Mai 1992, début de la guerre en Bosnie. L’école du village de Trnopolje devient un camp où transiteront 25 000 personnes, toutes non-serbes. Vingt ans après, l'école est à nouveau une école, avec des élèves serbes et bosniaques. Que reste-t-il de l'histoire du camp? Entre silence et souvenirs, le webdocumentaire "Trnopolje - un été oublié" raconte.

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The project

Présentation du projet

Mai 1992, début de la guerre en Bosnie. L’école du village de Trnopolje devient un camp  où transiteront 25 000 personnes, toutes non-serbes. Vingt ans après, l'école est à nouveau une école, avec des élèves serbes et bosniaques. Que reste-t-il de l'histoire du camp? Entre silence et souvenirs, le webdocumentaire "Trnopolje - un été oublié" raconte.

 

Prezentacija  projekta

Maj 1992, poče­tak rata u Bosni i Herce­govini. Lokalna škola u selu Trnopolju postaje logor kroz koji će proći oko 25 000 ljudi, sve ne-Srpsko stanovništvo.

Dvade­set god­ina poslije, škola u Trnopolju je ponovo škola, sa đacima Srpske i Bošn­jačke nacional­nosti. Šta je ostalo od priče o logoru ? Između šutnje i sjećanja, webdokumentarac "Trnopolje – jedno zaboravljeno ljeto"  priča.

 

 

Pour pouvoir oublier, il faut d'abord se souvenir.

Pour pouvoir pardonner, il faut être reconnu victime.

 

Mai 1992, début de la guerre de Bosnie. L’école du village de Trnopolje, au nord-ouest du pays, est transformée en camp de concentration par lequel transiteront environ 25 000 personnes, toutes non-serbes. Un nettoyage ethnique systématique qui, en quelques mois, transforme une région multiethnique en région "propre", uniquement serbe.

 

Vingt ans après, l'école de Trnopolje est de nouveau une école, avec des élèves serbes et bosniaques. Des familles bosniaques déportées pendant la guerre sont revenues, ont reconstruit leur maison et scolarisé leurs enfants. Il ne reste aucune trace du camp, ni dans les livres d'histoire, ni dans le village.

 

Le camp n'existe plus que dans la parole des victimes et des témoins, comme celle de Nedzad, ancien prisonnier et concierge de l'école, de Rasma, mère de détenu, ou de Mirela, enfant pendant la guerre.

 

Le silence est-il le prix à payer pour continuer à vivre ensemble?

Combien d'années, combien de générations faudra-t-il pour que la parole se libère - ou pour que l'histoire du camp se perde dans le silence?

 

En partant de la parole des trois personnes ayant vécu le camp, en restant dans la périmètre restreint de l'école et de ses alentours, le webdocumentaire propose de découvrir l'histoire complexe qui s'est déroulé sur ces lieux aujourd'hui anodins, et le silence qui l'entoure. Il raconte aussi la vie d'aujourd'hui, questionne le vivre-ensemble et  la transmission d'une histoire faite de douleur.

 

Le flyer du webdocumentaire, en français, en anglais et en bosnien:

http://www.zaradoc.com/documentaires/trnopolje-un-ete-oublie/

 

Un extrait de 10 minutes du webdocumentaire, sous-titré en français:

http://vimeo.com/41903043

 

Facebook: http://tinyurl.com/bulolc3

 

Carnet de route de Bosnie: http://desmotsdesphotos.wordpress.com/

 

 

Prezentacija projekta

 

Da bi mogli zab­o­rav­iti, treba prije toga se sjetiti.

Da bi mogli opros­titi, treba prvo biti priz­nat kao žrtva.

Maj 1992, poče­tak rata u Bosni i Herce­govini. Lokalna škola u selu Trnopolju, koje se nalazi na sjevero-zapadu zemlje, pretvorena je kon­cen­tra­cioni logor, kroz koji će proći oko 25 000 ljudi, sve ne-Srpsko stanovništvo. Jedno sis­tem­atsko etničko čišćenje, koje će, za neko­liko mjeseci, pretvoriti mul­tiet­ničku regiju u „ čistu „ , samo Srpsku.

Dvade­set god­ina poslije, škola u Trnopolju je ponovo škola, sa đacima Srpske i Bošn­jačke nacional­nosti. Bošn­jačke porodice, pro­t­jer­ane za vri­jeme rata, su se vratile, ponovo izgradile svoje kuće i školo­vale djecu. Nema niti jednog traga logoru, ni u knjigama his­torije, ni u selu.

Logor još samo pos­toji u pričama žrtava i svje­doka, u pričama kao što je Nedžadova, bivši logo­raš i sada domar u školi, ili Ras­mina, majka logo­raša, ili Mire­lina, koja je bila dijete za vri­jeme rata.

Da li je šut­nja cijena koju treba platiti da bi se nas­tavilo živ­jeti zajedno ?Koliko će tre­bati god­ina, koliko gen­eracija da se riječi oslo­bode – ili da se priča o logoru izgubi u tišini ?

Polazeći od riječi tri osobe koje su proživjele logor te ostajući u ograničenom rejonu škole i njene okoline, webdokumentarac Vam nudi da otkrijete složenu priču koja se odvijala na tom danas bezazlenom području i tišinu koja je okružuje. On isto tako priča o današnjem životu, ispituje to zajedničko-življenje i prenošenje jedne historije napravljene od bola.

 

Flajer webdokumentarca, na Francuskom, na engleskom i na Bosanskom:

http://www.zaradoc.com/documentaires/trnopolje-un-ete-oublie/

 

Jedan insert od 10 minuta webdokumentarca, titlovanom na Francuski:

http://vimeo.com/41903043

 

Facebook: http://tinyurl.com/bulolc3

 

Blog: http://desmotsdesphotos.wordpress.com/

 

 

LES PERSONNAGES

Rasma Hodzic, 61 ans - mère de prisonnier

"Chaque mois, je raconte tout de nouveau, et je pleure. Après, ça va mieux."

Rasma

 

Installée dans sa petite maison au bord de la route principale, à une vingtaine de mètres de l'école, Rasma connaît tout le monde au village. Elle vit seule, cultive son potager, s'occupe de ses fleurs et gagne sa vie en préparant à manger pour les mariages et les enterrements et en surveillant les maisons inoccupées pendant l'hiver. 

 

Rasma, c'est aussi la mémoire du camp. Alors que femmes, enfants et personnes âgées étaient déportés de l'autre côté de la ligne de front pendant les mois d'été 1992, elle a refusé de quitter le village pour ne pas s'éloigner de son fils Said, 22 ans, détenu au camp d'Omarska. Pas question de rejoindre son mari ou son fils aîné, travailleurs immigrés en Allemagne et en Autriche - Rasma ne pouvait partir en laissant Said derrière elle.

 

Alors, à défaut de pouvoir secourir son fils, Rasma a aidé les prisonniers de Trnopolje en leur apportant vêtements et nourriture. Sa maison faisait partie du camp.

 

Aujourd'hui, des proches lui disent d'oublier - d'oublier la guerre, le camp - mais Rasma, elle, a besoin de parler de tout ce qu’elle a vécu. Alors, elle en parle avec ceux qui lui demandent pourquoi elle pleure - mais jamais avec ses voisins serbes.

 

"J'ai peur que si je leur racontais ce qui m'est fait arrivé, ça leur ferait plaisir. Alors on se dit bonjour, on se salue, et c'est tout. Peut-être que je fais erreur? Peut-être que quelqu'un aimerait m'écouter?"

 

 

 

Nedzad Basic, 37 ans - ancien prisonnier du camp, employé de l’école

"J'aime me souvenir du Trnopolje d'avant. Le camp et la guerre, c'est une période malheureuse de ma vie que j'essaie de couvrir avec de bons souvenirs."

Nedzad

 

Au printemps 1992, Nedzad avait dix-neuf ans et venait de faire son service militaire. Il sera détenu avec son père dans les locaux où il allait à l'école quelques années auparavant. Il y restera pendant cinq mois, pendant toute la durée du camp. Il en sortira vivant – mais seul. Son père faisait partie d'un convoi de 228 hommes fusillés sur le mont Vlasic. Dix-neuf ans après, Nedzad n'a toujours pas retrouver le corps de son père.

 

Aujourd'hui, Nedzad vit de nouveau à Trnopolje, avec sa femme et ses deux enfants. Ces derniers fréquentent l'école du village où lui-même travaille.

 

La vie doit continuer, dit Nedzad qui rêve d'un village où on ne ferait de nouveau plus la différence entre Serbes, Bosniaques, Ukrainiens... Alors il s'investit dans le club de foot, participe à l'organisation de leur fête annuelle. Il a conscience qu'il faudra bien, un jour, réussir à parler du passé ensemble... mais comment?

 

 

Mirela Maroslic, 28 ans - fille d'un ancien détenu

"De toute façon, qu'on en parle ou pas, les enfants portent l'histoire de leurs parents en eux."

Mirela

 

Mirela a peu de souvenirs d'avant, comme si la guerre qui a éclaté au printemps de ses neuf ans avait tout effacé ou presque. Comme si trop de choses s'étaient passé, en si peu de temps, trop de choses à comprendre d'un coup pour une petite fllle. L'école qui se remplit d'adultes paniqués et non plus d'enfants, maman qui ne va plus au travail, et papa, amené par des soldats un matin de mai.

 

Puis, un jour de juillet, les soldats reviennent frapper à la porte, les tanks arrivent par la route, et les cris fusent: "Il faut partir! Partez, sinon on vous tuera tous!" Dans la colonne qui se dirige vers la gare et ses wagons à marchandises, il y a Mirela, sa mère et sa petite soeur de huit ans.

 

En Croatie, Mirela retrouve son père libéré des camps. La famille se réfugie en France. Mirela apprend vite le français et devient, à tout juste dix ans, l'interprète de ses parents.  Son enfance s'était déjà arrêtée.

 

Contrairement à beaucoup d'autres jeunes de la diaspora, Mirela a choisi de revenir s'installer en Bosnie. Elle travaille depuis quatre ans à Tuzla, dans une ONG française. À bientôt trente ans, elle se pose des questions sur son avenir - en France ou en Bosnie? - mais aussi sur son passé, sur cette guerre qui lui a volé son cousin de dix-neuf ans, fusillé au Mont Vlasic. Pour avancer dans sa vie d’adulte, elle a besoin de comprendre ce qui s’est passé l'été de ses neuf ans. Ses souvenirs d’enfant ne lui suffisent plus.

 

 

PROTAGONISTI

 

Rasma Hodžić, 61 godina – majka logoraša.

 

« Svaki mjesec, sve ponovo ispričam iz početka...i onda plačem. Nakon toga mi je bolje »

Rasma

 

Smještena u svojoj kućici pored glavnog puta, na samo 20-ak metara od škole, Rasma poznaje svakoga u selu. Živi sama, radi u svojoj bašti, održava svoje cvijeće i za život zarađuje pripremajući hranu za svadbe i sahrane i pazeći na prazne kuće preko zime.

 

Rasma, to je isto i pamćenje logora. Dok su ostale žene, djeca i starije osobe bile deportovane na drugu stranu linije fronta tog ljetnog mjeseca 1992. godine, ona je odbila da napusti selo kako se ne bi udaljila od sina Saida, 22 godine, zatočenog u logoru u Omarskoj. Nije joj padalo na pamet da se pridruži suprugu i starijem sinu, koji su bili na privremenom radu u Njemačkoj i Austriji – Rasma nije mogla otići i ostaviti Saida iza sebe.

 

Onda, nemoćna da pomogne svome sinu, Rasma je pomagala logoraše u Trnopolju, donoseći im odjeću i hranu. Njena kuća je postala sastavni dio logora.

 

Danas, neki bližnji joj kažu da zaboravi – da zaboravi rat, logor – ali Rasma, ona, ima potrebu da priča o svemu onome što je proživjela. Onda, o tome priča sa onima koji je pitaju zašto plače – ali nikada sa komšijama Srbima.

 

« Plašim se da ako im ispričam šta mi se dogodilo, to će im donijeti zadovoljstvo. Onda se samo pozdravljamo, i to je sve. Možda griješim ? Možda bi neko voleo da me sluša ? »

 

Nedžad Bašić, 37 godina – bivši zatvorenik logora

 

« Volim da se sjetim Trnopolja od prije. Logor i rat, to je nesretan period mog života koji pokušavam da pokrijem lijepim sjećanjima. »

Nedžad

 

U proljeće 1992 godine, Nedžad je imao 19 godina i upravo je bio odslužio vojni rok. Biće zatočen sa svojim ocem, u prostorijama u kojima je išao u školu nekoliko godina prije. Tu će ostati pet mjeseci, tokom cijelog vremena postojanja logora. Izaći će živ iz njega – ali sam. Njegov otac je bio jedan od 228 ljudi koji su streljani na Vlašiću. Devetnest godina poslije, Nedžad još nije našao tijelo svoga oca.

Danas, Nedžad ponovo živi u Trnopolju, sa suprugom i dvoje djece. Djeca pohađaju seosku školu u kojoj i on radi.

 

« Život mora da se nastavi », kaže Nedžad koji sanja o selu u kojemu se više ne bi pravila razlika između Srba, Bošnjaka, Ukrainaca... Onda, on se zalaže u fudbalskom klubu, učestvuje u organizaciji godišnje proslave. Svjestan je da će se morati jednoga dana, zajedno razgovarati o prošlosti... ali kako ?

 

Mirela Marošlić, 28 godina – ćerka bivšeg logoraša

 

« U svakom slučaju, pričali o tome ili ne, djeca nose u sebi priču svojih roditelja »

Mirela

 

Mirela ima malo sjećanja od prije, kao da je rat koji je buknuo u proljeće njenih devet godina sve izbrisao ili skoro sve. Kao da se previše stvari desilo, u tako kratkom vremenu, previše stvari za razumjeti odjednom za jednu djevojčicu. Škola koja se puni odraslim osobama u panici, a ne više djecom, mama koja više ne ide na posao, i tata, koga su odveli vojnici jednog majskog jutra.

 

I, jednoga julskog dana, vojnici ponovo lupaju na vrata, tenkovi stižu putem, i vikanje se razlilo: « Morate otići ! Odlazite, inače ćemo vas sve pobiti ! »

U koloni koja se kreće prema prema željezničkoj stanici i njenim teretnim vagonima, nalazi se i Mirela, njena majka i mlađa sestra od osam godina.

 

U Hrvatskoj, Mirela će se ponovo naći sa ocem, koji je oslobođen iz logora. Porodica odlazi u izbjeglištvo u Francusku. Mirela brzo nauči Francuski jezik, i postaje, sa jedva deset godina, prevodilac svojih roditelja. Njeno djetinjstvo je već zaustavljeno.

 

Suprotno mnogim drugim mladim ljudima iz dijaspore, Mirela je izabrala da se vrati u Bosnu. Već četiri godine radi u Tuzli u jednoj Francuskoj nevladinoj organizaciji. Sa skoro 30 godina, postavlja sebi pitanja o svojoj budućnosti – u Francuskoj ili u Bosni ? – ali isto tako i o svojoj prošlosti, o tom ratu koji joj je uzeo rođaka od devetnaest godina, streljanog na Vlašiću. Da bi mogla ići naprijed kroz svoj život odrasle osobe, ima potrebu da razumije šta se desilo tog ljeta njenih devet godina. Njena dječija sjećanja joj više nisu dovoljna.

 

 

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Présentation de l'équipe:

 

Taina Tervonen, journaliste

Journaliste indépendante pour la presse francophone et finlandaise depuis 1999, je travaille sur des sujets de société à travers des enquêtes au long cours, s'intéressant à la famille, à l'immigration et à l'exil. J'ai réalisé, avec la photographe Zabou Carrière, deux ouvrages: Ihmisarvoinen työ (SASK/TSL, Finlande, 2010) sur la grève des travailleurs sans-papiers, et de Fils de... (ed. Trans Photographic Press, 2011) trente portraits de fils et de filles de parents homosexuels. En plus du webdocumentaire Trnopolje, un été oublié, je travaille en ce moment sur un projet d'exposition et de livre avec le photographe Baptiste Lignel: Face à la vie, Garches 2010-2011, mené sur un service d'oncologie pédiatrique.

Je suis arrivée à Trnopolje la première fois en septembre 2010, par le hasard d'une rencontre. Je suis revenue parce qu'il y avait tellement d'histoires à raconter, un tel besoin de parler et en même temps un tel silence sur le passé. L'importance de la parole a pris tout son sens. Ce film m'a aussi interrogé sur la question de la transmission et de la mémoire, que ce soit dans le cadre intime de la famille, ou au niveau des communautés.

 

Zabou Carrière, photographe

Après des études à la Cambre (Bruxelles) dans l’atelier de Gilbert Fastenaekens, je me suis installée à Paris. Je réalise des reportages pour la presse finlandaise, belge et française sur les questions d’immigration et de parentalité.

En 2006, j'ai illustré le livre de portraits de chibanis de Sabrina Kassa (Nos ancêtres les chibanis !, éditions Autrement). Je suis l'auteur, avec Taina Tervonen, de deux ouvrages: Ihmisarvoinen työ (SASK/TSL, Finlande, 2010) sur la grève des travailleurs sans-papiers, et de Fils de... (ed. Trans Photographic Press, 2011) trente portraits de fils et de filles de parents homosexuels.

À Trnopolje, j'ai été confrontée à des personnes qui avaient envie de raconter une histoire qu'ils n'avaient jamais auparavant racontée. Dans notre métier, c'est assez rare. La vie de ces personnes avait basculé du jour au lendemain, c'était quelque chose que j'avais pu vivre moi aussi, à une autre échelle. Enfin, c'était la première fois que j'étais face à des gens de mon âge, ou plus jeunes, qui avaient vécu la guerre. J'ai compris ce que c'était que d'être marquée à vie par la douleur.

 

Jean-Baptiste Delpias, opérateur son et image

 

Opérateur son et image pour le webdocumentaire Trnopolje, un été oublié, je suis aussi et avant tout monteur. J'ai appris le métier aux Films du Village en 1999, et je travaille depuis sur le documentaire. En 2003, j'ai animé des formations de montage pour les Ateliers Varan en Nouvelle-Calédonie. Parmi mes réalisations les plus récentes: Gilberto Gil: le pouvoir de la musique, de Dominique Dreyfus (2010) et Dans l'atelier de Jacques Pasquier de Sonia Cantalapiedra (2011). Je collabore également avec le musée du Quai Branly.

Trnopolje, un été oublié, c'est surtout la question de la mémoire, essentielle, et l'importance de verbaliser. Ce n'est pas si loin de nous, ni en temps ni en distance. La Bosnie, c'est tout proche. Et puis c'est aussi notre histoire, celle de l'Europe. C'est le souvenir de nos 18-20 ans.

 

 

Predstavljanje ekipe:

 

Taina Tervonen, novinarka

Nezavisna novinarka za štampu Francuskog i Finskog govornog područja od 1999. godine, radim na društvenim temama kroz dugotrajna istraživanja, interesujući se za porodicu, imigraciju i progonstvo. Realizovala sam, sa fotografom Zabou Carrière, dva dijela : Ihmisarvoinen työ (SASK/TSL, Finska, 2010) o štrajku radnika bez papira i  Sin od... (ed. Trans Photographic Press, 2011) trideset portreta sinova i kćerki čiji su roditelji homoseksualci. Pored webdokumentarca Trnopolje jedno zaboravljeno ljeto, trenutno radim na jednom projektu izložbe i knjiga sa fotografom Baptiste Lignel: suočiti se sa životom Garches 2010-2011, koji se odnosi na jedan odjel pedijatrijske onkologije.

Po prvi put sam stigla u Trnopolje septembra 2010. godine, slučajno prilikom upoznavanja sa jednom osobom. Vratila sam se zato što je toliko priča bilo za ispričati, jedna velika potreba da se priča a ujedno toliko ćutanje o prošlosti. Važnost riječi je dobilo potpuni smisao. Ovaj film mi je isto tako postavio pitanje prenošenja i sjećanja, bilo da je to u intimnom okviru porodice, ili na nivou zajednica.

 

Zabou Carrière, fotograf

Nakon studija u Cambre ( Brisel) u ateljeu Gilberta Fastenaekensa, nastanila sam se u Parizu. Realizovala sam reportaže za Finsku, Belgijsku i Francusku štampu na temama imigracije i roditeljstva. 2006. godine sam ilustrovala knjigu chibanis portreta od Sabrina Kassa ( chibanisi, naši preci ! izdanje Autrement). Autor sam, sa Tainom Tervonen, dva djela: Ihmisarvoinen työ (SASK/TSL, Finska, 2010) o štrajku radnika bez papira i  Sin od... (ed. Trans Photographic Press, 2011) trideset portreta sinova i kćerki čiji su roditelji homoseksualci.

U Trnopolju sam bila suočena sa osobama koje su imale želju da ispričaju priču koju nisu nikada prije ispričali. To je dosta rijetko u našem poslu. Život tih osoba se promjenio od danas do sutra, to je bilo nešto što sam i ja mogla proživjeti, u drugoj mjeri. Na kraju, to je bio prvi put da sam bila ispred ljudi mojih godina, ili mlađih, koji su proživjeli rat. Shvatila sam šta znači biti doživotno obilježen bolom.

 

Jean Baptiste Delpias, snimatelj zvuka i slike

Snimatelj zvuka i slike za webdokumentarac Trnopolje, jedno izgubljeno ljeto, ja sam isto tako i prije svega filmski montažer.  Zanat sam naučio kod Films du Village 1999. godine i od tada radim na dokumentarcima.

2003. godine animirao sam formaciju filmske montaže za Ateliers Varan ou Novoj Kaledoniji. Među mojim skorijim realizacijama: Gilberto Gil: moć muzike, od Dominique Dreyfus (2010) i U ateljeu Jcques-a Pasquier-aod Sonia Cantalapiedra (2011). Isto tako sarađujem sa muzejom iz Quai Branly.

Trnopolje, jedno izgubljeno ljeto, to je posebno pitanje sjećanja, suštinski bitno i važnost da se to izrazi riječima. To nije tako daleko od nas, ni u vremenu ni u daljini. Bosna, to je veoma blizu. A i to je i naša historija, historija Evrope. To je sjećanje na naše 18-e – 20-e godine.

 

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Why fund it?

"Trnopolje - un été oublié" est un webdocumentaire sur lequel nous travaillons depuis plus d'un an. Nous avons réalisé quatre tournages dans le village depuis mai 2011. Nous passons désormais à la phase de montage du film. Aidez-nous à le mener jusqu'au bout! La collecte servira à financer les frais de montage et de post-production: - Traduction et sous-titrage serbo-croate/français= 1000 € - Musique originale et mixage son= 500 € - Promotion et diffusion: projections-débats (matériel, déplacements) =500 € - Montage et étalonnage =  1500 € - Intégration web= 500 € TOTAL = 4000 €

 

Čemu će služiti moje prikupljanje priloga ? "Trnopolje – jedno zaboravljeno ljeto" je webdokumentarac na kojem radimo već više od godine dana. Realizovali smo četiri snimanja u selu od maja 2011. godine. Sada prelazimo na fazu montiranja filma. Pomozite nam da ga dovedemo do kraja! Prikupljanje priloga će služiti finansiranju troškova montaže i post-produkcije: Prevodi i titlovanje Srpsko-Hrvatski/Francuski = 1000 eura Originalna muzika i miks zvuka = 500 eura Promocije i prikazivanja: projekcije-debate (oprema, putovanja ) = 500 eura Montaža i ekvilibriranje boja = 1500 eura Web integracija = 500 eura UKUPNO = 4000 eura

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Zaradoc

Créée en 2009, Zaradoc est une société de production et de distribution de films documentaires, dont l’objectif est de produire une dizaine de films par an sur des thématiques culturelles, historiques ou sociétales. L’entreprise bénéficie de plus de 30 ans d’expérience à travers le parcours du producteur Yves Billon, et des productions des sociétés «... See more

Newest comments

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Hvala liepo Prijedorcani!!
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Go zabou Go!!!! De tout coeur avec vous pour cette belle aventure! STel
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Félicitations, objectif atteint, quelle nouvelle ! Très bonne continuation à vous.