1967, ils ont 17 ans lorsqu'ils quittent Jérusalem vers un avenir meilleur. 50 ans plus tard, je vais à la rencontre de ces hommes expatriés

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Présentation détaillée du projet

L’ouverture des archives israéliennes montre qu’entre 700 000 et 900 000 Palestiniens furent expulsés en 1947 et 1948, au lendemain de la naissance d'Israël. Plus de 500 villages palestiniens ont été rasés pendant cette période.

 

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Une nouvelle vague d’expulsions s’est produite en 1967, année de la guerre des six jours.

L'exil est universel. Mais celui des Palestiniens qui se sont bien intégrés en Occident est finalement assez méconnu, un peu comme s'il devait rester "secret de famille".

 

Mon père, Joseph, est l’un d’entre eux. Je veux raconter son histoire...

1967 : mon père est alors un lycéen de 18 ans. L'année suivante, il quitte Jérusalem, la ville où il est né, pour la France. Il y fera médecine à Nancy.

Partir, c'est ce que feront également ses compagnons de l'époque. Bourse d'étude en poche pour certains, c'est en France, en Allemagne, en Angleterre ou aux États-Unis qu'ils se rendront, loin du conflit, vers un avenir meilleur...

 

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2014 : près de cinquante ans plus tard, nous irons à la rencontre de ces hommes expatriés. Là où ils vivent, travaillent, afin d'entendre leur histoire et de la partager.

 

C’est l’histoire d’hommes proches de nous, de ceux qui ont « réussi » ailleurs, loin de chez eux, mais à quel « prix » ?

Comment leur départ pour l'inconnu s’est-il passé? Comment l'ont-ils accepté, subi ou désiré? Qu’en est-il de leur culture palestinienne? Qu’en ont-ils conservé ? Qu’ont-ils transmis à leurs enfants ? Comment ont-ils vécu leur expatriation? Quel est leur degré actuel de « palestinité » ?

 

   

Notre film sera donc centré sur la rencontre avec les anciens amis d’une même école multiconfessionnelle, avec leur famille, dans leur quotidien, sur leur lieu de vie au sein de leur pays d’adoption, mais aussi dans leur ville natale, avec des amis et parents demeurés en Palestine. Certains n’y sont plus retournés depuis plus de 30 ans...

 

 

Un moyen de témoigner d’un autre visage des Palestiniens, loin des clichés du terrorisme, de la violence et de la pauvreté, loin des stéréotypes religieux, loin des raccourcis sur le « néo-colonialisme »… Une aventure humaine où se mêleront et s’entremêleront l’intime et le collectif, la petite et la grande Histoire.

 

 

Une Longue Insomnie...

 

Jusqu'à maintenant, aucun film ne s'est attaché véritablement à raconter l'histoire des exilés palestiniens, aucun documentaire n'aborde le "sujet" frontalement, c'est-à-dire ne montre l'histoire de ceux qui ont dû et/ou pu faire le choix de quitter leur pays après la guerre des six jours de 1967, pour l'Europe, l'Afrique ou l'Amérique, loin du conflit... et pour un avenir meilleur.

 

C’est l’histoire d’une autre « diaspora », méconnue, que nous allons aborder à travers la parole de témoins ayant étudié dans un même lycée de Jérusalem, une école chrétienne : des amis d’enfance qui ont quitté la Palestine pour Nancy, Grasse, Lourmarin, Zurich, Fribourg, Londres, Atlanta…

 

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La plupart de ces anciens camarades de classe, qu’ils soient « connus » ou « anonymes », sont restés en contact malgré la distance géographique qui les sépare, ce près de 50 ans après…

 

Le film débutera par un grand rassemblement, une fête.

 

Mon père et tous ses anciens camarades ont pris pour habitude de se retrouver entre amis. Après Fribourg (Allemagne), Atlanta (États-Unis) et Lourmarin (France), c'est à Castelfiorentino, près de Florence en Italie, qu'ils se sont donné rendez-vous cette année.

 

C'est Hagop, un graphiste d'origine arménienne, qui a organisé l'évènement.

Au programme : une semaine en communauté dans un vaste domaine, un temps rythmé par des visites touristiques, de grands repas, des discussions, du "farniente" agrémenté de beaucoup de souvenirs et d'anecdotes. Une trentaine de personnes était attendue, ce qui fait de ce cet événement la plus importante rencontre organisée entre ces anciens amis dispersés de par le monde, dont nombre d'entre eux étaient  accompagnés de leurs épouses.

 

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Cela a été pour moi l'occasion de tous les rencontrer et de filmer leurs "retrouvailles" qui furent très fortes en émotion. Ils se sont petit à petit habitués à ma présence et, au fur et à mesure, l'un après l'autre, m'ont livré leur histoire, leurs souvenirs, en confiance. J'ai pu recueillir 9 très belles interviews ( en français et en anglais), ainsi que 8h de rushes qu'il me reste à monter.

 

Ayant tous entre 60 et 70 ans aujourd'hui, la plupart de ces hommes sont retraités ; le fait de ne plus travailler les délivre d'une réserve qu'ils ont pu avoir jusqu'à lors dans leurs propos. Et, avec le temps libre dont ils disposent désormais, ils sont plus disponibles et enclins à se remémorer.

 

À partir de ces premières interviews, certains se sont  "détachés" et sont retenus pour la suite du film, ce afin que je puisse les filmer chez eux, dans leur univers, dans leur quotidien.

 

J'utiliserai les archives personnelles que les uns et les autres me confieront. Des photos de famille, des portraits en noir et blanc... Ce seront autant de supports à leur histoire et à celle de leurs proches.

 

J'en ferai de même avec mes propres archives, celles de mon père.

 

C'est cette histoire intime qui, croisée avec celles de ses anciens camarades, me permettra de mieux comprendre ce que représente l'exil au quotidien et ses répercussions sur les générations suivantes, même et surtout lorsqu'il est vécu dans une certaine aisance matérielle. La quête d'identité peut être souffrance au-delà et par-delà les signes apparents. Les difficultés d'intégration, d'argent et de reconnaissance sociale, masquent souvent des déchirures plus profondes, celles dont on ne parle pas... C'est là que ce film pourra aussi se faire élément déclencheur d'une sorte de psychothérapie de groupe par la parole. 

 

 

 

À quoi servira la collecte ?

La collecte a servi à régler les frais de transport, l'hébergement et la location du matériel.

Le premier tournage a eu lieu du 05 au 12 juillet près de Florence. 

 

Voici 2 extraits des interviews réalisées en juillet dernier, l'un sur le thème de la guerre des 6 jours et l'autre sur les carte de résident.

 

 

 

 

 

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Hélène T.

C’est lors de mes études aux Beaux-Arts que j’ai commencé à m’intéresser à la vidéo et plus particulièrement au documentaire. Très vite, en marge de mon cursus, j’ai souhaité me confronter au milieu audiovisuel. Après un stage à la rédaction de France3 Lorraine Champagne-Ardenne, puis à la production, j’y suis embauchée pour faire des piges en tant... Voir la suite

FAQ Questions les plus fréquentes concernant le projet

+ Avez-vous un dossier complet du film ?

Oui et je peux l'envoyer à ceux qui me le demandent.