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Présentation détaillée du projet

 

Le cap Korakas, à Lesbos, fait face à la Turquie.

Chaque jour, des milliers d'exilés débarquent sur cette plage et marchent jusqu'au village de Kleio, première étape de leur périple européen.

 

Entre rejet et identification, l’arrivée de « ceux d’en face » bouleverse le village et ses habitants, dont les ancêtres, eux-mêmes réfugiés, sont aussi venus « d'en face ». 

Ces histoires s’entrecroisent et donnent lieu à de multiples jeux de miroir.   

 

 

 

 

* Ces images ont été tournées avant la signature de l'accord entre l'Union Européenne et la Turquie établissant la fermeture de la frontière gréco-turque et le renvoi des nouveaux arrivants. 

 

 

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En quoi notre film est-il différent ?

 

 

- Migrants, une présence hors champs :

 

Nous avons choisi de ne pas filmer les migrants. Absents à l'image, les exilés peuplent les discours et les paysages : les plages recouvertes de gilets de sauvetage, les objets abandonnés sur les routes, les boutiques placardées d'affiches en arabe, les paroles, enfin, habitées par cette présence étrangère et familière à la fois.

Notre film s'inscrit dans un temps long, celui de la mémoire. Si bientôt les migrants n'auront peut-être plus la possibilité d'entrer en Europe par Lesbos, la présence de ceux qui, pendant des années, sont passés ici, restera longtemps vivante.

 

- Les réfugiés d'hier face aux réfugiés d'aujourd'hui :

 

Les parents, les grands-parents des habitants de Kleio étaient eux-mêmes réfugiés d'Asie Mineure.

Arrachés à la Turquie, forcés à l'exil, ils ont eux aussi traversé la Méditerranée pour rejoindre l'Europe. Leurs descendants oscillent entre rejet et identification.

 

- Une histoire d'hommes et de femmes :

 

Notre film porte la voix des habitants de Kleio.

C'est à travers leurs paroles, leurs regards et leurs gestes que nous percevons les enjeux de la migration. Botis, Giorgos, Panos, Samir, chacun réagit à sa manière aux bouleversements produits par ces passages.

 

- Un projet collectif :

 

Cinemakhia est un collectif pluridisciplinaire composé de jeunes Grecs et Français.

Dans une logique d'horizontalité, chacun de ses membres participe à l’écriture, la réalisation, la prise de vue, la prise de son, le montage...

 

 

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Intentions et partis pris :

 

 

Chaque membre du collectif, dans un cadre militant, professionnel, ou tout simplement humain, a été amené à s’interroger sur les questions de migration et sur la problématique de l’accueil.

Pourquoi accueillir ? Comment accueillir ?

Il s’agit ici de se faire le relais d’une parole complexe, qui dévoile les tiraillements et les contradictions inhérents à tout acte d’hospitalité.  

 

Notre intérêt s'est porté sur le petit village de Kleio.

Dominant Korakas, l’une des plages où débarquent chaque jour les exilés, ses résidents sont les premiers Européens que les migrants rencontrent.

 

De nombreux habitants de Kleio sont eux­-mêmes descendants de parents ou de grands parents réfugiés. En effet, à l’issue de la guerre gréco­-turque, un échange forcé de populations fut opéré entre les deux pays et plus d’un million de Grecs d’Asie Mineure furent installés dans différentes régions de la Grèce, dont le Nord de l’île de Lesbos.

 

Ces réfugiés grecs ont souvent connu le rejet et l’exclusion. L’arrivée des migrants venus « d’en face » entre en résonance avec l’histoire de ces familles arrachées à leur terre. Ce documentaire dévoile à quel point cette page de l’histoire est encore présente pour chacun d’entre eux.  

 

 

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Notre désir est de relayer les paroles des communautés, rarement portées dans l’espace public.

Nous privilégions les témoignages singuliers, recueillis grâce aux liens de confiance tissés avec les personnes filmées. Le film est avant tout le fruit et l’histoire d’une rencontre: celle d’un collectif et d’une communauté villageoise.

Des deux côtés, c’est la multiplicité des voix et des regards qui construit la cohérence, parfois la dissonance de notre film.   

 

Les habitants de Kleio nous ont introduit dans les lieux qui composent leurs identités : la place du village et sa taverne du platane, le cap Korakas et son phare où beaucoup d'entre eux ont joué et rêvé dans leur enfance, les champs d’oliviers qui entourent le village, la plage de Tsonia où mouillent les barques de pêcheurs...

 

Le passage des migrants transforme ces lieux et les hommes qui les habitent. Notre film raconte ces transformations.  

 

 

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Raconter sans montrer :

 

Invisibles pendant des années, les migrants sont aujourd'hui devenus la cible privilégiée des médias.

En quelques mois, nous sommes passés de l'invisible au tout visible impudique.

Lorsque nous nous sommes rendus la première fois à Lesbos, nous avons ressenti un malaise face à ces caméras braquées sur la détresse.

 

L'arrivée d'un bateau rempli de migrants est une image choquante quand on y fait face. La première fois que nous avons assisté à l'arrivée d'un bateau à Korakas, notre geste a été d'éteindre notre caméra. Ce geste est venu instinctivement, comme une sonnette d'alarme et c'est pourquoi, nous avons décidé de l'écouter.

 

Pour les migrants, Lesbos est une porte d'entrée vers l'Europe. Ils ne resteront pas mais leur passage, lui, laissera des marques sur le paysage de l'île ainsi que dans la mémoire collective de ses habitants.

 

Pour donner à voir et à sentir le passage et la présence des migrants, nous faisons le choix de ne montrer que les traces laissées par ces derniers.

De les faire exister à travers les objets qu'ils ont perdus ou abandonnés sur leur passage. De les faire vivre, à travers la mémoire racontée des habitants de Kleio.

 

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En recueillant la parole d’une communauté confrontée quotidiennement aux bouleversements profonds que génèrent ces « passages », le collectif espère soulever plusieurs questions. Comment les habitants de Kleio, eux­ mêmes affectés par la « crise économique», se positionnent-­ils face à la « crise des migrants » ?

 

Comment accueillir humainement l’autre quand ses propres moyens de subsistance viennent à manquer ?

 

Les moteurs des bateaux sont récupérés et revendus. Des taxis clandestins transportent les exilés de la plage au camp le plus proche contre rémunération. Les épiceries vendent sacs de couchages et bouteilles d’eau, parfois à des prix prohibitifs.

 

Certaines tavernes ouvrent leurs portes aux migrants, d’autres les ferment. Chaque habitant est traversé par ces questions éthiques.  

 

 

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Quelques uns des personnages que vous rencontrerez...

 

 

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Agriculteur et berger, Panos, âgé de 76 ans, détient la mémoire du village : son histoire, ses mythes, ses chansons. Panos n'est jamais allé à l'école, il tient cet héritage de son père, un des seuls hommes lettrés du village. Très critique envers les gouvernants de tous temps, il utilise l'humour et le calembour pour exprimer sa défiance. Le passage des exilés lui rappelle une époque qui lui a beaucoup été contée : lorsque les Turcs ont quitté Kleio et ont été remplacés par les réfugiés grecs d' « en face ». Panos prévient avec tristesse : « si les guerres ne cessent pas, bientôt les plages de Lesbos seront pleines de cadavres ».

 

 

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Botis a une soixantaine d'années, des yeux bleus perçants et un léger bégaiement. Botis se rend tous les jours au phare de Korakas et guette l'arrivée des petits canots de migrants en provenance de la Turquie. Botis aide les exilés à sortir de la barque puis récupère le plastique du canot et le moteur. Les jours de tempête, il plonge dans la mer et tente de sauver des vies. Très affecté par la détresse des exilés, Botis exprime sa colère envers les institutions grecques et européennes qui n’aident pas à changer la situation mais aussi envers « ceux d'en face », en Turquie, qui maltraitent les migrants et profitent de leur vulnérabilité.

 

 

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A l'inverse de son frère Botis, Giorgos a la voix imposante. Tenancier de la taverne du platane à la personnalité extravertie, il favorise le dialogue entre les villageois qui viennent chaque jour boire leur ouzo et discuter sous l’arbre multicentenaire. Il émane une grande tendresse dans les paroles de Giorgos à propos des exilés d'aujourd'hui. Ces derniers ravivent le souvenir de sa propre grand-mère qui a trouvé refuge à Kleio mais qui a aussi dû faire face au rejet, comme tant d'autres réfugiés d'Asie Mineure, dans les années 1920.

 

 

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Papou Kosta, âgé de 87 ans, s'est marié avec la fille d'un réfugié d'Asie Mineure. Il appartient à cette génération où les mariages mixtes ont commencés à être tolérés dans le village. Très patriotique, Papou Kosta raconte avec fierté sa participation dans l'armée gouvernementale pendant la guerre civile. Il ne voit pas d'un bon œil l’arrivée « massive » des migrants, à qui il reproche de ne pas rester défendre leur pays en temps de guerre.

 

 

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Boulanger du village, son commerce a beaucoup changé depuis que les migrants traversent le village par milliers. Prévenu par son ami Botis qui voit arriver les embarcations depuis Korakas, il rallume son four et ouvre sa boulangerie. Paris fait plus de bénéfices et les migrants peuvent grignoter quelque chose ou se réchauffer auprès du four avant de continuer la route en direction de Mytilene. Descendant de réfugiés d'Asie Mineure, Paris se revendique communiste et assure ne jamais refuser un bout de pain à une personne sans argent. 

 

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Samir est le médecin du village. Fuyant la politique de l’Etat d’Israël, il a quitté sa terre natale, la Palestine, dans les années 1980. Après ses études à Athènes, il a été muté à Kleio, qu'il n'a plus quitté: "Je me suis attaché aux gens d'ici". Chaque jour, depuis que les exilés affluent par milliers, il se retrouve confronté à des situations dramatiques. Du fait de son métier, de son statut de réfugié politique et de sa proximité culturelle avec les exilés d'aujourd'hui, Samir est très touché par cette situation qui le révolte. 

 

 

Démarche collective :

 

Cinemakhia est un collectif composé de jeunes Grecs et Français qui souhaitent proposer une autre perspective sur la question des exilés et la façon dont nos sociétés la traite, et mener un travail de façon collective.

 

L’acronyme Cinemakhia, composé des termes grecs « cinema » et « symakhia » (alliance), résume l’objectif que nous nous sommes fixé. Montrer qu’il est possible de réaliser un film à plusieurs, sans cloisonnement des tâches et sans chef, en mettant en commun nos envies et nos compétences. Chaque membre de Cinemakhia participe à l’écriture, la réalisation, la prise de vue, la prise de son, le montage...  

 

Issus de disciplines aussi variées que la sociologie, l’anthropologie, la psychologie, l’histoire ou encore l’économie, les membres de Cinemakhia n’appartiennent pas tous au monde du cinéma documentaire. Toutes les décisions sont débattues et doivent obtenir le consentement de chacun. Cette démarche prend le contre ­pied de la logique du temps court, de la spécialisation et de la hiérarchie pyramidale. Le processus de création du film nous importe autant que son résultat final. Cette énergie collective et cette pluralité des approches représentent pour nous la force de ce projet, et la preuve que d’autres manières de collaborer existent.  

 

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À quoi servira la collecte ?

Deux repérages à Lesbos, dont les images du trailer sont issues, ont été effectués.

Nous avons été touchés par l'accueil chaleureux et avons découvert des personnes désireuses de s’exprimer sur ces questions complexes qui résonnent avec leur propre histoire. Les longues soirées passées à la taverne du platane, les langues qui progressivement se sont déliées, la densité et l’hétérogénéité des discours, nous ont convaincu de la pertinence de ce projet.  

 

Nous espérons à présent pouvoir effectuer un tournage d'une quinzaine de jours minimum, entre mai et juillet 2016, afin de poursuivre le travail dans lequel nous nous sommes engagés. Renouer les liens de confiance tissés avec les habitants de Kleio, affiner notre regard sur les personnages qui composent notre film et continuer de les suivre dans leurs activités et émotions quotidiennes. Nous tenons aussi particulièrement à recueillir le témoignage des habitantEs de Kleio, à cette heure encore absentes de notre film.

 

Jusqu'à ce jour, nous nous sommes intéressés à la manière dont cette petite communauté se trouve affectée par l'arrivée quotidienne des exilés. La signature du traité entre l'Union européenne et la Turquie modifie la situation sur l'île. Nous nous arrêterons sur ces changements, qui constituent d'ailleurs un point d'interrogation pour notre collectif. Comment réagissent les habitantEs de Kleio ? Nos personnages éprouvent-ils du soulagement ou, au contraire, de la révolte ? La présence des exilés pouvait générer des souffrances chez certains. Quelle seront les effets de leur absence ?

 

Pour nous hisser à la hauteur de celles et ceux qui auront accepté de nous faire confiance, nous devons disposer d’un matériel vidéo et audio professionnel. Nous avons calculé un budget global de 20 000 €. Nous nous mobilisons pour obtenir une partie du financement de la part d’institutions publiques et une autre partie par le biais d’une société de production de documentaires. Nous cherchons des collaborateurs qui souhaiteront soutenir le projet tout en respectant le processus collectif et horizontal que nous avons choisi.  

 

Les 6000€ que nous espérons récolter grâce à votre soutien permettront de financer la location de matériel pour le tournage (boîtiers, objectifs, perche, trépied, zoom: 3000€), de rémunérer un monteur professionnel (2000€) ainsi que de couvrir certains des frais logistiques (location de voiture, essence, billets d'avion: 1000€). 

 

Si les dons venaient à dépasser la somme demandée, ils nous permettront de financer la post-production et les frais de diffusion !

 

Vous pouvez aussi nous aider en partageant notre projet via les réseaux sociaux et parmi vos connaissances !

 

MERCI À TOUS !

 

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Cinemakhia

Le témoignage d’une amie revenue de Samos, l’une des îles de la mer Egée touchée par l’arrivée des migrants, fut le point de départ de notre travail collectif. Elle décrivait la position complexe des communautés locales, tiraillées entre solidarité et rejet, ballottés entre le spectacle de la détresse et leur propre précarité, économique et sociale.... Voir la suite

Derniers commentaires

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bonjour, je trouve votre présentation très convaincante. bravo ! des projets comme celui-ci nous manquent tant ! une autre voie est bel et bien possible. ne perdrez pas courage, ne vous interrogerez pas trop (vous avez déjà beaucoup réfléchi), FONCEZ !!! amitiés, patrice
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hate de voir le résultat! bravo pour l'initiative
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Tonton et tata félicitent Margot et toute la bande !