10000 km à vélo, sous la ligne aérienne Canton-Paris. Un pilote de ligne met les mains dans le cambouis! Ce film raconte 8 mois d'aventure.

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The project

 

Synopsis court

 

On peut vouloir partir parce qu’on a jamais voyagé ou, au contraire, décider de voyager parce qu’on est trop souvent parti.

       Après avoir parcouru le monde sans le voir, un pilote de ligne décide de suivre à bicyclette la ligne aérienne entre l’aéroport de Canton (Chine) et celui de Roissy CDG.

            À rebours d’un monde que l’on voudrait sans transition, cette aventure exceptionnelle pour se réapproprier l’espace nous emmène sur un chemin initiatique. Le « temps du vélo » sera celui de l’éveil d’un homme au monde, aux autres et à lui-même.

 

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Note d’intention du réalisateur

 

        L’origine de toute cette histoire remonte à ma rencontre avec Alexandre Poussin, un écrivain voyageur. Alexandre a traversé l’Afrique à pied.

Sa vie correspondait, dans mon imaginaire, à celle que j’aurais voulu avoir.

Beaucoup de gens vivent ça. Moi-même, en tant que pilote de ligne, j’ai souvent constaté à quel point on m’enviait. Pourtant, à force de parcourir le monde sans le voir, j’ai fini par me lasser de cette vie de passage. Et j’ai trop rêvé de la vie des autres, de celle d’Alexandre notamment, pour supporter encore longtemps l’impasse de ces tutelles.

        

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En Janvier 2010, j’ai pris l’avion pour Canton (Chine), j’y ai acheté un vélo et je suis rentré avec jusqu’à Paris, en suivant au plus près la ligne aérienne que j’avais emprunté pour m’y rendre, armé d’une caméra numérique.

 

         Mon film part donc de cette nécessité : vivre une aventure hors du commun, me confronter à mes héros, donner du sens et un nouveau souffle à ma vie, quitte à délaisser pendant plusieurs mois ma famille.

 

         Je viens d’un milieu professionnel aux antipodes de l’art. Imaginez un pilote improviser au gré de sa sensibilité ! Eh bien c’est justement pour cela que j’ai commencé à faire de la photographie, avec cette impression intense d’avoir des choses à dire. Pour parler, je fais des images. Depuis mes premiers vols, j’ai trouvé l’équilibre dans ce constant dialogue entre mon univers professionnel, aimé puis refoulé, et cette passion de l’image.

 

         Ce voyage à bicyclette était la plus belle manière d’éprouver cet équilibre. Le film en est l’expression artistique.

 

         Il éclaire un chemin vers la liberté d’être soi-même.

         En effet, nous ne nous intéressons pas à des Tibétains par exotisme, nous ne rentrons pas dans une ferme kazakhe pour savoir comment ils vivent, nous ne montrons pas une cimenterie, une décharge, le labeur du peuple chinois par voyeurisme. Nous faisons cela, car ces évènements participent à l’éveil d’un homme à lui-même, aux autres, au monde.

 

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L’époque veut se passer de transition. L’avion est devenu le symbole le plus éclatant de nos prétentions : abolir l’espace et gommer le temps. Ma part de poésie a été de contester cela, de croire encore à l’effort. Dans notre monde déboussolé, j’ai choisi un cap qui a du sens, qui donne du sens.

 

         Cette aventure humaine m’a apporté bien des surprises et plus de rebondissements qu’il n’en faudrait pour un scénario de fiction.

 

         J’ai ramené plus de 100 heures de rushs. J’ai filmé les tempêtes de sable, caméra fixée sur le vélo, les échanges avec mes hôtes grâce à mes petites boîtes à musiques, des paysages époustouflants dans des plans séquences aux cadrages de cinéma. J’ai filmé toutes les traces d’avion dans le ciel, les éléments du décor en premier plan, et cherché toutes les occasions de mettre en relation la ligne aérienne avec le sol. Le long de ma route, j’ai interviewé des contrôleurs aériens chinois, des hôtesses de l’air en escale. J’ai filmé mon ombre en mouvement sur le vélo, filmé la nuit, la foule des villes, les travaux incessants en Chine du Sud, les monuments de la propagande, les traces de l’histoire. Bref, tout ce qui attirait mon attention, le plus loin possible de l’exotisme.

        

 

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J’ai aussi filmé la vie du pilote. Beaucoup d’images aériennes de nuages, spectaculaires et oniriques, et des chambres d’hôtel. Par la fenêtre, nous apercevons le mur d’en face. Car la vie du pilote est ainsi : on ne voit le monde qu’à travers une vitre, avec une perspective cachée.

 

         Pour le son, je dispose de nombreux enregistrements, du marteau piqueur chinois aux prières tibétaines. J’ai fait chanter mes hôtes, capté l’ambiance de la rue ou la musique d’une improbable boîte de nuit en pleine campagne. Nous entendons les bruits de l’homme, du vélo et surtout, ceux de la nature. Le son des vents et du silence joue un rôle essentiel dans la transmission et la restitution du vécu et de son émotion.  L’extérieur est omniprésent puisque je m’y débats toute la journée, et parfois la nuit. Les éléments ont un impact extrêmement fort sur la pensée ; ils retrouvent toute leur place grâce au montage. Le travail de la bande-son déploiera encore leur importance.

 

         L’angle adopté pour traiter cette matière est résolument poétique.

 

         Mon intention est de créer un univers sensible, comme un tableau de Nicolas De Staël. Si l’on zoome à un endroit du tableau, on ne verra qu’un aplat de couleurs. C’est en prenant du recul pour voir l’ensemble de l’œuvre que tout prend son sens. Ainsi, la poésie réside en la manière d’exploiter la matière, en un ensemble de sensations, de ressentis et de touches progressives.

La poésie réside aussi dans la matière elle-même, comme la séquence emblématique de la boite à musique chez Aïnour, au Kazakhstan. Grâce à cet instrument simplissime, l’hymne à L’amour d’Edith Piaf prend une dimension universelle et devient le vecteur de notre humanité.

 

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         Le dispositif narratif s’articule autour de deux idées fortes : l’absence de discours didactique et une structure en forme de tissage.

 

         Nous montrons des images, mais sans les expliquer, sans les commenter a posteriori. Nous ne portons aucun jugement, ne délivrons aucun message. Ce sera au spectateur de s’approprier l’éveil comme je me suis approprié l’espace et le temps.

 

         D’autre part, plutôt que de décrire par une voix off les tiraillements intérieurs, les contradictions du mari aimant ou du père responsable, le sentiment de culpabilité, bref ma position par rapport à la famille, j’ai choisi d’utiliser les SMS que nous avons échangés le long de ma route avec Marianne, mon épouse. Ces courts messages créent des tensions propices à l’imaginaire (après une magnifique journée de vélo, je reçois un SMS de ma fille me demandant de rentrer). Inévitablement, le spectateur se projettera tour à tour dans l’une des positions des protagonistes de l’aventure : celui qui pédale ou celle qui l’attend.

 

         Il nous faut considérer que mon voyage à vélo vient confronter le « monde de l’avion » et toutes ses valeurs. Nous pouvons ainsi définir un « temps de l’avion » manifesté par la puissance, le pouvoir, la vitesse, la performance ou encore la technologie, le surdéveloppement, la superficialité et le rêve, par opposition au « temps du vélo » révélé par l’humilité, la réalité, le labeur, la simplicité, la lenteur, l’autonomie, l’authenticité. Cette classification peut paraître un peu caricaturale, mais elle correspond à mon ressenti. Surtout, c’est grâce à cette grille de lecture que j’ai sélectionné mes plans, car je n’ai cessé de naviguer entre ces deux rives au cours de ce long périple.

 

 

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La trame du film suit donc ce temps du vélo. À l’image du métier à tisser, au gré de mes va et vient, et donc de mon chemin vers l’éveil, je n’ai cessé de rencontrer, en Chine, au Kazakhstan, en Russie ou en Europe les mêmes fils de chaînes, les mêmes thématiques récurrentes (obsession de l’image et de l’écran, omniprésence des grandes marques -symboles de consommation-, développement à outrance, déni de l’environnement, représentation de l’histoire dans le paysage) comme pour mieux souligner l’uniformisation de certains comportements et la globalisation d’idées dominatrices.

Toujours là-haut, dans le ciel, il y a les avions, mes fidèles compagnons de voyage, qui sont le chronomètre, le pouls du monde moderne. Nous jouons des contrastes, des différences de perspectives, des ruptures de rythme. Une mise en abîme pour souligner la singularité de ma démarche et nous faire sauter aux yeux, en quelque sorte, ce que nous ne savons pas voir.

 

            Mais le plus important à montrer est mon parcours personnel. Nous en sentons la progression. Le fil de trame n’est pas une errance sans but à travers un monde déboussolé. Il s’agit d’un retour. Je pars en avion, puis je reviens à bicyclette. Au début du film, nous sentons la prudence, une sorte de distance observatrice, l’angoisse d’un homme tiraillé entre sa culpabilité et son audace. Les rencontres sont progressives, les difficultés se succèdent, puis la magie opère au cœur du voyage. Les retrouvailles familiales nous montrent un homme « reconnecté » avec lui-même et avec les autres.

 

Il y aura bien sûr toujours des voyages et il y aura toujours l’avion. Mais l’homme qui est parti aura appris à revenir, en connaissance de cause.

 

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Note du producteur

 

 

François Suchel a tout d’un héros moderne ! S’il était né il y a un siècle, il aurait fait partie de l’aéropostale, aurait parcouru le Monde en réalisant des exploits, ouvrant de nouvelles lignes, établissant des records, décrivant, dans des livres à succès, ses prouesses, filmant même ses aventures en noir et blanc, avec une caméra muette.

 

Il aurait peut-être aujourd’hui un timbre à son effigie.

 

Mais François, heureusement pour nous, est tout autre, un simple pilote de ligne du XXIe siècle, dans un monde peuplé de plus de sept milliards d’individus, où il est bien plus difficile de grappiller quelques secondes d’immortalité.

 

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François réussit pourtant, instinctivement, à devenir cet être moderne, hybride, actuel, un prototype du nouvel aventurier sans césure entre la tête et les jambes. Comme un improbable volailler/bijoutier, obligé de faire la synthèse entre des réalités apparemment contraires, François démontre, au cours de son voyage de retour, au départ de Canton, qu’il incarne la synthèse unique, à la fois, d’un sportif, d’un photographe, d’un cinéaste, d’un écrivain, d’un artiste donc, d’un journaliste, d’un bloggeur, d’un amoureux, d’un étonnant voyageur et d’un amateur éclairé, tout en restant lui-même, un homme complet, ouvert, unique et indispensable.

 

C’est bien la première fois qu’Ulysse est figuré par un homme apparemment banal. C’est bien la première fois qu’un amateur fabrique modestement une mythologie personnelle, en parcourant autant de kilomètres, avec si peu de moyens. Au moment où la folie médiatique fabrique des récits où l’on va toujours plus haut, toujours plus vite, toujours plus loin, François offre une démesure toute personnelle qui remet l’échelle à l’endroit.

Il redonne à l’aventure à la fois ses lettres de noblesse – comme on dit – et une voie originelle et originale. Il devient, sans le vouloir, un modèle à réinventer pour chacun de nous.

 

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Au moment majeur du grand basculement de notre planète, au moment où l’Occident perd le contrôle de l’économie du Monde, au moment où nous cherchons notre place dans la carte et le territoire, François réussit à fabriquer comme un GPS moral. Il nous livre son expérience d’arpenteur de la Terre, propose son regard et nous rend témoin de son empathie et de sa fraternité. Sans aucun discours théorique, il propose une pratique de la terre, une philosophie du Monde, proche de la nature, respectueux de tous et de la culture de chacun. Il montre tout au long de sa performance sportive et artistique quelle pourrait être une nouvelle place dans ce Monde en mutation.

Il propose une vision optimiste et offre une étrange fraternité joyeuse, pleine d’une bonne émotion.

 

 

François Suchel illustre parfaitement la thèse du sociologue Patrice Flichy sur la révolution numérique, qui permet le sacre de l’amateur. Au moment de la convergence des techniques et de la naissance de la société de l’information, il est bon de trouver un individu qui personnifie cette possibilité pour chacun de nous de nous emparer du monde.

 

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Un pilote de ligne, nous en avons une preuve ici, peut être aussi un artiste, comme photographe, comme cinéaste, comme écrivain. Dans la tradition des écrivains voyageurs, François, pour se convaincre encore plus de son originalité a de plus réussi un exploit sportif. Il a mis, pour paraphraser Mao Zedong, sa vie au bout de sa caméra. Il parvient à nous faire vivre tout au long de ce film humain, pudique et juste, une vraie aventure, un vrai voyage, pour réaliser une authentique œuvre.

 

Et de plus, ce qui n’est pas rien, François Suchel tire, de son parcours personnel, un film qui devient pour le spectateur, pendant le temps de la projection, une expérience intime du voyage.

 

François réussit, sans mot dire, à rencontrer l’autre, à nous faire toucher la fraternité, l’empathie, l’amour, qui palpitent en chacun de nous. Avec modestie et chaleur, il nous fait voir le monde comme peu de personne ne nous l’avaient fait découvrir avant lui.

 

Le tourisme ni les vacances n’existent plus et à la place de ce vide, il y a le plein des sentiments et des émotions partagées, il y a la communion avec la nature, les animaux et les hommes.

 

Il propose une réconciliation, comme quelque chose qui ressemblerait au bonheur, malgré tout.

 

 

Pierre Oscar Lévy

 

La carte du voyage à bicyclette -la ligne aérienne-

 

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L’itinéraire : les principales villes et pays traversés

 

-Chine : Canton (Guangdong) ; Guilin (Guangxi) ; Guiyang (Guizhou) ; Chengdu (Sichuan) ; Lanzhou (Gansu) ; Alxa Youqi (Mongolie Intérieure) ; Jiayuguan (Gansu) ; Hami, Urumqi (Xinjiang).

-Kazakhstan : Ayaguz, Karaganda, Astana, Kostanay.

-Russie : Magnitogorsk, Oural, Sterlitamak, Kazan, Moscou, Smolensk.

-Biélorussie : Minsk, Brest.

-Pologne : Varsovie.

-République Tchèque : Prague.

-Allemagne : Bayreuth, Frankfort.

-Luxembourg.

-Belgique : Arlon.

-France : Ardennes, Champagne, ile de France.

 

 

Qui sommes-nous ?

 

François SUCHEL : réalisateur

 

 

 

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Je suis né le 24/12/69 à Yaoundé (Cameroun).

Pilote de ligne à Air France depuis 1990, je suis également photographe.

Ce film est l’occasion d’expérimenter un nouveau moyen d’expression : la réalisation de film.

Pour plus d’information sur mon travail, rendez-vous sur mon site : www.nomadeduciel.com.

Pour revivre le voyage Canton-Paris, rendez-vous sur le blog du voyage :

www.nomadeduciel.com/voyage-a-velo/?paged=18

 

 

AUNE Production: producteur

 

Réalisateur et producteur reconnu dans le monde du documentaire, Pierre Oscar Lévy a fondé Aune production avec le directeur de production Pascal Bonnet, en 1994.

Son premier film est récompensé par la Palme d’Or du court-métrage au Festival de Cannes en 1983 : Je sais bien que j’ai tort… mais demandez à mes copains, ils disent la même chose. En 1992, il réalise Premier convoi. Entre 1994 et 2003 il produit et anime Archimède, le magazine scientifique d’Arte, émission largement primée en France et à l’étranger. Depuis, il poursuit sa carrière de réalisateur de films documentaires.

 

NOMADE DU CIEL Production: coproducteur

 

NDC production est la société que j’ai créée pour porter ce projet. Je suis donc en coproduction à 50/50 avec AUNE production.

 

 

Why fund it?

 

Cette collecte est destinée à compléter le budget du film qui n'a pas permis de couvrir toutes les dépenses. Financé uniquement par les fonds propres de l'auteur ainsi que par le soutien d'Air France, le film va voir le jour très prochainement (fin novembre 2013) grâce à une chaine de solidarité d'intervenants professionnels de grande qualité, séduits par le projet, qui ont accepté de travailler pour "pas grand chose".

 

Avec cette collecte, je compte:

-rémunérer le musicien qui a fait un gros travail sur la B.O. et n'a pas été payé.

-financer 10 jours de montage pour la Version 52' pour la télévision, ceci afin que le film ait le plus de visibilité possible.

-financer la bande annonce.

-financer les frais de diffusion en festival (support DCP, BLU RAY, inscriptions, envoi, etc.), qui sera le principal canal de diffusion du film, en espérant, qui sait, une sortie ultérieure en salle. 

 

Les contreparties (DVD, récit de voyage, tirages) pourront être envoyés avant Noël, pour ceux qui souhaiteraient en faire des cadeaux…

 

 

Merci beaucoup pour votre aide !!

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polanomade

J'ai 43 ans et je suis actuellement commandant de bord sur Airbus A 320 à Air France. J'ai commencé tout bébé, enfin façon de parler. J'avais 21 ans, et les hôtesses de l'air me préparaient des biberons de chocolat chaud pour le gouter. Maintenant c'est moi qui les consolent quand elles se font agresser par des passagers mécontents ! Sinon, Je fais des... See more

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Hello François! Je suis contente pour toi que l objectif fut dépassé!!! C'est encourageant,génial,positif! Il est extrêmement nourrissant,motivant,de rencontrer des personnes comme toi,qui se dépasse,franchisse les obstacles. Merci.  J ai hâte de découvrir ton film! A tout bientôt!
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