Une recherche photographique en terre natale : capter l’existence quotidienne des femmes d’Alger, Tizi-Ouzou, Annaba ou Boumerdès.

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Présentation détaillée du projet

Mon projet est un voyage photographique au cœur de l'Algérie, pour comprendre, au-delà des préjugés rattachés au statut de la femme maghrébine, comment se construit l'identité féminine algérienne.

Après avoir été propulsées sur le devant de la scène médiatique pendant la guerre de libération, les algériennes ont été renvoyées à la maison par le code de la famille qui en fait des mineures à vie. Au cours de la décennie noire, des femmes sont assassinées parce qu'elles travaillent, sortent, ou vivent seules. Qu'en est-il aujourd'hui, dix ans après ces évènements - comment vivre avec le poids de la mémoire ?

Alger, Boumerdès, Annaba, Tizi-Ouzou et Aourir Ouzemmour (village kabyle) seront les lieux d’investigation où je pourrai suivre le quotidien de plusieurs femmes : à l'école, au travail, dans la vie familiale, dans leur rapport à la rue, à la ville, à l'autre. Je veux tenter de saisir, à travers la photographie, la complexité d'un pays qui échappe aux définitions simples.

Ce voyage s'inscrit dans un questionnement documentaire, mais c'est dans une approche sensible et poétique que j'aimerais rendre compte des destins des femmes dont je croiserai le chemin. 

 

   

 

Comment est né ce projet  ?    Lynnsk-alger-1409923163

 

Je suis née à Alger, le 5 décembre 1986, avec la double nationalité franco-algérienne. J’ai principalement vécu à Boumerdès, ville côtière située à une trentaine de kilomètres d'Alger. J'y ai terminé l'équivalent du CP, en français et en arabe, puis les «  événements  » nous ont fait quitter l'Algérie pour la France durant l'été 1993. Nous y sommes retournés chaque année pour les vacances d'été jusqu'en 1997, date depuis laquelle je n'ai pas remis les pieds en Algérie. 

 

Ce projet, photographier les femmes algériennes, m'a permis de structurer et d'appréhender ce retour aux racines. J'ai toujours beaucoup photographié les femmes, mais il m'aura fallu quelques années et un certain cheminement mental avant que l'envie de documenter la vie des femmes algériennes ne prenne toute sa place dans mon esprit.      

 

 

 

La femme, la lumière, la ville. 

 

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  Ce travail sera constitué d'images de la vie quotidienne pour comprendre comment on vit en Algérie, en tant que femme, jeune fille, vieille dame, mère au foyer, femme active, mariée, divorcée ou veuve, arabe ou kabyle, croyante ou non croyante… De quelle liberté les femmes peuvent-elles disposer  ? Qu'est ce que le pouvoir, existe-t-il un pouvoir domestique, en regard du pouvoir de l'homme dans la cité ? Quelles sont les stratégies déployées face à l'éducation, au mariage, à la vie professionnelle, alors qu'on est parfois tiraillé entre tradition et modernité  ? Comment se mêlent rouge à lèvre et hijab, être et paraître, quels sont les combats, les drames, les rêves de toutes ces femmes ?

 

Photographier les algériennes, c'est aussi répondre à des questions fondamentales inscrites dans mon identité métissée. Au delà d'une Histoire algérienne en ligne brisée, il s'agit de redessiner des passerelles entre ma culture française et mes racines berbères, en m'adressant à tous les autres "déracinés". 

 

Il s'agit aussi d'un hommage aux héroïnes du quotidien, un hommage sororal à celles de ma famille qui vivent encore là-bas, à celles dont les vies ont été brisées par le code de la famille ou la décennie noire.     

 

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Calendrier de travail 

 

Après un an de recherches documentaires, de prises de contacts, de dizaines de pages de notes, et une cinquantaine de cafés à la BPI, je suis enfin prête à retourner en Algérie après plus de quinze ans d'absence.

 

Mon parcours commencera dans la grande ville, à Alger, où je rencontrerai des femmes salariées, des étudiantes, des mères au foyer, un professeur des écoles, des artistes, des femmes dans et hors de leur appartement, mais aussi des militantes engagées dans des associations de soutien aux femmes algériennes.

Je continuerai sur Boumerdès, où j'ai vécu, à environ 40 kilomètres d'Alger  : la ville dont j'ai le plus de souvenirs mais que je ne suis pas sûre de reconnaître, après un séisme de grande amplitude en 2003.

Je prendrai l'avion jusqu'à Annaba, grande ville portuaire et proche de la frontière tunisienne, accueillie par des amis de ma famille qui m'avait déjà hébergé (en 1992…).

Après être revenue sur Alger, j'irai à la rencontre des habitants d'un village kabyle, Aourir Ouzemmour, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, dans lequel je compte plusieurs cousines germaines que je n'ai jamais rencontrées. 

 

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Si l’objectif financier est dépassé, je pourrai prolonger mon séjour et me rendre à Taghit dans la wilaya de Béchar, aux portes du Sahara : il est possible d'y rencontrer des nomades (Touaregs) et des femmes noires. Les Noirs sont totalement invisibles dans la société algérienne, alors qu'ils sont un million à vivre dans le sud du pays... 

 

 

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Pourquoi soutenir ce projet  ?

 

--> Parce que cette quête de l'origine n'est pas seulement la mienne, mais celles de centaines de milliers de franco-algériens, et qu'elle met en jeux les questionnements identitaires de ceux qui sont tiraillés entre deux pays ou deux cultures.

 

--> Parce qu'il y a finalement peu d'images des femmes algériennes  : les représentations féminines inscrites dans nos esprits ont souvent été réalisées par les forces militaires françaises (dans une appropriation symbolique du corps des femmes), ou par des orientalistes en mal de pittoresque… Mais il existe peu de réelles immersions dans la vie quotidienne – sans doute parce que "l'Algérie ne veut pas qu'on la regarde". (Bruno Ulmer) 

 

--> Parce qu'on parle beaucoup des femmes musulmanes, et spécialement des femmes voilées, au point qu’elles sont au centre de toutes les polémiques, sans qu’on prenne la peine d’aller à leur rencontre. 

 

--> Parce qu'il est important de montrer à quel point la culture algérienne est protéiforme derrière les clichés. Comme dans chaque pays il n’y a pas une mais des cultures : kabyles, arabes, berbères, juives, chrétiennes… malgré les tentatives d'uniformisation, il y a une richesse infinie de laquelle je veux essayer de rendre compte.

 

--> Parce qu’il me semble essentiel, alors que France et Algérie ont une histoire commune si dense, de créer des passerelles par l'art, de fabriquer du sens, et, par la rencontre avec l'Autre, de favoriser la circulation entre générations et territoires, entre mémoire et imaginaire.

 

Je veux photographier les histoires cachées derrière les visages, et tenter, par la photographie, de combler la part manquante de l'Histoire - leurs histoires, et la mienne.        

 

 

 Qui suis-je  ?

 

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Je m’appelle Adeline Selma K. que j’ai raccourci en Lynn S.K. J’ai 27 ans, j’habite à Paris, que j’aime et fuis régulièrement. Je suis née à Alger en 1986, avec la double nationalité franco-algérienne. Dès le début de la guerre civile, nous venons en France, en 1993, à Orléans. Après un bac littéraire option cinéma, je monte sur Paris pour des études de cinéma, à Marne-la Vallée puis à la Sorbonne (master), mais très vite, ma pratique photographique prend plus de place. Mon travail est exposé, publié, et fait l'objet d'un livre, Eclats (Editions Ragage, 2010).  J'ai la chance d'avoir photographié celles dont j'admire le travail (Lola Lafon, Virginie Despentes, Coralie Trinh Thi, Catherine Ringer, Lydia Lunch…) pour la presse et des maisons d'éditions. L'essentiel de mon travail est constitué d'images prises sur le vif, réflexion sur l'intime impulsée par une fascination immodérée pour mon entourage.   

Vous pouvez me retrouver sur mon site web. Ou sur ma page facebook. 

 

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J'en profite pour remercier Florence Le Coz du BIJ Courbevoie pour son soutien, ainsi que CTT correctrice hors pair et fée du budget. 

À quoi servira la collecte ?

Vos dons rendront cette recherche photographique possible. Je partirai fin octobre en Algérie et ce pour une durée d'un mois. Ce sera le premier retour en terre natale (après plus de quinze ans)  mais certainement pas le dernier ; ce travail ne fait que commencer : grâce à vous, il pourra prendre forme. Merci. 

 

Budget minimum : 1900 euros

 

L'hébergement se fera principalement chez l'habitant, dans des familles algériennes, ce qui est plus "sûr", et bien entendu plus cohérent en ce qui concerne ma démarche.

 

250 euros : Vol Paris/Alger aller-retour

180 euros : Vol Alger/Annaba aller-retour

200 euros : frais de déplacements hors avion : taxis de l’aéroport + éventuels taxis de nuit (une femme ne peut se déplacer seule la nuit) + remboursement des frais d'essence de mes accompagnateurs (sur Alger et pour Tizi-Ouzou et Boumerdès)

100 euros : Assurance multirisque + frais de chancellerie (passeport) 

300 euros : Frais de nourriture (10 euros par jour, participation aux frais des foyers dans lesquels je serai accueillie)

450 euros : La moitié du prix pour un Nikon D600 d’occasion avec garantie (450 euros restant à ma charge), le capteur plein format et la légèreté de ce boîtier en font l'appareil idéal pour la photographie de reportage, et un investissement plus que judicieux

35 euros : Dictaphone numérique Philips (mon travail photographique sera complété par des entretiens)

45 euros : Trois cartes SD 16 giga

70 euros : Frais téléphoniques pour l'organisation des escales et les prises de contact sur place

150 euros : Commission Kiss Kiss Bank (8%) 

120 euros : frais annexes des contreparties (frais postaux, fabrication des cartes postales chez Moo, boîtes et cadres...)  

 

 

 

Deuxième palier : 2500 euros 

 

Si je dépasse le premier palier, vos contributions me permettront de me me rendre à Taghit dans la wilaya de Béchar, à la porte du désert, pour photographier des populations minoritaires en Algérie : les femmes nomades (il y a environ 2000 nomades à Béchar), et les femmes noires (les Noirs sont une "minorité" en Algérie, ils sont pourtant plus d'un million sur les 17 millions d'Algériens), ainsi que de financer une optique adaptée aux photos de rue et aux grands ensembles, particulièrement utile dans les déserts ou les montagnes (Béchar et la Kabylie).

 

160 euros : Hébergement en chambre d'hôtes pour quatre nuits

120 euros : Vol A/R Alger/Béchar

320 euros : Optique Nikon AF 35 mm f/2.0  

 

 

Budget Idéal : 3700

 

Si je dépasse le deuxième palier, je pourrai investir dans du matériel qui améliorera considérablement les conditions et la qualité de mon travail sur place.

 

600 euros : Un ordinateur ultra portable (Acer) qui me permettra de stocker mes images (pour plus de sécurité), de les retoucher et de les montrer aux modèles (pour renforcer mon lien avec elles), et aussi de rester en contact avec vous, en images via mon facebook.

600 euros : Un Fuji x100 d'occasion, ce boîtier pro et ultra-compact me permettra de rester discrète dans les rues des grandes villes, où la surveillance policière peut poser problème.

 

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Je m’appelle Adeline Selma K. que j’ai raccourci en Lynn S.K. J’ai 27 ans, j’habite à Paris, que j’aime et je fuis régulièrement. Je suis née à Alger en 1986, avec la double nationalité franco-algérienne. Dès le début de la guerre civile, nous venons en France, en 1993, à Orléans. Après un bac littéraire option cinéma, je monte sur Paris pour des... Voir la suite

Derniers commentaires

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vous êtes adorables, merci......... <3
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Bon voyage Lynn :)
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Go Lynn! ;-)