Participer à la réalisation de « Rockabilly 82 » un beau et rare livre photo sur une jeunesse des années 80 photographiée par Gil Rigoulet.

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Présentation détaillée du projet

 

Les photos, que vous découvrirez dans le livre « rockabilly 82 » racontent des histoires, sorties pour la première fois des classeurs de Gil Rigoulet qui fut le premier photographe attitré du Monde. Après plus de trente ans de sommeil, ce témoignage rare et unique d’une époque où être rockab, ce n’était pas seulement de la musique, une coupe de cheveux, des fringues et danser, c’était avant tout être et simplement exister, va enfin être édité grâce à votre participation.

 

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« Deux packs de « Kro » posés sur le coffre de la Chambord bleue au toit blanc, samedi après-midi, au fond d’une impasse, dans le quartier de Saint-Michel.

Des pavillons années 1950 nous entourent, il faut changer le feu arrière de la voiture, les bananes sont nickel, on discute des points de rouille, du Ranch où tout le groupe va se retrouver ce soir.

Une gamine en fichu sur la tête d’une autre époque s’assied près de nous, deux Aronde arrivent, l’après-midi glisse, Crazy Cavan & The Rhythm Rockers sur le lecteur de cassette de la Chambord électrisent l’air.

Les packs sont vides, plus de « Kro », le V 8 de la Simca Versailles ronronne comme une américaine, on se tasse dans les voitures et on va tous détaler… Mon Nikon F imprime les Tri X…

 

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Pendant trois mois, je vais suivre Marco, Raynald, Michel, Éric, Boumé, Lionel, Titi, Denis, Alan, Jimmy, Laurent, Bouboule et les autres, dans leur chambre, avec leurs parents, au salon de coiffure Tuffier, au boulot, chez King Bee, le disquaire, sur le parking où ils réparent leur Aronde, leur Chambord… Au bar Le Liberty, les soirées « danse » au Ranch Jularedo, la bande où les potes (c’est ce qu’il y a de plus important au monde) sont plus importants qu’une gonzesse ».

Gil Rigoulet, Évreux, Normandie, avril 1982.

 

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« Nantes, 21 juin 2014, jour de la fête de la musique. Au programme, détente et séance de travail avec Gil Rigoulet, que j’ai rencontré par l’intermédiaire d’un ami commun, Xandre Rodríguez, qui connaissait mes travaux sur les subcultures britanniques.

 

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Gil me montre un exemplaire de La Dépêche d’Évreux, en date du 10 avril 1982, dans lequel il a publié une douzaine de photos que l’on retrouve dans cet ouvrage. L'une est le portrait d'un jeune fumant une cigarette et « arborant une jolie banane au-dessus du front » pour reprendre la légende. L'autre montre un bras orné d'un tatouage, un personnage stylisé surmonté du mot « rockabilly ». Entre ces deux photos, à la verticale, un titre en majuscules : « LES ROCKS ».

 

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Le journal évoque ces « curieux personnages » âgés de 20 ans, « nostalgiques des années 50, dévoués au rockabilly [et] atteints du complexe de panoplie ».

Panoplie ? La formule fait immanquablement penser à Dick Hebdige, auteur de Sous-culture, le sens du style paru dans sa première édition anglaise en 1979[1]. Ce chercheur britannique en sciences sociales a étudié les modes d'expression des mouvements juvéniles qui se sont succédé outre-Manche tels les teddy boys, les mods, les skinheads, les punks… Il a révélé la véritable signification des attributs de ces sous-cultures (vêtements, coupes de cheveux, accessoires…) au travers de leur usage symbolique. Selon Dick Hebdige, ces attributs sont investis d'une valeur sous-culturelle au moyen d'une combinaison ou d'un « bricolage » stylistique où chaque élément a son importance et dont l'ensemble fait sens. D'où l'expression de « panoplies signifiantes » pour qualifier ces « looks » issus de la rue et associés aux divers courants musicaux qui vont éclore en Angleterre avant de s'exporter, bien au-delà des banlieues londoniennes. Jusqu'à Évreux, par exemple…

 

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Ce qui distingue précieusement la bande de « rocks » d’Évreux, c’est qu’ils exhibent de la tête aux pieds, par un acte gratuit d'affirmation, leur passion pour une musique qu'ils associent à une mythologie et qu'ils érigent en mode de vie.

En cela, ils sont bien plus que des fans de rock. Ils incarnent et personnifient le rock. Ils sont le rock »…

Gildas Lescop, sociologue, auteur du texte du livre.

[1] Dick Hebdige, Sous-culture, le sens du style, Édition La Découverte, Paris, 2008.

 

 

 

À quoi servira la collecte ?

 

Il est aujourd’hui très coûteux de réaliser un livre de photographie et c’est pour cela que nous faisons appel à vous.

La région Normandie et le département de l’Eure sont déjà partenaires, mais pour produire l’ouvrage tel que nous le désirons :

- nous avons augmenté le format initial du livre

- nous avons choisi un matériaux de couverture de très belle qualité

- nous désirons que l’ouvrage soit relié. Nous sommes donc à la recherche d’un budget complémentaire de 3 500,00 €, ce qui correspond à presque 15% du coût global de la production de l’ouvrage.

Décomposition du budget :

Conception, direction artistique, maquette : 15%

Suivi éditorial et fabrication, relectures : 15%

Droits d'auteurs textes et images : 10%

Frais de communication et envois presse : 5%

Frais prepresse, impression, façonnage et transport : 50%

Frais de structure et envois postaux : 5%

 

Grâce à vous et si nous dépassons l’objectif, nous pourrons alors, cerise sur le gâteau, faire imprimer et insérer dans le livre un fac-similé des 4 pages du journal La Dépêche d’avril 82 consacrées aux « Rockabs » de Gil Rigoulet.

 

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Le livre :

ROCKABILLY 82

 

Photographies : Gil Rigoulet

Texte : Gildas Lecop

104 pages, format 21 x 24 cm

58 images en bichromie, relié avec couverture rigide

Français / anglais, prix : 29 € - parution 28 juin 2016

ISBN : 979-10-92265-44-6

 

 

Événements à venir autour de la sortie du livre « Rockabilly 82 » .

 

- derniers jours de juin (date à préciser) au Plac’art Photo Paris, chez notre ami Clément Kauter, première présentation du livre + quelques images sur les murs de la galerie et quelques « Kro » dans la cour

- début juillet, présentation signature au Cosmos Ales Books pendant les Rencontres Photo à Arles

- en octobre, avec l’Abordage et l’organisation du festival “Le Rock dans tous ses états” à Evreux : 2 conférences , l’une avec Gildas Lescop, sociologue et auteur du livre à la Médiathèque d’Evreux , l’autre à L’Abordage avec Christophe Aplaincourt directeur du 106 de Rouen, ainsi qu’Alain Lambert pour nous éclairer sur l’histoire du Rock à Evreux. Une présence de photos à la Médiathèque est prévue, des kakemonos dans la ville et une exposition dans la “rue “ et le Club de la nouvelle SMAC

- un petit festival de groupes Rockabilly est en cours d’organisation pour l’automne. La date de ce mini festival sera précisée par l’Abordage

- Le Pole Image de Rouen prévoit une exposition sur l’histoire du Rock en Normandie courant 2017

-  A l’automne, nous prévoyons l’organisation d’un événement à Paris durant la période de Paris Photo ( le plus grand marché au monde de la photographie) où le livre sera présent

- Et d’autres évènements à venir…

 

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BIO DES AUTEURS

 

Gil Rigoulet, photographe

« Il voulait devenir styliste automobile, rivaliser avec Pininfarina ou Bertone. Au concours des Arts appliqués, on lui dé­conseille, pour cause de... daltonisme. C’est comme ça que Gil Rigoulet est devenu photographe professionnel. À 19 ans, il commence à regarder le monde au travers d’un 50 mm, boîtier Ricoh. Plus tard, ce sera un Nikon F. Qu’importe, ce qui compte c’est l’intensité du regard, le désir d’avancer, de voir et de donner à voir. Pour lui, toutes les occasions seront bonnes : des rockers aux mèches gominées, les baisers d’amour, les photographes en goguettes, les routes du monde, les eaux de Molitor…

L’énergie de Gil est communicative : Le Monde, Grands Reportages, Terre Sauvage ou Géo le publient. Il a le déclen­cheur sensible et la bougeotte. On l’envoie aux quatre coins du monde. Il le parcourt, sans se lasser, jusqu’à ce que le contemplatif finisse par supplanter le baroudeur. Le regard change ; davantage tourné vers la nature (les sentiers du Cotentin), l’indicible (le corps, des vases, des fleurs séchées), des paysages filant à grande vitesse. La sensibilité d’un photographe est toujours en mouvement». 

 

 

Gildas Lescop, auteur du texte

Sociologue spécialiste des contre-cultures, Gildas Lescop est auteur d’une thèse sur les skinheads, et de plusieurs articles sur la musique. Cet objet d’étude, lié aux cultural studies, l’a amené à s’intéresser plus largement, et toujours dans une perspective socio-historique, à différentes thématiques concernant l’émergence, la construction, la diffusion et la réception de diverses subcultures.

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D’abord éditeur chez Images En Manoeuvres Éditions, il crée André Frère Éditions en 2013 après avoir obtenu le prix Nadar avec J.-C. Bourcart pour l’ouvrage Camden en 2011 et le « Prix du livre historique » aux Rencontres d’Arles pour l’ouvrage Les livres de photographie d’Amérique Latine de H. Fernandez en juillet 2012 Depuis, il a édité des... Voir la suite

Derniers commentaires

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une idée de contribution dans l droite ligne de la soirée de demain. Bises Muriel
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Cher André, l'objectif ne sera sans doute pas atteint mais si je comprends bien le livre sera quand même réalisé. Savez-vous si KKBB vous autorisera à conserver nos contributions?
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Magnifique projet ! J'avais 14 ans à l'époque quand j'apercevais à Saint-michel "ces loulous" qui me faisaient un peu peur. Aujourd'hui , j'en croise encore quelques uns et les regarde avec nostalgie. Vive le Rockab'!