Pour Manon, peu importait qui était vraiment Luciano. Eût-il été le Diable en personne, elle se serait tout aussi bien laissé tenter...

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Présentation détaillée du projet

DES INTENTIONS DU DIABLE :

 

L’ENVIE :

Ce court-métrage est né de l’envie de filmer en accéléré un coquelicot éclore au bord d’une autoroute. Pour les personnes peu enclines aux métaphores horticoles figurez-vous simplement  Manon comme une graine jetée au vent qui va trouver en Luciano le terreau nécessaire à sa germination. Isolée dans l’espace urbain, refermée physiquement sur elle-même, le film est le témoin de sa sortie de terre et de son éclosion. À travers ses traits, c’est le visage d’une solitude que je veux filmer. Solitude subie, ennemie quotidienne de milliers de personnes, entretenue par la méfiance instinctive vis à vis de l’autre et la difficulté de laisser entrer l’inconnu dans son périmètre affectif. Peur d’être dupe, duper avant d’être dupé, d’où le mensonge et la difficulté de se mettre à nu. Pourtant, pour sortir de cet isolement Manon tenterait bien le Diable, caution irréprochable du malgré soi.

 

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NB : le scénario complet est disponible sur demande

 

 

 

LE DIABLE :

Au-delà de savoir si Luciano est le Diable ou non, son personnage est le réceptacle de la sensualité de Manon. Si je m’attache à filmer Manon dans une sensualité touchante, empreinte de quotidien, recherchant ses embarras, ses sourires, ses maladresses, les gestes et les regards de Luciano sont plus rares. Je veux à chaque fois les détailler et les soutenir franchement à l’image. Je veux en faire des gestes nécessaires et fascinants. Ce sont eux qui conduisent Manon à lâcher la bride de ses réticences, ouvrir sa coquille, donner et recevoir de cet étrange étranger. Le comédien qui incarnera le personnage de Luciano doit faire montre d’un charme non intellectualisé, force et délicatesse du geste. Et c’est à un danseur (qui est aussi comédien) Gianfranco Poddighe, que j’ai proposé le rôle, alors qu’à l’inverse Manon Andersen est comédienne mais collabore régulièrement aux spectacles de Philippe Decouflé ou Foofwa d’Imobilité.

 

LA DANSE :

Les deux séquences dansées du film interviennent lorsque les personnages n’arrivent plus à s’exprimer par les mots. Il faut qu’elles soient chacune une pulsion des corps, l’expression d’une sensualité indicible. Mais si la première est un cri, mêlé à l’ivresse de l’alcool et de la foule, la seconde danse apaise les rapports entre les personnages. Elle les repositionne dans une sensualité laissée de côté par l’aspect infantile de la course-poursuite à travers l’appartement. D’autre part, cette 2ème danse est une déclaration. Par un discours du corps, Luciano puis Manon s’abandonnent à la volonté l’un de l’autre, puis au destin. Ce discours construit raconte ce désir d’abandon. La chorégraphie doit en être intime et n’appartenir qu’à eux. Elle doit être à la fois spontanée, empreinte de passion et de plaisir. Les personnages jouent à se répondre sans présumer à l’avance de la réaction de l’autre. Et il est gardé ici l’idée d’une expression sensuelle simple, quotidienne, facile, expressive (je pense ici l’importance de l’expression des visages), mais animée dans le détail et la précision des gestes. Chaque mouvement devient l’idée cohérente d’un sentiment.

 

 

"Ils se rapprochent, encore gênés, un peu gourds. Ils s’embrassent. Ca dure un peu..."

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Vous pouvez visionner les répétitions de la scène de danse ici :

http://vimeo.com/79225844

 

LES DÉCORS :

Concernant l’environnement et les décors du film, que ce soit en nuit ou en jour, le visage que je dessine de la ville est le même. Vaste terrain impersonnel où les quotidiens se croisent sans se rencontrer. Il n’est donc pas nécessaire pour moi de la filmer grouillante de monde. Au contraire, je préfère évoquer son rythme et sa violence (violence diffuse de toute une société évoquée dès le générique par la chanson de Brel) en jouant avec le hors champ, l’ambiance sonore et des éléments visuels qui entrent et sortent rapidement du cadre pour continuer leur route.

Cependant, je veux donner à ce décor l’aspect d’une scène étrange sur laquelle se joue l’extraordinaire de la rencontre. Mais le merveilleux ne m’intéresse dans ce film qu’en tant qu’il est le regard que Manon porte sur la situation qu’elle vit. Je veux donc créer de l’étrange à partir de la dimension humaine de mon héroïne. Pour cela, rien de magique ou d’invraisemblable dans le film. Les décors doivent rester réalistes, mais je veux créer une ambiance lumineuse déclinée par cinq intentions différentes. L’abribus et les extérieurs rues seront baignés par une lumière froide, crue et inquiétante. La lumière du restaurant se réchauffe mais évoque davantage une chaleur infernale qu’une chaleur humaine. Celle du bar russe marque une pause, un terrain neutre. Puis nous voici dans l’appartement de Luciano où les chaleurs du poêle et des corps créeront une atmosphère incandescente, passionnelle. Enfin la lumière du jour qui rend leur réalité aux choses.

 

 

"Ils sont en train de danser à la russe, dans un squat russe sous une voûte avec des Russes sous alcool. Des affiches de soutien aux Pussy Riot et autres mouvements politiques russes. L’ambiance est en nage. (…) Ca s’embrasse sur la bouche à la volée, entre eux, avec les autres, hommes, femmes, à la russe quoi."

 

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© Adrien Roman

 

LA CONCLUSION :

Il me plait de penser la mise en scène de ce film comme la narration d’un conte populaire. C’est-à-dire que le film doit être réaliste en surface et en matière, mais ponctué de ruptures et de contrepoints. Je veux y créer étrangeté et sensualité, mais aussi attente et surprise. Il me plait de filmer l’inquiétude de l’extraordinaire mais sans chercher à duper mon auditoire par l’invraisemblance ou à trahir le personnage de Manon, qui ne doit cette expérience singulière qu’à sa propre sensibilité.

 

 

"Manon est seule devant un buffet, dans un grand appartement-atelier, peu meublé, mais envahi de pantins réalistes ou marionnettes naïves, pour la plupart adossés contre les murs."

 

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© Adrien Roman

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© Adrien Roman

 

DE L’ÉQUIPE DU DIABLE :

Nous nous sommes entourés sur ce film de personnes travaillant au-delà des frontières de leur expression artistique principale, car nous considérons que le cinéma peut faire travailler des artistes, des saltimbanques et que s'il en est le 7ème, il se nourrit aussi des 6 premiers Arts.

 

Manon : 

Sera interprétée par Manon Andersen, comédienne mais pas seulement. Florian l’a découverte « avec sa voix d’enfant mutine et ses grands yeux étonnés » dans les spectacles de Épis Noirs. Ses ruptures de ton sont terrifiantes, sa force comique hilarante, et ses retours au réalisme poignants. Elle a peu tourné au cinéma, mais quand même deux Godard, ce n’est pas rien (Hélas pour moi et Je vous salue Marie). Elle est, en tant que comédienne, engagée dans la troupe de Philippe Decouflé.

 

Luciano :

Sera Interprété par Gianfranco Poddighe, danseur mais pas seulement. Il n’a pas été facile à découvrir et le réalisateur a usé beaucoup de pistes pour trouver ce personnage. Il devait être pas trop jeune et pas trop vieux. Physique surtout, buriné mais charmant. Un acteur ? Un danseur ? Il est les deux et son accord avec Manon est parfait. 

 

"Luciano est en train de préparer quelque chose avec une serviette et une fourchette."

 

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© Adrien Roman

 

Chorégraphie :

Confiée à Bahri Ben Yahmed, chorégraphe et cinéaste tunisien, il est engagé à travers le collectif Art Solution dans la défense de la liberté d’expression pour une jeune Tunisie vérolée par le salafisme. Ses vidéos «  Je danserai malgré tout » ont fait le tour du monde. Ce que Florian comprend de son travail et de son engagement c’est la nécessité absolue de dire, de partager, de bousculer, alors que les mots ne sortent plus, ne sont plus entendus. La danse comme un cri, un échange, une bouffée d’air. Comme un retour à un mode d’expression primaire : ce que je veux entre Manon et Luciano.

Et tant mieux si à force de travail et de précision cela devient de l’art.

 

N'hésitez pas à aller voir les videos de "Je danserai malgré tout" :

http://www.youtube.com/watch?v=kkFZSeFuGZM

 

 

Image :

Photographiée par Jean-Christophe Beauvallet, chef opérateur. Il est le complice idéal pour ce flirt à la frontière du réalisme et de l’onirisme. Qui mieux que cet ancien de Varan, avec une telle expérience de fictions accumulée aux côtés de Julien Hirsch pendant 15 ans, pourrait accompagner ce projet ? Depuis qu’il est passé chef, Jean-Christophe mène sa barque du monde de la fiction à celui du documentaire, nourrissant l’un des fruits de l’autre. Ainsi, le dialogue entre Florian et lui devient simple car ils développent les mêmes envies et les mêmes plaisirs de cinéma, à hauteur d’homme.

 

Décors :

Réalisés par Julie Wassef. Longtemps assistante du scénographe Guy-Claude François (Théâtre du Soleil) seconde assistante décorateur au cinéma sur Amour de Haneke ou La Princesse de Montpensier de Tavernier, désormais 1ère assistante de Thierry François ou Chloé Cambournac, voici encore une artiste à la palette large, qui ne se contente ni d'un genre, ni d'une seule expression. Son expérience de chef décoratrice sur des courts-métrages est solide (Mademoiselle de G. Gouix, Des arêtes dans le bifteck ou Entre chien et loup de Patricia Dinev...)

 

Marionnettes :

Créées, selon le montant que nous parviendrons à obtenir grâce à vous, par la Compagnie Emilie Valantin. Les marionnettes chez Luciano sont les spectateurs muets de l’étrange danse entre Manon et Luciano. La multitude des différentes personnalités que compose le mur de marionnettes proposé par Emilie Valantin sont autant d’âmes au tableau de chasse de l’intemporel Luciano.

 

"MANON

Et sinon pour de vrai, tu fais quoi dans la vie ?

LUCIANO

Je fabrique des marionnettes."

 

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© Cie Emilie Valantin

 

Musique :

Ecrite et interprétée par Eric Bijon, musicien, arrangeur de Mano Solo avec qui il a collaboré pendant plus de 15 ans. Si les deux premières musiques du film sont des musiques existantes (Ça va de Brel ou Russian Dance de Tom Waits), qui jouent telles quelles dans le film (pour l’une écoutée dans le baladeur de Manon, pour l’autre diffusée dans le bar russe), j’ai demandé à Eric de réinterpréter la Danse Macabre de Saint-Saëns. Car à ce moment du film, la musique est abstraite. Elle n’existe pas, c’est une voix off, elle est l’écho du sentiment des personnages, et ne se joue que dans leur tête, dans leur cœur. Et ces cœurs sont mêlés du passé punk de Luciano et du romantisme de Manon, entre farce et tragédie. Qui d’autre qu’un accordéoniste rock à l’expérience d’Eric pouvait se charger d’une telle mission ? 

http://www.ericbijon5.com/

 

À quoi servira la collecte ?

DES OBJECTIFS DU DIABLE :

 

La région Bourgogne et le département de Saône-et-Loire nous ont apporté leur soutien logistique et financier, et c’est à Chalon-sur-Saône que l’équipe de tournage s’installera au mois de mai, pour 5 jours de tournage et autant de préparation. Le financement déjà acquis couvre une grande partie des dépenses irréductibles au tournage et à la post-production (grâce notamment à l'aide de la fondation Nicéphore Cité). Mais un tournage en province coûte cher en frais de transport, d'hébergement et de nourriture.

 

Votre participation nous permettra de :

 

-                   Assurer l’achat des droits musicaux de Brel et Tom Waits détenus par des Majors peu enclines à baisser considérablement leurs tarifs (4000€)

-                   Travailler avec les marionnettes d’Emilie Valantin, ce qui implique leur acheminement sur le décor (pour plus de 100 pièces), la présence d’une personne de sa compagnie pour s’en occuper ainsi que des coûts d’assurances, et louer tous le meubles nécessaires à l’aménagement du décor Luciano (2000€).

-                   Tout ce qui viendra en plus de la somme demandée sera autant de possibilités pour nous d’offrir aux différentes compétences engagées sur le projet les conditions de travail et d’accueil qu’elles méritent. 

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Folle allure

Florian Kuhn a travaillé comme assistant réalisateur sur les films de Sylvain Chomet, Olivier Assayas, Raoul Peck ou encore Mia Hansen-Løve. Son documentaire « L’Amérique des autres », a été sélectionné et primé dans les festivals de Namur (EOP), Nancy (festival du film d’action sociale) ou Point Doc. "Un jour le Diable" est produit par Folle allure,... Voir la suite

Derniers commentaires

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Tous mes voeux pour ce super projet , à bientôt au Festival de Cannes ! Et pourquoi pas ? Marie-France
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Les Avignonnais derrière et avec un des leurs
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Hello, Très beau projet. Une petite contribution symbolique, pour que ce court métrage ne se transforme pas en "acte manqué"...héhéhéhéh... Laurent D. - Loldegap