Ce film raconte l'économie parallèle, le racisme entre habitants, la pression de la famille, la solidarité, la fatalité...

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Présentation détaillée du projet

 

 

 

A l’origine, il y avait un documentaire pur jus, une sorte de reportage sur une cité, que j’avais réalisé à l’initiative d’un travailleur social qui y travaillait avec des adolescents. "Adam! m'ont demandé ces gamins après une projection. Pourquoi tu nous fais pas faire un film?" "Mais c'est bien ce que nous venons de faire! ai-je répondu. "On te parle d'un vrai film!" Et j'ai compris que par "vrai film", ils entendaient un film de fiction, que c'est dans une telle aventure qu'ils rêvaient de se voir embarquer. 

Pendant une période assez longue, ce film devait s'appeler « Aouine ça veut dire Alerte ! ». C’est le cri que poussent les gamins dans certaines cités de Marseille, quand ils ont repéré une voiture de police,  pour prévenir leurs collègues du danger.

Spectateur j’ai toujours aimé les films qui se situent à la frontière du documentaire et de la fiction, et réalisateur depuis longtemps je rêve d'en réaliser un. 

 

 

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Quartiers Nord Side Story est un film de fiction, mais la cité marseillaise dans laquelle je l’ai tourné est une vraie cité. Ceux qui ont joué dedans y vivent réellement. Si par certains aspects, ce film s'apparente à un documentaire, c'est qu'il a l'apparence de la réalité. 

 

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Je n’avais jamais vécu dans une cité. Pour me documenter en profondeur, j’ai pris le parti de  rencontrer les habitants. J’attendais d’eux qu’ils étoffent pour moi la psychologie de mes personnages, qu’ils m’éclairent sur leur comportement, leur façon de parler, de s’exprimer. Il y avait des situations que j’avais en tête, que je souhaitais les voir développer. Je les ai invités à improviser dessus, avec l’espoir que par ce moyen, ils apporteraient à ces situations, ainsi qu’à mes personnages un maximum de crédibilité.

Pour tourner un film, on part généralement d'un scénario. Je n'ai pas procédé de cette façon, l'histoire s'est écrite dans des ateliers d'improvisations filmées, avec le produit au jour le jour de ce travail. 

 

 

 

 

 

 

La démarche éducative, culturelle et artistique

 

A partir d’un travail de rue, cœur de métier des éducateurs de prévention spécialisée, nous avons proposé au tout venant de la cité de la Savine, des  ateliers d’improvisations filmées. Grâce à cette proposition, nous avons touché un nombre très important d’enfants, d’adolescents, de jeunes adultes et d’adultes. Notre cadre de libre adhésion et de non engagement nécessaire pour participer, nous avons pu travailler avec des gosses loin de la notion d’engagement. Dans leur cadre habituel, ils sont dehors, en bas des tours, la plupart du temps. 

Réguler nos propositions en fonction des nouveautés, des rebondissements, des aléas de la vie… était une de nos façons de faire. Etre dans leur rythme, leur temporalité, et adapter le contenu en fonction de ce que les jeunes pouvaient nous offrir, en termes de disponibilité ou de sujets.

 

Ce qui fait la spécificité de notre démarche est sous tendu par plusieurs moteurs, dont le plus important réside dans l’affection que nous portons à ces habitants de quartier, en particulier les jeunes, et dans l’amour de leur langage, de leur rythme, de leur façon d’être. Ce regard que nous portons sur eux permet que les jeunes ne ressentent pas d’attentes sociales ou artistiques particulières. Nous les voulons tels qu’ils sont.

Un autre moteur est notre envie de communiquer la poésie urbaine que nous ressentons à leur contact. Elle nous parait criante de vérité sur leurs états d’âmes, leurs préoccupations, leurs émotions, leur façon de se penser ou de se vivre. Politiquement, l’enjeu est de permettre à un maximum de gens de découvrir ces gamins tels qu’ils ont envie d’être regardés et perçus. L’image qu’ils donnent à travers nos ateliers devient leur choix, détaché de tout conditionnement médiatique.

 

Se situer « avec eux » est notre priorité et nous sommes très attachés à l’esprit de non jugement et de non directivité. L’image collée aux jeunes des quartiers est souvent réductrice et contribue indirectement à nourrir l’idée qu’ils ne sont que « des délinquants », que « des habitants de cités », que « des éjectables ». L’enjeu inverse :  ne montrer que les aspects positifs, les fêtes, l’entraide… ne nous intéresse pas non plus. Ce n’est pas dans cet esprit que nous travaillons, nous ne cherchons pas à montrer ou à traiter telle ou telle thématique. Artistiquement, nous cherchons à créer le cadre le plus propice au témoignage, au lâcher prise, à l’authenticité pour travailler ensuite, dans un temps éducatif, ce qui s’est révélé, les contradictions, blocages ou émergences de désir. L’enjeu est en même temps artistique et thérapeutique.

Daniel Saïd habite, et a toujours habité dans une cité, Cécile Mininno y exerce sa profession d’éducatrice, et Adam Pianko en a fait depuis plusieurs années le thème central de son travail. 

Pour obtenir le résultat que nous souhaitons, cette proximité des trois auteurs représente un atout conséquent, mais qui pourtant ne suffit pas. Pour nous situer vraiment au cœur de notre sujet, nous avons fait un choix risqué, qui à l’usage s’est avéré heureux : pas de scénario écrit, aucun acteur professionnel, ou expérimenté, nous faisons tourner les habitants, des enfants, mais aussi des adultes, que nous invitons à improviser sur des thèmes, pendant que nous les filmons.

 

 

 

 

 

Les comédiens

 

 

Dans le film, ils gardent tous leur vrai prénom.

 

DANIEL, 35 ans. La biographie de Daniel Saïd n’est pas facile à établir, tant sont intimement mêlés les éléments factuels, et les fruits de son désir et de son imagination. Ce qui est sûr, c’est qu’il habite la Savine, avec sa femme et trois enfants. Pour le reste, entre rêve et réalité, la confusion est si parfaite que, loin de nous desservir, elle participe de façon éloquente à l’émergence de son talent. Habitant du quartier depuis de nombreuses années, sa vie, son ouverture d’esprit, sa finesse relationnelle, son charisme lui ont permis de côtoyer des mondes différents (milieu audiovisuel parisien, monde de la nuit…).

Sa contribution à ce film est logique de par son regard sur les cités en général, et la sienne en particulier, et de par son désir de contribuer à l’expression de ces jeunes de quartier. Cécile et lui sont des personnes bien différentes, mais sur ce terrain là, l’usage thérapeutique, didactique, du travail de ces ateliers, ils se sont trouvés d’étonnantes affinités.

 

AMINE et YOUSSEF. Amine et Youssef sont deux frères dont les parents sont très attentifs à leur éducation et à leur scolarité. L’un et l’autre sont sérieux, très bons élèves et ils sont, l’un comme l’autre, fascinés par la face noire de ce qui se passe dans leur cité. 

Dès le début, Amine a occupé un rôle important dans les ateliers. Youssef, par la suite, faisait tout ce qu’il pouvait dans ces improvisations pour mettre son frère en difficulté. 

Amine raconte :  « J'ai vu une affiche : Ateliers d'improvisations filmées. Alors j'y suis allé. Adam m'a dit que j'étais spontané. Je ne connaissais pas ce mot. Alors quand je suis rentré, j'ai demandé à mon père ce que ça voulait dire ».

 

SAFIA, 18 ans. Aujourd’hui jeune femme, Safia est dotée d’un charisme, d’une spontanéité naturelle, déroutante même, à l'occasion.

Ancienne résidente du quartier, plusieurs membres proches de sa famille y résident encore.

Elle a une attache dynamique et dramatique à cette cité.

Dans un mouvement de quête identitaire assumé, nous avons eu la chance d’accompagner sa démarche et de vivre avec elle son énergie pleine de rebondissements.

 

OMAR, 24 ans. La grande qualité d’Omar, c’est que dans un contexte personnel qui n’est pas facile, ni facilitant, il a su garder l’énergie du désir, apprendre à danser, et à jouer la comédie. Pour le reste, il n’est pas toujours facile à interpréter, ses actes étant souvent imprévisibles.

 

SALIM, 19 ans:

Salim

 

Je l’avais repéré il y a quelques années, dans une autre cité où je tournais. De tous les garçons à qui j'ai eu à faire, c'est certainement le plus doué. Depuis toujours, Il rêve de devenir acteur mais ne fait pas grand chose pour y arriver. Je ne compte pas les lapins qu’il nous a posés. Il espère, et moi aussi, que ce film va le lancer.

 

ANZALY, 16 ans. Comorien ou Maoré, il joue le rôle d'un arabe noir de peau qui ne veut pas que sa sœur sorte avec un garçon de la même couleur que lui.

« Quand Adam m'a expliqué mon rôle, j'ai cru que c'était une plaisanterie. Puis je me suis dit que c'était un film de quartier, et que dans le quartier, tout est possible. »

C’est un gamin qui n’a pas une vie facile, qui revient de loin. Il a débarqué presque par hasard dans nos ateliers, nous n’avions pas de rôle prévu pour lui, il a manifesté une si grande énergie que son rôle est devenu un des plus importants.

 

CÉCILE, 30 ans. Educatrice extrêmement concernée par son métier, c’est elle qui dans ce film, tient un rôle le plus proche de ce qu’elle est dans la vie.

« Ces ateliers m'ont apporté la possibilité d'être dans la rue avec une proposition concrète et séduisante. En plus, ça inverse le rapport : j'arrive en disant 'j'ai besoin de vous !' »

 

Ryan, Souhilah, Nawell, Yasmine, Cacou, Anissa, Julie, Yacine, etc.

Le rôle de ces gamins dans le film n’est pas à la hauteur de celui qu’ils ont joué pendant ces années d’ateliers. L’évolution de la narration nous a amené à faire un choix mais nous avons des heures d’images où ils débordent de talents et nous avons bien l'intention de les reprendre dans de futurs ateliers.

 

 

Les danseurs : Marion, Cassandra, Hadi, Sandra, Doudou, etc.

Autour d’Omar, nous avons filmé des séquences de danse et de comédie avec les danseurs de sa troupe, Marion, Cassandra, Hadi, Sandra, Doudou, et là encore, hélas, pour des raisons de narration, il en reste très peu dans le montage.

 

 

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Adam Pianko: Bio/Filmo :

 

1969 : L’école sauvage, long-métrage documentaire sur une école sauvage.

1974 : On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans, long-métrage de fiction.

1990 : La mélodie d’Alzhenheimer, premier roman publié chez François Bourin.

1990-1994 : Grands reportages pour divers magazines: Le Nouvel Observateur, L'Evènement du Jeudi... dont un pour le journal Elle sur les éducateurs de rue.

1995 : Gentleman escroc, biographie. Jean Claude Lattes.

1997 : Arte. Théma « les escrocs ».

1997 : Histoires d’escrocs, essai. Calmann Levy.

2000 : Salam Alikoum Bernard, documentaire diffusé par France 5 en 2002.

2002 : Jour de fêtes aux Créneaux, documentaire institutionnel.

2004 : Mau par Mo, documentaire diffusé en 2005 par France 3 Méditerranée.

2005 : Le Pavé originel, roman. La Martinière.

2007 : Entre A7 et Mer Méditerranée, projet documentaire « hybride », avec la complicité du réalisateur Vassili Silovic. Production les films du Tambour de Soie.

2009 : Couscous maison. Documentaire diffusé par Canal Maritima.

2009 : Le Pavé originel. Adaptation en bande dessinée du roman éponyme. Editions Guy Delcourt. Dessins de Nicolas Wintz.

2010 : Le sandwich, et Il y a toujours un plan B. Courts métrages.

 

 

 

Cécile Mininno:

 

A priori  je me destinais à la médiation culturelle, j’ai donc passé une maîtrise à la fac Saint Charles en ce sens, mais j’étais déjà très sensible à l’éducation des enfants. J’avais d’ailleurs présidé une association humanitaire en direction de ceux du Burkina Faso pendant 5 ans. En 2003, j'étais animatrice chez Tilt, une association d’éducation à l’image. Dans le même temps j’ai mené dans une école primaire, des activités d’éveil à la lecture et à l’écriture d’élèves de CP. Un de ces enfants, qui souffrait de troubles du comportement, retenait tous les jours mon attention, et je parlais souvent de lui à ma directrice. C’est elle, par une remarque d’apparence anodine, qui m’a orientée vers ma vocation: "Mais pourquoi ne deviens-tu pas éducatrice ?"

Elle avait visé juste. Le lendemain j’allais m’inscrire au concours d’entrée de l’IRTS. (Institut régional de Travail Social).

 

2004-2007: Formation IRTS

2007-2012: Educatrice de prévention spécialisée (protection de l’enfance) à la Savine à Marseille. Pendant mes toutes premières semaines de travail, je rencontre un réalisateur de cinéma, qui était à la recherche de quelqu’un comme moi. 

2009-2013: Travail d’improvisations filmées à partir d’une présence dans la rue.

2012: Projection à l’Ecole de la Deuxième Chance, à Marseille d’un montage du film pour les partenaires et les financeurs. L’accueil de notre principal financeur social  nous encourage à renouveler l’opération. Création de l’Association « Cités, Nouvelle Vague. » 

2012: Je vais vivre à Paris, où je suis engagée comme éducatrice et coordonnatrice dans le cadre d’une classe de remobilisation de collégiens en décrochage scolaire (Association Colombus). Je reviens quand il faut à Marseille, travailler sur le projet d’improvisations filmées. 

Ce n’est pas par l’effet du hasard que je me suis retrouvée investie dans ce projet. Ma particularité, comme personne  humaine et comme éducatrice: du fait de ma grande émotivité, je ne cherche pas tant à améliorer les jeunes qu’à les accompagner dans le développement de leur personnalité. Je les aime comme ils sont, je travaille avec mes propres affects, les affects en jeu dans les relations éducatives, ce qui me permet de travailler avec tous les jeunes sans exception, même les plus en difficulté. 

 

 

REVUE DE PRESSE :

 

-LIEN SOCIAL n°1098 du 21 mars 2013: 

 

 

 

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À quoi servira la collecte ?

Cette somme servira à la post-production du film: montage son, mixage et étalonnage.

 

 

Les séquences du film sont maintenant tournées grâce à des subventions provenant d'organismes sociaux, qui nous soutiennent depuis trois ans. Il nous manque les fonds nécessaires pour que ce film réalise sa vocation et réponde à notre ambition : que les protagonistes de ce long travail puissent se voir sur un écran de cinéma, et pourquoi pas sur ceux d'un festival international...

 

Le montage en est à sa version finale... mais il reste encore beaucoup de travail à effectuer: le montage son (qui permet d'affiner toute la partie sonore du film, bruits d'ambiance, voix off, dialogues, etc...), le mixage (qui comme pour un disque, est l'étape ultime qui rend l'ensemble cohérent pour les oreilles des spectateurs) et l'étalonnage, qui va gommer les imperfections de tournage, les différences visuelles dues aux différentes caméras utilisées et aux variations de la lumière selon les jours de tournage.

 

 

La somme récoltée sera répartie ainsi :

 

 

3000 euros serviront au montage son

3000 euros serviront au mixage de la bande son

4000 euros serviront à l'étalonnage

 

Nous attirons votre attention sur le fait que la somme demandée de 10000 euros est l'indispensable pour finaliser le film avec la qualité nécessaire, et un but à atteindre raisonnable dans notre collecte, afin de ne pas risquer de rater cette opération. 

 

Cependant, nous aimerions dépasser ce but avec deux objectifs:

 

- à 12000 euros, nous pourrons améliorer la rémunération des comédiens.

 

- à 15000 euros, nous pourrons améliorer encore la qualité technique du film, assurant aux spectateurs un confort visuel et sonore répondant aux normes de diffusion cinéma.

 

Nous vous demandons donc de bien vouloir continuer à diffuser cette page, même après que le premier palier soit atteint.

 

 

 

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La raison d'être de Green House est de permettre une création nouvelle et ambitieuse, à travers la recherche de nouveaux talents régionaux, tant en fiction qu'en documentaire, et d'en assurer une visibilité nationale et internationale, notamment grâce à la coproduction. Il s'agit d'amener la création locale à rayonner en dehors de nos frontières, en... Voir la suite

Derniers commentaires

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J' ai eu la chance de pouvoir suivre régulièrement l' élaboration de ce projet...les essais, les questionnements, l' enthousiasme mais aussi les doutes...je souhaite que cette équipe soit encouragé à continuer ce travail et qu' un maximum de gens puissent découvrir ce film !
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bises à toi Cecilou!!! je suis sur que le projet va aboutir !!!
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Je trouve le projet super, et j'ai hâte de voir ce que cela donne au final !! Cela me ramène aux souvenirs de ma vie Marseillaise, et de mon travail en tant qu'éducatrice spé dans les quartiers Sud il y a une dizaine d'années. Je vous souhaite bonne continuation et bon vent !