Un documentaire sur une minorité ethnique vouée à disparaître, dont j’ai partagé le quotidien il y a 5 ans. Aidez-moi à revenir sur mes pas.

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Présentation détaillée du projet

Le projet

 

« Sur la trace des Mosuo » est un documentaire à réaliser en Chine, sur une minorité ethnique aux traditions singulières : chez les Mosuo, le mariage n’existe pas, les femmes règnent sur la communauté, et les fantômes des ancêtres cohabitent avec les vivants…

 

Voilà déjà 5 ans, j’ai partagé leur quotidien pendant plusieurs mois. J’aimerais aujourd’hui, à l’heure où l’avenir de la communauté est plus que jamais menacé, repartir à la rencontre des Mosuo et faire avec eux l’état des lieux de la situation.

 

Aidez-moi, à travers ce documentaire, à garder une trace de cet instant précis où se joue l’avenir d’un peuple...

 

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La genèse du projet

 

L’hiver 2007/2008 reste dans les annales en Asie du sud comme le plus rigoureux de ces 50 dernières années. Cet hiver-là j’étais sur la route, à la découverte du monde, de passage dans le sud de la Chine.

 

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Bloquée par la neige sur une montagne du Yunnan, à 2700 mètres d’altitude, j’ai partagé malgré moi, pendant près de trois mois, le quotidien de familles Mosuo, une minorité ethnique chinoise, composée de 40 000 individus vivant selon les règles du matriarcat. Au fil des jours, Naji, la fille de la première famille à m’avoir accueillie, est devenue mon amie.

 

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Le moyen le plus simple d’accéder au lac, à l’époque, consistait à venir en voiture ou en bus de Ninglang, et par extension de Lijiang, à 7 heures de route. Un vrai parcours du combattant ! Mais la réputation sulfureuse des femmes Mosuo, colportée par des guides touristiques peu scrupuleux, associée à la beauté du site, étaient des raisons suffisantes pour que des centaines de milliers de touristes chinois fassent le déplacement : déjà en 2008, dans certains villages, des hôtels aux parois vitrées avaient remplacé les maisons traditionnelles, et des hordes de touristes suréquipés s’enivraient d’exotisme. 

 

 

Dans les villages isolés, au contraire, les Mosuo vivaient encore au rythme de traditions ancestrales, coupés du monde et de toute économie de marché.

 

 

D’un village à un autre, j’ai partagé le quotidien de plusieurs familles. Equipée d’une caméra, j’ai pu filmer certains des grands évènements qui marquent la vie des membres de la communauté Mosuo, comme le premier mariage célébré dans un village ou la construction de la première "guest house" dans un autre.

J’ai aussi lié de véritables liens d’amitié, et près mon départ de Chine, Naji et moi sommes restées en contact.

 

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5 ans se sont écoulés depuis mon dernier passage chez les Mosuo. Là-bas, les choses ont certainement beaucoup évolué… Mais cette année, un aéroport conçu pour accueillir des Boeing 737 ouvrira ses portes à 25 kilomètres à peine du village de Naji. L’autoroute et les principales infrastructures du complexe sont déjà terminées. Cet aéroport, directement connecté à l’aéroport de Kunming, devrait permettre de transporter par avion quelque 450 000 touristes supplémentaires. Ce qui signifie que les 40 000 membres de la communauté Mosuo accueilleront dès lors près d’un million de touristes par an !

 

Il semblerait que cet aéroport signe la fin d’une ère pour les Mosuo. Leur mode de vie est immanquablement amené à se transformer ; même les villages les plus isolés devraient désormais être touchés par la manne financière que représente le tourisme et voir leurs communautés se transformer.

 

Les Mosuo sont un peuple fier de ses traditions, ils revendiquent haut et fort une identité singulière  mais leurs villages se transforment sous leurs yeux, des coutumes qui semblaient immuables disparaissent plus vite qu’il ne faut pour le dire, et personne ne sait si les prochaines générations connaîtront la fierté d’être Mosuo. C’est le prix du progrès et ils sont prêts à le payer. Comment faire autrement quand un monde nouveau fait d'une multitude de possibilités s’offre à soi ?

 

Aujourd’hui j’aimerais repartir en Chine, rejoindre Naji qui vit actuellement à Pékin et retourner avec elle dans son village. Je voudrais revoir ceux qui m’ont accueillie voilà déjà 5 ans et à travers ce documentaire, leur rendre un hommage sincère et juste.

 

Ceux parmi vous qui ont voyagé connaissent peut-être la règle qui veut  qu’on ne revienne pas sur ses pas sans être déçu…

Je ne sais pas si je serai déçue. Les quelques mois que j’ai passé sur place en 2008 m’ont démontré que la société Mosuo était déjà en pleine mutation ; mais la construction de cet aéroport a dû précipiter les choses et je m’attends à ce que tout soit différent.

 

Naji sera mon guide. Avec elle, je reviendrai sur mes pas pour constater les changements qui ont pu s’opérer au sein de la communauté Mosuo ces 5 dernières années.

 

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En utilisant les images que j’ai pu tourner à l’époque comme des images d’archives, je voudrais tirer de cette expérience un documentaire. Un film qui donnerait la parole aux Mosuo et leur permettrait de s’exprimer sur la fragilité de leur condition face au développement et à l’économie de marché. Car il me semble qu’à l’heure où la mondialisation menace la diversité culturelle mondiale, la question de l’identité nous concerne tous. 

 

 

Qui sont les Mosuo ?

 

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Il faut savoir que la communauté Mosuo, minorité ethnique du sud de la Chine, est l’une des dernières sociétés matriarcales matrilinéaires au monde.

Elle compte 40 000 individus, établis en majeure partie dans le district de Yongning et autour du lac Lugu, l’un des plus grands d’Asie.

 

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Au sein de cette communauté, il n’existe pas de mariage; les oncles endossent le rôle de père, l’autorité économique est détenue par des femmes et seule l'ascendance féminine est prise en compte dans la transmission du nom comme des biens. Au quotidien, les femmes organisent l'ensemble de la société, elles prennent en charge le travail agricole, où plusieurs familles coopèrent, tandis que les hommes réalisent des travaux de force comme la construction. 

 

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Si ce mode de vie traditionnel est encore de mise dans les villages isolés de la montagne, au bord du lac, l’accession à l’économie de marché a fait disparaître peu à peu les règles et les coutumes ancestrales de la culture Mosuo.

 

Les jeunes délaissent les champs pour l’école, les moins jeunes pour les terrasses de bars. Les couples aspirent à plus d’intimité, et puisqu’ils ont désormais les moyens de construire, ils n’hésitent pas à quitter le foyer traditionnel pour s’installer ensemble. Les jeunes adultes, qui ont côtoyé le monde extérieur, rêvent d’ailleurs. Ils quittent leurs villages natals pour s’aventurer dans les grandes villes chinoises.

 

Dans les années à venir, le site étant amené à se développer de façon exponentielle, que va devenir le peuple Mosuo ?

 

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Qui suis-je ?

 

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D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu raconter le réel...

Ayant d’abord pour ambition de devenir photographe de presse, j’ai suivi mes études supérieures dans le journalisme. Incapable de faire le choix exclusif de l’écriture ou de l’image, je suis devenue JRI.

 

Quelques années de pige au service informations de chaînes de télévision m’ont permis de faire mes armes en tant que journaliste et d’acquérir les reflexes de base d’une cadreuse.

 

J’ai alors entrepris la réalisation d’une série de portraits sur le thème de la discrimination à l’encontre des femmes en Asie du sud et du sud-est.

En partie financée par la bourse « envie d’agir » du ministère de la jeunesse et des sports, j’ai traversé en 18 mois une dizaine de pays, seule et ma caméra au poing.

J’ai tiré de ce projet « Face à femmes » une collection de portraits vidéos qui accompagnent un texte et une série de photos que j’aimerais faire éditer sous la forme d’un livre.

 

Depuis mon retour je travaille comme réalisatrice et chef OPV pour différentes chaînes de la TNT.

Plusieurs de mes films courts ont été nominés dans des festivals en France, en Martinique et en Allemagne.

 

Pour moi ce projet est différent des autres : je me suis retrouvée chez les Mosuo par hasard, mais les quelques mois passés à leurs côté ont, en quelque sorte, transformé ma vision du monde. 5 ans plus tard, alors que leur culture est en passe de disparaître, et au delà du fait qu'il me paraît indispensable de faire entendre leurs voix, j'aimerais retrouver ceux qui m'ont accueillie pour leur dire ma gratitude et mon soutien.

À quoi servira la collecte ?

La raison qui me pousse à faire appel aux dons

 

Dans le cadre de la production de ce film, je mettrai à profit mon expérience de réalisatrice, de cadreuse et de monteuse. Je suis entourée de professionnels de l’audiovisuel qui sont prêts à me prêter main forte tout au long du projet.

 

La culture Mosuo est riche de chants lyriques très particuliers et autour du lac, le quotidien est rythmé de chansons et de prières psalmodiées. La présence d'un ingénieur du son me permettra d’enregistrer des extraits sonores d’excellente qualité qui serviront à la bande musicale originale du film.

 

Pour compléter l’équipe de tournage. Je pense pouvoir trouver (sur les forums d’expatriés ou de voyage) une personne suffisamment intéressée par le projet pour rejoindre bénévolement l’équipe en tant qu’interprète mandarin/français ou anglais 

 

En ce qui concerne notre hébergement, je trouverai (par des réseaux communautaires du type couchsurfing.com) un hébergement gratuit à Beijing, et j’ai réduit les frais d’hébergement à Lugu Hu en prévoyant de faire héberger notre équipe par une famille Mosuo.

 

Pour ce qui est de la post-production, je pense me faire aider pour les traductions par des amis et utiliser mon propre banc de montage.

 

Mais la réalisation du documentaire nécessitera un tournage en deux étapes, à des instants précis du calendrier (en fonction des  grands moments qui marquent la vie des Mosuo comme la fête de la déesse Gemu, en août, ou la cérémonie d’intronisation des jeunes adultes, en janvier) et dans deux régions différentes de Chine, ce qui a pour conséquence de faire augmenter la part du budget allouée aux transports.

 

C’est la raison pour laquelle je vous sollicite. Voici le détail du plan de financement pour un tournage en deux étapes :

 

1er tournage (10 jours) – été 2013

 

- Billets d’avion : 2860 €

vols Paris/Beijing (2 personnes), vols Beijing/Lijiang, train et bus vers Lugu Hu (3 personnes)

 

- Hébergements, frais de bouche et transports sur place (3 personnes) : 450 €

 

- Location de matériel de tournage : 2300 €

 

2ème tournage (10 jours) – hiver 2013/2014

 

- Billets d’avion: 1780 €

vols Paris/Kunming (2 personnes), train et bus vers Lugu Hu (3 personnes)

 

- Hébergements, frais de bouche et transports sur place (3 personnes) : 450 €

 

- Location de matériel de tournage : 2300 €

 

Au total, j’ai donc besoin de 10 140 € pour produire ce documentaire.

 

Reste à ma charge

 

Les frais de traitement de KissKissBankBank, l’achat de cartes compact flash, les frais de visa, les droits d’entrée sur le site du lac et le transport de l’équipe entre les différents villages pendant les deux étapes du tournage.

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emiliequiroule

Journaliste devenue réalisatrice, je travaille principalement pour la télévision. Plusieurs de mes films courts ont été primés ou récompensés dans des festivals (Festival d'images sous-marines de Martinique, Road Junky Festival à Berlin, Biennale du Carnet de voyage à Clermont-Ferrand...). Je m'intéresse particulièrement aux sujets qui traitent du droit... Voir la suite

Derniers commentaires

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Formidable Emilie, je suis super contente pour toi!
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je te souhaite une superbe réussite dans ce merveilleux projet ! gros bisous !
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on a hâte de voir le résultat ! bon courage