UNE CAMERA DANS LES ANALES DE L’ETRE. Aidez-nous à produire un film sur l'un des derniers grands tabous de notre époque...

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Présentation détaillée du projet

 

 

Il ne s’agit pas seulement d’un film documentaire sur l’analité, mais aussi d’une rencontre avec notre humanité. Ce film aura une durée de 52 ou 90 minutes car « le travail du réalisateur est d’écouter le film qui, seul, peut connaître sa durée » (dixit mon ancien professeur de cinéma).

 

 

RESUME

 

L’excrément, l’un des derniers grands tabous de notre époque.

Bien qu’universel et quotidien, le rapport à la chose est rarement simple.

Pour des raisons de bienséance, nous allons parfois jusqu’à mettre notre santé en danger.

Interdit social et transit : les conséquences des non-dits sur le fondement de l’être ...

Sur quoi tirons-nous la chasse ?

 

 

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AVANT-PROPOS

 

Dans mon film Déchets à ménager (52 mn, 2007), j’abordais le problème des déchets ménagers : comment les gérer ? S’agit-il réellement de déchets ? J’ai tout passé en revue : des déchets organiques aux déchets recyclables, laissant volontairement de côté les déchets industriels et nucléaires. Je n’avais, en revanche,  pas conscience d’omettre toute une partie de cette marée noire : les eaux usées et les déchets qu’elles transportent, dont une grande part est constituée de … nos cacas. 

Mais déverrouiller la porte des toilettes n’est pas chose aisée.

 

Cette histoire a commencé à table, dans nos assiettes.

 

En novembre 2007, je reçois une invitation pour présenter mon film au Festival du Vent à Calvi en Corse. Au déjeuner, je choisis une table d’inconnus, joyeux et accueillants. Mais au fur et à mesure du repas, je découvre que leurs conversations tournent essentiellement autour d’un sujet peu commun et déroutant : l’excrément humain. C’est ainsi que je rencontre Philippe Garin-Michaud, directeur des Gandouziers, une petite entreprise atypique qui fabrique et installe des toilettes sèches (où la sciure de bois remplace l’eau) pour l’évènementiel (festivals, salons, congrès …). A cette époque, je n’arrive pas à prononcer le mot qui fait si peur et qui définit leur objet de travail. Je suis gênée. Et pourtant, quoi de plus naturel, en effet, que de parler de ce qui nous relie tous, de ce que, tous, nous faisons?

La graine filmique est semée.

 

 

 

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Tout au long du festival, Philippe m’explique l’enjeu environnemental qui se cache derrière ces monceaux d’eau usée. Contrairement au tout-à-l’égout, les toilettes sèches ne gaspillent pas d’eau, tout en générant un amendement organique bien utile. Bien que je comprenne l’intérêt de ce système d’assainissement alternatif, je n’arrive pas à surmonter mon dégoût profond pour cette matière « immonde ». Chaque jour, j’observe les Gandouziers manipuler leurs bidons, nettoyer les toilettes et parler des litres d’urine générées quotidiennement. J’admire leur recul. Et pourtant, mon embarras ne disparaît pas : d’un côté le rationnel; de l’autre l’irrationnel.

 

Encore inconsciente de la raison pour laquelle j’ai envie de faire ce film, je pars sur les traces des Gandouziers qui m’emmènent aux Intestinales, la grande rencontre nationale des professionnels du réseau de l’assainissement écologique. Au programme, un spectacle, une rencontre décisive : le comédien Jean-Marie Maddeddu joue  La Chose humaine, une conférence sur le caca. Le texte m’a séduite : le ton était juste et les données saisissantes. J’ai tout filmé.

 

 

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Quelques années plus tard, je déménage dans l’Hérault, à 50 kms du domicile de Jean-Marie. Un heureux hasard qui me pousse à dépasser mes limites. J’ai notamment appris à prononcer le mot             « CACA » sans rougir. Aujourd’hui, je tente d’apprivoiser la chose afin d’y jeter un regard plus rationnel. Je suis dorénavant prête à entrer au cœur de ce sujet en apparence sulfureux. L’enjeu est pour moi de l’ordre d’un voyage initiatique à travers ce qu’il y a de plus banal dans nos vies : l’étron. Un univers riche et fascinant dont nous n’osons malheureusement pas franchir les frontières, par peur d’impudeur.

Ce film sera donc vécu comme une tentative d’accès à ce pays inconnu.

 

Mon intention est de nous amener à réfléchir sur cet acte tabou qu’est “la défécation”, cette fonction si vitale et pourtant tellement gênante, en partant d’une simple interrogation : pourquoi les excréments et l’acte d’expulsion qui les précède sont-ils source de mépris, dédain, embarras jusqu’à parfois être révélateurs de pathologies ?

 

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En se penchant sur l’état de notre transit intestinal,  la caméra cherchera à comprendre certains fondements du comportement humain en France, et plus généralement dans nos sociétés occidentales. Car quelque soit le sentiment éprouvé, notre rapport à la merde , et plus généralement l’analité, ne nous laisse jamais indifférent : dégoût, honte, mais parfois fascination artistique, sexuelle... la charge émotionnelle est lourde.

 

Et pour cause : notre vie dépend de l’excrément, comme l’explique très bien Hugo Verlomme dans son livre "La chose : 10 raisons de briser le tabou du caca" (Mama Editions, 2000) :

 

« A peine a-t-il aspiré sa première goulée d’air que le nouveau-né doit expulser son petit méconium.

En latin, on disait : ‘ Inter urina et faeces nascimur’ (nous naissons entre l’urine et les fèces).

Gandhi accueillait ses visiteurs en leur demandant : ‘Bonjour, comment vont vos boyaux ?’.

De même, notre ‘Comment allez-vous ?’ serait une abréviation de ‘Comment allez-vous à la selle?’

La sagesse populaire sait que nos excréments sont le reflet de notre santé. »

 

L’étron est également un point final.

 

Quelques secondes avant sa mort, mon grand-père s’est exclamé :

« Merde! V’là que tout fout le camp dans le caleçon ».

 

Plus j’examine la chose, plus j’en arrive à cette évidence, déjà énoncée par tant de penseurs :

« La merde, c’est la vie ».

 

 

 

 

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SYNOPSIS

 

L’ombre d’une femme s’exprime sur un mur blanc :

« Je suis dans la merde … Mais qu’est-ce que la merde ? »

 

Un conférencier s’adresse au public de la salle :

« Tout le monde le fait, personne n’en parle.

Tous les jours on parle de mort, de guerre, mais jamais on ne parle de caca. Mais pourquoi, pourquoi ?

Le paradoxe c’est que nous ne parlons jamais de caca mais nous l’avons tous les jours dans la bouche : Oh merde ! Fait chier ! »

 

Un professionnel du monde excrémentiel s’insurge :

« La merde dans l’eau, c’est la mort. »

 

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Brigitte souffre de constipation chronique depuis plus de trente ans et personne n’en sait rien.

Camille doit expulser son compagnon de l’appartement pour parvenir à se soulager.

Les enfants, eux, ne s’embarrassent pas de tels principes. A trois ans, Arthur lance gaiement à sa maman: « c’est un caca mammouth ! »

 

Un médecin constate : en France, près de 50 millions de boîtes de laxatifs sont vendues chaque année. Et pour cause : l’hexagone compte entre 5 et 15 millions de constipés. Trois fois plus de femmes que d’hommes. Bien plus que chez nos voisins. Stress, constipation, hémorroïdes, cancer du colon et finalement fissure anale : une réaction en chaine très actuelle. Or tous les médecins l’affirment : bien chier, c’est bien vivre.

 

 

Dans son cabinet à Versailles, Jean-Luc St Martin, médecin proctologue, tente chaque jour de déstresser ses patients, si anxieux de parler défécation qu’ils en font parfois un malaise vagal.  Il lui est même déjà arrivé de délivrer des « autorisations de péter » à certaines dames souffrant de maux de ventre, leurs maris leur refusant ce droit pourtant vital !

 

Des hommes et des femmes évoquent leur rapport au transit : des poussées joyeuses de l’enfant aux silences parlants de l’adulte.

Un historien redéfinit le propre et le sale. Au travers des siècles, la crotte navigue entre or et rebut.

Au 17ème, le raffinement consistait à priser de la poudrette, matière fécale séchée et mise en poudre.

Au 18ème, la mode était aux robes couleur caca dauphin et la chaise percée était un cadeau de luxe. Aujourd’hui, on s’enferme aux toilettes à double tour.

Des psychiatres évoquent les causes psychologiques d’un tel tabou : stade anal, rapport au couple…

 

 

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La mort et la merde. Dans la société actuelle, ce qui dérange, est nié, rejeté, rendu invisible.

Petit coin, intimité et évacuation par l’eau salvatrice. Pas étonnant que le rapport à la chose soit si complexe. Eliminer la matière, éliminer l’odeur, éliminer la couleur.

 

Au fil des rencontres, le portrait d’un tabou se dessine ; l’enjeu dépasse la porte de nos toilettes.

« Partout où ça sent la merde, ça sent l’être », affirmait le poète Antonin Artaud.

Mais que se cache-t-il derrière notre dégoût pour cette matière, et pour l’analité en général ?

Une volonté de toute-puissance, un excès de retenue ou de lâcher prise ; une pudeur ... déplacée?

Car, pour que la merde reste à sa place, ne faudrait-il pas la traiter avec tous les égards ?

Pour la jeune femme, il s’agit de se regarder en face, d’accepter son ombre.

 

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En tentant de comprendre les origines psychosociologiques de ce tabou de la défécation, le film nous plonge dans l’envers du miroir, du côté du déchu, du relégué. En bref, sur quoi tirons-nous la chasse ?

 

« La merde ? Tout y est écrit comme dans un livre. »

Dominique Laporte, Histoire de la merde (1978) 

À quoi servira la collecte ?

D’habitude, on attend les sous et ensuite on tourne. Impatience, urgence planétaire, journée mondiale des toilettes le 19/11 ont fait que le film est désormais en route.

Résultat : de beaux tournages en perspective, une solidarité fondante, des personnages très impliqués, des demandes de projections (déjà !) et…des dettes !

 

Voilà pourquoi nous sommes aujourd’hui dans l’urgence : vos contributions aujourd’hui vont nous permettre de finir le tournage et d'entamer la post-production (montage, mixage, composition musicale, étalonnage) sans craindre les appels matinaux de mon banquier !

 

 

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Le devis jusqu’à finition du film de 52 minutes, étalonné, mixé, et prêt à être diffusé est estimé autour de 50.000 € HT.

 

J’ai d’abord commencé par frapper aux portes habituelles de production (télévision, SCAM, aide de la région), mais le sujet faisant ombrage, celles-ci sont restées fermées. J'ai donc décidé de faire autrement, sous forme associative, au travers du collectif artistique tout neuf Image en vers  qui servira de structure de production au projet, avec l'aide essentielle de ma collègue photographe Brigitte Cano.

 

Mais même en réduisant les dépenses au maximum, il nous faut un minimum vital de 8 000€ pour :

 

- Transports (train, covoiturage) : 800 Euros

- Moyens techniques (matériel de prise de son, studio d’enregistrement etc.) : 200 Euros

- Salaires et les charges sociales pour une équipe super motivée mais qui a tout de même besoin de mettre quelque chose dans la casserole : danseuse buto (quésako ? Pour le découvrir, aidez-nous et regardez-nous !), comédienne (voix off), cadreur, ingénieur son, monteuse, étalonneur et réalisatrice : 4 000 Euros

- Edition DVD, impressions photos et envois contre-parties : 2 000 Euros

- Outils de communication (affiches, dossiers de presse, site internet) :  1 000 Euros

 

 

Si la collecte dépasse 8.000 € (je serre les fesses !), nous pourrons alors laisser libre cours à notre créativité et rémunérer de manière plus « catholique » les artistes et techniciens. Et, soyons fous, financer une version anglaise du film car la merde n’a pas de frontières.

 

Le film sortira le 19 novembre 2015 à l'occasion de la Journée mondiale des toilettes, un appel à sensibilisation sur les questions d'hygiène. Mais pour que ces questions soient prise en compte, notamment dans les écoles, encore faut-il oser en parler…

En soutenant ce film, c'est à cette parole que vous permettrez un jour d'éclore.

 

Merci donc à vous tous pour votre participation à ce projet osé mais censé !

 

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Cecile

Réalisatrice de films documentaires, j’ai 36 ans et ce film sera mon grand quatrième. La maternité atteint enfin sa maturité : après 5 ans de gestation, je suis prête à lâcher le résultat, certaine de l’urgence d’aborder un sujet aussi tabou, un interdit social pour certains, certaines. J’ai fait des études de lettres en France puis de journalisme... Voir la suite

Derniers commentaires

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Les sous sont là, bravo Cécile ! Et puis, 5 ans de rétention avant de pouvoir làcher le truc, ce doit être un vrai soulagement... Xavier Saint-Martin
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Bravo Cécile ! Ton énergie et ta ténacité ont été cour(étr)onnés de succès. Maintenant j'attends le résultat avec impatience...et la suite de l'aventure ... Bises Jean-Luc
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He bien, c'est chose faite: vous avez réussi! Un immense merci du fond du coeur à vous tous qui avez contribué à cette collecte, dont l'aboutissement est dorénavant acquis. Une épée de Damoclès en moins. Nous allons donc pouvoir terminer le tournage et avec les deniers bonus, peut-être même pouvoir financer une version en…glaise! Qui sait? La suite sur http://www.kisskissbankbank.com/tabou-de-boue : fin du tournage, montage du film, diffusion etc… Comme dirait un ami: "La révolution est dans l'étron"! A très bientôt, Cécile Couraud Une heureuse réalisatrice