Avec Renée Panthère, entrez dans un monde fantasmagorique, poétique, décalé. La mort n'est pas une fin en soi c'est le début d'une aventure

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Présentation détaillée du projet

Renée Panthère" de Cécile Cozzolino (Editions Théâtrales), mis en scène par Frédéric Récanzone, a reçu la Bourse d'aide à la création locale (Aubagne) en Mars 2013.

Cécile Cozzolino, jeune auteure issue de la région, a obtenu la bourse de soutien de la SACD 2008, pour ce texte.

 

Renée Panthère, prédatrice, serial killeuse, aime choisir ses victimes. Elle se prépare minutieusement à traquer l’homme. De l’entraînement intensif au combat, en passant par une hygiène alimentaire calibrée, le tout ponctué par des « moments dramatiques », tout est pensé, programmé. Elle affronte ses proies, des vaillants, des viriles, pour constituer « la bande à Renée », ses cow-boys « taxidermisés ». Tuer ses victimes et leur redonner vie, telle une « créatrice » au pouvoir de vie et de mort.

 

La mort n'est pas une fin en soi, c'est le début d'une aventure...

 

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Un texte, dans l'acte, décalé, dérangeant, « borderline », avec une distance marquée qui permet de ne pas rentrer complètement dans le tragique pourtant effrayant. Le drame est là, par sa richesse textuelle, par cette recherche du personnage de la pureté du geste mortel... Pourtant, le personnage est attachant, l'écriture nous livre entre les lignes toute la fragilité de Renée, qui s'est construit un monde parallèle poétique fantastique et décalé.

Un texte qui traque la rime, étonnant et singulier, tel un poème alors que le phrasé est bestial, instinctif, ce qui donne la sensation d’un rythme nerveux et tendu, au « langage parlé ». La force de ce texte éponyme cristallise la carapace que nous nous construisons pour nous protéger de l'extérieur.

 

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Présentation du spectacle

 

Avant le silence, avant les corps, il y a le son qui cueille le public, des bruits qui frottent, qui taillent, qui déplacent, qui sent le travail et la répétition. Une envie de magnifier la création (en générale et en particulier, celle du spectacle vivant, où le public est convoqué devant une oeuvre vivante). Il me semble que le théâtre se doit d'être fragile. La fragilité nous rend mortel, elle nous rend sensible et apte à la poésie.

 

Dans un univers nu, 3 tables d’observations, trois corps étendus, ils ne bougent que s'ils sont « utiles » à Renée - Prendre soin d'elle, d'eux — La mort les soude éternellement. La relation entre Renée et ses cowboys est sous la coupe de la fascination. Une étrange amitié faite d’entraide, d'attention, de sensualité, de concupiscence, de combats, d'entraînements et d'actes d'hygiènes.

 

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« Suis une terreur » : Renée s'entraîne pour chasser l'homme, pour le « descendre » dans un face à face définitif. L'homme choisit, comprend que c'est la fin, mais Renée offre le début.

La mort comme une porte ouverte sur l'imaginaire, sur l'inconnu, comme une continuité à la vie. 

Elle crée son équipe de fidèles compagnons si sensibles, taxidermisés, ses coq-boys-trophées. Prêt à affronter toutes les « inquiétudes ».

 

Nous cherchons la friction entre texte et action. Et nous voulons y trouver toute la poésie dans l'acte de création tel le Prométhée moderne.

C'est en jouant au docteur Frankenstein, en jouant de la vie et de la mort qu'elle nous entraîne dans des sentiments étranges, fait de rire, d'horreur et d'étonnement.

 

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Le texte, les enjeux évoqués par la mise en scène, la direction du/des corps en jeu, le choix de mise en espace pour aborder cette œuvre, nous engage à des questionnements dans notre rapport à la mort, à la violence, à la singularité, mais en l’appréhendant avec une étrange dérision, un décalage insolite, une distanciation onirique qui nous invite à la poésie.

 

 

 

Les personnages

 

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Renée Panthère, un personnage en marge de la société asservie dans laquelle nous vivons.

 

Serial killeuse, tueuse d’hommes, « mais pas n’importe lesquels, des vaillants, des viriles, des cow-boys. Pas des trouillards ». Elle tue et redonne vie à ses morts.

Au rang de « créatrice », au pouvoir de vie et de mort, elle prend soin de ses mâles taxidermisés et les manipule telles des poupées.

Une personne séduisante, solitaire, opportuniste, mais sensible et à la recherche d'une équipe solide. Elle aime la présence de l'autre et va séduire mortellement ses victimes. La sensualité, la féminité sont ses armes principales. Nous chercherons la faille entre l'amour et la mort.

 

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Marcel Déron : Appelé aussi Donald Legras - Gémeau – Combat corps à corps et descendu à la chevrotine. Mort au jardin public le 3 avril. Homme à grosse libido, les femmes lui court après.

 

Ernest François : Surnommé Mister Carabine – Verseau ascendant taureau - Mort à la fête de la St Adèle (fête du porc) le 22 mai avec sa propre carabine.- Le meilleur chasseur de l'ouest, aime faire la fête.

 

Victor : Son chef d'œuvre. Sa renommée. Sagittaire. Mort à la finale de coupe.

 

Les 3 rôles  masculins sont muets et porteurs d'un autre langage.

 

… « et quand d'autres encore à venir, à suivre, s'accrocheront là, du col au cabaret saloon, encore un peu plus, la bande à Renée grandira, s'affirmera, terrorisera citadins et villageois sans jamais léser Renée. »

 

Ses collaborateurs :

HECTOR : Le cow-boy en carton pour l'entraînement au tir et mise en situation dramaturgique.

BLASCHEN : Vache à lait, véritable métronome de ses interventions meurtrières.

ANDRÉ : Vieux poney pour le rodéo (l'entraînement).

MERCO : Sa fidèle Mercedes qui lui sert de canasson. Charger ses cow-boys  dans le coffre.

 

 

 

Propos de mise en scène :

 

« L'émouvant et immobile visage / Sourire aux lèvres / Les yeux ouverts / Toujours les yeux ouverts. »

 

La mort et après...

Ce n'est qu'une phase du processus de fabrication.

L'acte de tuer se mélange avec l'acte de créer une "famille". L'acte de destruction devient un acte de naissance ou plutôt de renaissance.

Bien sûr l'ombre du mythe de Prométhée : le désir de créer une humanité au libre-arbitre de son destin.

 

La taxidermie, (l'art de l'apparence de la vie après la mort) :

Dans cet acte ritualisé nous voulons y trouver le sacré, dans le corps, dans le mouvement — La mort hante les arts au même titre que la vie ; l'une ne va pas sans l'autre et vice versa.

Il y a un certain romantisme dans la démarche de Renée. SERIALE KILLEUSE, elle ne se formalise pas avec cette notion organique de la fragilité de la vie. Dans le monde de Renée, il est possible de partir avec son cadavre sous le bras.

 

Le corps sensible

Une corporalité dans l'étrange qui signe le décalage et la perception que l’on peut avoir du texte.  Le rapport à l'autre est clairement établi, cartes sur table, nous percevons d'emblée la sauvagerie de Renée et de ses acolytes qui paraissent morts (parfois). Il y a aussi le rapport amoureux, amical... ou les deux, car des règles d'entraide sont établies, la rigueur est prescrite. Pas de besoin, pas de désir, mais un entretien du corps constant, afin d'avoir l'efficacité animale. La ritualisation du passage entre la vie et la mort que Renée impose, exacerbe la sensibilité de ses cow boys. Ils n'ont plus les préoccupations des vivants, mais la fantasmagorie de l'intemporel et de l'immatériel.

 

Un travail d'équipe

Nous évoquons la fabrication artisanale, dans le rituel de passage entre la vie et la mort, dans le rapport technique, que chacun a envers l'autre. Cela reste une constante et un propos ainsi qu'une réalité de la création théâtrale.

L'art de la scène, la réalité du spectacle vivant actuelle, fait que nous sommes tous plus ou moins des multitâches, mais aussi, les artisans d'un regard qui croise les disciplines : danse, musique ainsi que techniques son et lumière.

 

 

Création sonore

« Le laid est beau et le beau est laid. » Macbeth/W. Shakespeare (les trois sorcières)

« Quand un bruit vous ennuie, écoutez-le.  » John Cage

 

Endogène

Le sens auditif est pour Renée extrêmement aiguisé, nous chercherons à donner une dimension sensorielle tel un animal où chaque son a son sens, sa provenance, cela fait partie de l'univers de Renée Panthère. Des bruits de matériaux, des grincements, des frottements, les bruits de fabrication, de la création.

 

Exogène

Nous désirons mettre en résonance l'état de contradiction de notre société. 

Notre temps est bruyant cela constitue notre matière poétique et sonore, afin de créer des harmonies ou disharmonies, des tensions ou répétitions. Ces bruits peuvent évoquer des sentiments de plaisir ou au contraire d'agacement, ils sont sources de sensations, en cela, nous nous approchons du texte fondateur de la musique bruitiste de Luigi Russolo dans « L'art des bruits* ». *édité en 1913

 

 

Scénographie

« Ici, c'est chez moi » : SON QG : Son cocon, sa bulle où elle mange, dort, travaille, se lave, s'entraîne, taxidermise, se distrait... Un espace brut : une cave/un sous-sol - Scénographie dépouillée. Un espace « qui ne s'encombre pas », fait de l'essentiel, du minimum, du vital, pour toutes les activités qu'elle s'impose, dans son tracé de vie.

 

Avec des tables d'observations médicales, on pourrait s'occuper de la vie... mais dans l'univers de Renée, la vie, la mort sont des notions très vagues, les frontières ne sont pas délimitées. Son espace reste utilitaire et rigoureux. L'espace vertical et la hauteur donneront une légèreté à Renée, un statut « d'intouchable » légitime et hors d’atteinte.

 

 

Lumière

Nous utiliserons des rétroprojecteurs pour révéler des espaces ; cela propose une lumière extrêmement crue et blanche très délimitée par une forme carrée. Son territoire peut donc être éclairé comme un puzzle, une mosaïque. La lumière tranchée permet d'avoir une lumière à l'état brut, un noir profond, afin de sculpter son domaine.

Les surfaces des rétroprojecteurs peuvent recevoir des images, des liquides, des corps. En manipulant des filtres et des calques : ils sont opaques, nous verrons les masses, ils sont transparents, nous verrons les détails.                         

 

 

La forme de ce spectacle nous emmène à considérer l'art de la scène en globalité, en questionnant nos réalités d'artistes d'aujourd'hui qui nous exposent à l'accumulation de savoir-faire. Tout se fabrique sur scène : une humanité, le décor, les traits de lumière, et une poétique sonore.

Comment traiter de la réalité de la création ? Comment traiter de l’imaginaire de la création ?

 

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Équipe

 

« Renée Panthère » Création

 

Auteur : Cécile Cozzolino

 

Metteur en scène : Frédéric Récanzone

 

Comédienne : Stéphanie Lemonnier

 

Comédiens : Cyrille Laurent, Philippe Chevrier

 

Créateur sonore /musicien bruitiste : en cours de distribution

 

Créateur lumière : en cours de distribution

 

Scénographe : en cours de distribution

 

Chargée de production : Hélène Devaux

 

 

     

 

À quoi servira la collecte ?

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La somme sollicitée représente une part de la production, et plus précisément les salaires des comédiens prévus lors d’une troisième période de résidence en fin d’année 2014 (étape de travail, répétitions) qui finalisera le spectacle. Cette somme sera également utilisée pour la scénographie du spectacle (400 €).

Ce sera également l’occasion de présenter le spectacle aux diffuseurs avec qui nous sommes en contact, des régions PACA et Rhône Alpes, régions avec lesquelles nous avons construits des partenariats, lors des restitutions de fin de résidence prévues dans le lieu d’accueil.

Salaires des comédiens : 1860 €

Décors : 340 €

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Zone&Cie

BIOGRAPHIE DU METTEUR EN SCENE Frédéric RECANZONE : Metteur en scène, Directeur d'acteur, Comédien, Performer, Photographe Photographe de formation, sa curiosité pour le jeu d’acteur l’amènera dès 1984 à se former auprès de Philippe Car et de Patrick Ponce (Cartoun Sardines) ainsi que de Bernard Palmi, de Stephano Scribani (Piccolo Theatro de Milano)... Voir la suite