Co-financez un court métrage de genre sur les réseaux sociaux. Et si les applications, devenues humaines, s'installaient chez nous ?

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Présentation détaillée du projet

 

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Quand Faustine rentre chez elle pour se préparer à un dîner romantique, elle tombe nez à nez avec un homme inconnu qui prend son bain chez elle. Que se passerait-il si les réseaux sociaux s'incarnaient et si les applications, devenues humaines, s'installaient chez nous ?

 

Faustine, sceptique au premier abord, se laisse peu à peu séduire par son SmartPote, alors que Dorian, avec qui elle devait dîner, tente d'échapper à leur emprise.

 

Entre attirance et addiction, recherche-t-on vraiment l'autre, ou une vie virtuelle, par procuration ? Est-on prêt à partager ses secrets les plus intimes pour gagner une existence sociale ?

 

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« Le besoin même de liberté, si essentiel à l’intelligence, exige une protection contre la suggestion, la propagande, l’influence par obsession. Ce sont là des modes de contrainte, une contrainte particulière, que n’accompagnent pas la peur ou la douleur physique, mais qui n’en est pas moins une violence. La publicité, par exemple, doit être rigoureusement limitée par la loi ; la masse doit en être très considérablement réduite . » 

 

 

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Ce qui m'a intrigué précisément sur le thème des réseaux sociaux, c'est ce côté obsessionnel dont parlait Simone Weil. Au fur et à mesure des années, je me suis aperçu qu'en rentrant chez moi, j'avais pris des automatismes : poser le blouson, allumer l'ordi, prendre un verre d'eau, retourner à l'ordi, lancer la messagerie et le réseau social, m'asseoir. Toujours dans le même ordre, sensiblement à la même vitesse, sans même y penser. Parfois même en ouvrant la porte, je sentais la présence de cet ordi, des mails en attente, des notifications à consulter. Une présence familière mais obsédante, tuant parfois la créativité et monopolisant l'énergie.

 

SmartPote, avec ce nom de blague potache, c'est l'application d'un réseau social, qui pour une raison étrange, s'est incarnée. Un beau jour, on rentre chez soi, on ne s'est même pas aperçu qu'on l'a installé, mais l'archétype du "super pote" vit désormais chez nous, un peu lourd, certes, mais tellement sympa, toujours prêt à rire, à picoler, à nous rappeler une anecdote, à nous donner des nouvelles des vieux copains perdus de vue.

 

 

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N'oubliez pas de faire un don pour le film de Thomas Grascœur "SmartPote"! Partagez-le avec vos amis!

 

 

 

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Néanmoins ce "super pote" reste une application ; il parle par phrases toutes faites, exprime des sentiments déjà codifiés. On ne sait pas vraiment si c'est un humain ou une machine, en tous cas il occupe l'espace et, comme un gamin, il cherche toujours à monopoliser notre attention. Tout, de notre courbe de poids aux anniversaires de nos proches, en passant par nos opinions politiques ou nos citations préférées, doit passer par lui. Pourquoi ? Pour collecter le plus d'informations sur nous et nous offrir des publicités plus ou moins bien ciblées.

 

C'est drôle certes, mais dans le fond terriblement inquiétant (le texte de Simone Weil résonne étrangement), surtout dans l'acceptation collective et tacite de ce mode de vie. On devine une entreprise derrière le SmartPote, entreprise dont les intentions sont plus ou moins claires (un peu comme dans Le Nouveau Protocole de Thomas Vincent sur les lobbies de l'industrie pharmaceutique) ; mais on refuse de se poser trop de questions, puisque de toute façon tout le monde l'accepte. Et de fait, le sujet du film n'est pas tant de savoir ce qui est derrière le SmartPote, que d'étudier notre relation à cette chose qui se montre tour à tour amicale, inquiétante ou tentatrice.

 

 

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Dirk Bogarde et James Fox dans The Servant (1963)

 

 

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Le SmartPote, finalement, est une sorte de Servant contemporain, et j'ai voulu garder du film de Losey la référence à l'obsédant miroir en forme d'œil qui semble observer la lente déliquescence du maître jusqu'à cette étonnante scène finale d'orgie morbide qui signe la consécration du valet. Mais cette fois-ci, le SmartPote n'est pas un domestique, il n'est pas là pour servir, c'est au contraire une sorte de coach, amical et bienveillant. Il nous procure la visibilité et l'existence sociale, il nous motive à donner la meilleure image de nous-mêmes, à partager tous nos instants les plus insignifiants pour les magnifier et susciter l'envie. Il nous invite à nous épanouir dans un "moi" virtuel qui n'est pas tout à fait nous, mais qui est tel que l'on voudrait être soi-même. Quitte à vivre un peu par procuration.

 

Même si on n'est pas tout à fait immaculé ou tout à fait heureux, le profil reluit pour nous, comme Dorian Gray et son tableau.

 

Ce profil, c'est un "moi" virtuel, une sorte d'âme donc, qu'on offre au réseau social, avec la liste de ses amis, ses photos, des détails secrets sur sa personnalité, et qui nous survivra. C'est une propriété de SmartPote, on a signé en installant l'application. À la va-vite, sans lire le contrat, c'est vrai, mais approuvé quand même. Le mythe de Faust et de Méphistophélès n'est décidément pas si loin.

 

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Gérard Philipe et Michel Simon, La Beauté du Diable, de René Clair, 1950

 

 

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Ce SmartPote, il lui fallait la beauté du diable, cette séduction mystérieuse et irrésistible, quasiment à la manière du personnage de Terrence Stamp dans Théorème, qui sans même avoir à parler ou à manifester des sentiments, bouleverse tout sur sa lancée. Diable ou ange on ne sait pas ; en tous cas chacun, à sa manière, se trouve profondément transformé par sa rencontre.

 

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Terrence Stamp dans Théorème de Pasolini, 1968

 

 

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Ce qui est intéressant, c'est de voir comment le public et les protagonistes perçoivent le SmartPote. Robot foireux ? Système machiavélique ? Amant qui fait rire ? Enfant gâté ? Pote lourdingue ? Objet de fantasmes ? Tour à tour, il fait rire et il fait peur.

 

De fait le film se situe à la frontière des genres. Une application s'incarne, c'est avant tout un film fantastique. Le SmartPote peut tout aussi bien être un robot, un ange ou un démon, le genre le permet. C'est également une comédie ; on parle à une application en chair et en os, avec tous les quiproquos improbables et les situations cocasses que cela peut provoquer.

 

Enfin c'est un thriller, en raison de la perception mouvante qu'on peut avoir du SmartPote. Jusqu'à la fin, et le film ne tranche pas, on cherche à identifier qui sont les méchants et qui sont les victimes, s'il faut rire ou avoir peur, à qui on peut s'identifier. 

 

 

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Les réseaux sociaux nous incitent à exprimer nos émotions par des mots déjà préparés ("merveilleusement bien", "surexcité", "écœuré"...). Ils codifient la compassion, la révolte, l'indignation. Ils sont faits des émotions de nos contacts. C'est rassurant. Et si l'on est rassuré, la révolte s'éteint d'elle même.

 

Petit à petit, Faustine porte sur les SmartPotes le regard qu'avaient sur eux Dorian au début ; suivra-t-elle son évolution à lui dans la révolte, ou au contraire se complaira-t-elle dans cette familiarité rassurante ?

 

 

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Le film pose la question de notre liberté. #Liberté #SmartPote

 

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À quoi servira la collecte ?

La collecte sera entièrement dédiée à la location de matériel durant le tournage, puis aux frais de production

 

Durant le tournage (4 jours entre le 25 et le 29 juin 2016) :

- location de la caméra (RED) et du matériel lumière : 600 euros

- location du matériel son (micros HF, perche) : 400 euros

- location de la machinerie (rails travelling) : 100 euros

- redevance pour le tournage en extérieur : 250 euros

- régie pour pouvoir sustenter les acteurs et techniciens qui travaillent tous bénévolement au projet : 100 euros

 

Durant la post-production (de juillet à décembre 2016) :

- location du studio d'enregistrement pour la musique originale du film : 150 euros

- location d'une plate forme de montage puis d'étalonnage : 450 euros

- location d'un auditorium de mixage : 250 euros

 

Les montants qui dépasseraient le montant de la collecte permettraient de couvrir les frais

- de maquillage pour les fausses blessures (environ 200 euros)

- d'envois en festivals (environ 600 euros de frais d'inscription sur 1 an, à partir de janvier 2017) pour assurer une longue et belle vie au court métrage !

- de demande d'inscription au RCA et d'obtention du numéro de visa (environ 30 euros)

- de location de la salle pour l'avant première (environ 300 euros)

 

Le film étant une auto-production, les dons seront entièrement gérés par Thomas Grascoeur (auteur, réalisateur et producteur) qui veillera à leur bonne attribution aux différents postes.

 

Par avance un immense merci pour vos contributions !

 

À suivre, durant toute la préparation du projet, les présentations des membres de l'équipe !

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Thomas Grascoeur est comédien et réalisateur. En tant que réalisateur, il a signé un premier court métrage, "Les dimanches d'un bourgeois de Paris", adaptation de la nouvelle de Maupassant, diffusé par OCS Max et sélectionné dans de nombreux festivals tant en France qu'à l'international. En tant que comédien, on a pu le voir à la télévision dans... Voir la suite

Derniers commentaires

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Good Luck to you!!!
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Beau projet, belles images! Heureux de contribuer à la réalisation de ce nouveau court-métrage.
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Bon courage ! Bon tournage ! Bisous