Aidez à la réalisation d'un travail photographique sur la transhumance d'un troupeau de moutons depuis les Hautes-Alpes jusqu'en Provence.

Large_transhumance-1441730554-1441730679

Présentation détaillée du projet

   

  La pratique de longues transhumances à pied de troupeaux de moutons est devenue rare ; elle est à contre-courant des normes de l'industrie de l'élevage, mais aussi des standards de la vie occidentale dont le confort tend à nous tenir à distance de la nature, comme protégés d'elle mais aussi isolés de l'énergie qu'elle prodigue. C'est pourquoi, voir des routes ou une place de village tout à coup occupées par plusieurs centaines de brebis et d'agneaux, des ânes, des chiens et des bergers peut avoir quelque chose de bouleversant.

    Certains bergers irréductibles tiennent encore à ces transhumances pour éviter aux bêtes le stress d'un transport en camion, pour profiter des pâtures libres tout au long du parcours, pour garder l'équilibre connu sur les alpages entre l'environnement naturel, les animaux et les hommes, ou peut-être parce qu'ils aiment par dessus tout cette liberté nomade qui ouvre de nouveaux horizons.

 

25-1441723325

 

 

 

     Le troupeau de moutons descendra à la mi-octobre des alpages situés au-dessus de Briançon pour rejoindre  le Pays de Forcaquier : trois semaines de marche au "pas du berger".

Je veux prendre cette transhumance comme sujet à photographier (moutons, ânes, chiens bergers...), mais aussi adopter le point de vue particulier qu'offre cette marche pour porter un regard différent sur ce que la transhumance rencontre et sur ce qu'elle crée comme rapport spécifique avec l'environnement qu'elle traverse (paysages, routes, villes...). Ce pourrait être ici un autre éloge de la lenteur dans cette vallée de la Durance défigurée par les flux rapides : automobiles des touristes vers les stations de ski, de l'eau (canal), ou de l'électricité (projet THT). 

 

229a-1441734136

 

 

       Le projet contient une dimension éthique et politique dont la photographie doit rendre compte; la démarche engage un rapport propre à la nature et à la liberté humaine. Cela peut faire écho à une autre époque : celle où Giono dans ses romans inventait un pays provençal et rêvait d'une vie rurale renouvelée. Robert Doisneau, qui a photographié une transhumance en 1958, évoque précisément cela : le retour à la terre, la Provence, la communauté utopique du Contadour...

 

   "La transhumance c'est une chose que j'avais envie de connaître et de vivre depuis que je lisais Giono, à l'époque où j'étais chez Renault. Giono, c'était tellement loin de l'industrie automobile. Evidemment, j'étais enfermé chez Renault, et je m'emmerdais dans cette banlieue noire, et lui parlait du soleil de Provence et de l'odeur de la lavande, et des étoiles.

   Les jours où j'étais une peu rêveur, je me disais même : et dans le fond, si avec ma femme on partait, et qu'on arrivait à Manosque chez Giono... On lui dirait : Voilà, on a lu Que ma joie demeure,  Regain, et on voudrait vivre comme ça dans la colline, c'était un rêve délirant, absolu.

   Il y avait aussi la tentation d'organiser un monde meilleur par des voies politiques, sociales etc... de foutre le camp de ce monde et de s'en aller en Provence, parce que, avec les folingues dans mon genre, Giono avait trouvé un terrain extrêmement favorable."

 

                                        La transhumance de Robert Doisneau, Acte Sud 1999 

 

Deux photos de Doisneau tirées de ce livre :

 

 

Doisneau1-1441800547

 

 

 

Doisneau2-1441800599

 

 

 

       Technique et esthétique du projet :

 

       Bien qu'il s'agisse d'abord d'un reportage, mon travail est orienté vers la photographie comme forme d'art; je veux dire par là que les questions de formes, de textures, de consistance matérielle de l'image (de la photographie comme objet physique) comptent tout autant autant que celle du sujet traité; ou plutôt ce sont elles qui permettent au sujet de se révéler d'une façon déterminée. Mon projet accorde par conséquent une place importante à tout ce qui concerne le tirage sur papier des épreuves photographiques (baryté noir et blanc argentique, virage, piezo charbon pour le numérique... éventuellement tirage Fresson pour la couleur).

 Je serais bien heureux si je pouvais ramener de ce reportage quelques uns de ces objets que Bruce Bernard voulait réunir pour sa collection :"Je souhaitais acquérir toute photographie qui faisait naître en moi un enthousiasme et un contentement véritables, et dont l'intérêt me semblait pouvoir être durable."

 

    Pour cela, je suivrai cette transhumance avec différents appareils de prise de vue : argentique, numérique et "instantané".

      En argentique, je travaille en moyen format 6x6 avec un Hasselblad swc, qui permet de travailler à la fois comme une chambre photographique avec une visée sur dépoli (ici avec le film noir et blanc Adox CMS, lent et très précis, voir les photos au format carré ci-dessous)  et comme appareil "point and shoot" pour suivre l'action (j'utiliserai dans cette configuration des films couleur rapides,  Kodak Portra 800 et fuji pro h 400). 

      En numérique, les photographies sont traitées en noir et blanc (voir en exemple les photos au format 3/4 de ce dossier), les tirages seront fait en "noir et blanc réel",  technique "Piezo Charbon".

      En complément, pour des images de caractère différent, je ferai des prises de vue au Polaroïd avec le film "instantané" Impossible (voir les photos couleur ci-dessous faites avec son ancêtre le film Polaroid 600).

 

Cet ensemble donnera matière à la composition d'une exposition conséquente et de qualité.

 

 

Hasselblad swc/m, adox cms :

 

 

Chaussuresdemontagne-1441801898

 

Cl_35-1441802348

 

 

Nicaragua-1441802480

 

Gibson-1441802406

 

 

 

 

 

 

 

 

Numérique traité N&B :

 

 

70-1441802591

 

 

 

 

78-1441802670

 

 

 

 

225-1441802876

 

 

 

218-1441897280

 

 

 

 

 

 

Polaroïd film 600 :

 

 

Bluemars-1441803346

 

Herbes-1441803388

 

Soleils-1441803421

 

 

Utp02-1441888826

 

 

Utpadam-1441888868

 

 

Utpbrueg-1441888906

À quoi servira la collecte ?

Le fruit de la collecte est destiné  à couvrir les frais de production des photographies  :

 

1600€ seront nécessaires pour l'achat des films et leur traitement en labo professionnel

(un film 120 coûte suivant le type entre 5 et 9 € pour 12 vues en 6x6, le développement du film et la planche contact 15€, un film Impossible de 8 vues 21€)

2600€ seront réservés pour les frais de tirage

(un tirage d'exposition 50x60  "Piezo Charbon" coûte 43€ à la fabrication, par exemple chez Picto, et un tirage argentique sur papier baryté au même format autour de 80€, chez Négatif plus par exemple)

700€ pour les frais de transport et d'hébergement pour couvrir ce reportage

300€ KissKissBankBank

 

Si la collecte devait dépasser cette somme, je pourrais proposer des tirages Fresson à l'exposition et éditer un catalogue pour donner plus de rayonnement à cette aventure. 

 

 

Un grand merci à tous ceux qui s'intéresseront d'une façon ou d'une autre à la réalisation de ce projet.

Thumb_obvchapitre1-1-1441812878
bobok

Boris Malafosse alias BOBOK, né en 1975 à Forcalquier, vit à Marseille. Activités : peinture et photographie, enseignement de la philosophie. Pour me connaître à partir d'un précédent travail photographique sur Polaroïds, voir les articles suivant dans Télérama, Kosmo et sur le blog de Francis Hodgson... Voir la suite

Derniers commentaires

Thumb_default
Bon courage l'ami. C'est une super idée.
Thumb_default
Un beau sujet, une belle technique. Tous mes voeux de réussite !
Thumb_default
Beau projet. Bonne chance pour la collecte. Isa