Aidez nous à défendre la culture millénaire de nos frères d'Amazonie, les Shuars!

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Présentation détaillée du projet

En bref

 

Shuar Najantai ou "ce que sait le Shuar" est un projet de film documentaire visant à transmettre et valoriser la culture Shuar pour ralentir le phénomène d'acculturation auquel elle est confrontée.

 

À propos du peuple Shuar :

 

Famille Shuar

Famille shuar

 

Anciennement appelés Jivaros par les conquistadores espagnols, le peuple Shuar est un peuple natif d’Amérique latine regroupé au Sud Est de l’Équateur, principalement dans la province de Morona-Santiago et au nord du Pérou dans la forêt amazonienne. Du fait de leur situation géographique et donc de leur environnement, les Shuars entretiennent une relation étroite avec la nature et la forêt qu’ils protègent autant que possible des compagnies pétrolières et minières.

 

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Communauté Shuar

 

Tout ce que l’on connaît chez nous de ce peuple, c’est sa tradition morbide de fabrication de tsantzas, ou têtes réduites, qui ne se pratique plus depuis longtemps d’ailleurs, alors que sa culture est immensément plus riche et mérite d’être connue. Les Shuars possèdent leur propre langue, leur propre gastronomie, leur propre médecine basée sur une connaissance des plantes exceptionnelle, ainsi qu’une mythologie qui n’a rien à envier à celle des Grecs ou des Égyptiens.

 

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Changrina ou panier artisanal

 

Dans la cosmovision Shuar, Arutam (Dieu, ni plus ni moins) vit dans les cascades. Il exprime sa volonté aux hommes par le biais de ses émissaires :  

Nukui la déesse protectrice des femmes, et des cultures.

Shakaim le créateur de la forêt, maitre du travail et des constructions.

Etsa, le dieu solaire, créateur des animaux terrestres qui a civilisé les hommes pour les libérer de l’anthropophagie en leur enseignant la chasse.

Ayumpum le Maître ou maitresse, selon ses formes, de la vie et de la mort et divinité de la guerre.

Tsunki le Dieu chaman de la médecine et créateur des animaux aquatiques.

 

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Uwishin ou Chamane

 

Ces divinités influencent chaque aspect de la vie quotidienne des  hommes, qu’ils invoquent à l’aide de chants, de pierres magiques et bien entendu de rituels tels que le rituel de la cascade sacrée pour s’approprier  la force d’Arutam, le rituel de la couleuvre pour fêter la rémission d’une personne mordue par un serpent ou encore la cérémonie du Natem, l’Ayahuaska en Shuar, pour rentrer en contact avec le monde spirituel.

 

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Cérémonie de la cascade sacrée

 

Même si les shuars ont adopté la religion catholique sous l’influence des missionnaires Salésiens, ils ont su préserver pendant des siècles croyances et traditions qu’ils ont légèrement adaptés pour convenir aux exigences de l’église.

 

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Bible traduite en Shuar

 

Malheureusement, après l’influence des Espagnols, puis celles des missionnaires, vient s’ajouter cette chère mondialisation et son consumérisme irraisonné. Et, cette fois, malgré la fierté et la volonté solide du peuple Shuar les anciennes traditions se meurent peu à peu. Aujourd’hui par exemple, aucun jeune vivant en ville (et ils sont de plus en plus nombreux) ne sait parler la langue natale de son peuple, pas plus qu’il ne connaît sa mythologie. En revanche, comme nous, il rêve du dernier smartphone, de la dernière moto ou de la dernière télé qu’il s’endettera pour acheter alors qu’il n’a pas de quoi se payer à manger. 

 

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Le Shuar et la technologie

 

Dans les communautés plus isolées, en forêt, le phénomène est heureusement moins important puisqu’un smartphone sans réseau ou électricité ne sert pas à grand-chose. Mais il n’en reste pas moins présent, et le pouvoir de l’argent corrompt le cœur des hommes en créant des besoins n'ayant jamais existé chez ce peuple de chasseur-pêcheur qui jusqu’il y a peu savait se contenter des fruits de la forêt.

 

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Maison Traditionnelle

 

C’est dans ce cadre délicat d’une culture en péril que s’inscrit le projet Shuar Najantai.  

 

Qui somme nous ? :

 

Pour ceux qui ne me connaissent pas, moi c’est Bastien j’ai 26 ans et je suis ce qu’on pourrait appeler un voyageur… après avoir étudié le montage vidéo et l’assistanat réalisation je me suis lancé dans la vie active et ai commencé à travailler à Paris dans une chaine de télévision jusqu'à ce que je réalise qu’en aucune façon cette vie ne me convenait. Certes j’aimais vraiment le montage, mais le milieu de la télévision et surtout la vie Parisienne c’était autre chose…

 Une personne, à qui je dois beaucoup, m’a alors montré le chemin du voyage. Je suis donc parti en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Islande, passant à chaque fois plusieurs mois dans un même lieu pour m’imprégner de la culture locale et vivre comme un Autochtone. Mais très vite le fait de créer, de filmer, de monter, d’écrire m’a manqué. Ainsi, à mon retour d’Islande, je me suis mis en quête d’un projet intéressant que je pourrai réaliser à l’étranger. C’est comme ça que j’ai rencontré Anne Denys une universitaire spécialisée dans les médecines traditionnelles d'Amazonie.

 

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Bastien Mazars

 

Lors de ses recherches Anne a passé beaucoup de temps en Équateur et au Pérou se faisant par le fait de nombreux amis là-bas, notamment chez les Shuars . Je lui ai raconté mes envies, mes projets et sans hésiter elle m’a répondu : « tu devrais parler avec Nelson, je pense qu’il sera enchanté de travailler sur un tel projet ». Je suis donc rentré en contact avec Nelson Tsamaraint qui est devenu mon associé actuel et responsable du projet.

 

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Nelson Tsamaraint

 

Nelson, est Shuar vous l’aurez compris. Fils de chamane, il a choisi de consacrer sa vie à défendre et valoriser la culture des siens. D’abord directeur de santé à la FISCH, la fédération Shuar il a ensuite créé l’association ethnoculturelle Tuntiak avec l’aide d’une autre de ses amies françaises dans le but, justement d’organiser des actions culturelles et de favoriser le tourisme dans les communautés Shuar. Un projet de documentaire a même été lancé à cette époque mais malheureusement l’appât du gain, la jalousie et la cupidité de certains ont rendu impossible tout tournage. Comme le dit Neslon : "les gens pensaient trop à leur petit intérêt personnel plutôt qu’au bien de leur culture".  

 

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Logo de l'association Tuntiak

 

Aujourd’hui Nelson travaille au conseil Provincial de Morona-Santiago, l’équivalent de notre conseil régional, il est en charge de délivrer les aides du gouvernement aux communautés ayant soit des projets touristiques, soit des projets de réhabilitation de chemins ou de ponts, pour améliorer le quotidien de chacun. Et, bien entendu, il continue de faire vivre son association travaillant avec des groupes de femmes qui confectionnent des bijoux traditionnels pour les aider à vendre directement leur artisanat sans passer par des intermédiaires qui s’enrichissent sur leur dos.

 

Le projet :

 

Avec le projet Shuar Najantai, notre intention est de réunir le plus de savoir possible sur chaque grand pilier de la culture Shuar : la gastronomie, la musique, la danse, la mythologie, les cérémonies et la médecine, et de les reporter sur support vidéo. Ceci, dans le but d’en faire un film documentaire de 52 minutes environs, en langue Shuar sous-titré en espagnol, que chaque institution locale qu’elle soit scolaire ou culturelle pourra diffuser. De plus, nous aimerions créer, avec les documents que nous ne pourrons pas utiliser dans le montage, une base de données en ligne accessible à tous ceux qui seront désireux d’en apprendre plus sur les grands thèmes évoqués ci-dessus.

 

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Capture d'écran de l'une des videos tournées

 

Notre but est collecter ce savoir pour en faciliter l’accès, car jusqu'à présent il a été très peu retranscrit de manière fidèle. La tradition Shuar se transmettant oralement, ce sont les prêtres salésiens qui se sont chargés de rédiger les mythes par exemple, et ils ont bien évidemment pris soin, comme je le disais plus tôt, de modifier quelques petits détails pour que tout corresponde à la Bible et la vie de Jésus. Qui plus est, les anciens ont pour habitude de transmettre leurs connaissances aux enfants les plus méritants de la famille. Ors, comme de nombreux jeunes se désintéressent de la vie en forêt, les plus vieux se taisent et finissent par emporter leur secret dans la tombe entrainant de par le fait un appauvrissent de la culture.

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Ancien Shuar et son petit fils

 

Bien sûr nous n’allons pas réussir à collecter tout le savoir des Shuar en quelques mois. Pas plus que nous ne sauverons à nous seuls cette culture. Mais nous pouvons créer des émules, donner envie à plus de Shuars d’agir pour leur peuple, de transmettre leurs connaissances. Et peut-être que sur cent personnes qui verront le film seulement trois se diront « mince elle est belle ma culture quand même, je veux en savoir plus, je veux la faire vivre ! ». Mais ce sera toujours trois personnes de plus qui défendront leur origine et feront reculer le phénomène d’acculturation qui s’installe chaque jour un peu plus.

 

 Pierre Rhabi agriculteur, écrivain et penseur français a un jour conté l’histoire suivante :

 

 « Un jour il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants le désastre. Seul un petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment un tatou agacé par ses agissements dérisoires lui lança : Tu n’es pas fou? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu? Je le sais bien répondit le colibri, mais je fais ma part ! »  

Nous aussi donc nous faisons notre part, moi en mettant mes connaissances au service d’un peuple qui m’offre l’hospitalité et Nelson en mettant tout ce qu’il peut en œuvre pour défendre les siens.

 

Attention cependant. En aucun cas nous n’aspirons à un retour total aux sources. La culture Shuar évolue comme toute autre culture, elle se modernise au contact de la culture occidentale et ceci n’est pas un mal tant qu’elle peut trouver sa place. Ce que nous voulons empêcher c’est qu’elle ne disparaisse totalement écrasée par l’uniformisation et le consumérisme de notre monde moderne.

 

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Enfants se préparant a danser la danse traditionnelle Shuar

 

Ce film sera donc réalisé à l’intention du peuple Shuar avant tout. C’est un projet Shuar pour les Shuars. Il n’est pas d’actualité, du moins dans le cadre de ce projet-ci, de le diffuser en Europe. Ceci dit il, n’est pas exclu qu’à mon retour en France j’effectue un remontage du film ou que je prépare un article ou une exposition avec les photos que j’ai prises pour partager le savoir qui m’aura été transmis car je crois que si les Shuars ont pu apprendre de notre culture, nous pouvons aussi beaucoup apprendre de la leur. Mais ceci est une autre histoire...

À quoi servira la collecte ?

À l'heure actuelle, après prés de trois mois de travail, durant lesquels nous avons beaucoup tourné dans diverses communautés, nous détenons la majorité du matériel nécessaire au montage du documentaire. Ceci dit, il nous reste encore beaucoup de travail. D’une part pour effectuer le montage (plus d’un mois de travail), pour organiser une journée de lancement du film durant laquelle nous aimerions que différents intervenants Shuars viennent présenter leurs connaissances et savoir faire (deux semaines d’organisation). Mais aussi pour filmer toute personne désireuse de partager ses connaissances et ainsi enrichir notre future base de données en ligne.

 

Le problème, c’est que je ne dispose que d’une autorisation de séjour de trois mois en Équateur et que je ne peux pas rentrer en France pour faire le montage sachant que toutes les interviews sont en langue Shuar. Je vais avoir besoin de travailler en permanence avec un traducteur à mes côtés. Je vais donc devoir faire une demande de visa pour trois mois de plus qui coûte 450 dollars.

Qui plus est, nous allons devoir investir dans un ordinateur suffisamment puissant pour réaliser le montage soit environ 700 dollars de plus, et financer les supports DVD pour distribuer les films dans les différentes institutions.

Nous avons demandé une aide aux autorités locale, mais l’Équateur étant un pays relativement pauvre et en crise à cause des nombreux tremblements de terre qui ont sévi ces derniers mois, nous n’avons jusqu’ici rien obtenu.  

 

Alors merci ! Ne serait-ce que pour avoir pris le temps de nous lire jusqu’au bout. Jusqu'à présent nous avons financé seuls le projet, mais aujourd’hui nous atteignons nos limites et vous demandons humblement un petit coup de pouce pour pouvoir aller jusqu’au bout de nos plans.

 

Il serait tellement triste de s’arrêter là, si près du but, simplement pour une question de budget. Alors si vous vous sentez concernés par notre cause, si comme nous et comme le colibri, vous voulez aussi faire votre part, agir simplement pour le bien des autres vous pouvez participer à notre projet. Nous vous en serions infiniment reconnaissants !

 

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Tartelaty

Monteur vidéo de formation je voyage depuis trois ans au grès de mes rêves et de mes envies. Le reste se trouve dans l'article!

Derniers commentaires

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Coucou Bastien, en espérant que ma modeste contribution t'aide dans la réalisation de ton projet, je te fais de gros bisous. Martine
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Une modeste contribution pour un projet très pertinent. Félicitations ! Loïc ( el padre de yann)
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Beau et bon travail à toute l'équipe! MAYGAY