1 hectare de bananes plantain pour lutter contre la pauvreté, autonomiser les femmes et scolariser les enfants du village

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Présentation détaillée du projet

Préambule : Nous voulons produire ICI, ce qui est consommé ICI, afin de :

 

      - Réduire l'empreinte carbone,

      - Renforcer les moyens d'existence,

      - Lutter contre la pauvreté en milieu paysan et ainsi

            . Réduire l'exode rural,

            . Autonomiser les femmes du village,

            . leur permettre de ré-inscrire les enfants à l’État Civil,

            . et ainsi, (re)scolariser ces enfants

 

 

1 - Les origines du projet

 

En 2016, la Côte d'Ivoire a connu une grave pénurie de denrées alimentaires de base. Le pays a décidé de déployer une réponse de circonstance, sous la forme d'un plan d'urgence, demandant aux agriculteurs de s’impliquer fortement pour un changement radical de l’agriculture en Côte d’Ivoire.

 

L’État prend en charge l'évolution des infrastructures de base et l'appui technique (par son agence l'ANADER).

 

A nous de faire le reste !

 

http://news.abidjan.net/h/606429.html

http://www.anader.ci/psa.html

 

 

Un peu d'histoire...   Pendant de nombreuses années la Côte d'Ivoire a été paralysée par des crises sociopolitiques à répétition.

 

L'une des conséquences principales a été une paupérisation profonde de la population, entrainant une insécurité alimentaire et nutritionnelle importante, ainsi que des dérives profondes, dont la déscolarisation des enfants et en amont leur non déclaration à l’État Civil.

 

Après la dernière crise post-électorale de 2010/2011, le pays s'est retrouvé profondément déchiré, déstructuré, l'économie moribonde, la population en grande souffrance. Un nouveau gouvernement s'est mis au travail et le pays sort maintenant petit à petit de sa léthargie.

 

Renouvelé démocratiquement en octobre 2015, le pouvoir actuel s'efforce de redresser le pays sur la base d'une économie dont l'agriculture doit devenir le pilier fondamental du développement, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté, du chômage des jeunes et de la dépendance aux importations de produits vivriers et maraichers.

 

Présents depuis 2005 dans différentes instances et groupes de travail au niveau national et liés à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, nous connaissons bien le pays et ses habitants, ainsi que la dynamique de la pauvreté et de la vulnérabilité qui y ont pris place.

 

En cohérence avec le Programme National d'Investissement Agricole (PNIA), la Stratégie Nationale de Développement des Cultures Vivrières (SNDCV) et les besoins exprimés par les populations rurales concernées, le projet pour lequel nous sollicitons votre concours s'inscrit dans le Programme Sécurité Alimentaire (PSA) décidé par l’État de Côte d'Ivoire et reçoit le soutien du MINADER[1] à travers sa Direction régionale, ainsi que de l'ANADER[2], agence d'exécution technique du MINADER.

 

Ces organismes contribuent au projet, tout comme SpiruCi et les bénéficiaires eux-mêmes. Néanmoins, pour couvrir le solde du financement et nous permettre de démarrer le plus rapidement possible (en l'occurrence dès la prochaine campagne agricole qui débutera en février/mars 2017), nous avons besoin de vous.

 

Enfin, le projet s'inscrit dans une démarche proactive forte d'agriculture intelligente (smart agriculture), dans un contexte d'une Côte d'Ivoire qui s'inscrit résolument dans la lutte contre la désertification et pour la limitation de l'empreinte carbone de son économie.

 

 

2 - Les composantes du projet

2.1 - Le projet global

 

Le projet global vise à mettre en place en 3 ans, 6 hectares de bananes plantain, par lots successifs de 1 ha à chaque saison (mars-avril) et contre-saison (août-septembre), au profit de groupes de  bénéficiaires (agriculteurs/agricultrices), ainsi que du village ciblé.

 

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Ce village du Sud de la Côte d'Ivoire, du nom d'Annépé à 90km au Nord d'Abidjan, enregistre chaque année une période de soudure (période entre 2 récoltes de saison) assez longue et délétère, la malnutrition y est présente tout au long de l'année et des dérives sociétales liées à la pauvreté touchent en premier lieu les enfants.

 

 

 

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2.1.1 - Les groupes de bénéficiaires

 

Il s'agit de cultivateurs, principalement des femmes combatives mais démunies, dont les résultats de production ne sont pas suffisants pour leur permettre de sortir de la pauvreté et assumer ainsi toutes les charges qui leur incombent, dont la déclaration à l’État Civil et la scolarisation de leurs enfants. Leur permettre d'accéder à de nouveaux moyens d'existence, c'est leur permettre d'assumer pleinement leur rôle vis-à-vis de leur enfants.

 

Ils/Elles bénéficieront d'une formation adaptée, afin de leur donner toute capacité de reproduire ensuite l'expérience sur leur propre terre.

 

Ils/Elles recevront également à la fin du 1er cycle de projet le matériel végétal nécessaire au repiquage sur leur propre terre.

 

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(Réunion de femmes bénéficiaires)

 

 

Actuellement, le rendement villageois en bananes plantain est assez faible (2 à 3 t/ha/an) compte tenu de mauvaises pratiques culturales aboutissant à un matériel végétal contaminé par différentes maladies et qui se dégrade à chaque nouveau cycle de culture.

 

Le projet permettra d'adopter de bonnes pratiques et d'atteindre de bons rendements (15 à 20 t/ha/an) et les nouvelles repousses de bananiers seront remises aux bénéficiaires pour démarrer leur propre production avec ce matériel végétal de qualité.

 

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En rendement financier, cela correspondra pour chaque ménage bénéficiaire à passer d'un revenu annuel d'environ 200 € par personne à environ 4 fois plus. C'est à dire : Sortir de la pauvreté pour atteindre la capacité à faire face aux charges de la vie courante (Scolarité des enfants et santé de la famille principalement).

 

 

2.1.2 - Le village

 

Érigé depuis peu en sous-préfecture, le village d'Annépé abrite environ 5.000 habitants. Loin à l'écart des grands axes routiers, son enclavement rend son développement plus délicat et un projet agricole de cette envergure contribuera grandement à la dynamique économique positive recherchée par tous.

 

La sous-préfecture et la chefferie du village voient ce projet d'un très bon œil, tant pour sa composante de développement villageois, que celle de consolidation de la cohésion sociale et d'acquisition de bonne pratiques culturales.

 

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      (Réunion avec la chefferie et quelques notables)

 

 

2.1.3 - Les cycles successifs

 

Le projet démarre avec un premier hectare en culture dite de saison. Ce premier hectare fait l'objet de la présente collecte. Vers le mois d'août prochain, démarrera la mise en place d'un nouvel hectare, cette fois-ci en culture de contre-saison. La finalité est de pouvoir compter sur une disponibilité permanente tout au long de l'année sur le marché local de la banane plantain.

 

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(Marché villageois avec des bananes plantain au 1er plan)

 

Ce premier cycle permettra après les récoltes respectives de disposer d'un stock de "repousses" (rejets) de bananiers suffisant pour permettre aux bénéficiaires de reproduire l'expérience sur leur terre, mais aussi d'ensemencer un nouvel hectare en culture de saison, ainsi qu'un autre en contre-saison. Tout cela sans plus avoir recours à des financements extérieurs pour acquérir le matériel végétal.

 

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Le deux cycles suivants permettront de la même manière et avec la même autonomie de mettre en place les derniers hectares de culture pour atteindre l'objectif final de 6ha.

 

 

2.2 - Première tranche : 1 ha de bananes plantain dite de saison

 

2.2.1 - Pourquoi la banane plantain ?

 

La banane plantain est la 3ème culture vivrière de Côte d'Ivoire avec une production annuelle d'environ 1,6 millions de tonnes, mais cette production ne couvre que pour moitié les besoins de la population, estimés à 120kg/an/pers. Cet aliment appartenant à la culture ivoirienne, est donc bien accepté et possède une bonne valeur nutritionnelle.

 

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Encore faut-il maintenant rendre cet aliment plus disponible et plus accessible, c'est à dire moins cher.

 

 

La culture de la banane plantain ne représente pas une grande difficulté, mais les variétés peu productives actuellement utilisées ainsi que le recours quasi systématique à la culture pluviale, ne permettent pas l'autosuffisance alimentaire des populations.

 

Grâce au bon sens et un peu de réflexion, ce projet pilote recèle toutes les qualités pour transformer durablement et respectueusement des pratiques culturales devenues inefficaces voire délétères pour l'environnement, cela grâce à une agriculture intelligente amenant une meilleure productivité.

 

Nous allons produire localement, en deux temps dans l'année, ce qui est consommé localement toute l'année et démontrer aussi que l'enrichissement biologique donne de meilleurs résultats que la culture extensive sur brûlis.

 

Aussi, en produisant localement ce qui est consommé localement, nous contribuons fortement à diminuer l'empreinte carbone liée à l'alimentation.

 

 

2.2.2 - Calendrier d'exécution de cette première tranche

 

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[1] MINADER : Ministère de l'agriculture et du développement durable

[2] ANADER : Agence nationale d'appui au développement rural

 

À quoi servira la collecte ?

3 - Financement : Un budget total de 8.450€, incluant une collecte de 3.600€

 

Mais tout d'abord, pourquoi faire appel au financement participatif ?

 

Dans son œuvre de reconstruction, la Côte d'Ivoire ne manque pas de bailleurs institutionnels dont les promesses de financement sont à la hauteur des besoins. Mais, "nous sommes en Afrique" comme on a l'habitude de dire ici et à financements institutionnels, utilisation institutionnelle des fonds, ce qui trop souvent revient à dire que la pertinence sociale et économique des projets n'effleure que ceux qui les ont rédigés.

 

En outre, les destinataires de ces financements consomment l'essentiel des ressources, sans se préoccuper de l'impact réel et de la durabilité de cet impact sur les populations concernées. Les projets éligibles sont ceux qui laisseront de conséquents subsides ou autres avantages aux attributeurs.

 

C'est pourquoi, à solution éthique, pragmatique, durable et non conventionnelle, mise en œuvre par une structure ni politique, ni confessionnelle, ni créée pour la circonstance, c'est à dire nous l'ONG SPIRUCI, il est hasardeux d'espérer des financements institutionnels. D'où le recours au financement participatif.

 

 

3.1 - Apports de SpiruCi  - Evalué à 3.600€

 

SpiruCi fournit à ses frais le package suivant :

 

     - Une première parcelle de 1,5ha pour une valeur locative de 70€/an et cela pendant 5 ans.

     - L'animation du projet, ainsi que son suivi administratif et financier. Une valorisation raisonnable dans ce contexte serait d'environ 350€/ms sur les 3 mois de démarrage puis les 2 mois de récolte et post-récolte et de 150€/ms pendant les 5 mois que dure la période intermédiaire. Soit au total 2.500€ sur les 10 à 11 mois du 1er cycle de culture.

     - Le savoir-faire en culture biologique.

     - La relation avec les institutions et autorités locales.

     - La couverture de divers autres frais (communications dont Internet, déplacements, fournitures diverses,…) évalués forfaitairement à 75€/ms soit 750€ au total sur la période.

 

 

3.2 - Apport de la communauté - 625€

Les bénéficiaires se sont déjà beaucoup investi pour préparer le projet et continuent à le faire. Ils ont déjà réalisé à leur charge :

 

     - Un puits de 15 mètres de profondeur et 30m³ de stockage d'eau, ayant demandé 60 journées/homme de travail pour une valeur de 183€

 

     - Un apatam (petit bâtiment) pour la mise à l'abri des ouvriers agricoles, d'une superficie de 25m2 et d'une valeur de 229€

 

     - Un local de rangement des outils et intrants agricoles, d'une superficie de 20m2 et d'une valeur de 213€

 

 

3.3 - Apport des institutions

Le Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural, délégant son agence d'exécution technique l'ANADER accompagne le projet et fournit principalement :

 

     - L'étude de viabilité et faisabilité d'ensemble du projet

     - La validation du choix de la parcelle comme étant adéquate pour la culture choisie

     - Certains aménagements hydrauliques en amont (à la charge de l’État)

     - S'impliquera dans le choix du Chef d'équipe et de son adjoint

     - Le suivi de l'itinéraire technique durant tout le cycle de production

 

Il est difficile de quantifier la valeur financière de cet apport institutionnel, mais nous pouvons l'évaluer forfaitairement comme étant pour le moins égal à celui de la communauté.

 

 

3.4 - Collecte KKBB - 3.600€

 

3.4.1 - Achat de 1.675 plants de bananier variétés sélectionnées Pita ou Orishele pour 894€, transport inclus de la pépinière à la parcelle de repiquage, en 3 rotations.

 

3.4.2 - Allocations journalières aux travailleuses agricoles, nécessaires en attendant la commercialisation de la récolte et correspondant aux travaux suivants qui restent à réaliser :

 

     - Ouverture et nettoyage de la parcelle, travail correspondant à 60 journées/homme (JH) rémunérées à 2.000 Xof (env. 3€) par journée de travail

     - Trouaison (100Xof/p) et repiquage (75 Xof/p) des 1.675 plants de bananier

     - 4 opérations de sarclage à 45.000 Xof/ha chacune

     - La récolte et les travaux post-récolte, forfaitairement à 90.000Xof pour 1 ha

       

3.4.3 - Allocation mensuelle au superviseur agricole pendant 10 mois, à 60.000 Xof/ms, ainsi qu'à son adjoint qui sera lui employé à mi-temps pour 22.500 Xof/ms.

 

3.4.4 - Frais financiers et divers        

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Pour rappel : 1 XOF = 1 FCFA et 1 Euro = 656 XOF

 

 

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3.5 - Options Plus si la collecte dépasse le budget de base

 

Option 1 : Dispositif de micro-arrosage gravitaire (en goutte à goutte) pour une valeur d'investissement d'environ 1.500€ à l'hectare. La pénibilité de la tâche d'irrigation sera considérablement diminuée et une part de la main d’œuvre sera rendue disponible pour d'autres tâches agricoles (comme les clôtures par exemple).

 

Option 2 : Équipement du puits avec un dispositif solaire de pompe immergée pour une valeur de 3.340 à 6.700€ selon le niveau technologique. La pénibilité de la tâche d'alimentation des réservoirs d'eau sera considérablement diminuée. La main d’œuvre ainsi économisée sera redéployée afin de développer l'activité.

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SpiruCi

L'ONG SpiruCi a été créée en 2007 par Gilles MAURICE, suite à son expérience acquise auprès d'organisations de solidarité internationale ou d'agences des Nations Unies, travaillant sur les problématiques de l'agriculture et de la malnutrition en Afrique. SpiruCi est une organisation apolitique, non confessionnelle, à vocation strictement sociale et... Voir la suite

Derniers commentaires

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Merci Lionalca pour ce commentaire. Effectivement et pour reprendre la pensée de Confucius, il vaut mieux apprendre à un homme à pêcher plutôt que lui donner du poisson ! Quant à la réalisation sur plusieurs saisons, c'est ce qui permettra de dupliquer l'activité à moindre coût pour aussi plus d'efficacité.
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Les objectifs du projet, autonomie alimentaire et formation, sont très importants. Sa réalisation sur plusieurs saisons est aussi très intéressante. Une petite participation de ma part et mes encouragements pour sa réussite