Redonnez du sens au progrès : participez au déploiement d’une technologie pour éviter les collisions entre navires et baleines !

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Présentation détaillée du projet

La Mer Méditerranée abrite des animaux qui comptent parmi les plus emblématiques de la planète. Le rorqual commun, une baleine de 40 à 70 tonnes, constitue le deuxième plus grand animal que la Terre ait porté. Le cachalot, quant à lui, est un prédateur de 15 mètres, capable de rester 90 minutes sous l’eau et de plonger à 2 km de profondeur, dans le noir absolu, pour se nourrir de calmars géants. Placés au sommet de la chaine alimentaire, ces animaux sont indispensables aux équilibres environnementaux.

 

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Malgré leur démesure, les rorquals et les cachalots sont fragiles. Tout comme nous, ils sont dotés de poumons qui leur imposent de rejoindre la surface pour respirer, où ils croisent alors les milliers de grands navires qui sillonnent chaque jour la Méditerranée. Les terribles et fatales collisions entre navires et grands cétacés constituent l’une des premières causes de mortalité des baleines et des cachalots. Isolées en Méditerranée et fragiles, les populations de ces deux espèces sont ainsi gravement menacées par les collisions.

 

Le Commandant Frédéric Capoulade, désormais président de Souffleurs d'Ecume, témoigne : "A la barre de cargos mixtes et de navires rapides entre Corse et continent, je suis entré en collisions à plusieurs reprises avec des baleines. Ces moments ont réellement éprouvé ma carrière de commandant, et j'ai choisi d'entreprendre une série d'actions pour limiter ces accidents, d'abord au sein de ma compagnie, et désormais en tant que président de Souffleurs d'Ecume".

 

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Très discrets en surface, les grands cétacés sont difficilement détectables par les officiers de quart. Pour faire face à ce fléau, qui sévit en plein cœur du Sanctuaire Pelagos, l'association Souffleurs d'Ecume fédère et sensibilise depuis15 ans les compagnies maritimes. Avec elles, l’association a développé un système informatique collaboratif nommé REPCET (pour REPérage des CETacés). REPCET permet précisément d’améliorer la faible « détectabilité » de ces animaux, grâce au partage des positions de baleines, entre les navires, et en temps réel, par le biais d’une communication satellite.

 

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Le principe est simple : chaque observation de grand cétacé réalisée par le personnel de quart depuis un navire utilisateur est transmise en temps réel par satellite à un serveur situé à terre. Le serveur centralise les données et diffuse des alertes aux autres navires équipés. Les alertes sont alors cartographiées à bord sur un écran dédié et des zones de risques dynamiques permettent de considérer les déplacements des animaux. Une signalétique intuitive permet de repérer rapidement les dangers, d'en connaître la nature pour, par exemple, adapter la veille en passerelle ou encore réduire l’allure du navire, avant de limiter significativement le risque de collision.

 

 

Par ailleurs, au cours de son utilisation, le système enregistre les positions de cétacés transmises par les navires équipés. La base de données ainsi constituée est mise à disposition de la communauté scientifique avec un objectif de boucle vertueuse : faire progresser nos connaissances sur les cétacés pour permettre d’améliorer leur protection.

 

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Parrainé par la navigatrice Catherine Chabaud et soutenu par la Fondation Nicolas Hulot, le système REPCET est reconnu comme un projet pionnier et exemplaire, de nature à mettre le progrès au service de la préservation de la biodiversité.

À quoi servira la collecte ?

De par son caractère collaboratif, REPCET nécessite qu'un grand nombre de navires soit équipé. A ce jour, cinq compagnies maritimes françaises sont impliquées et ont déjà équipé 10 navires. Le CROSSMED et le Parc national de Port Cros disposent également d'une version "shore" du système REPCET. C'est un bon début mais c'est trop peu pour que le dispositif soit efficace. Au moins 30 navires doivent être équipés, rapidement, pour réduire les risques de collision.

 

► Votre soutien nous permettra d'équiper au moins 5 navires supplémentaires

 

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L'objectif est de permettre à de nouvelles compagnies maritimes de tester le système, et de devenir ainsi des ambassadrices de l'essaimage de REPCET auprès d'autres.

 

Associé au travail de formation et de sensibilisation conduit par Souffleurs d'Ecume, votre soutien permettra, d'ici 2 ans,  d'atteindre l'objectif d'un réseau d'au moins 30 unités équipées, base indispensable pour permettre au dispositif d'être opérationnel.

 

 

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Détails du budget du projet :

 

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 Au-delà des 35 000 €, chaque tranche supplémentaire de 7 000 € permettra d'équiper un navire supplémentaire.

 

 Un reçu fiscal sera remis avec chaque contribution : réduction d’impôt sur le revenu de 66% pour les particuliers (un don de 100 € ne vous revient qu’à 34 €) et réduction d'impôt de 60% pour les entreprises.

 

Le dispositif REPCET, labellisé par le Pôle Mer Méditerranée, est co-porté par l'association Souffleurs d'Ecume et la société Chrisar Software Technologies. Ses différentes composantes (développement logiciel, travaux de recherche en mer sur les grands cétacés pour définir les zones de risque, sensibilisation des compagnies maritimes et du grand public, installation du système à bord de navires, formation des navigants, développement d'une application REPCET) ont bénéficié depuis 2005 du soutien du Ministère de l'écologie, du Sanctuaire Pelagos, de l'ACCOBAMS, du Conseil Régional PACA, du Conseil Général du Var, de la Fondation Nicolas Hulot, d'Armateurs de France, de la Fondation Ensemble, de l'Agence de l'Eau, de la Fondation Bouygues Télécom, de la Fondation Salins et de l'Agence des Aires Marines Protégées. Cinq compagnies maritimes françaises ont déjà équipé certains de leurs navires (La Méridionale, La SNCM, Orange Marine, Gazocéan et Someca Transports), et le CROSSMED et le Parc National de Port-Cros sont également équipés d'une version "shore". Le WWF s'associe aussi au projet dans le cadre d'une levée de fonds parallèle à celle-ci. L'ensemble des partenaires REPCET est disponible ici.

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Souffleurs d'Ecume

Un groupe d’étudiants, associé à un commandant éprouvé par une série de collisions entre son navire et des baleines, sont à l’origine de Souffleurs d’Ecume, née en 2000. Désormais professionnalisée, l’association œuvre pour la conservation des cétacés de Méditerranée. La limitation des risques de collisions entre navires et cétacés constitue son... Voir la suite

FAQ Questions les plus fréquentes concernant le projet

+ Pourquoi les baleines ne laissent-elles pas les bateaux tranquilles, la mer est grande quand même ?

Immensité de la mer ne rime pas avec immensité des zones favorables à la reproduction ou à l'alimentation. La Méditerranée nord-occidentale est très particulière : chaque été quelques 3 000 rorquals communs pointent leur museau entre Corse et continent, pour s'adonner au chant des cigales et se délecter des résidus de pastis et de figatelli selon certains chercheurs. Pour d'autres scientifiques, les rorquals communs trouvent en ces eaux un krill particulièrement abondant. D'après les seconds, les premiers ont probablement fait des erreurs dans leurs calculs.

De plus, avec le brouhaha créé par les milliers de navires qui sillonnent la Méditerranée, les cétacés ont tendance à ne plus prêter attention au bruit du trafic maritime. Pour comprendre, on peut comparer le phénomène à la création d'une nouvelle route en rase campagne : le bruit des travaux, puis de la mise en service, vont avoir tendance à faire fuir les animaux. Puis, au fil du temps, ce bruit va "faire partie" de l'environnement, les animaux vont s'y accoutumer, puis finir par traverser à nouveau la route... au risque de s'y faire écraser.

Enfin, le bruit se propage vite et bien dans l'eau, mais pas de manière linéaire. Des phénomènes de réfraction et de diffraction vont jouer sur la direction du son en fonction des masses d'eau qu'il va traverser (un peu comme la lumière change de direction en changeant de milieu, ce que l'on voit très nettement avec un bâton qui paraît soudainement tordu, dès qu'on en plonge une partie dans l'eau). Ainsi, un animal qui ne se situe pas dans la même masse d'eau qu'un navire pourrait ne pas entendre le bateau... ou l'entendre du mauvais côté !

+ REPCET est-il un genre de « radar à baleines » ?

Pas du tout ! Les expériences qui ont été faites en Méditerranée montrent que les rorquals et les cachalots sont trop peu visibles en surface pour être correctement détectées par des radars. Quand aux sonars, si l'on voulait détecter les baleines avec, on remplacerait le problème des collisions par un problème de pollution acoustique insupportable pour ces animaux ! REPCET est un dispositif de partage des positions de baleines, en temps réel : je vois une baleine, j'en informe les autres bateaux. Ainsi, lorsqu'ils arriveront sur la zone, ils seront informés et ils seront vigilants.

Les baleines ayant la mauvaise habitude de ne pas rester là où on les a vues, le système calcule des zones de risques dynamiques qui évoluent au fil du temps en fonction des espèces. Ces zones de risques traduisent ainsi les secteurs dans lesquels la probabilité de revoir les animaux est grande.

A terme, le système pourra intégrer des capteurs optroniques (amplification de lumière ou infrarouge par exemple) permettant d'automatiser les détections. Il pourra également accueillir des données acoustiques en temps réel fournies par des hydrophones ancrés, pour détecter et localiser les cachalots. Il pourra enfin être couplé à un modèle de prévision de présence, permettant d'identifier les zones dans lesquelles il y a plus ou moins de chance de rencontrer des animaux (une sorte de "météo" de baleines).

+ Peut-on manger REPCET ?

REPCET est composé d'ordinateurs, d'un logiciel, de câbles, de satellites et d'officiers de la marine marchande. Il est donc globalement peu digeste.

+ REPCET fonctionne-t-il la nuit ?

Nos yeux fonctionnent la nuit, mais ils ne nous empêchent pas de nous mettre l’angle de la commode entre deux orteils. REPCET c'est pareil (avec des baleines et les bateaux à la place de la commode et des orteils).

A ce jour, le dispositif fonctionne donc la nuit, mais son utilité est très limitée puisqu'il est dépendant des observations humaines. L’objectif à ce stade est d'équiper un grand nombre de navires du système. Une fois ce pari réussi, il sera envisagé de coupler des capteurs optroniques au dispositif afin d'automatiser les détections, en particulier de nuit.

+ Puis-je utiliser REPCET dans ma piscine ?

Fonctionnant grâce à une communication satellite, REPCET est utilisable partout dans le monde, y compris dans votre piscine. Des travaux et études sont en cours pour étudier l'intérêt et la faisabilité du déploiement de REPCET dans le détroit de Gibraltar, en Atlantique ou encore dans les Caraïbes, autant d'endroits ou les grands cétacés subissent également des collisions.

+ Existe-il une application REPCET ?

Il faut bien l’avouer, certaines applications pour smartphones interrogent : pseudo scan d’empreintes digitales, simulateur de gyrophare, anti moustique, compatibilité d’amour en fonction des prénoms, prévision de l’âge du décès de l’utilisateur ou encore faux détecteur de radars pour faire rire ses amis. Les exemples affligeants s’accumulent, comme pour démontrer que les développeurs sont parfois… à court d’idées !

Et si on protégeait plutôt les baleines avec son smartphone ? Comment ? En permettant à des usagers de la mer réguliers d’informer cargos et car- ferries de la présence de grands cétacés sur leurs routes, dans l’objectif de limiter les risques de collisions. C'est l'objectif de l'application REPCET développée grâce au soutien de l'Agence de l'Eau. Cette application permet d'envoyer des positions, mais pas d'en recevoir (la diffusion massive en temps réel des positions de baleines pourrait contribuer à augmenter la pression sur ces animaux). Elle est destinée à des usagers connus de l'association et formés, notamment aux opérateurs de whale-watching labellisés High Quality Whale-Watching.

+ Peut-on chasser les baleines grâce à REPCET ?

Oui, sur le principe, il vous sera même d’une grande utilité. Mais non dans les faits car les données en temps réel ne sont accessibles qu’aux navires abonnés. Seules les compagnies maritimes exploitant des car-ferries et des cargos peuvent accéder au système. Un armateur baleinier n’a donc aucune chance d’être équipé !

Les opérateurs de whale-watching n’ont pas non plus accès à REPCET car les positions de baleines pourraient être utilisées à des fins d’observation commerciale, ce qui serait de nature à augmenter les dérangements et la pression sur ces animaux. Néanmoins, un grand nombre d’entre eux pratiquent une activité tout à fait respectueuse de l'environnement. Labellisés « High Quality Whale-Watching", ils sont engagés à transmettre les positions des baleines qu’ils croisent aux cargos et car-ferries équipés de REPCET, grâce à une application dédiée (émettrice uniquement, pas de réception).

+ Combien coûte REPCET et puis-je équiper ma mobylette ?

A l'issue de l'année d'abonnement offerte grâce à votre soutien, il sera demandé aux compagnies maritimes de prendre le relais du financement de REPCET sous la forme d’un abonnement auprès de la société Chrisar Software Technologies. Situé autour de 350 € par mois, cet abonnement doit permettre, dès lors que suffisamment de navires seront équipés, de couvrir les charges liées à l’exploitation et aux mises à jour du système, ainsi qu’à l’amortissement du matériel. Ce montant a été jugé tout à fait acceptable par les armateurs qui ont participé à la création du système (à noter que les coûts d’exploitation d’un car-ferry se chiffrent en dizaine de milliers d’Euros par jour !). La Méridionale, Orange Marine, Gazocéan et Someca Transports ont déjà équipé des navires et contribuent ainsi à la pérennité et à l’évolution du dispositif. Le système équipe également des entités à terre (le CROSSMED et le Parc national de Port-Cros pour l’heure). Ces équipements « shore » sont mis à disposition gratuitement auprès d’entités telles que les réserves, les parcs, les CROSS, les centres de recherche, …

Souffleurs d’Ecume décide d’octroyer ou pas l’utilisation du système aux demandeurs. L’association veille ainsi à ce que le système ne soit pas détourné de son objectif initial (limiter les collisions). Elle veille aussi à ce que les utilisateurs bénéficient d’une formation suffisante pour savoir identifier correctement les différentes espèces.

Sauf cas particuliers (bateau mis à disposition de programmes de recherches reconnus par Pelagos par exemple), les plaisanciers ne peuvent pas être équipés de REPCET. Ils peuvent néanmoins faire une demande auprès de Souffleurs d’Ecume pour recevoir l’application REPCET (qui permet d’envoyer des positions mais pas d’en recevoir, hormis ses propres observations), sous réserve de savoir correctement identifier les différentes espèces.

Enfin, pour des raisons de sécurité, l’utilisation de l’application est fortement déconseillée en mobylette.

+ Et à quoi ça sert de protéger les baleines d'abord ?

La plupart des activités développées par l'homme portent atteinte à la biodiversité. Les spécialistes s'accordent pour dire qu'une nouvelle phase d'extinction de masse est engagée et qu'elle est, pour la première fois de l'histoire de la Terre, liée aux activités humaines. A ce rythme, 3/4 des mammifères auront disparus de la surface du globe d'ici 300 ans.

Pourtant, l'homme est un fruit de la biodiversité, et ses activités en sont également étroitement dépendantes. L'agriculture, la santé, le tourisme, pour ne citer qu'eux, ne survivront pas à une perte massive de biodiversité. A terme, c'est le système économique dans son ensemble et probablement la stabilité mondiale qui sont menacés par la perte de biodiversité. Pour autant, les activités humaines sont aussi essentielles à notre système et nos modes de vie. L'enjeu est donc de les rendre compatibles avec le respect de la biodiversité.

L'impact de la navigation sur les mammifères marins est parlant. C'est un exemple type d'une activité humaine qui, à défaut de mesures idoines, est susceptible de déstabiliser en profondeur le milieu qu'elle exploite. Développer un dispositif permettant à la navigation commerciale de perdurer sans nuire aux mammifères marins constitue donc un enjeu exemplaire.

+ Le cachalot c'est le mâle, et la baleine c'est la femelle ?

Le grand cachalot (Physeter macrocephalus) est un "odontocète", ou cétacé à dents, tout comme les dauphins. Ces prédateurs se nourrissent de grosses proies, qu'ils enfournent généralement en une seule bouchée (les dents, toutes identiques, ne servent pas à mâcher, mais simplement à attraper les proies).

Les baleines, pour leur part, sont des cétacés à fanons, ou "mysticètes". Le rorqual commun (Balaenoptera physalus) fait partie des baleines. Au fil de l'évolution, ses dents ont été remplacées par de grandes lames cornées (la même matière que nos ongles) qui lui servent à filtrer de petites proies (1,5 t. de krill par jour pour le rorqual commun !).

Rorquals et cachalots sont des espèces tout à fait différentes !

Derniers commentaires

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Merci !
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Très bonne initiative ! Tenez bon !!
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Même si votre collecte n'aboutit pas, ne lâchez rien !