En 1964, le sauvetage des temples de Nubie a fait sensation mais le déplacement des Nubiens s'est déroulé dans le plus grand silence...

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Présentation détaillée du projet

ORIGINE DU PROJET

 

De septembre 2004 à mai 2005 j'ai vécu à Louxor en Egypte. Pendant mon séjour,  j'ai découvert la Nubie, au sud d'Assouan, région inondée par les eaux du lac de retenue du Haut-Barrage d'Assouan depuis 1964.

 

 

Lors d'un voyage en fellouque sur le lac Nasser, le propriétaire du bateau, Selim, a sorti une carte de l'ancienne Nubie et m'a décrit les paysages d'autrefois, aujourd'hui disparus.

 

 

Nous voyagions au-dessus de sa terre perdue, quelle sensation étrange et quelle émotion dans son regard... J'ai décidé alors d'en faire un film pour raconter cette histoire et tenter de redonner un peu vie à cette Nubie sous les eaux...

 

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EVOLUTION DU PROJET

 

A partir de ce voyage au dessus de la Nubie, un projet de film a commencé à se profiler.

 

Je suis allée à plusieurs reprises dans les villages où les Nubiens ont été relogés en 1964, en plein désert, près de Kom Ombo, ainsi qu'à Abu Simbel où certains sont revenus vivre malgré la terre devenue inhospitalière.

 

J'ai passé plusieurs jours chez Fekri Kachef à la maison nubienne d'Abu Simbel où j'ai pu consulter de nombreux ouvrages écrits et photographiques sur la Nubie et me documenter sur le déplacement catastrophique qu' a subi le peuple nubien lors de la mise en eaux du Haut-Barrage d'Assouan.

 

J'ai repris les cours d'arabe égyptien afin de pouvoir discuter avec les gens sans avoir constamment recours à un interprète, ce qui m'a permis de vivre et filmer des échanges plus proches et plus sincères aussi.

 

J'ai filmé à plusieurs reprises, discuté, rencontré, écouté ceux qui ont connu la Nubie d'avant le lac pour préparer le projet.

 

 

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Celui -ci s'est précisé au fil des rencontres, se recentrant petit à petit sur la communauté de Nubiens revenus vivre  au bord du lac, à Abu Simbel, au plus près de leurs ancêtres et anciennes maisons...

 

C'est autour de la maison nubienne de Fekri Kachef, véritable centre culturel nubien qui fait aussi chambre d'hôtes pour les quelques touristes qui s'attardent à Abu Simbel, que la vie et la culture nubiennes s'organisent et perdurent aujourd'hui tant bien que mal. 

Les hommes et femmes  viennent ici chaque jour boire un thé, fumer la chicha, écouter de la musique, en jouer, se retrouver pour parler entre Nubiens, jeunes et plus âgés...

Les plus vieux ne cessent d'évoquer la Nubie aujourd'hui disparue et transmettent aux plus jeunes leurs souvenirs. Tous les hommes sont musiciens, ils chantent, jouent du oud ou des percussions lors des soirées musicales improvisées qui peuvent durer jusqu'au petit matin...

 

 

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Le projet se construisant et le temps passant vite, les témoins étant de plus en plus âgés, il est devenu pressant de tourner, et ma recherche de production n' aboutissant à rien de concret  j'ai décidé de faire ce film par mes propres moyens.

 

 

 

TOURNAGE DU FILM

 

 

En novembre 2012, nous sommes donc parties un mois, avec mon ingénieure du son, sans production, vivre parmi eux à Abu Simbel  et nous en avons ramené une quarantaine d'heures d'images et de sons.

 

 

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Nous avons été accueillies chez Abdelrahman, l'oncle de Fekri Kachef, qui a fait construire  juste à côté de celle de son neveu une maison traditionnelle nubienne.

 

 

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Très vite un lien très fort s'est noué entre nous, et il est devenu mon "personnage" principal.

J'attendais celui qui allait me transmettre ses souvenirs et ses mots, il attendait celui (celle dans notre cas) qui allait les recevoir...

Ce film est devenu petit à petit notre espace d'échange, d'amitié, de transmission.

 

 

 

Durant un mois, j'ai rencontré et discuté avec de nombreux membres de cette communauté, ceux qui sont revenus vivre au bord du lac malgré tout, alors que le gouvernement n'a jamais encouragé ni facilité ce "retour à la terre" .

Hommes et femmes se sont livrés autour de ce sentiment d'abandon qu'ils ont ressenti lors de leur déplacement en plein désert, en plein silence médiatique alors que le monde entier s'extasiait sur le sauvetage incroyable des Temples d'Abu Simbel.

"Si nous avions été des statues, nous aurions été mieux traités" m' a dit Abdelrahman, mais c'est aussi grâce à elles qu'il reste aujourd'hui quelque chose de la Nubie d'autrefois, grâce à elles qu'ils ont pu revenir vivre ici  où presque plus rien ne pousse.

 

 

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Aujourd'hui des associations de jeunes Nubiens se créent, qui n'ont pas connu la Nubie d'autrefois, mais qui désirent revenir vivre sur la terre de leurs ancêtres et cultiver la terre qui n'est aujourd'hui que désert.

Ils souhaitent redonner vie à cette région aride, et plusieurs coopératives se sont mises déjà au travail...

Les Nubiens qui vivent à Abu Simbel et ont été agriculteurs avant l'engloutissement sont peu optimistes quant au retour de la jeune génération, mais ne peuvent s'empêcher de l'encourager...

 

 

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INTENTION DE L'AUTEUR

 

Le film donnera la parole aux Nubiens qui n'ont jamais été écoutés sur le traumatisme qu'a été l'engloutissement de leur pays par le Nil, fleuve qui était à l'origine même de leur vie, de leur mode de vie et de leurs traditions.

Il sera aussi l'histoire d'une rencontre entre la réalisatrice et un vieux monsieur nubien...

La musique aura une place importante dans le film car c'est par les chansons que l'on entendra la langue nubienne, aujourd'hui menacée de disparition.

Et c'est à travers cet art que les anciens transmettent aux jeunes générations leur culture qu'ils tendent à oublier depuis la diaspora de leur peuple.

L'eau sera également très présente à l'image car c'est autour du Nil que s'est construite la civilisation nubienne, c'est par lui qu'elle a été  engloutie, et c'est vers lui que les Nubiens reviennent à nouveau. 

 

Sous les eaux du lac se cachent les anciens villages et les souvenirs que ces hommes et femmes ont fait renaître durant ce tournage, par les mots, par la musique et par les regards...

 

 

 

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AVENIR DU PROJET

 

Cette année cela fait 50 ans que les eaux ont commencé à monter, que les Nubiens souffrent de nostalgie et de mélancolie, mais qu'ils tentent de garder leur mémoire vivante et il est grand temps qu'un film naisse enfin de ces images et de ces sons pour donner un autre regard sur les événements de Nubie.

Les images sont tournées, les sons attendent d'être écoutés, les rencontres ont eu lieu et tout cela demande à présent à être partagé avec des spectateurs.

Avec les Nubiens qui veulent entendre leur message à travers ce film, et avec tous les autres qui ne connaissent pas leur histoire...

 

Je souhaite donc, grâce à votre aide, monter au mois de mai ce film documentaire qui se construit depuis presque 10 ans...

 

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                                                                                                    St Ouen, le 27 février 2014  

                                                                                                                          Anne Terrasse

À quoi servira la collecte ?

La collecte servira à financer la dernière étape du film, c'est à dire le montage (deux semaines de travail):

 

-le salaire d'une monteuse professionnelle

-la location d'une salle de montage 

 

ainsi que la traduction de l'arabe et du nubien au français (deux semaines de travail)

-le salaire d'une traductrice arabe/français et d'un traducteur nubien/français

 

si nous dépassons les 3000 euros qui sont l'objectif de la collecte, l'argent servira à :

 

-le montage et le mixage son

-la traduction en anglais du film

-la traduction en arabe des passages en langue nubienne pour diffuser dans les pays arabophones

-l'organisation d'une tournée de projection du film dans plusieurs villes égyptiennes (Abu Simbel, Assouan, Kom Ombo et les villages des déplacés nubiens au Nord de Kom Ombo, le Caire, Louxor)

 

 

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Anne.Terrasse

J'ai fait des études de cinéma à l'Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière en section image, j'ai eu mon diplôme en 2003. En 2004 je suis partie en Egypte en tant que professeur de Français dans une école pour guides égyptiens. Rentrée en 2005 en France j'ai commencé à travailler dans la lumière au théâtre et suis actuellement régisseuse lumière,... Voir la suite

Derniers commentaires

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Longue vie à ce beau projet miss !
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Tous mes voeux pour ce beau projet ! et à tout à l'heure... James
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Interressant, bravo pour votre tenacité.