Lula presents

Tabula Rasa

Documentaire et spectacle sur l'Allemagne contemporaine à travers le prisme de la destruction et de la reconstruction.

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The project

 

La genèse

 

Ce projet part d'un choc littéraire, d'une prise de conscience au moment même où les Etats Unis envahissaient l'Irak et où j'essayais de définir ce qu'était la guerre à mon fils de 4 ans fasciné par elle et les petits soldats.

 

 

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Française d’origine, j’ai grandi en Lorraine dans un environnement pétri de ressentiments envers l’Allemagne, conséquence directe d’une situation frontalière de proximité, d’un inconscient collectif chargé de peurs ataviques liées entre autre aux annexions et aux traumatismes causés par le désastre de la Première et de la Seconde Guerres mondiales.

 

Gavée de préjugés et formatée par une transmission de l’Histoire où vision manichéenne du monde et mythe de l’héroïsme et de la résistance l’emportaient sur une réalité nettement moins glorieuse, celle d’une France largement collabo, l’Allemagne était donc bien le dernier pays où je désirais enfant mettre les pieds, la langue allemande la dernière que je souhaitais étudier.

 

De rencontres humaines en découvertes littéraires, théâtrales et cinématographiques, mon parcours d’adulte « expatriée » en Belgique a balayé une bonne part de ces clichés et fait prendre conscience de la difficulté à appréhender le présent sans ré-­ interroger le passé. Aujourd’hui, c’est vers une rencontre approfondie avec l’Allemagne et l’histoire qui nous lie que j’ai envie d’aller.

 

L’arpenter physiquement à la lueur de deux auteurs qui lèvent le voile sur ce qui fut jusqu’à peu un tabou - les bombardements stratégiques alliés sur les villes allemandes - et interrogent la mémoire collective et individuelle sur la fracture historique que représente la seconde guerre mondiale.

 

 

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En automne 1946, Stig Dagerman est envoyé comme reporter par le journal suédois Expressen en Allemagne, alors en plein procès de dénazification. Il découvre un pays en ruine et témoigne avec empathie (ses articles seront rassemblés et édités par la suite sous le nom de Automne Allemand) du quotidien misérable et douloureux d’une population laminée. Il interroge sans concession la question du châtiment de l’ensemble du peuple allemand au regard de la culpabilité de l’Allemagne nazie.

 

En 1999, est édité en France De la destruction comme élément de l’histoire naturelle de W.G. Sebald auteur allemand exilé en Angleterre dont l’oeuvre entière est une prose documentaire enquêtant sur le passé et la destruction qui s’attache à faire ressurgir une mémoire refoulée à travers recherches d’archives, montage de documents et voyages dans l’espace et le temps.

Cet essai, en dénonçant la «conspiration du silence» qui régnait en Allemagne autour des bombardements massifs alliés suscita une vive polémique à sa sortie qui eût pour vertu d'exhumer ce tabou à travers de nombreuses publications sur le sujet depuis lors.

Sebald interroge en effet «la manière dont la mémoire individuelle, la mémoire collective et la mémoire culturelle procèdent lorsqu’elles sont confrontées à des expériences qui dépassent le seuil du supportable» ainsi que «la légitimité morale, politique et militaire de cette destruction massive». De 1942 à 1945 1000 000 tonnes de bombes seront larguées sur 131 villes allemandes attaquées qui feront 600 000 victimes civiles, 7 500 000 sans abris, 3 500 000 logements détruits, 42,8 mètres cube de décombres / habitants à Dresde...

 

 

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Mue à mon tour par une série de questionnements, je souhaite traverser l'Allemagne munie d'une petite caméra, et explorer les villes bombardées.

 

Qu’est ce qui aujourd’hui s’érige à la place des ruines ?

Quel urbanisme, quelle architecture pour les villes allemandes aujourd’hui en constante métamorphose comme Berlin ?

Quelle est l’identité de l’Allemagne contemporaine 70 ans après la catastrophe ?

 

Le matériau glané au cours de cette enquête (images filmées, journal de bord écrit au cours du voyage, interviews) se transformera ensuite en deux formes autonomes: Un film documentaire et un spectacle.

 

Variation sur un même thème qui s'attachera à faire entendre une parole multiple à travers un montage de documents tout en offrant mon propre regard sur la destruction et la reconstruction de l’Allemagne.

Invitation à méditer sur la violence des hommes et leur acharnement à détruire.

Et à rebondir.

 

Le fil conducteur du film sera ma déambulation et mon regard sur l’Allemagne, inspirée entre autre du voyage de Dagerman.

La narration mêlera réflexions personnelles à fragments d' Automne Allemand de Dagerman, De la destruction comme éléments de l’histoire naturelle de Sebald, ainsi qu’à d’autres sources littéraires, documents d’archives et interview d’hommes et de femmes rencontrés pendant le voyage.

 

Calendrier du voyage / tournage

 

Des repérages doivent préalablement être effectués en Allemagne au printemps 2014 suivant un itinéraire précis et un inventaire de lieux et de sujets à filmer dont j'aurai dressé le listing.

La confrontation à des situations imprévues nourrira naturellement l'écriture et la construction finale du film.   

Le tournage est prévu en automne 2014 durant une vingtaine de jours.

 

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Les déplacements d’une ville à une autre se feront en train.

L'exploration des villes se fera à pieds, en transports en commun ou à vélo.

 

Le parcours prévu est le suivant :

 

1. Essen, Düsseldorf, Cologne (3 jours)    

2. Francfort-­sur-le-­Main, Heidelberg (2 jours)

3. Munich (2 jours)

4. Nuremberg (2 jours)

5. Dresden (2 jours)

6. Berlin (4 jours)

7. Hambourg (4 jours)

8. Hanovre (2 jours)

 

Lors du voyage / repérage initial, je chercherai les lieux décrits par Dagerman, comme ce trajet lunaire entre 2 gares dans la banlieue Hambourgeoise de Hasselbrook à Landwehr.

Je m’attacherai à ce qui percute mon regard comme peut l’être un voyageur qui découvre un paysage pour la première fois, en étant particulièrement attentive à l’organisation urbaine et civile, la gestion des espaces publics, l’hétéroclisme architectural.

 

Une traductrice allemande m'accompagnera dans les repérages et un chef opérateur son pour le tournage.

Je souhaite capter moi même les images «sur le vif» à l’aide d’une caméra numérique HD légère et discrète puis travailler au retour avec un monteur professionnel et un ingénieur du son.

 

Le montage mettra en perspective passé et présent en jouant du décalage entre images (l’Allemagne aujourd’hui du point de vue urbanistique et architectural) sons et narration (témoignages et réflexions autour des questions de la destruction et de la reconstruction). 

 

Ce projet est porté par la compagnie bruxelloise Oh my god que je co- dirige artistiquement avec Barbara Sylvain depuis sa  fondation en 2010.

 

Née dans la continuité d’un processus de réflexions et d’expérimentations au long cours, la démarche de Oh my god est axée sur la recherche et le développement d’un langage scénique polymorphe en lien avec le monde contemporain, l’Histoire et ses soubresauts, l’ici et maintenant du plateau et les zones troubles de la nature humaine.

 

A cheval sur son dada pour les road movies anthropologiques, les enquêtes historiques, le mouvement des corps et l’effet papillon, la compagnie fouine tous azimut dans les archives, les musées, les nuages qui passent comme les secrets de famille et bricole des formes hybrides pour livrer au public le résultat de ses investigations.

Elle a inauguré son existence par la création d’un duo théâtral bicéphale -­  It’s so nice *, conçu et interprété par les deux directrices artistiques de la compagnie.

Cette conférence / spectacle décalée autour de 2 reines rivales du XVIème siècle a été créée en 2011 au Théâtre Marni à Bruxelles et s’est jouée depuis lors plus de soixante fois en Belgique, France métropolitaine (notamment au Théâtre des Doms / festival off 2012 d’Avignon) et Dom-­Tom, Etats Unis (Focus «Small is more» / Washington, Royaume Uni (Institut français d’Ecosse / Fringe festival 2012).

Une tournée est prévue en 2013 / 2014 en France et en 2015 au Royaume Uni (Institut français de Londres).

 

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crédit photographique: Charlotte Sampermans

 

*Co-production : Maison de la Culture de Tournai

Soutiens : Théâtre Marni / Bruxelles ; Théâtre de l’Eden / Charleroi ; Théâtre Les Bancs Publics / Marseille. Wallonie Bruxelles Théâtre / Danse ; Wallonie Bruxelles International ; Ministère de la Culture de la Fédération Wallonie / Bruxelles – Service du Théâtre ; Tournées Arts & Vie.

La compagnie est en résidence administrative au Théâtre Les Tanneurs.

 

La compagnie développe actuellement deux enquêtes autonomes autour du thème commun de la " Destruction / Reconstruction" qui mèneront Lula à l’Est et Barbara à l’Ouest de l’Europe et qui aboutira à la création de : 

Tabula Rasa  au printemps 2015 porté par Lula Béry

Le dressing à la saison 2015 / 2016 porté par Barbara Sylvain

 

 

 

 

 

 

 

 

Why fund it?

 

Tabula Rasa se profile donc en plusieurs étapes :

 

1 – Voyages / repérages ( printemps 2014) en Allemagne.

2 – Résidences d’écriture (printemps / été 2014) pour finaliser l’écriture du film et de plateau pour travailler avec 6 acteurs (une Allemande, un Français, un Anglais, un Belge, un Américain et un Russe) le rapport entre narration, projection d’images et sons dans un dispositif théâtral qui permettent de prolonger l'enquête entamée en amont. 

3 – Tournage du film en Allemagne (octobre 2014)

4 - Montage du film (novembre / décembre 2014)

5 – Création du spectacle (avril 2015)

 

Ce double projet nécessite donc un budget conséquent ainsi qu'une organisation et une production solide. 

 

Les Halles de Schaerbeek à Bruxelles, co-producteur du projet théâtral accueilleront sa création au printemps 2015.

Une demande de subsides au Ministère de la Culture de la Fédération Wallonie / Bruxelles - Service du Théâtre est introduite en octobre 2013 par la compagnie Oh my god.

Des demandes de résidence ont été introduites et attendent confirmation.

 

Concernant le film, des recherches de financement sont en cours pour sa production et sa post production. 

 

Vos contributions sont sollicitées pour permettre de couvrir les frais de transport de 2 personnes (moi même à la caméra et un ingénieur du son) dans le volet tournage.

Les fonds récoltés transiteront par la compagnie Oh my god.

 

Les frais de transports pour le tournage sont estimé à 1878,00 €.  

Le montant de la collecte est donc fixé à 2000 € en tenant compte du % à verser à KKBB.

 

Détails:

- Aller ICE Bruxelles / Cologne = 55,00 € x 2 personnes = 110,00 €

-­ Retour ICE Hanovre / Bruxelles = 135,00 € x 2 p = 270,00 €

- Circuit mentionnées sur la carte avec la carte InterRail Pass Allemagne (8 voyages possibles sur un mois en seconde classe pour destinations à volonté) = 329,00 € x 2p = 658,00 €

- Déplacements dans chaque ville (transports en commun / location vélos) : forfait de 20,00 € x 21 jours x 2p = 840,00 €

 

Un dépassement d'objectif permettrait d'intervenir sur les dépenses de location / achat de matériel technique et / ou d'hébergement.

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Lula

Comédienne, auteur et vidéaste, Lula Béry est née en 1969 en banlieue parisienne, grandit à Nancy puis Valence où elle s’initie au théâtre avec la compagnie des 7 couleurs. Etudie brièvement l’Histoire à la Sorbonne à Paris. Se forme parallèlement en théâtre auprès de Marie Déa et Patrick Massip et en danse. S’installe à Bruxelles en 1991 et sort... See more

Newest comments

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de la part de Damien, mécène prolétaire....!
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j'ai plein d'espoirs pour ton projet! Première étape réussie! Bravo pour ton énergie!
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un petit coup de pouce d'Hélène et Pascal par l'intermédiaire de François..Baisers tendres à toi et que vive ton projet