Une usine, un homme, un fils, un patron, une confrontation. Les années passent, une forêt, l'isolement, des intrus, une confrontation.

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Présentation détaillée du projet

 

" Il était une fois un homme qui travaillait dans une usine.

Les saisons ont passé, et maintenant l'homme vit seul au fond d'une grotte perdue au cœur de la forêt, parmi les arbres, les animaux, dans le battement du temps, loin de tout, à l'abri du monde.

Un matin, la nature silencieuse, un arbre à terre, abattu, suffisent à faire peser la menace.

Il était une fois un homme qui croyait vivre seul dans sa forêt... "

 

J'habite Paris depuis 7 ans, mais j'ai grandi en Champagne-Ardenne. Une région où l'on ferme des usines, comme partout en France. La pression, la perte imminente de son travail. Que faire ? Fuir ? Reconstruire ? Comment ? Il me semble qu'on est seul face à soi-même dans cette situation. L'intime et profonde solitude humaine m'intéresse, elle est commune à tous et différente pour chacun. C'est en un sens, un « bien » commun mais non partageable.

C'est ce qui m'a donné envie de le traiter cinématographiquement. Le cinéma permet beaucoup de liberté bien sûr, mais c'est aussi un mode d'expression très contraint. Il faut se faire comprendre tout en donnant à voir des choses qui ne seraient pas évidentes, en un sens le défi du cinéma c'est de partager du « commun non partageable ». 

 

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Dans chaque région, dans toute la France, des entreprises, des usines mettent fin à leur activité. Je me suis mis à imaginer une histoire contemporaine, sociale, mais sous une forme différente et inattendue, d'un homme solitaire, vivant dans une forêt. 

 

 

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Avec le format court-métrage, on peut difficilement prendre le risque de donner des solutions mais on peut offrir des sensations, une approche émotionnelle forte. J'ai donc envie de développer un récit à portée sociale, avec une forme et une structure quasi mythologique. L'élément social est un ancrage, un point de départ important pour moi, mais pas le point de chute.

 

L'essence du film se trouve dans la sensation, mais la structure puise dans une narration classique avec une scène d'ouverture forte, puis une partie plus contemplative et enfin une dose de suspense. 

 

Ce n'est pas l'opposition manichéenne de la nature contre l'industrie qui m'intéresse dans cette histoire. Mon intérêt se porte vers la rêverie naturelle, l'écho de la mémoire, la fascination pour la machine (à la fois organique et métallique), toucher de manière affective et émotive le spectateur par la matière brute du cinéma.

 

 

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Ce film a un écho particulier dans la situation actuelle de la France. Le plus important est de faire un film intemporel sur la perte d'un travail en puisant dans la forte évocation de la forêt comme espace mental, un espace vierge, menacé et menaçant.

 

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Le début du scénario :

 

CARTON : PROLOGUE

 

1 EXT. JOUR - USINE DE PAPIER

 

Un écran de fumée blanche et rouge, des fumigènes.

Une lumière rasante de début de matinée transperce la fumée, des formes, des corps, des ouvriers hommes et femmes de toutes origines font un brouhaha monstre devant une usine. Il règne un mélange de tension et de nervosité.

Sur un fond sonore d’invectives, de slogans et de musiques qui saturent, des banderoles sont accrochées et tenues à bout de bras “NON A LA FERMETURE”, “500 VIES A LA POUBELLE”.

Des pyramides de ramettes de papier brûlent de part et d’autres des petits groupes d’ouvriers.

Les visages des ouvriers sont entre la haine et la résignation. Un groupe d’individus, parmi d’autres, discutent, seules des bribes de conversations entrecoupées sont audibles dans tout ce chaos.

 

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UN HOMME

"Et alors ... ?"

 

UN AUTRE HOMME (dubitatif)

"Écoute... C’est une solution."

 

UNE FEMME (nerveusement)

"Putain."

 

Un HOMME rit aux éclats de la blague d’un de ses collègues.

 

UN AUTRE HOMME (d’un ton sec)

"Ils sortiront pas."

 

Une femme de 35 ans regarde vers le lointain.

Au loin un homme de 40 ans, robuste, cheveux courts, rasé de près, vêtu d’une veste de cuir usée se dirige d’un pas déterminé vers l’entrée de l’usine.

Certains ouvriers l’empêchent d’entrer, le molestent, L’HOMME repousse la masse. Brusquement LA FEMME pose sa main sur le torse de L’HOMME, avec son autre bras la femme tient contre elle un enfant albinos de 8 ans, elle a les larmes aux yeux. L’enfant albinos lève les yeux vers L’HOMME et esquisse un sourire. Elle ouvre la bouche comme si elle voulait parler, mais les mots ne viennent pas.

L’HOMME la regarde dans les yeux, reste muet, le regard impassible, il prend fermement la main de la femme, lui caresse tendrement la joue, embrasse le front de l’enfant tout en caressant sa tête couverte de cheveux clairs, puis il pousse quelques ouvriers et passe sous la barrière.

Il avance dans la cour de l’usine où sont parqués quelques camions, des ouvriers chargent des machines dans les remorques.

 

2 INT. JOUR - USINE DE PAPIER

 

Le silence règne, l’écho lointain de morceaux métalliques tombant sur le sol résonne dans l’usine. Les machines imposantes sont à l’arrêt. Deux hommes sont face à une énorme machine, ils sont en costume-cravate, l’un prend des notes et l’autre dicte des indications, ils ont tous les deux un casque de chantier orange sur la tête, de l’huile provenant d’un des tuyaux de la machine goutte sur le sol, le plic-ploc résonne également dans l’enceinte du bâtiment.

Un peu plus loin des hommes démontent une partie de la machine.

Le patron, qui dicte les informations, voit L’HOMME arriver vers lui.

 

LE PATRON

"Bon, pour démonter les machines c’est par..."

 

L’HOMME ne laisse pas au PATRON le temps de finir sa phrase et lui assène un violent coup de poing dans le visage, LE PATRON tombe au sol, L’HOMME lui assène un autre coup de poing, puis un autre, L’HOMME commence à avoir du sang sur son poing.

 

Celui qui prenait des notes, entre peur et hésitation lâche son carnet sur le sol et court vers les ouvriers.

L’HOMME frappe encore, et encore, deux ouvriers arrivent en courant et tentent de le stopper. L’HOMME met un coup de poing à l’un puis à l’autre, et recommence à frapper LE PATRON.

 

Un chaos de tissu, des gouttes de sang sur la chemise blanche du PATRON, le son du cuir usé de la veste de L’HOMME.

 

L’ENFANT albinos apparaît dans l’embrasure de l’énorme porte de l’usine.

L’HOMME penché sur LE PATRON lève le regard et voit L’ENFANT. Le chaos s’arrête pendant quelques secondes.

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Un troisième ouvrier arrive, le son des semelles de ses chaussures de sécurité claquent sur le béton, les deux autres se relèvent, à eux trois ils tirent violemment l’homme vers l’arrière.

L’HOMME cède, sous la force des trois hommes, il perd l’équilibre et l’arrière de son crâne heurte un tuyau métallique de l’imposante machine, il s’écroule sur le sol, inerte.

 

Du sang coule et se mêle à l’huile de la machine, les pas des ouvriers résonnent.

 

CARTON TITRE : TRONC

FONDU AU NOIR

 

3 EXT. JOUR - FORÊT

 

Une fourmilière, des fourmis entrent et sortent de celle-ci,

elles transportent des feuilles et autres détritus.

La cime d'un arbre, les branches fines et les jeunes feuilles du printemps secouées par un vent léger. Un soleil puissant de début d'après-midi transperce les feuilles.

Assoupi sur un confortable tapis de mousse qui entoure l'arbre, L’HOMME a maintenant la cinquantaine, cheveux mi- longs, le corps sec, la peau abîmée, barbe hirsute. Il est vêtu de haillons, un vieux pull troué, un pantalon usé et une vieille paire de chaussures de sécurité.

Il se redresse lentement en s'aidant du tronc robuste.

Il ramasse sa hache, une petite gourde cabossée et part lentement en direction de la rivière qui s'écoule un peu plus loin.

Il se penche sur l'eau, se rafraîchit. Les reflets du soleil jouent à la surface de l'eau calme et claire où l'homme observe un temps la peau marquée et ridée de son visage. Il se déshabille entièrement avec calme et méthode comme on achève un rituel. Une fois nu, il s'immerge totalement dans l'eau et disparaît. 

 

(...)

 

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Albinism

 

Le scénario de TRONC a obtenu en septembre 2012 le 2ème prix du concours de scénario de l'Eure organisé par Le Moulin d'Andé.

Il se trouve dans le carnet de projets du Moulin d'Andé à la page 37 : Carnet de projets 2013

 

Anne Rapczyk, productrice du film :

 

Je connais Gautier depuis quelques années maintenant. Nous avons été amis, partagé des envies communes de cinéma comme font ceux qui fréquentent assidûment les salles obscures, avant d’avoir envie de faire des films ensemble.

À voir ses films, on se dit que Gautier est un réalisateur éclectique, touche-à-tout et prolifique. Du documentaire à la fiction en passant par le vidéoclip, il se nourrit des codes du genre pour mieux les détourner : la série B avec les vidéoclips Neon Lights et Drive, la science-fiction avec Branchés ou encore le documentaire animalier avec Destination North.

L’éclectisme oui, mais avec un désir ultime, une obsession peut-être, qui traverse ses films : à partir des figures du genre et de son climat, aller vers l’humanité. Car ce qui inspire Gautier, sa quête, le point névralgique de ses films, ceux qu’il a réalisés par le passé et probablement ceux qu’il fera à l’avenir, c’est l’humain ; l’homme dans toute sa complexité et sa dualité. Avec toujours, envers et contre tout, une tendresse et une bienveillance à l’égard de ses personnages, ni tout à fait bons, ni tout à fait mauvais. 

TRONC s'inscrit dans cette lignée. C'est je crois un vrai pari de cinéma, esthétique et narratif.

 

Bio de Gautier Dulion :

 

Les visions de l'enfance, des films, ensuite des études qui développeront un intérêt pour un large spectre de cinémas (de toutes les époques, de toutes les régions du monde, sous toutes ses formes). En parallèle des études, la réalisation en numérique, en DV, en Super 8 avec les moyens du bord, avec des amis. La réflexion et l'écriture à la faculté mais sans la dissocier d'un travail pratique. Expérimentation, documentaire sur les moustiques en Finlande, vidéoclip de femme fatale, mais surtout et toujours un ancrage dans la fiction. 

 

Ci-dessous deux videoclips que j'ai récemment réalisés.

 

 

 

 

Pour en voir plus, c'est par ici...

http://gautierdulion.com

 

 

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L'équipe technique :

 

Chef-opérateur : Victor Seguin

J'ai commencé à travailler avec Victor sur les deux vidéoclips Neon Lights et Drive. 

Cela fait déjà plusieurs mois que nous nous voyons régulièrement pour parler de l'aspect esthétique du film. 

Victor Seguin Demo Reel

 

Monteur : Valentin Féron

Je connais Valentin depuis plusieurs années, on a appris à faire des films en se débrouillant avec des moyens techniques très limités. Si on avait attendu d'avoir de l'argent pour faire des films, aujourd'hui, nous n'aurions rien fait. Valentin a monté les vidéoclips Neon Lights et Drive et a participé à pleins de beaux projets. (La série Bref, les courts-métrages de Youssef Chebbi, etc...) 

Site de Valentin Féron

 

Vous serez informé de l'évolution de l'équipe technique et du casting sur cette page.

 

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Visuels :

1) David Caspar Friedrich - Der Abend

2) Photographie de l'usine M-Real

3) Tarkovsky Polaroid

À quoi servira la collecte ?

Aujourd'hui, avec la seule aide de la région Basse-Normandie, je ne peux pas faire ce film. J'ai des besoins matériels et techniques pour le réaliser. Risqué et ambitieux d'un point de vue technique et esthétique, cette histoire ne peut être racontée qu'avec les moyens du cinéma. C'est pourquoi j'ai besoin de votre aide pour louer une caméra (plus particulièrement l'Arri Alexa) qui permettra de retranscrire au maximum l'ambiance du film, de faire vivre la nature à l'image. Mais ce n'est pas tout, il y aura aussi quelques effets spéciaux (dont de l'animation image par image), et tout cela prend du temps et demande des moyens techniques particuliers.

 

Détail du budget technique pour 6 jours de tournage :

 

- Caméra Arri Alexa + optiques :  4 500 €

- Machinerie : 1 200 €

- Éclairage : 1 300 €

- Son : 1 000 €

- Post-Production : 7 000 € (salle de montage, étalonnage, mixage son, effets spéciaux)

 

Total : 15 000 €

 

J'ai toujours réalisé mes films dans des conditions très modestes, tous mes films précédents ayant été faits dans un budget extrêmement limité.

 

Pas de luxe ni de superflu, le budget que je vous détaille ci-dessus est réduit à son minimum, celui dont j'ai besoin pour que TRONC, tel que je l'ai imaginé, voit le jour.

 

Sans vous, ce film ne pourra pas exister et je suis profondément convaincu qu'il mérite de l'être.

J'ai hâte de vous le montrer ! Merci d'avance !  

 

Gautier  

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Sunrise Films

Créée en juin 2003, Sunrise Films a produit plusieurs courts et longs métrages dont les films de Cédric Anger, "Le Tueur" et "L’Avocat". Parallèlement à la production de « Tronc », Sunrise Films prépare actuellement son cinquième long-métrage.

Derniers commentaires

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Allez là !!!
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Go TRONC or go home :)
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La ligne n'est pas toute droite mais suis la bien jusqu'au bout surtout ^^