mère ; de Steve Jobs dans son discours de présentation du premier MacIntosh ; et de Thomas Sankara, militant et politicien africain qui tint un discours resté célèbre sur l’état du monde la même année. Ces trois histoires, première partie du spectacle, résonnent, entrent en écho et mettent en lumière les questions de maîtrises de l’information, de l’informatique et des conséquences politiques que cela peut avoir. 

 

Ensuite, il y a celle de François, jeune homme au corps mutilé qui rêve de se pérenniser dans un E.T. robotisé ; celle de Valérie, qui cherche à combler le vide de sa vie et se fait vider le portefeuille par un homme à l’autre bout du monde et du web. Enfin, celle que nous raconte cette femme, sorcière ou déesse de la décharge africaine, véritable cimetière des machines, où les enfants trient, recyclent, brûlent, meurent souvent. 

Cette nasse narrative nous rappelle constamment que l’information, c’est le pouvoir, et que connaissances et compétences sont des outils de gestion dudit pouvoir : "Apprenez, et apprenez à vos enfants, à coder". Autrement dit : apprenez à maîtriser la machine avant d’en être dépendant. 

       

Biographies et fictions sont portées à la scène par quatre comédiens de talents qui allient précision, rythme et écoute avec beaucoup de justesse. Mais, si tous les quatre soutiennent le texte parfois ardu et la mise en scène toujours complexe avec brio, il faut souligner la force de la comédienne qui incarne la Décharge (Fatou Hane). Mise en exergue par le texte et la mise en scène, elle porte à elle seule la moitié mystique du spectacle. L’énergie qui l’anime la transcende. Elle en devient fascinante comme le vide, lumineuse et obscure, impossible à quitter des yeux. 

 

Côté scénographie, c’est virtuose ! La technique mêle un découpage rigoureux de la scène en différents espaces cellulaires - répartis dans la profondeur comme dans la hauteur - à des projections vidéos live associés à une lumière aussi précise qu’une caresse. 

 

Dire que la force majeure de l’art de F. Murgia se résume à questionner notre univers contemporain dans une poétique rigoureuse serait juste mais tout à fait incomplet, car cela ne rend pas compte de son incroyable esthétique, de sa mise en scène extra-ordinaire. Il joue avec les plans, transforme le plateau en espace littéralement multidimensionnel, découpe l’écran du cadre de scène en fenêtre de vies. Chaque élément semble nécessaire, symbolique et utile au discours. 

La création sonore, assourdissante, bruyante, dérangeante participe pleinement de cette impression d’étouffement, d’écrasement progressif. Comme si l’on se noyait dans le bruit électronique de nos vies tellement nous n’en écoutons plus et n’en pratiquons plus la musique. 

« Black Clouds », c’est du grand spectacle à aiguiser la pensée, où la qualité est omniprésente, et qui fait émerger nos représentations de cette Toile "tantôt synonyme de partage d’informations et d’émancipation, tantôt de domination et d’asservissement". Brillamment sombre, obscurément fascinant, toujours questionnant. A voir, absolument. 

 

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QUELQUES MOTS SUR LA FORMATION NUMERIQUE

 

Les Jerry Clans de Dakar et de Paris se mobilisent pour construire avec les populations locales - pour les experts et les débutants - des ordinateurs Jerry en quelques jours. 

Le Jerry est un ordinateur qui se fabrique à plusieurs et, à partir de récupération, au service d’un projet utile. Mais l’ordinateur Jerry c’est aussi un moyen de changer notre regard sur l’informatique.

 

Pendant ces journées d’atelier, les participants sont invités à déconstruire des ordinateurs sauvés de la poubelle, rassembler la matière première, imaginer les personnalités et les looks, pour enfin construire ces ordinateurs pas comme les autres. Une fois montés, Les Jerrys seront utilisés par un/des acteur(s) qui serons identifiés sur place.

 

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À quoi servira la collecte ?

La collecte servira à soutenir une partie des représentations du spectacle à Dakar et les formations numériques qui les accompagnent.

Le coût total de l'opération est estimé à 38.000 €. 

 

Voici le détail des postes que vous nous aiderez à couvrir : 

- salaires des formateurs locaux : 2.150 €

- hébergement de toute l'équipe (13 personnes) pendant 1 semaine à Dakar : 2.000 € 

- 5% reviennent à KissKissBankBank + 3% de frais bancaires : 350 €

 

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Artara

Fabrice Murgia / Cie Artara Fabrice Murgia est né en 1983 à Verviers. Formé au Conservatoire de Liège par Jacques Delcuvellerie, il travaille comme acteur pour le théâtre, le cinéma et la télévision. Aujourd’hui, il exerce en tant qu’auteur et metteur en scène et dirige la Cie Artara. En 2009, il écrit et met en scène son premier spectacle, Le... Voir la suite

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On vous souhaite d'y arriver !!!!!!!!!!!! Cat & Bru