La Belgique est-elle en voie d'extinction ? Ce "road-movie au plat pays" propose d'aller y regarder de plus près. Un documentaire et un webdocumentaire en forme de voyage poétique, humain et politique, le long de cette ligne invisible mais bien réelle qui coupe le royaume en deux… et laisse les Belges dos-à-dos : la frontière linguistique. Cette frontière, votre soutien nous permettra de la parcourir de bout en bout… et de vous raconter, une fois le décor planté et les personnages réunis, la plus surprenante des histoires belges.

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Présentation détaillée du projet

 

Il y a d’abord cette drôle de locution : frontière linguistique. Cette ligne de démarcation serpente dans le paysage sans que nul ne la distingue vraiment… Et pourtant, des deux côtés, chacun en connaît précisément le tracé. Au nord, les Flamands disent Taalgrens : barrière de langue.

 

Elle a pris un relief très particulier avec la montée du nationalisme flamand – dont la frange la plus extrémiste réclame toujours que « la Belgique crève ! ». Mais aussi après « Bye bye, Belgium ! », énorme canular télévisé qui a mis le pays sens dessus dessous en annonçant l’indépendance de la Flandre. Prémonitoire ? Trois ans plus tard, la Belgique connaissait la plus surréaliste des parenthèses en restant pendant plus de 500 jours sans gouvernement. 

 

Le scénario d’une dissolution du royaume semblait de moins en moins farfelu. La réalité rejoignait la fiction ; il n’était plus question de sourire mais de s’interroger.

 

C’est en observant ce processus d’autodestruction, à une époque où l’on voit refleurir populismes, protectionnismes et nationalismes, que nous avons ressenti l’urgence de nous emparer du sujet. Nous avons vite compris que les blessures étaient plus profondes qu’elles n’en avaient l’air. Que la Belgique était née d’un malentendu, d’un pêché originel. Ce voisin tellement proche qu’on croit le connaître alors qu’on a plutôt tendance à regarder par dessus, au delà…

 

Le but de ce voyage est de radiographier ce royaume en voie de disparition. De donner à voir comment « le diable se niche dans les détails » du quotidien. D’ouvrir caméra et micro pour capter dans le champ visuel et sonore l’indicible. L’arrière-plan.

 

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Notre idée est de reprendre les grands principes du road-movie. En filmant le plus souvent par la fenêtre ou le pare-brise de la voiture (une vieille américaine serait un merveilleux allié). En traversant lentement ce pays, comme on traverserait les Etats-Unis, pour en mieux sentir les vibrations. En multipliant les rencontres et les arrêts sur image. 

 

Nous voulons faire de cette frontière linguistique le personnage principal de notre film. Rester au plus près, pour lui donner corps à travers un puzzle de personnages singuliers, d’images et de paroles décalées, de situations absurdes, poétiques, drôles… et parfois glaçantes.

 

Filmer une ligne fictive est un défi excitant. L’approcher, la croiser, la suivre ou s’y arrêter, c’est toucher du doigt la Belgitude. 

 

Lorsque nous sommes allés tourner les premières images, en juin dernier, notre intuition s’est vue confirmée. D’un bourg à l’autre et parfois dans un même village, d’une rue à l’autre, des mondes distincts se côtoient. Et si la haine n’est que rarement de mise, une certaine étanchéité se renforce, faite d’indifférence et de repli sur soi. Même s’il y a également de « bonnes surprises » ! Et des raisons d’espérer.

 

Qu’il s’agisse de passer 24 heures embedded avec des extrémistes flamands, ou de s’embarquer pour une virée sans GPS avec une célébrité nationale, nous proposons une traversée du pays à hauteur d’homme et de paysage. Un paysage dont l’uniformité apparente produit un sentiment étrange, et cache en fait de nombreux signes de discorde entre Flandre et Wallonie. Comme un vaste Jeu des Sept Erreurs – en réalité bien plus.

 

Alors, la Belgique est-elle encore un pays ? La devise belge le proclame : l’Union fait la force… Pour combien de temps ? 

 

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Les auteurs

 

Nous travaillons sur ce projet depuis plus de deux ans. À l’occasion des soubresauts politiques qui agitaient alors la Belgique, nos regards ont convergé vers la carte du royaume et le tracé de cette étonnante frontière linguistique, au cœur de toutes les discordes. "Si vous avez compris quelque chose à la Belgique, c'est qu'on vous a mal expliqué", nous a-t-on souvent confié en souriant. Réaliser ce Webdocumentaire est alors devenu notre objectif, notre idée fixe, afin de saisir et d’éclairer de l’intérieur cette réalité parfois proche de l'absurde vécue au quotidien par nos voisins – et amis – belges. 

 

Julien Daniel, photographe

Membre de l'agence MYOP depuis 2008, j'ai été pendant 10 ans l'un des compagnons de route du groupe L'Oeil Public. Mes photographies sont publiées dans la presse, en France et à l'étranger. Elles sont également visibles sur le site de l'agence MYOP (myop.fr) et sur juliendaniel.com. 

World Press Photo 2000 et 2001, Prix Fnac Attention Talent 2002, Prix Kodak de la Critique 2004, lauréat de la Bourse Professionnelle de la Ville de Vannes 2010 pour la série "Okinawa !"

 

Vincent Rea, journaliste

Après avoir été tour à tour et dans le désordre : directeur d’ouvrages formidables et néanmoins confidentiels, libraire en banlieue, pigiste à Paris, reporter ici et là, rédacteur-en-chef de publications parfois loufoques et auteur de guides pour voyageurs pressés, j'entends désormais me consacrer à la réalisation de projets documentaires, inspirés par l’histoire mouvementée du XXème siècle.

Prix de Journalisme 2005 de la Fundación Destino Madrid pour un portrait de la capitale espagnole. 

 

À quoi servira la collecte ?

Les 7800 € que nous espérons collecter ici serviront concrètement à financer notre retour sur le terrain pour des repérages approfondis :  frais de déplacement, d'hébergement et de régie sur place, location-achat de matériel...

 

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Julien Daniel & Vincent Rea

Julien Daniel, photographe Né à Paris en 1970, il termine ses études d’audiovisuel en 1991. Son goût pour l’image et la lumière le conduit progressivement à privilégier l’image fixe. Il commence sa carrière de photographe en 1997 et intègre la même année le collectif Œil Public, qui deviendra une agence quelques années plus tard. Il passera plus de... Voir la suite

Derniers commentaires

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c'est tof! n'allez pas guindailler ou ne prenez pas une tamponne dans des caberdouches! rangez ça sous le tapis plain ou dans votre farde! kiss kiss mina
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Je croise les doigts. Très séduite par votre projet. Courage pour la dernière ligne droite! Muriel
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A la dernière minute... belge !