Soutenez l'édition du livre consacré à ce peintre péruvien, prolifique et contestataire, à l'occasion de la rétrospective de son oeuvre

Large_visuelskkb

Présentation détaillée du projet

Durant quelques années, Siegfried Laske a été le peintre des fractures. Sur ses tableaux, ce sont des fissures, des craquelures, des cassures, des lignes qui apparaissent et qui suivent le rythme des coups de pinceaux. Jouant sur le temps de séchage d’une première couche de blanc, le peintre provoquait ces craquelures à l’envi. Comme un tremblement de toile.

 

« Fractures », c’est aussi l’histoire personnelle de Laske. Né à Lima, il arrive à Paris en 1956, à l’âge de vingt-cinq ans, échappé d’un pays alors dominé par une dictature militaire. Expatrié, il a présenté son travail avec régularité au Pérou, jusqu’en 1991, date de sa dernière exposition à Lima. Laske est décédé en 2012 et il aura ainsi vécu vingt ans sans plus exposer, mais en continuant à peindre et à dessiner. Proche du Front des artistes plasticiens qui préconisait dans les années 70, la sortie du marché de l’art, il s’est finalement tenu à l’écart d’un monde marchand qui ne l’a d’ailleurs jamais référencé.

 

8_7_x12_5

 

 

« C’est difficile », expliquait-il. Non pas le fait de travailler « tout seul », sans « le regard d’autrui », ni celui des « collègues peintres », « sans le marché de l’art », mais le fait que chaque nouvelle toile soit « recouverte », empilée. Au lieu d’avoir « une vie propre », « une vie à elle ». « Pourtant je ne fais rien pour qu’elle soit vue, pour que cela arrive, ça c’est l’impossibilité majeure », disait Laske. « Dans cette société si pragmatique, si près de l’argent, vouloir faire quelque chose pour soi se paye très cher, d’abord par l’indifférence, ensuite par l’oubli. »

 

Sortir les œuvres, une à une, de ces piles de toiles restées dans son atelier, c’est ce qu’ont fait deux critiques et historiens de l’art péruviens, Jorge Villacorta et Luis-Eduardo Wuffarden, accompagnés par Natalia Serkovic, coordinatrice d’expositions, et Maria Villavicencio, restauratrice, en septembre dernier. L’idée d’une grande rétrospective proposée à la mairie de Lima par Natalia Serkovic et Karl Laske, le fils de Siegfried, fait son chemin. Un projet de livre se dessine. Les toiles sont accrochées, analysées, par les commissaires, expertisées aussi par Maria Villavicencio.

 

Atelier3

 

Pour soutenir cette initiative, le réalisateur Thierry Kübler vient lui aussi à l’atelier, avec une équipe de tournage, Julien Dubois, Laurent Didier à l’image, et Virgile van Ginneken, au son. Sous l’œil des deux caméras, Jorge et Luis-Eduardo reconstituent le cheminement du peintre, ses filiations, son exil, et sa rupture avec la société péruvienne. L’évolution de sa peinture aussi, ses périodes abstraites, symboliques, oniriques, et l’apparition du paysage.

 

« Je crois que Laske, qui vient d’une tradition abstraite, est l’un des premiers artistes au Pérou qui à travers son œuvre, a estompé la frontière entre l’abstraction et la figuration jusqu’au point de les rendre insignifiantes, juge Wuffarden. Et en ce sens, Laske peut être vu comme un précurseur. » Villacorta voit dans la peinture de Laske « une peinture de l’investigation plastique », « un moyen de travail artistique dans toutes les directions possibles ». Un langage propre. Sorties de leurs piles, ces peintures ont gardé leurs couleurs, une expression, une parole, inchangées, une vie à elles, malgré la disparition du peintre.

 

Kkbb

 

Trois espaces complémentaires s’ouvrent désormais à l’œuvre. Une exposition, un livre et un film. L’exposition d’abord, qui aura lieu à Lima : l'Institut culturel ICPNA a mis à disposition sa plus importante salle d’exposition, la Galería Germán Krüger Espantoso, à Miraflorès (Lima), du 12 juin au 27 juillet 2014, sous les auspices de la mairie de Lima. Un livre de 344 pages ensuite, qui va être mis en page et imprimé à Madrid. Enfin, un film documentaire de 26 minutes - co-signé par l’équipe du film : Quentin Cavellier, Laurent Didier, Julien Dubois, Thierry Kübler et Virgile van Ginneken - qui sera diffusé en salle à Lima, mais aussi disponible en DVD. La collecte a pour but de financer la fabrication du livre. 

Des gravures originales de Siegfried Laske sont offertes en contrepartie des dons - et visibles en cliquant ici.

 

Atelier1

À quoi servira la collecte ?

 

Le livre va présenter plusieurs centaines d’œuvres photographiées en novembre dernier par Pablo Lines. Il contiendra des textes des commissaires Jorge Villacorta et Luis-Eduardo Wuffarden, ainsi qu’une analyse du chercheur Augusto Del Valle et un texte de Karl Laske sur l’histoire personnelle de son père, s’appuyant sur des lettres et des documents originaux. Des interviews et des photos de Siegfried Laske seront publiées. Le livre sera bilingue, en versions   française et espagnole, compte tenu de l’objectif de présenter l’exposition, le livre et le film en France et en Espagne en 2015. Le format de l'ouvrage sera de 21 x 24 cm. Il sera imprimé à 1000 exemplaires en quadrichromie sur un papier de 135 grammes. Le livre inclura le DVD. Ces travaux seront réalisés en Espagne selon des devis qui nous ont été fournis pour 15 812 euros concernant l'imprimerie et 8 800 euros la coordination graphique et la maquette.

Thumb_pelicano
Laskekarl

Je suis journaliste, et auteur de plusieurs livres d'enquête, mais ici c'est en tant que fils du peintre, Siegfried Laske, que je coordonne ce projet d'édition et d'exposition aux côtés de professionnels de l'art, Natalia Serkovic, coordinatrice d'expositions pour diverses institutions et musées au Pérou et en Espagne, Jorge Villacorta et Luis-Eduardo... Voir la suite

Derniers commentaires

Thumb_default
Une petite goutte d'eau pour alimenter la rivière de Siegfried,merci pour lui Karl,il faut que cela marche.A Bruneau
Thumb_default
ça va marcher !!! bises Cris
Thumb_profil-1452006311
C'est super, hâte de voir l'exposition à Paris !