Film documentaire: Blanzy, petite ville de Bourgogne. Pour sa pièce de théâtre, une classe de CM1 se plonge dans l’histoire des enfants d’Izieu, 44 enfants du même âge raflés et déportés en 1944. Ces élèves de neuf ans découvrent l’horreur de la Shoah sans être traumatisés, car pour eux cela reste un jeu. Une belle leçon de transmission de mémoire.

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The project

 

                                          

                                      TOURNAGE RETOUR À IZIEU

 

REALISATION: Audrey Gordon

IMAGES: Benjamin Hoffman

SON: Ben Silvestre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

             

 

 

 

                                   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                      Note d'intention réalisateur

 

Quand je suis entrée dans la classe, seule, pour la première fois, les répétitions avaient commencé depuis plusieurs mois. (Je venais effectuer des repérages pour mon feuilleton France 3 Bourgogne). « Voilà madame France 3, a dit le maître, vous avez cinq minutes pour lui poser des questions. » Un petit à l’œil bleu rieur a levé la main : « Vous voulez un autographe ? » Les autres ont ri en chœur. Puis un autre derrière lui, tout ébouriffé, a demandé : « Est-ce qu’on pourra toucher un petit salaire ? » Et dans la foulée, son voisin : « et vous, vous gagnez des millions ? » J’ai ri. Ces gamins n’étaient pas traumatisés. Malgré leur pièce de théâtre sur la colonie d’Izieu - 44 enfants raflés et déportés.

 

Avec l’équipe de France 3, nous avons commencé les tournages pour le feuilleton. En une heure, je connaissais tous les prénoms de la classe. Nous avons suivi les répétitions, les cours d’histoire, et puis j’ai interviewé les élèves. A chaque fois, un long entretien, assise par terre seule avec l’enfant dans la cour. Je les ai fait parler de la pièce, des répétitions, de l’histoire de France. Chacun y allait de son analyse.

 

Noa m’a parlé du « maréchal Pépin ». Samuel, les sourcils froncés, m’a expliqué qu’il avait « carrément sauté en l’air » en apprenant que Pétain avait collaboré avec les Allemands. « C’est vraiment pas cool, il a failli nous faire perdre ! »

 

J’ai demandé aux enfants ce qu’ils avaient ressenti en découvrant l’histoire des enfants d’Izieu. Ils ne semblaient pas avoir trop peur. Mais ils trouvaient cela « injuste », « triste », « inégal ». Avec Lisa, haute comme trois pommes et qui respire l’intelligence,  j’ai eu une discussion d’adultes sur l’importance du devoir de mémoire.

 

Ces enfants m’ont bluffée. Tous. Par leur sensibilité, leur intelligence, leur naturel, leur spontanéité. Mais aussi leur humour. Ils méritent ce film, j’en suis persuadée. Car il faut prendre le temps de les voir étudier l’histoire, évoluer dans leur rôle au fil des répétitions, plonger dans les mémoires de leur famille et finalement découvrir la maison d’Izieu.

 

Je souhaite réfléchir aux moyens de transmettre à des enfants le souvenir d’évènements historiques douloureux  (le drame des enfants d’Izieu est emblématique des horreurs de la seconde guerre mondiale) et de respecter ainsi le travail de mémoire, avec la distance raisonnable, mais en permettant d'élargir leur réflexion sur le monde.

 

Dans ce film, je veux donc répondre à UNE question :

 

Comment réussit-on à transmettre à des enfants une Histoire terrible impliquant des enfants de leur âge, sans les traumatiser ?

 

Une des réponses, c’est le théâtre, le jeu. Ils permettent une mise à distance, et une légèreté essentielles. Le metteur en scène et l’instituteur sont clairs : les enfants sont des comédiens. Ils JOUENT les enfants d’Izieu.

 

« Dès qu’il s’agit d’aborder les choses graves, j’ai pris le parti de leur faire dire de façon poétique, explique Yvette, metteur en scène, rien n’est dit par les enfants de façon réaliste par rapport à la déportation, au fait qu’ils vont mourir… Ca, ce n’est pas eux du tout qui le disent, c’est évoqué. On ne peut pas faire endosser à des enfants un drame pareil... »

 

Les enfants jouent et à travers cette pièce ils comprennent (pour la plupart) l’histoire terrible de ces enfants juifs. Ils deviennent ainsi, bien que tous à priori éloignés de cette histoire, des "transmetteurs de mémoire".

 

                                                                                Audrey Gordon

Qui suis-je ?

 

Nom: Audrey Gordon

Âge: 24 ans

Métier: journaliste (France 3)

Débuts: Service international de Libération (correspondante à New York en 2008 pour les élections américaines)

Diplômes: licence d'histoire et master de l'Ecole de journalisme de Sciences Po Paris

Voyages/reportages: Chine, Etats-Unis, Israël, Italie, Maroc, Mexique, Roumanie,...

Aspirations: journaliste et réalisatrice de documentaires

Signes distinctifs: chignon en pagaille et sac de sport

 

                                 

AVEC:

- IMAGES : BEN HOFFMAN

 

www.benjaminhoffman.fr

Ben Hoffman, 25 ans au début de la collecte, 26 à sa clôture est photographe et journaliste. Convaincu par les vertus du crowdfunding il a déjà eu recours à Kkbb avec son projet Beta Israël les derniers Juifs d'Ethiopie. Passé dans des rédactions aussi éclectiques que sympathiques, il prend petit à petit le virage de l'indépendance et s'associe aux projets qui le touchent. C'est le cas de Retour à Izieu pour lequel il orchestrera la réalisation des images.

Signes distinctifs: jamais rasé mais bigarré .

 

- SON : BEN SILVESTRE

 

 

Why fund it?

                                   

 

Pendant trois mois, j'ai travaillé à la réalisation d'un 13 minutes pour France 3 Bourgogne sur le sujet, diffusé début mai (vidéo ci-dessus).

 

 

Parce que doucement s'efface la mémoire, parce que ce projet la maintient en vie, parce que ces enfants la transmettront à leurs enfants, je veux que chacun connaisse cette histoire, s'en inspire.  

 

Je veux donc réaliser un film documentaire de 52 minutes. L'approche est différente. Les fonds serviront à retourner filmer les enfants:

 

- en classe: apprentissage de l'histoire

- en "tournée": lors des diverses représentations - travail théâtral, implication dans le sujet, cohésion

- en famille: discussion autour de la mémoire

- à Izieu: découverte de la maison, des photos des enfants, rencontre avec des anciens de la colonie

 

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Audrey Gordon

Journaliste et réalisatrice de documentaires

Newest comments

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C'est sûrement très bien, et je n'ai pas donné de l'argent dans l'espoir d'avoir une contrepartie, cela dit je n'ai jamais reçu aucune nouvelle, comment cela se fait-il ?
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Super projet!! bravo audrey et toute l'équipe!
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Je souhaite courage et succès à Audrey et toute l'équipe