Contribuez à la production et à la diffusion de Sans cercueil, et si le coeur vous en dit aux obsèques de Sylvie.

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Présentation détaillée du projet

Synopsis

Trois personnages: Sylvie, Jean-Paul et Christine. 
L’ action se passe chez Sylvie. Christine et Jean-Paul, venus la visiter, la trouvent fraîchement décédée. Sans être de la famille, ils ouvriront tiroirs et dossiers, et tenteront de mettre en place les obsèques d’une défunte peu conforme.  

 

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Genèse

Ce projet est le fruit d'une recherche qui a débuté à l'automne 2010 lors d'un voyage au Mexique. Un des objectifs de cette expédition était de découvrir et de participer à la fête des morts «El dia de los muertos» les 1er et 2 novembre.
 Pour profiter de cette tradition païenne dans les meilleures conditions, j'ai choisi d'aller quelques semaines avant l'événement dans la région de Patzcuaro dans l'état du Michoacan (centre ouest du Mexique), fief du peuple Purepecha, père et gardien de cette tradition. «El día de los muertos» est à priori l'équivalent de notre Toussaint occidentale. Mais en présence, cette nuit et cette journée s'avèrent radicalement exotiques : Joyeuses, festives et gargantuesques. Les rapports aux morts et à la mort me sont complètement inconnus et me questionnent sur ma propre culture et ses traditions funéraires.

 

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A mon retour, l’écart entre cette nouvelle vision et celle de l'occident s'approfondit. Des recherches et des rencontres en Belgique et en France s'opèrent sur ce vaste sujet et mon attention finit par se concentrer sur l'aspect pécuniaire de ce moment de vie qui promettait de balayer de nombreuses réflexions sociales et comportementales.

 

«Sans cercueil» est ainsi un regard sur la mort à travers le prisme des obsèques. La mort dans ses considérations concrètes, matérielles, physiques et financières.

 

Parallèlement à cette thématique je désirais développer un processus de travail particulier qui entremêlerait étroitement l'écriture, la mise en scène et la direction d'acteurs. Décloisonner les rôles, inventer des séances de travail atypiques, créer et se rendre disponible à une forme d'expérience théâtrale et fabriquer des outils de création singuliers me semblaient être la base de projets solides et innovants. L'aventure n'aurait pu avoir lieu sans la collaboration d'une équipe de confiance. De ces postulats, et grâce à une bourse découverte de la communauté française de Belgique, nous avons pu réaliser une première étape d'écriture en 2011/2012.

 

 

L'équipe

Avec : Jean Lepeltier, Aurore Lerat, Barbara Roman

Scénographie et lumière : Reynaldo Rampressard

Chargée de diffusion: Marie Camoin

Conseiller dramaturgique: Boris Bombek

Auteur et metteur en scène: Cécile Cozzolino

 

 

Note d'intention

Nous cherchons à disséquer attitudes et comportements humains et à mettre en liens des pensées relativement générales et intemporelles de l'humanité et des problématiques économiques et sociales actuelles.
 En prenant en considération l'Histoire et notre évolution sur ce sujet précis : les obsèques, «Sans cercueil» invite à réfléchir sur notre condition, nos quotidiens, nos modes de vie et notre avenir.

Notre travail n'est pas d'apporter une réponse, mais de déplier ces concepts afin de permettre à tout un chacun de tisser du lien et de créer du sens. Ainsi il est un projet profondément contemporain et trouve sa légitimité aujourd'hui.  

 

 

Intentions dramaturgiques

1) Nous inscrivons «Sans cercueil» dans une problématique économique de la mort et proposons avec humour et décalage une fiction dans laquelle ces pensées pécuniaires sont étirées jusqu'à l'absurde par le biais de situations et figures caricaturales. Nous cherchons les paradoxes, les contradictions, l'humanité et la monstruosité de ce commerce funéraire à la fois méprisé, tabous mais nécessaires à notre difficulté à côtoyer la chair morte.

 

« Je vous préviens, croque-morts de France: mon cadavre sera piégé. Le premier qui me touche, je lui saute à la gueule.» Pierre Desproges

 

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2) À côté de cette première vision, nous verrons un rapport aseptisé au corps. 
À l’heure où la vieillesse dérange et se cache derrière des couches de fond de teint, la mort dégoûte, s’embaume pour faire « plus vivant », s’enferme hermétiquement et se délocalise au plus loin des habitations. 
Les soins palliatifs, les homes et les pompes funèbres deviennent alors aubaine. Ils actent ces gestes que nous ne ferions plus. Christine et Jean-Paul, les protagonistes de «Sans cercueil», vont être confrontés à une mort et inévitablement à la leur. Ils sont traversés par différents sentiments (dégoût, compassion, répulsion) mais dépasseront de nombreuses peurs et révèleront la beauté de la préparation d'un corps mort qui ne se place certes pas dans les canons de beauté habituels mais qui exprime la grâce et la puissance du cycle de la vie.

 

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3) D'autre part, nous questionnons les législations obsèques.
 Les lois européennes sécuritaires et hygiéniques nous imposent une réglementation sévèrement ficelée. Une série d’articles et de lois imposent un protocole rigide et dédaléen au moment de la mort. En découvrant les dernières volontés du personnage mort mais principal: Sylvie, nous ouvrons une thématique qui questionne les limites du concept de justice.
 Sylvie ne veut ni se faire enterrer ni être incinérée. Elle veut simplement être déposée dans la nature et que son corps se désagrège à l’air. Pris dans un enchaînement d'événements et d'informations, les personnages se verront pris dans l'engrenage d'un délit punissable.

 

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4) Enfin, nous traitons les marges du langage et de l'intimité.
 Sylvie collectionne des textes et écrit elle-même. Ses carnets seront lus post mortem. Jean-Paul et Christine vont découvrir un jardin secret qu'ils ne soupçonnaient pas et rencontrer une autre Sylvie. Qui est-on aux yeux des autres ? Comment sommes-nous perçus et comment nous percevons-nous nous-mêmes ? Comment exprimer au plus près et au plus juste son ressenti ? 
Dans cette rencontre post mortem, se pose aussi la question de la violation de l'intime alors que l'être n'est plus. Jean-Paul et Christine vont chercher dans les affaires de Sylvie afin de découvrir une marche à suivre. Ils lisent ses carnets intimes, ouvrent les placards, cherchent dans les tiroirs. De quel droit ? Une nouvelle fois, des questions de droit, de devoir, d'éthique et de loi se poseront.

 

 

Mise en scène

Pour traiter nos intentions dramaturgiques, nous nous concentrons sur quatre principes de mise en scène.

 

1) L'humour

«Je ne fais pas confiance dans l'absence d'humour, dans le sérieux et la mine importante, cela indique toujours un manque d'intelligence.» Tadeuz Kantor.

 

Le rire nous semble être l'outil formidable pour questionner tout en s'évitant aigreur et amertume. Rire pour être surpris et curieux. Convertir en farce pour ne pas rester figé, pour pouvoir distordre, comprendre et avancer dans des sujets et des réflexions profondes sans s'enfermer dans un drame douloureux. Utiliser l'absurde pour prendre conscience de nos situations.

 

«Il faut rire de tout. C’est extrêmement important. C’est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans.» Pierre Desproges

 

2) Le huis clos


Les deux vivants, Christine et Jean-Paul, entrent chez Sylvie, morte.
 Immédiatement, les deux acolytes se retrouvent dans un sentiment étouffant et insupportable. Leurs attitudes et actes signifient leur nécessité d'appartenir au temps des vivants. Les corps s’agitent de manière futile, des gestes et des actes inutiles se font à répétition, l’assise et le repos sont instinctivement interdits, la parole fuse à gros débit. Une douce panique qui cherche rapidement une solution pour reprendre un cours de vie normal.

 

3) Les rapports au corps

Les séquences écrites permettent de jouer entre, de créer autour et de contraster avec. Elles donnent la possibilité d'introduire des propositions scéniques corporelles et visuelles en contraste avec le texte. Ce corps mort contamine les vivants. Les personnages expriment leur dégoût pour ce corps qui risque à tout moment de commencer sa putréfaction. Christine et Jean- Paul ont des difficultés à le toucher. Ils sont surpris par la texture de la chair et la température du corps. Les gestes envers Sylvie hésitent, hoquettent et trébuchent. À cela s'ajoutent des propositions physiques qui contrebalancent ces attitudes et mettent en relief de manière poétique des rapports au corps et à la matière chair. Ces passages s'inspirent des traditions d'antan et d'autres cultures.

 

4) Cultiver le paradoxe

Toujours soucieux de laisser la porte ouverte à la réflexion, nous ne portons pas de message en particulier et évitons tout propos didactique.
 Ainsi, une grille d'improvisation se place sur la structure du texte de «Sans cercueil» en filigrane. Les acteurs maîtrisent une partition très précise et peuvent "interrompre" la continuité pour entrer dans la grille d'improvisation qui permet de créer un plateau extrêmement vivant, des pensées et idées surprenantes, contradictoires et paradoxales mais toujours cohérentes avec les personnages et ainsi représenter cette qualité humaine qui, prise dans des flux d'idées de sentiments et d'émotions, change et se transforme à chaque instant.  

 

Extrait du texte

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(...) Christine: Ça vient du moyen-âge peut-être

Je dis ça parce que le chevalier comme ça qui meurt

À cheval

C'est épique

Mourir comme ça

Comme ça dans la forêt

Comme ça à même la terre dans la forêt

Avec les feuilles et la terre et la mousse et les bêtes temps.

Mais aujourd'hui y’a jamais totalement toute la nature tout autour

À cause des autoroutes et des nationales

Cinquante ou même trente kilomètres de nature

Et t’es sûr de tomber sur au moins une canette

Au moins une canette de soda

C’est certains

Y’a des statistiques

Y’a des statistiques  qui ont compté les probabilités de tomber sur une canette de soda dans la forêt à l’heure du trépas

Je sais pas

Mais t’es sûr y’en a au moins une

Alors t’as pas de cercueil c’est beau,

Toi-même tu fais ta communion c’est beau

Tu sens et tu sais ta mort arriver, aussi c’est beau

Ton cheval repart à l’état sauvage c’est beau

Être mangé par d’autres animaux, ça a du cachet,

Mais finir la tête sur une canette de soda

Ça

À quoi servira la collecte ?

Nos avons budgétisé la création et entamé les démarches de production de "Sans cercueil" en avril 2013. La masse salariale représente les deux tiers de ce budget.
 L’argent de cette production passe avant tout dans la rémunération et la professionnalisation de toutes les personnes qui vont œuvrer à ce projet.

 

Nous faisons du spectacle vivant, créé par des vivants et pour des vivants malgré notre intérêt pour les morts ! Cet aspect est la pierre d’achoppement de notre conception du théâtre. Des corps portant de la parole dans un espace. La base de “Sans cercueil” et de
 la compagnie se situe là. Dans l’humain, dans sa richesse, sa complexité et ses paradoxes. Dans ce qu’il permet de comprendre du monde, de philosopher et d’évoluer.

 

Compagnie émergente, nous avons établit le financement de la création en sollicitant deux subventions et en prévoyant d'introduire un projet kisskissbankbank afin de clôturer notre budget. La somme que nous sollicitons ici représente le financement du décor (2000 €) ainsi que les costumes pour les trois comédiens (200 €) pour la création dans le courant de la saison 2014/2015. Une période de résidence (étape de travail) aura lieu en décembre 2013 au centre culturel de Forest (Bruxelles/ Belgique)  et en mars 2014 à Quai de scène (Bourg lès Valence) afin de présenter notre travail à d'éventuels diffuseurs et coproducteurs avec qui nous sommes en contact.

 

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Cécile Cozzolino

Auteur, metteur en scène . Née en France en 1981.
 Après des études secondaires théâtrales, j’intègre de 2001 à 2004 la formation de comédien de l’Erac (école régionale d’acteurs de Cannes en France) où j’ai pratiqué différentes techniques ( l’alexandrin, l’interprétation de textes classiques et contemporains, le jeu masqué, le clown, l’écriture... Voir la suite

Derniers commentaires

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Bravo pour la réussite kisskissbankbank!! et très bonne continuation,j'espère qu'un jour on ne sera plus obligé de dépenser tant d'argent pour laisser partir nos morts...
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Que cent cercueil fleurissent, ou à l'instar d'Hundetwasser...sépulturez sylvestre alentour!
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bravo et a bientôt