▲Participez à mon film sur ces artistes de l'extrême qui peignent des façades monumentales, avec le ciel comme seule limite▼J.T

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Présentation détaillée du projet

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♥ Chers KissBankers,

 

soyez-les bienvenus sur la page de mon projet !

 

Mon documentaire porte sur le muralisme, l'art de peindre des fresques sur des hauteurs vertigineuses. Grâce à vous, la durée minimum du film sera de 52 minutes.

 

 

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(La plus haute fresque d'Europe de 66 mètres, en 3 étapes, peinte par Pantónio, photos : Gilles Le Fer)

 

Les pignons de murs aveugles sont les premiers investis par les peintres, surtout dans les zones d’aménagement ou de rénovation urbaine. Le graffiti monumental connait un regain d'activité depuis 2012 surtout dans le 13ème arrondissement.

 

Conçu comme un décor, afin de faire oublier l’aspect inesthétique du mur, les artistes redonnent vie avec brio aux parois orphelines.

 

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(Martin conduit la nacelle pour l'artiste JACE à Pantins en 2014 / Photo Guillaume Saintives pour ART AZOI)

 

 

LES ACTEURS DU DOCUMENTAIRE 

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♦ Les artistes principaux de mon film :

 

 

 

Vvvvv-1443431992(Ils (Les artistes viennent de pays et d'écoles artistiques diverses: Peinture, Pochoirisme, Graffiti, Design)

 

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(STEW et Gaël sur la tour "Tivoli", une peinture sur 15 étages, à Paris, dans le 13ème, photo : Jérôme Thomas)

 

♦ Les habitants :

 

Ils jouent un rôle important dans le documentaire. La place donnée à leur parole et leur ressenti sur cet art populaire dans leur quotidien est centrale.

Les quartiers peints sont souvent populaires: Vitry-sur-Seine, Aulnay-sous-Bois, Pantins, Paris 13ème...

 

La vie de quartier entre ainsi en collision avec une peinture offerte en directe.Cela donne de grands moments d'humanité. Le peinture est un véritable liant social, il crée la discussion là ou souvent le manque de communication et l'anonymat règne. Némo déclarait dans le parisien:

 

« Je veux que les gens lèvent les yeux au ciel, j’en ai marre des regards baissés ».

 

 

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(Un habitant de Vitry-sur-Seine pose devant le mur peint d'Astro. Photo : Jérôme Thomas)

(Mini-doc sur la façade d'Astro à Vitry-sur-Seine)

 

█ PRÉSENTATION DU PHÉNOMÈNE 

 

La peinture murale ou pariétale est aussi ancienne que l'humanité. De la Préhistoire à l'Antiquité, du Moyen-Age à l'époque industrielle, les hommes ont toujours cherché à peindre sur les murs, que ce soit pour des raisons religieuses, esthétiques ou mercantiles.

 

Cet art mural populaire, est le fruit du muralisme mexicain, et de la culture graffiti née aux Etats-unis dans le Bronx.

 

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(Le "Polyforum" peint par le muraliste mexicain David Siquieros)

 

L'internationalisation du phénomène lui permet de s'ouvrir à de multiples horizons culturels. Chaque artiste porte en lui son iconographie, son style ou son lettrage.

 

 

█ HISTORIQUE DU MURALISME À PARIS 

 

 

La genèse :

 

Avant guerre, l'envahissement publicitaire des pignons de murs vu au travers de l'exemple de Picon et Bébé Cadum à mauvaise presse. Les muralistes exécutent des lettrages géants pour des marques. Cet artisanat dont il ne reste que des spectres sur Paris et sa banlieue est un témoin d'une époque ou les peintres en lettres, mi-artistes mi-équilibristes, peignaient avec des martres: des pinceaux d'une exceptionnelle souplesse, avant qu'ils ne soient remplacés par des ordinateurs.

 

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(Publicité sur un pignon de mur aveugle pour Amer Picon)

 

Après guerre, les muralistes offrent à la rue une série d'oeuvre en trompe-l'oeil, les techniques et la qualité des peintures évoluent.Les bidonvilles de paris, notamment dans le 13ème et 14ème arrondissement s'effacent au profit d'immeubles de plus en plus haut offrant de nouveaux espaces de créations.

 

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("Le Bestiaire", fresque en trompe l'oeil de 5 étages par Philippe de La Nouvelle et B. De Renty, peinte en 1996 dans le 15ème arrondissement de Paris)

 

 

La première génération d'artistes :

 

Les anciens murs peints publicitaires disparaissent à Paris et en banlieue.Trop de ravalements, de réhabilitations, de restructurations et de démolitions les effacent impitoyablement du paysage urbain.Une nouvelle génération d'artistes de rue intervient sur la peau des murs.C’est en 1971, alors que la publicité peinte vient d'être interdite au profit des panneaux publicitaires, qu’un artiste, François Morellet, peint son premier mur (à l’emplacement actuel du Centre Georges Pompidou), à la demande du Ministère de la Culture.

 

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(Façade peinte par François Morellet, en 1971, sur le site du centre Pompidou)

 

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(Mur de Nemo à Mesnilmontant, photo : Gérard Laurent)

 

 

La relève:

 

Début 2010, une nouvelle génération d'artistes français et internationaux issus du graffiti comme C215, INTI, OBEY, KOUKA, STEW, PANTONIO, KATRE, prennent d'assaut ces espaces monumentaux. Ils peignent pour la plupart depuis une vingtaine d'années sur des murs horizontaux.Avec la complicité du Maire du 13ème, Jérôme Coumet, cet arrondissement devient un parcours incontournable du Street-art.En 2014, c'est au tour de Mehdi Ben Cheikh de transformer un HLM en lieux d'exposition, la TOUR 13. Cette résidence artistique est un lieu d'exposition éphémère attirant 25000 personnes et 80 artistes internationaux. Ses façades peintes par El Seed, Pantónio, Stew, Ludo, Katre, jouent le rôle de vitrine pour la galerie.

 

 

Dans un premier temps, pour promouvoir sa futur exposition secrète, Mehdi Ben Cheikh, peint une coulure géante le long de l'immeuble en orange fluo quelques mois avant l'ouverture au public.

 

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(La Tour 13 dans le 13ème / photo Jérôme Thomas)

 

Avant sa destruction Katre peint sur une des façades de l'immeuble un collage géant, un trompe-l'œil créant un effet de futur immédiat, d'anticipation architecturale. À peine peint, son mur n'est déjà plus qu'une ruine.

 

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Six mois plus tard, Stew peint un Héron d'une hauteur de 50 mètres, avenue de Choisy dans le 13ème arrondissement de Paris. Deux mois de préparation seront nécessaires pour trois semaines d'exécution vertigineuse durant l'hiver 2014. J'ai joué sur ce mur plus souvent le rôle d'assistant; passer le rouleau me réchauffant plus que filmer sa performance.

 

 

 

█ Pourquoi ce renouveau de l'art Urbain ?

 

 

Le contexte immobilier :

 

En France, les difficultés économiques accélèrent la dégradation du parc urbain.Entre 1990 et 2000 les squats fleurissent,le D.A.L. médiatise son combat en ouvrant des squats de force comme dans le 14ème rue René Coty, rue Didot ou rue du Dragon.Dans le 20ème arrondissement de Paris, un programme urbanistique d’importance laisse peu d’espoir aux habitants. Le Paris populaire, les immigrés, les squatteurs, les SDF, les artistes doivent se battre et faire face ensemble pour sauver leur quartier. Miss.TicMesnager, Nemo et Mosko & Associés vont être le fer de lance de ce combat en investissant les terrains vagues des quartiers concernés.Parallèlement, de nombreux terrains abandonnées sont cachés et dispersés dans Paris, terrain de jeux des graffeurs qui pratiquent sans relâche leur art de la fresque, souvent collectivement.

 

 

Le marché de l'art s'empare du phénomène :

 

Le monde des galeries a longtemps été fermé aux street-artistes, soit parce qu’ils ne souhaitaient pas exister sur le marché de l’art,soit parce que les galeries ne s’intéressaient pas à eux, ce qui était le plus fréquent. Au milieu des années 2000, on ne comptait qu’une poignée de galeries soutenant l'art urbain.

 

En pleine crise de l'art contemporain, la galerie Itinerrance ouvre ses portes dans le 13ème arrondissement de Paris, et dès 2008 organise des expositions de quelques artistes en renommée ou en devenir. On peut citer YZJana & JS,Btoy,Oricanoodles,Logan Hicks,M-CityC215Inti Castro,Ethos,Borondo et Pantonio.

Les artistes les plus actifs dans la rue sont aujourd'hui les plus présents sur le marché de l'art.

 

 

 

De nouveaux outils de promotion naissent :

 

Le développement d’Internet permet à quelques sites spécialisés d'ouvrir dès le début des années 2000, pour l'essentiel des sites de partage de photos tels Fotolog, Instagram ou Flickr, sans parler de Facebook et twitter. En 2012, plus de 500 millions de photos ont été mises en ligne sur Flickr.Les photographes d’art urbain ont rapidement tissé leurs réseaux sur ces sites tout en ouvrant de plus en plus leur propre blog: http://www.worldstreetartbyelcommendatore.com/interview-jerome-thomas-sky-is-the-limit/. Tous ces moyens permettent une diffusion rapide et large de leur actualité.

 

 

La démocratisation de la photographie joue un rôle majeur.Tous les téléphones portables sont aujourd'hui munis d'appareil photo. Une génération de paparazzis obnubilée par le Street-Art voit le jour et relaye le travail des artiste sur la toile. Ils deviennent pour certains artistes une mine d'archive et de promotion non-négligeable.

 

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(Angela me photographie me faire tirer le portrait par Roswitha Guillemain, lors de la destruction de la Tour 13, Photo : Angela Sabino.)

 

 

Le contexte politique change :

 

La politique de nombreuses municipalités vis-à-vis du graffiti évolue; de la repression, elles passent petit à petit à la tolérance, souvent encadrée, voir à la collaboration. Ainsi, dans de nombreuses villes, des murs « libres » sont donnés aux graffeurs. Ces murs sont plus ou moins gérés par les graffeurs eux-mêmes. Les villes acceptent de plus en plus que les murs de leur cité soient utilisés « raisonnablement » par les graffeurs, à partir du moment où la population approuve les œuvres faites. Une nouvelle génération de maires, sensibles aux cultures urbaines participent à l'embellissement de leur quartier. Vitry-sur-Seine est un bel exemple de ville ouverte au Street-Art, bien qu'elle n'accorde aucun financement aux projets. Le néo-muralisme est instrumentalisé pour faire disparaitre les tags, cela reste une ambition bien vaine quand on sait que le tag, la signature, est l'adn du graffiti.

 

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(INTI à Mulhouse, photo : Jérôme Thomas)

(Teaser de la façade d'Inti à Mulhouse)

 

 

█ COMMENT SES FRESQUES SONT-ELLES PEINTES ?

 

 

Mode de financement :

 

On ne peut pas faire de généralité tant chaque démarche diffère d'une fresque à l'autre.

De l'initiative de Kouka à Vitry qui peint des guerriers Bantous sur les murs d'une cité, aux galeries qui obtiennent des autorisations auprès des mairies pour promouvoir leurs artistes. Les financements de projet culturel sont rares, néanmoins, on peut citer la "Rue des Arts" à Aulnay-sous-bois ou Marko93 a peint un immeuble, totalement financée par la mairie.

 

 

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Contrairement aux fresques des années 90 ou les artistes étaient payés, la grande majorité des fresques actuelles sont auto-financées par les artistes. Ils payent leurs matériels. La location des nacelles est prise en charge par les galeries, des associations de quartiers, des marques ou par les loueurs eux-mêmes.

 

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(Les muralistes traditionnels qui exécutaient une commande étaient payés pour leur prestation et leurs frais pris en charge en totalité. Ci-dessus le Mur des Canuts à La Croix-Rousse à Lyon)

 

 

Techniques de peinture :

 

La monumentalité de l'ouvrage nécessite une méthode pour reproduire au mieux son esquisse. 

Depuis 2004, certains artistes comme Gerada ont tout supporté pour peindre en hauteur. Il commence en bas d'une simple échelle dans un terrain vague, puis passe aux échafaudages bien peu pratiques, pour finir avec différents modèles de nacelles.Les peintures et les techniques sont variables: du charbon de Gerada au rouleau de Kouka, en passant par les collages de JR, à la bombe aérosol de Stew ou encore le marteau piqueur de Vhils.

 

 

Les artistes issus du graffiti manient la bombe comme personne. Elle permet de peindre des grandes surfaces rapidement. Cette technique s'adapte à la discipline. Ils ont besoin minimum de 2 à 3 jours pour peindre des immeubles de 30 à 60 mètres de hauteur. La bombe, nocive pour le graffeur, est constituée d'acrylique. Cette technique de l'aérosol se combine avec d'autres outils plus traditionnels (pinceau, rouleau) sur une seule et même fresque.

 

 

Le temps d'exécution est aussi en fonction du prix de la location de la nacelle dont le coût n'est pas négligeable : entre 300 et 1000 euros par jour. Contrairement au muralisme mexicain où des équipes de peintres et d'ouvriers oeuvraient collectivement, le néo-muralisme, quand à lui, est une performance

individuelle, même si des collègues viennent souvent prêter mains fortes.

 

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(Pantónio et moi même lors de la dernière semaine de tournage, photo : Angela Sabino)

 

 

 

Freins à la réalisation :

 

Peindre en extérieur rend l'artiste tributaire des conditions météorologiques, Paris n'est pas Los Angeles. Le Le vent et les tempêtes hivernales rendent l'ouvrage difficile, voir certains jours impossible. Ces peintures étant officielles, elles doivent respecter aussi bien des conditions de sécurité draconiennes, qui ne sont en réalité quasiment jamais respectées ainsi que des contraintes de temps.

Certaines œuvres flirtent avec les 70 mètres de hauteur, le vertige est assuré. En contrepartie, l'artiste jouit d'un panorama unique.

 

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Ils mangent, écoutent de la musique et gèrent leur communication depuis l'élévateur. Cet espace devient vite un atelier à ciel ouvert. Certaines nacelles permettent de prendre du recul en s'éloignant de la façade, d'autres fixées par des rails demande à l'artiste de descendre de son perchoir pour se mettre à distance dans les rues en contre-bas.

 

 

 

█ QUEL EST L'IMPACT DU NÉO-MURALISME SUR LA VILLE ?

 

 

Une diversion à l'agression publicitaire :

 

Parallèlement au néo-muralisme, Paris vit une nouvelle vague d'envahissement publicitaire,

les marques comme Apple et d'autres justifient leurs publicités gigantesques en participant financièrement à la rénovation des façades.

 

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(Façade de la préfecture de police couverte par des bâches publicitaires Apple)

 

 

L'accord entre bailleur et marque se fait sans le consentement des habitants du quartiers.

 

Depuis 2007, le code du patrimoine autorise l'affichage publicitaire sur les bâches recouvrant les échafaudages installés sur les monuments historiques. Une aubaine pour les annonceurs qui s'offrent régulièrement les façades des luxueux musées d'Orsay, du Louvre, ou encore le Palais de Justice comme support de publicité. Selon le décret, les recettes publicitaires doivent uniquement servir à financer les travaux engagés sur les monuments, et la surface publicitaire ne peut dépasser 50% de la surface totale de la bâche. JC Decaux, qui assure la location de cet espace, révèle sur ces brochures destinées à attirer les annonceurs qu'une publicité installée à certains endroits coûte, prix public brut, entre 290.000 et 390.000 euros par mois, selon la période de l'année.

 

 

Une transformation architecturale :

 

La peinture murale est solidaire de l'architecture. Elle en est le prolongement et à ce titre, la perspective est son outil pour simuler une présence en trois dimensions. Le néo-muralisme est dégagé de certaines obligations administratives. Il s'implante dans les quartiers populaires, les cités, les HLM, les murs décrépits. Même si les mairies tirent à eux la couverture d'une rénovation urbaine à moindre frais, la liberté artistique d'intervenir est grande et le gain de notoriété notable. Artistes et politiques convergent vers un embellissement du quartier, le choix du mur reste hautement stratégique. Même son orientation vis-à-vis du soleil joue sur la perception de la fresque à l'oeil nu.

 

Une façade réussie transforme en œuvre d'art, non seulement son support immédiat, mais encore et aussi le quartier. La peinture murale modernise la ville. Elle crée des repères, et permet d'identifier les lieux. Elle favorise l'expression, le lien social et développe le commerce de proximité. Elle appartient au domaine de l'art public, de l'imagination de ses artistes et de ses décideurs.

 

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█ EN CONCLUSION 

 

Hors d'atteinte, hors des toys et hors du temps. Le néo-muralisme profite à tous: habitants, politiques, galeristes, artistes. Ce phénomène en alimente un autre, celui du tourisme artistique urbain. De véritables parcours de street-art attirent de nombreux visiteurs autour de ce nouveau patrimoine visuel.

 

En marge du muralisme officiel, les artistes oeuvrant illégalement sont très rares, notamment à cause des nombreuses contraintes techniques. Le vandalisme sera-t- il capable de relever le défi de repasser des fresques monumentales ? Qui sait ? Le land art, autre versant du graffiti monumental semble être l'avenir de l'hyper-format, l'une des œuvres de Gerada, visible uniquement du ciel semble nous dire oui.

 

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-NOTE D'INTENTION-

 

 

Voilà 20 ans que je crapahute dans le milieu du graffiti, tour à tour, acteur, spectateur et témoin de ce mouvement en perpétuel mutation. Depuis nos premiers graffitis dans le 14eme arrondissement jusqu'au collage monumental sur la très médiatique Tour 13, des styles de vie se sont forgés autour de cette passion. L'appel de l'artiste Katre pour venir couvrir sa performance de collage-Graffiti est le point de départ de mon documentaire. Alors qu'il m'avait été impossible de visiter l'exposition, je me retrouve sur son chantier. Le hasard a fait que le premier jour, mon ami et artiste cherchait désespérément un assistant pour l'épauler. Malgré la peur de monter sur l'étroite nacelle, l'intérêt du film l'a emporté. Me voilà embarqué pour plusieurs mois sur les hauteurs de Paris, au gré des vents et des couleurs.

 

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Le sujet m'offre des points de vue imprenables et uniques sur Paris, sa banlieue, ses horizons. D'autre part, le fait d'être dans une démarche personnelle m'offre la possibilité de prendre tout le temps nécessaire pour rendre compte d'un phénomène en plein boom. Aux confluents du graffiti, du Street-Art et du muralisme, le néo-muralisme est un remède coloré contre la grisaille et la crise ambiante. Le temps d'un regard, l'imagination du passant s'éveille et rien ne s'interpose entre lui et la création en cours. Les artistes présents sont français et internationaux, je les rencontre durant les vernissages, les jam de graffiti ou chez des acteurs du milieu. La peinture comme la musique sont universelles, elles résonnent avec plus ou moins de force en chacun d'entre nous et c'est cette vibration que je tente de retranscrire dans mon documentaire.

 

Au-delà du lien social tissé par cette rencontre directe entre le peintre et le passant, de nombreux enjeux politique et architecturaux se greffent sur le sujet. Depuis le muralisme mexicain, les rapports entre artistes et politiques ont toujours été passionnés, conflictuels. Jesus Gonzales Aguilar, historien et artiste mexicain viendra nous en parler face au Polyforum de David Siqueiros à Mexico. Même si le sujet est centré sur l'histoire du muralisme parisien, il me paraît vital d'enraciner mon sujet dans ses origine latino-américaines . Ne vous étonnez pas de croiser le maire du 13ème ou Jack Lang dans mon film, politique et art sont indissociables. Les autres acteurs viennent principalement du Graffiti mais aussi de la peinture « classique » comme Pantónio, portugais originaire du village d'Azur. Sa fresque la plus haute d'Europe représente le tournage le plus long et le plus physique.

 

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Le style du documentaire est direct. Je filme en extérieur sans filet, sans mise en scène, à contrario de ce qui est diffusé en télévision ou tout est écrit, scripté, calculé. J'opère sur le vif, je prend des risques, je filme de nombreuses heures pour attraper l'instant qui marque. De nombreux timelapses illustrent le film pour rendre compte du temps nécessaire à l'ouvrage. L'aspect esthétique m'obsède autant que le fond de mon sujet. Entre performances et interviews, je cherche l'équilibre entre visuel et propos. Étant proche des artistes, je ressens une forte responsabilité de rendre compte au mieux de leur travail-passion, sans détour ni raccourci.  

 

 

Le découpage

 

La chronologie du sujet suit la progression des fresques, alternant les murs et les artistes dans leurs pratiques. Des chapitres viendront casser cette temporalité pour mieux expliciter le phénomène : financement, instrumentalisation, techniques etc... sont tout autant de chapitres qui imposeront une construction thématique.

La voix off sera limitée à l'introduction et à la conclusion du film, les images d'archives seront triés sur le volet servant d'illustration à la partie historique du muralisme mexicain. Ayant la chance d'avoir un cadreur au Mexique, je pourrai incorporer des images récentes à cette première partie du découpage. 

 

Le rythme du documentaire sera dynamique et nerveux, à l'image de la prestation des artistes, souvent pressés par le temps. J'alterne timelapses et ralenti pour laisser souffler le spectateur entre deux couches de peintures. Le découpage alterne des moments live d'actions, des interviews in situ ainsi que de nombreux dialogues entre artistes et habitants. La caméra n'est pas invasive, j'essaye de me fondre dans le décor urbain tel un Prédator pour cueillir au plus prêt la réalité qui s'offre à moi. 

 

 

La Musique

 

La musique c'est 50 /50 de l'image, d'autant plus qu' elle fait partie de ma vie quotidienne de compositeur depuis une vingtaine d'années. J'ai crée pour l'occasion une série de sons pour ambiancer le documentaire. Le style de musique varie du Hip-Hop au Down-Tempo en passant par le Dub. Le style est énergique ou zen selon l'ambiance des séquences à illustrer. Certains passages laisseront vivre le son "live", car tout comme le peintre n'écoutent pas toujours de musique lorsqu'il oeuvre, il vit aussi le son ambiant de la ville. Un certain calme sonore se dégage lorsqu'on dépasse une certaine hauteur, les bruits de la ville étant comme mis en sourdine. Le son du pinceau ou de la bombe sont autant de sons qui donne cette troisième dimension à l'image.

 

 

Mon style de réalisation

 

Je privilégie le travail caméra à l'épaule mais au vue du défi technique, j'ai du m'adapter. J'ai acheté un bras magique pour pouvoir trouver des axes originaux sur les différents élévateurs ainsi qu'une Gopro Hero 3 pour la coupler avec mon GH3 et récemment GH4. Cela m'a permis d'utiliser les nacelles pour faire des travelings verticaux interminables, côté ville ou côté fresque. Le résultat est probant ! Je travaille seul, chaque journée de tournage est un challenge pour diversifier les angles de vues.

 

 

Mes influences

 

Je fais parti de la génération MTV, j'aime quand ça pulse mais je suis tout aussi fan du travail de Depardon, ou de Marc-Aurèle (WRITERS, ANTIFA). Lors de mes recherches d'archives, j'ai été très touché par le style et le traitement d'Agnès Varda dans son documentaire "Murs Murs". Outre-Atlantique, j'ai tout les classiques du genre STYLE WARS, ou 80 Blocks from Tiffany's kitchen. Martha Cooper fait partie de mes idole avec sa bible "Hip Hop Files", côté français j'aimerai citer Karim Boukercha avec "Descente Interdite", ou "Paris Tonkar". Ma série préféré est The Wire pour son réalisme et sa poésie du calibre. 

 

 

Mes travaux précédents

 

"Sky's The limit est mon 6ème documentaire de 52 minutes. Principalement, j'ai réalisé le documentaire "Home-studio, the musical Revolution" en 2006, sur la création musicale à domicile. Dans le registre des arts urbains, "Traits Portraits" a été diffusé sur Gameone en 2009.

Je vous laisse vous référer à mon cv pour plus de précisions.

 

 

◙ Restez au courant de l'avancement du projet en suivant  la page Facebook

https://www.facebook.com/groups/sky1limit/

 

♥ Pour toute question supplémentaire, n'hésitez pas à me joindre par mail: levgtah@gmail.com

 

 

À quoi servira la collecte ?

Artiste_2_2s-1443881303__1_-1445351226La collecte des 5000 euros servira à financer la fin du tournage et le montage, celui ci sera effectué par mes soins.

 

>TOURNAGE

Il me reste 5 jours de tournage soit 5 jours x 250 euros = 1250 euros. Journées consacrées à faire les dernières interviews des artistes et leurs nouvelles façades peintes.

 

> MONTAGE

Sur une base d'un forfait journalier de 8 heures de travail payées 250 euros / jour.

J'estime à un 11 jours minimum le temps de montage soit 250 euros x 11 jours = 2750 euros.

 

> Mixage Audio

1 journée de mixage audio pour optimiser et normaliser les voix et la musique du documentaire

soit 500 euros.

 

> Etalonnage audio

1 journée d'optimisation de l'image pour l'harmonisation des couleurs et des contrastes de l'image

du documentaire soit 500 euros.

 

soit un total de 5000  euros.

 

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Enfin, dans les frais incompressibles, il faut compter:

 

-La commission de KissKissBankBank qui représente 8 pour cent du total, soit 320 euros.

(5 pourcent  pour KKBB + les frais bancaires de 3 pourcent)

 

Si l'objectif initial de 5000 euros est atteint, les prochains caps sont :

 

Cap des 5000 euros;

-sous-titrage en anglais du documentaire

 

Cap des 6000 euros:

-Pressage de 500 dvds promo.

 

Cap des 7000 euros

-Embauche d'un(e) attachée de presse pour la promotion du film dans les festivals nationaux et internationaux, ainsi que l'organisation d'une tournée de projection en France.

 

 

La place actuelle du documentaire à la télévision française:

 

Ce documentaire est le sixième de ma carrière, c'est la première fois que je fais appel au financement participatif.

 

Après plusieurs mois de repérages photographiques sur Paris et sa banlieue,

je décide de me lancer dans le tournage d'un documentaire sans passer par la case habituelle "boite de production" et diffuseur télé.

 

Plusieurs raisons à cela. Le documentaire est un format long qui coûte cher et rapporte peu. 

 

Je voulais prendre mon temps pour filmer au mieux ces artistes qui me fascinent. Une production classique de documentaire ne m'aurait pas permis de réaliser au mieux ce projet titanesque.

 

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Jérôme Thomas

Je suis un des fondateur du groupe de Graffiti STS, avec Chok et Thom, dont fait parti l'artiste Katre.En contact permanent avec la culture Hip-hop et le graffiti depuis plus de 20 ans,Mon premier documentaire sur les arts urbains, "Traits Portraits", avec Miss Tic, l'Atlas, Nassyo etc...a été diffusé sur Gameone. Voici quelques films tournés pour la... Voir la suite

FAQ Questions les plus fréquentes concernant le projet

+ Suis-je à l'origine des murs peints ?

Non, je suis le processus, généralement, le milieu du Street-Art étant petit, dès que j'apprend qu'un artiste à pour projet de peindre un mur, je le contacte et lui demande si je peux le suivre pour le besoin de mon documentaire.

+ Avec quel matériel a été tourné le documentaire ?

Le documentaire a été tourné avec un GH3 LUMIX, en format fullhd, 1920/1080 en 50p, il me permet aussi de faire de belles photos. Au fur et à mesure de l'aventure, je me suis équipé d'un bras magique, d'une gopro Héro3, et je suis sur le point de bosser avec un Drône. Pour le son, j'ai un Rode Vidéo Mic Pro et un Tascam dr-100 + Micro HF Senheiser pour les interview. En complément, j'emporte parfois un Lumix Gh2.

+ Y'aura-t-il un dvd du film vendu dans le commerce ?

Le dvd ne sera pas vendu individuellement dans le commerce. Une fois le documentaire terminé, je compte réaliser un bel ouvrage de photos sur le making of de mon sujet. A cette occasion, le dvd du film sera offert gratuitement aux acheteurs du bouquin.

+ Où sera versé l'argent ?

Sur mon compte personnel, cela évitera tout détournement.

+ Y'a-t-il un livre en préparation sur le même sujet ?

Oui, un livre est en préparation, la sortie est prévue en 2015. Le documentaire sera vendu dans le livre grâce à votre soutien.

+ Y'aura-t-il un volet international à "SKY'S THE LIMIT" ?

Le premier volet me permet de prendre des contacts tout autour du monde, j'en ai l'envie, c'est une question de financement. La réussite du premier volet conditionnera une suite internationale.

Derniers commentaires

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vazyniktoubatar
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Bonne chance.
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Very happy ! Good luck for the project !